Jubilé…

            Les Assomptionnistes d’Afrique de l’Ouest seront en fête prochainement… D’une part nous allons célébrer les premières ordinations diaconales de deux de nos frères togolais : Georges Houssou et Lucas Sezouhlon, et d’autre part nous entrons dans l’année jubilaire de nos 60 ans d’arrivée en Afrique de l’Ouest et nos 10 ans de présence au Togo. Ce sera le week-end du 14,15 et 16 octobre prochain.

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Retour sur notre mission en Côte d’Ivoire (1957-1990)

jubile-aa-2pLe saviez-vous ? Déjà en 1956, l’Assomption était venu prospecter en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo : « Au cours de l’année 1956, les évêques d’Afrique de l’Ouest Française (AOF), et en particulier Mgr Boivin, ont fait diverses propositions eu R.P. Linder, alors Provincial de Lyon. Celui-ci se rendit, en fin de la même année, en AOF et parcourut la Côte d’Ivoire, le Dahomey, le Togo, afin d’étudier les possibilités d’installation. Son attention s’arrêta sur Abidjan, où il y avait à fonder un collège de garçons faisant pendant à celui des filles, dirigée par les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres. » (Extrait de « Réponse à l’appel de l’Afrique », Missions des Augustins de l’Assomption, n°43, automne 1957, p.564 – Bulletin trimestriel assomptionniste)

Pour en savoir plus sur cette mission, je vous renvoie à l’article du Fr. Jovic Kouepou, paru dans les couleurs du noviciat n°12 :

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       À l’époque de son fondateur, le P. Emmanuel d’Alzon, l’aventure missionnaire assomptionniste prend son envol en direction de l’Australie dès 1862. Depuis ce temps, les Augustins de l’Assomption n’ont pas cessé de mettre en œuvre leur charisme, en participant à la mission évangélisatrice de l’Église, dans plusieurs terres de mission à travers le monde. Dans cette grande et longue aventure, l’Afrique Noire n’a pas été en reste. Après la République Démocratique du Congo, l’ex Zaïre, en 1929, ce fut le tour de la Côte d’Ivoire dès 1957. La mission en Afrique de l’Ouest durera 33 ans avant d’être interrompue et reprise dans le diocèse de Sokodé au Togo en 2006. Aujourd’hui, en regardant notre passé avec gratitude, que retenir de notre première fondation en Afrique de l’Ouest en Côte d’Ivoire ?

jubile-aa-1p             Les quatre premiers religieux ayant atterris sur le sol ivoirien furent des français de la province de Lyon, les pères Roland Sourceaux (supérieur), Louis Durget, Raphaël Steyer et Alphonse-Marie Bugnard.  En collaboration avec Mgr Boivin, vicaire apostolique puis évêque d’Abidjan de 1939 à 1960, ils arrivent à Abidjan dès 1957 avec pour principale mission de fonder un collège catholique dans la future capitale ivoirienne. C’est ainsi que le collège « Notre Dame d’Afrique » vit le jour très modestement et grandira petit à petit au cours des 9 ans où il sera sous la direction des assomptionnistes. De 83 élèves à la fondation, le collège compte 200 élèves après un an et 400 élèves en 1965 avec 13 religieux en service en 1963. L’Assomption y imprime véritablement sa marque via des activités multiples calquées sur le modèle des activités menées dans les collèges de France. Malheureusement cette efflorescence se flétrira avec le temps à cause de plusieurs difficultés : le collège coûte trop cher, défaut de locaux communautaires, maladies liées au climat, manque de religieux à envoyer en mission, etc. Finalement, les assomptionnistes céderont le collège aux Marianistes en 1965 et se limiteront à l’administration d’une paroisse que leur avait confiée l’évêque en 1959.

Après la cession du collège, la mission en Côte d’Ivoire se limitait uniquement au ministère paroissial : Aboisso (1959-1967) ; Adiaké (1961-1976) ; Bonoua (1961-1968) ; Port-Bouet (1976-1987) et Grand-Bassam (1988-1990). Au fil des années, la mission s’affaiblira à cause de l’isolement et la dispersion des religieux essentiellement français et certains seront en plus rapatriés parce que frappés par les maladies tropicales. C’est ainsi que la mission ne subsistera qu’entre les mains de trois assomptionnistes en charge d’assurer la continuité au sein de la paroisse d’Adiaké. Les autres paroisses quant à elles, seront confiées à la charge d’autres missionnaires. Les trois religieux travaillèrent à la mise en place d’une Église locale autonome à Adiaké. Et une fois l’autonomie acquise, ils s’installèrent à Port-Bouet pour la suite de la mission. Au bout de dix ans, la fatigue des trois religieux remet en cause la présence assomptionniste en Côte d’Ivoire. Elle sera donc interrompue en 1987 pendant un an de recyclage des religieux en France qui avaient au préalable confié le soin de la paroisse au diocèse. C’est donc en 1988 que la mission reprend son chemin à Grand-Bassam avec un groupe de cinq religieux soit trois français et deux Zaïrois venus en soutien. Malheureusement, ce nouvel élan s’estompera après deux ans en raison d’une difficile coopération -pratiquement impossible- entre les assomptionnistes et la communauté du néo-catéchuménat installée sur la même paroisse.

Aujourd’hui, nous regardons ce temps passé en Côte d’Ivoire comme une graine qui avait été semée, qui a eu le temps de mourir et aujourd’hui est en pleine croissance dans le champ apostolique de l’Afrique de l’Ouest. Telle est l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux : l’ « Adveniat Regnum Tuum ».

Jovic KOUEPOU

La vie par ici

La nouvelle promotion de noviciat est maintenant bien lancée, déjà plus d’un mois que nous sommes à pied d’œuvre, les cours se mettent en place petit à petit et les engagements apostoliques viendront bientôt. La semaine écoulée fut marquée par de nombreuses réunions de lancement d’année : chapitre local de notre communauté les 15 et 21 septembre ; chapitre local de la Communauté de Komah le 16 septembre ; réunion de travail de nos deux communautés les 17 et 20 septembre. Moi qui n’aime guère les réunions, je fus servi… Heureusement, la bonne ambiance fraternelle, et le nouvel élan donné à nos communautés avec la recomposition de ses membres, ont permis des rencontres agréables et, je l’espère, fructueuses…

Le groupe des pré-postulants se stabilise petit à petit… En effet sur les 7 admis premièrement, deux ne sont pas venus… Ils sont donc 5, mais l’un d’entre eux, suite à une fracture de la jambe fin juillet, est encore un peu convalescent et voyage entre Lomé et Sokodé… Un 6ème a été repêché, il s’agit de Casimir Kouwama, de notre paroisse, et grand frère de Valère qui vient de prononcer ses vœux. Le groupe devrait donc se stabiliser à 6 : Billy (béninois), Expedit (ivoirien), Maurice, Pierre-Olivier, Romaric et Casimir…

Par ailleurs, deux frères togolais, actuellement aux études à Kinshasa viennent également d’être admis à prononcer leurs vœux perpétuels, il s’agit des frères Vivien DOKOUI et Fabrice AKELESSIM, encore une occasion de rendre grâce au Seigneur !

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« Empare-toi de la vie éternelle ! »

25 septembre 2016, 26e Dimanche ordinaire, année C, Lc 16,19-31 /

augustin-new« Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C’est à elle que tu as été appelé. » (1Tm 6,12) Voici une nouvelle traduction stimulante de la première lecture de ce jour, et une belle porte d’entrée pour le passage d’Évangile proposé à notre méditation… Dans la parabole de ce jour, en effet, l’homme riche et égocentrique réalise, un peu tard, qu’il aurait dû vivre autrement afin de ne pas être « en proie à la torture, au séjour des morts. » (Lc 16, 23) N’est-ce pas une interpellation d’une grande pertinence dans notre monde de plus en plus sécularisé, où l’on ne se soucie guère de sa vie après la mort ? Qu’est-ce qui fait obstacle à ce bon combat ? Pourquoi la plupart de nos contemporains, surtout en occident, ne s’en soucient-ils pas ? Je ne vise pas ici, ceux qui, à la suite d’une véritable quête personnelle, se déclarent agnostiques ou athées ; mais plutôt la grande majorité de ceux qui se disent agnostiques ou athées, par défaut, c’est-à-dire sans avoir pris la mesure ni les moyens de la dimension transcendante de notre vie humaine. Ne sont-ils pas devenus « non-croyants », par indifférence, par paresse intellectuelle, spirituelle ou morale ? Quant à ceux qui se disent chrétiens, la vigilance est de rigueur afin de mener toujours le bon combat : celui d’une recherche intellectuelle, d’une quête spirituelle et d’une vie toujours plus juste, morale et bonne !

Une recherche intellectuelle !

Qu’il est navrant et affligeant de constater trop souvent la paresse intellectuelle et la faiblesse des arguments employés par nos contemporains, pour balayer d’un revers de la main la question de l’existence de Dieu ou l’inconsistance de la foi chrétienne… Certaines personnes, par exemple, vont déployer tout un tas d’arguments pour démontrer que Jésus n’est pas né un 25 décembre, ni entre un bœuf et un âne, et en déduire que le christianisme « c’est n’importe quoi »… Franchement cela ne vole pas haut, car l’Église n’a jamais affirmé que Jésus serait né un 25 décembre, c’est tout simplement une date symbolique et signifiante qui a été choisie pour fêter sa naissance. Quant aux représentations de la crèche, elles remontent à saint François et au XIIIème siècle… D’autres, un peu plus sérieux, vont faire appel à la science pour soi-disant balayer les fondements de la foi : théorie de l’évolution, recherches sur le fonctionnement du cerveau, recherches astronomiques…  Là encore, cela ne vole pas bien haut, car ces détracteurs font mine d’ignorer les milliers de pages des théologiens, philosophes et spirituels ayant déjà amplement répondu à ses controverses et abordés la question du rapport entre science et foi, et les niveaux de langage différents qui ne sont pas à mettre sur le même pied. -Les récits mythologiques, comme ceux de la Création par exemple, ne prétendent pas apporter des réponses aux questions scientifiques mais des réponses aux questions existentielles, ils ne parlent pas du « comment » mais du « pourquoi »-. On pourrait encore évoquer la paresse intellectuelle de ceux qui ressortent de vieux clichés sur l’histoire de l’Église, ou l’histoire des peuples tout simplement… Menons-nous le bon combat pour penser notre foi ou notre agnosticisme ?

Une quête spirituelle ?

« S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. »  (Lc 16,31) Nous sommes peut-être un peu tous comme l’homme riche de la parabole : nous aimerions bien que quelqu’un revienne d’entre les morts pour nous parler de ce qu’il en est, et alors nous serions prêts à croire et à nous convertir… Et pourtant ! Il y en a déjà au moins un qui est revenu d’entre les morts, Jésus Christ, est-ce que cela a convaincu pour autant ? Celui qui vit une véritable quête spirituelle, sera attentif aux signes de Dieu et peut-être trouvera-t-il la foi… Les milliers d’exemples en ce sens ne manquent pas : depuis saint Paul à Jean-Claude Guillebaud en passant par saint Augustin, Édith Stein, André Frossard ou Charles de Foucault…  Mais celui qui se laisse prendre uniquement par l’horizon terrestre de sa vie, en rejetant toute dimension spirituelle et transcendante de cette vie humaine, aura bon entendre et voir toutes sortes de signes, il ne sera pas convaincu. Il les interprétera uniquement à partir de ses catégories… Et les milliers d’exemples en ce sens ne manquent pas non plus… Menons-nous le bon combat d’une quête spirituelle attentive aux signes de Dieu ?

Une vie toujours plus juste, morale et bonne…

Le jugement final, comme évoqué dans cette parabole, ou dans le célèbre passage de Matthieu 25 (« ce que vous avez fait à l’un de ses petits qui sont mes frères… »), ne portera pas sur la qualité de notre recherche intellectuelle ou de notre quête spirituelle, mais sur la qualité de notre amour. Sans vouloir prendre toute la misère du monde sur nos épaules, quelle part de cette misère pouvons-nous prendre ? L’homme riche n’est pas envoyé au séjour des morts en raison de sa richesse, ou en raison de son manque d’initiative pour un monde plus juste, mais en raison d’un pauvre nommé Lazare, qui « gisait à son portail, couvert d’ulcères ». Le texte précise bien que l’amour qui nous est demandé, n’est pas un amour théorique hors de notre portée, mais qu’il s’agit tout simplement de répondre à telle ou telle situation à notre porte, à un pauvre qui porte un nom… Peut-être qu’ensuite, petit à petit, nous deviendrons capables de donner plus… Ceux qui ne recherchent, égoïstement, que leur confort et leur bien-être ici-bas, sont prévenus… Et nous : menons-nous le bon combat d’une vie toujours plus juste, morale et bonne ?

Mène le bon combat : intellectuel, spirituel, moral !

Empare-toi de la vie éternelle !

C’est à elle que tu es destiné !

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Après un long silence…

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Le noviciat sous la garde du P. d’Alzon

             La période des grandes vacances, comme vous l’avez remarqué, fut pour moi l’occasion d’un long silence en termes de publications électroniques. Ce n’était pas un choix personnel pour profiter des vacances, puisque cette période, que je ne sais plus nommer depuis que je suis au Togo, n’a rien à voir avec des vacances… Quel nom donner à cette période : la trêve de l’été ? Mais il n’y a pas d’été ici, plutôt une saison des pluies (juin à septembre) et une saison sèche (novembre à avril)… Les grandes vacances ? Mais le noviciat n’est ni dans le rythme scolaire, ni dans celui de l’entreprise, il n’y a pas de congés au noviciat puisque le droit canonique nous demande une année pleine, quasiment au jour prêt, pour un noviciat valide et la fin d’année est toujours bien remplie… En réalité c’est plutôt le temps des aboutissements et des recommencements : aboutissement d’une année de noviciat pour les uns, d’une mission pour d’autres, d’une année pastorale aussi… Mais aussi temps des recommencements : commencement d’une vie de jeune religieux pour ceux qui viennent de prononcer leurs vœux ; recommencement d’une année de noviciat avec une nouvelle promotion de novices, recommencement d’une nouvelle vie communautaire pour plusieurs…

Du côté du noviciat…

De gauche à droite :David, Jean-Valère, Honoré... Augustin-Bernardin, Jean-Valère, Jovic

De gauche à droite :David, Jean-Valère, Honoré… Augustin-Bernardin, Jean-Valère, Jovic

Ce sont donc six jeunes frères qui ont prononcé leurs 1ers vœux le 20 août dernier (voir les photos ci-dessous) : Augustin-Bernardin, David, Honoré, Jean-Valère (togolais), Armel (Burkinabè) et Jovic (Camerounais)… Ils poursuivront leur formation vers Ouagadougou, Kinshasa, Antananarivo, ou Bruxelles… Deux autres jeunes, Marius et Jean-Paul n’ont pas été acceptés aux vœux… Nous souhaitons à tous une bonne route à la suite du Christ.

Conjointement, et en devançant la fin du noviciat précédent, 6 autres jeunes ont commencé leur parcours du noviciat le 13 août dernier. Il s’agit d’Augustin, Christian, Noël et Pascal (togolais), Dominic (nigérian) et

Nouveaux novices de gauche à droite et de haut en bas :Pascal, Christian, Noël, Dominic... Augustin, Rodrigue

Nouveaux novices de gauche à droite et de haut en bas :Pascal, Christian, Noël, Dominic… Augustin, Rodrigue

Rodrigue (burkinabè). Après le temps des fêtes (Entrée au noviciat, Assomption, Premiers vœux, Saint Augustin) où tous furent mis à contribution pour le bon déroulement des activités, nous sommes entrés vraiment dans le vif du sujet avec la retraite de lancement d’année. Comme à l’accoutumée, c’est le cadre très propice au recueillement, de la maison régionale, à Sokodé, des sœurs de sainte Catherine qui nous a accueilli pour ces 9 jours de prière sur la montagne… Il ne s’agissait pas d’une retraite prêchée, mais d’une retraite accompagnée, inspirée des exercices de Saint Ignace, mais à la manière alzonienne… Après quelques rencontres d’introduction, la retraite consistait surtout, pour les novices, en quatre temps quotidien d’oraison, d’une heure chacun, et d’un temps d’accompagnement spirituel avec leur maître de novice, sans oublier bien-sûr la liturgie des heures, l’eucharistie, la prière d’alliance, les repas en musique et quelques temps de détente et de travail manuel…

Cette rentrée de noviciat est aussi marquée par des changements dans l’équipe des formateurs. Le P. Iosif Gal, avec qui j’ai débuté cette aventure du noviciat de Sokodé, a rejoint la communauté de Komah, communauté apostolique et communauté d’accueil des (pré-)postulants. Il assurera la charge de curé de la paroisse ainsi que l’économat de la maison. Nous le remercions pour ces années de service au noviciat et lui souhaitons bonne suite de mission à Sokodé. Par ailleurs le frère Lucas Sezouhlon qui vient de finir ses études de philosophie et de théologie arrive au noviciat, dans l’équipe des formateurs, tout en étant engagé dans divers apostolats sur la paroisse de Komah et sur la ville de Sokodé… Nous serons donc trois formateurs, le P. Bien-Aimé, le fr. Lucas et moi-même. Le temps des recommencements vous disais-je…

À la paroisse de Komah…

Dans notre seconde communauté Sokodéenne, plusieurs changements également : le P. Jean-Raphaël RAZANADAHY, après 7 années de mission au Togo est rentré au pays, à Madagascar, pour soutenir la jeune province malgache. Un grand merci à lui pour ses années données à l’Afrique et bonne suite de mission sur la Grande Île… Par ailleurs le P. Serge-Patrick MABOU SIMO, après 4 années de dévouement pour la mission auprès des jeunes togolais, est rappelé dans sa province d’origine, la province d’Afrique (RDC, Kenya, Tanzanie, Ouganda), pour une mission qui est encore en train de se préciser. Nous le remercions pour son dévouement durant ses années togolaises et le confions au Seigneur pour la suite de sa mission… Enfin le frère Georges Houssou, qui vient lui aussi de terminer ses études initiales, débute une année d’apostolat avec les frères de cette communauté. Ils seront donc 4 frères à Komah (Vincent Kambere, Aristide Kataliko, Iosif Gal et Georges Houssou) ainsi que 6 jeunes pré-postulants en principe : Baudoin (burkinabè), Expédit (ivoirien), Jean-Olivier, Maurice, Romaric (togolais) et Maurice Billy (béninois) qui font leur entrée en communauté aujourd’hui même, le 10 septembre.

Les activités passées et à venir…

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Renouvellement des voeux

            Les mois passés ont été marqués par la sortie annuelle à Lomé et Kpalimé, dont je vous avais parlé lors de mon dernier courriel, ce fut ensuite la retraite de fin de noviciat sous la houlette du P. Bien-Aimé, chez nos sœurs orantes de Kpalimé. À peine rentrés, les novices enchaînaient avec une petite session sur la connaissance de soi, organisée par la communauté du Puits de Jacob, avec des intervenants venus de France, Robert et Sylvie, à partir d’éléments des sessions PRH. Puis ce fut la préparation de la fête des premières professions et encore une petite session en famille de l’assomption, les 16 et 17 août, sur « Responsable et bâtisseurs de la fraternité : la vie religieuse assomptionniste en communautés internationales et interculturelles » sous la houlette des pères Nicolas Tarralle et Jean-Paul Sagadou. Soirée de renouvellement des vœux le 18 août pour 10 jeunes frères (Bonaventure, Yves, Adams, Ignace, Augustin, Honoré, Justin, Martin, Pierre et Pierre-Paul) entre les mains du P. Vincent Cabanac. Le 20 août célébration des premiers vœux puis dispersion des uns et des autres… Mon temps, ou au moins mon esprit, fut également bien occupé par les questions de visa pour les frères nommés hors d’Afrique de l’Ouest… C’est assez pénible et compliqué de rassembler les dossiers requis et suivre les procédures demandées surtout pour certain pays, il me fallait en effet accompagner les frères dans leurs démarches pour 2 visas pour le Kenya (par site web, c’est assez simple) ; 2 visa pour la RDC (ils ont changé leur façon de faire et cela se complique un peu) ; 1 visa pour la Belgique et c’est assez compliqué avec des doubles légalisations, des démarches à faire en Belgique,  au consulat de Belgique au Bénin puis à l’Ambassade de Belgique au Nigeria (espérons que les démarches aboutirons bien) et enfin 1 visa pour l’Espagne, les démarches se faisant du côté du Ghana mais avec beaucoup de difficultés pour savoir quelle procédure suivre et quel dossier constituer… Vouloir vivre l’internationalité et la fraternité au-delà  de toutes frontières dans un monde où les pays dressent de plus en plus de barrières n’est pas si évident que cela… Dernièrement nous avons donc eu la retraite de rentrée du noviciat, et nous essayons maintenant de reprendre un rythme plus régulier…

            La prochaine grosse activité sera la célébration des 10 ans de notre arrivée au Togo, lors du week-end du 15-16 octobre, mais je vous en dirai plus sur le sujet prochainement…

Ci-dessous les photos des premiers vœux :

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Libre de partir… Libre de revenir…

fils-prodigue11 septembre 2016, 24e Dimanche ordinaire, année C, Lc 15,1-32 /

La liturgie de ce dimanche nous propose un long passage de l’évangile selon saint Luc. Un passage fondamental, central, unique pour la foi chrétienne, constitué de trois célèbres paraboles : la brebis perdue et retrouvée, la pièce d’argent perdue et retrouvée, le fils perdu et retrouvé ! Nous méditons souvent ces paraboles séparément, mais le fait de les méditer ensemble nous fait voir un point essentiel : l’être humain n’est ni une brebis, ni une pièce d’argent… Il est libre de partir et libre de revenir, et le Seigneur respecte infiniment cette liberté, c’est bien là toute la grandeur et toute la misère de l’homme !

Libre de partir…

La brebis s’était égarée, avançant de touffe d’herbe en touffe d’herbe, la voici tout d’un coup seule, et elle ne retrouve plus le reste du troupeau… La pièce d’argent, sans aucune autonomie de sa part, mais suite à une mauvaise manœuvre de la propriétaire, a roulé hors de la bourse sans que celle-ci s’en aperçoive, ou alors trop tard… Le jeune homme, lui, a bien médité son affaire et a pris librement toutes les dispositions pour quitter la maison familiale : il réclame sa part d’héritage, prend quelques jours pour rassembler tout son bien et prend la route vers un pays lointain… Le berger, s’il l’avait vu à temps, aurait évité à la brebis de s’égarer ; la femme si elle l’avait pu n’aurait pas égaré sa pièce d’argent ; mais le père, lui, en toute liberté, consent au départ de son fils, et lui remet sa part d’héritage sans poser de question -en tout cas d’après ce que nous en rapporte le texte-… Tous les parents du monde peuvent comprendre en partie l’attitude du père -sans forcément aller jusqu’à remettre la part d’héritage qui revient à leur enfant-… Ils savent qu’ils ne peuvent pas enfermer leur enfant indéfiniment dans la maison, et pour que celui-ci puisse devenir adulte, il a besoin de prendre sa liberté, faire ses expériences, et malgré toutes les angoisses que cela peut provoquer chez les parents, ils savent qu’ils doivent laisser leur enfant prendre son envol. Dieu, le Père, semble donc agir de la même manière envers nous, il ne peut nous obliger à rester dans sa demeure, ni nous restreindre dans notre liberté, malgré toutes les peines qu’il éprouve de voir ses enfants s’égarer…

« Impuissance » du Père…

Comparons encore nos trois paraboles : le berger, dès qu’il se rend compte de l’absence de sa brebis, délaisse les 99 autres, prend tous les risques nécessaires et se met à parcourir les valons et les recoins du terrain environnant pour retrouver sa brebis égarée… La femme, quant à elle, met la maison sans dessus dessous pour retrouver sa pièce égarée… Mais le Père, lui, ne poursuit pas son fils vers ce pays lointain. Certes il désire, d’un grand désir, que son fils lui revienne mais il ne peut que scruter l’horizon –« Comme il était encore loin, son père l’aperçut »- et attendre que celui-ci ait fait son propre chemin de prise de conscience qu’il serait mieux dans la maison de son père. Voici donc encore un enseignement pour nous : Notre Père et créateur, qui sait mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous, ne peut cependant pas forcer nos choix. Et sa toute-puissance d’amour est limitée par notre propre liberté à accepter ou à refuser de vivre avec lui… Il ne peut nous forcer à l’aimer, sans quoi ce ne serait plus de l’amour !

Libre de revenir…

La dernière leçon essentielle, c’est que, bien souvent, nous pensons qu’il n’est plus possible de revenir sur le chemin de la foi, de la vie en Église, de la vie auprès de Dieu… Peut-être parce que nous nous sommes enfermés dans l’image que nous avons construite de nous-même, peut-être par honte ou par peur de reconnaître que nous nous sommes trompés, fourvoyés sur de mauvais chemins… Faut-il attendre d’être dans l’indigence la plus complète (comme le fils de la parabole) ? Faut-il attendre la mort d’un proche, la maladie, un accident, la vieillesse, pour se remettre face aux questions existentielles de la vie ? Faut-il avoir épuisé toutes les ressources de nos propres réflexions pour enfin nous mettre à l’écoute de Celui qui est venu nous révéler le sens de la vie et le chemin pour parvenir à la vie en plénitude ? Pourquoi se croire nécessairement trop loin de ces questions, trop loin de Dieu ? Nous sommes libres de revenir à la maison du Père…

Libre de partir…

Libre de revenir…

Qu’est-ce qui est bon pour moi dans l’étape de vie où j’en suis ?

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Bientôt 6 religieux de plus…

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Départ du P. Jean-Raphaël

Après 7 années de mission au Togo, le P. Jean-Raphaël RAZANADAHY vient d’être rappelé dans sa province d’origine (Madagascar)… Son départ fut un peu précipité pour des raisons familiales…

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Nous lui disons un grand merci pour sa disponibilité et ces 7 années de services, que le Seigneur le garde dans la paix et la joie pour cette nouvelle étape de sa vie religieuse !

VELOMA !

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Sortie à Lomé et Kpalimé

Chaque année, à cette période-ci, le noviciat fait une petite sortie à Lomé et Kpalimé pour des achats, visiter les familles et un peu de tourisme… D’où le silence de la semaine passée sur le blog…

Voici donc quelques photos de cette sortie :

Un beau parcours iconographique dans la cathédrale de Kpalimé, mettant en lien scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament :

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Évangéliser notre prière !

24 juillet 2016, 17e Dimanche ordinaire, année C, Lc 11,1-13 /

AbrahamenprierePlusieurs textes sur la prière sont proposés à notre méditation ce dimanche : d’abord la fameuse intercession d’Abraham en faveur de Sodome et Gomorrhe dans le livre de la Genèse puis l’enseignement, par Jésus à ses disciples, du « Notre Père » ; et enfin la petite parabole de l’ami opportun qui demande avec beaucoup de sans-gêne, en pleine nuit, du pain à son voisin. Spontanément on en déduit qu’il faudrait demander avec insistance auprès de Dieu pour obtenir ce que l’on désir… Cela me paraît être un beau contresens ! Regardons donc de plus près ces textes afin de convertir et évangéliser notre prière.

Une intercession vaine ?

Vous connaissez ce texte de l’intercession d’Abraham : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le coupable ? Peut-être y a-t-il cinquante juste dans la ville. Vas-tu les faire périr ? » […] « Si je trouve cinquante juste dans Sodome, à cause d’eux je pardonnerai à toute la ville. » Et Abraham va continuer à marchander : 45 justes… 40… 30… 20… 10… Et la réponse du Seigneur est toujours la même, jusqu’à : « Pour dix je ne détruirai pas. » Et l’on en déduit qu’Abraham a fait une belle prière d’intercession, sauf qu’il est dommage que le découpage liturgique s’arrête-là, car la suite du texte nous révèle que : « Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu. Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation. » (Gn 19,23-25) C’est-à-dire que l’intercession d’Abraham fut vaine ! Que nous apprends donc ce récit sur la prière : non pas que la prière consisterait à marchander avec un Dieu arbitraire dont il faudrait infléchir les décisions, mais que la prière d’intercession sert plutôt à faire nôtre la volonté de Dieu : « Si tu veux m’épargner cette épreuve, merci, mais sinon, donne-moi de la traverser avec confiance, amour et foi… »

Une intercession à réorienter…

La petite parabole sur l’ami opportun est semblable au récit d’Abraham… Voici quelqu’un qui vient importuner son voisin, en pleine nuit, pour obtenir du pain, avec cette conclusion : « même s’il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. » (Lc 11,8) Donc on pourrait en conclure, là encore, qu’il faudrait demander avec insistance auprès de Dieu pour obtenir ce que l’on veut…. Sauf que… la suite du texte nous dit autre chose : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »  (Lc 11,13) Nous pouvons donc en tirer deux enseignements : Premièrement Jésus nous dit justement que Dieu n’est pas à l’image du voisin qui va donner ce qu’on lui demande pour ne plus être dérangé ; qu’il n’est même pas comme les pères et les mères d’ici-bas qui ne donneraient pas un scorpion à leur enfant qui leur demande un œuf ; qu’il n’est pas comme ces dieux païens auxquels on offrait de nombreux sacrifices (humains ou animaliers) pour obtenir quelque chose… Inutile donc d’insister comme s’il était sourd ou de marchander comme s’il s’agissait d’un boutiquier ! Le deuxième enseignement porte sur le contenu de la prière : « Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » Voilà donc la demande à faire : se laisser habiter de plus en plus par l’Esprit Saint, dont on connait le fruit : « Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. » (Ga 5,22) Les biens passagers que l’on demande pour ici-bas sont bons, mais ils ne valent pas le bien durable que le Seigneur veut nous offrir et qui passera la mort.

Pourquoi la prière d’intercession ?

Pourquoi le Seigneur nous demande-t-il alors de prier avec insistance ? « Pourquoi Dieu fait-il cela, lui qui sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le lui demandions ? Nous pourrions nous en inquiéter si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’attend point que nous lui apprenions ce que nous voulons, car il ne l’ignore pas ; mais les prières excitent le désir par lequel nous pouvons recevoir ce que Dieu nous prépare, car ce que Dieu nous réserve est grand, et nous sommes petits et étroits pour le recevoir. » (St Augustin, Lettre à Proba sur la prière)… Il nous faut donc élargir notre cœur ! La prière d’intercession qui n’est pas la plus facile à évangéliser consistera donc :

– À accorder notre volonté à celle de Dieu : on prie Dieu non pas pour qu’il s’accorde à nous mais pour que nous nous accordions à lui. « Non pas ma volonté mais la tienne ! »

– À nous rapprocher de Dieu : il ne s’agit pas d’infléchir la volonté de Dieu, ou de l’informer… Comme le dit une des préfaces du missel : « Notre prière, notre louange, n’ajoute rien à ce que Tu es mais elle nous rapproche de Toi ! »

– À élargir notre cœur, ouvrir notre champ de conscience, nos champs d’intérêts aux dimensions du monde, c’est-à-dire aux dimensions du regard de Dieu sur le monde.

– À chercher notre façon de contribuer à la réalisation de ce que nous demandons… Comment prier pour la paix, alors que nous voulons acheter des produits au coup le plus bas, sachant très bien que nous engendrons ainsi injustice, donc pauvreté et sources de conflits et de guerre à l’autre bout de la planète… ?

– À prendre conscience que ce que nous accomplissons à notre niveau pour faire advenir le Royaume a des répercussions sur l’ensemble du Royaume de Dieu en devenir. (De façon directe ou par la communion des saints)

Ce n’est donc pas parce que l’on « prie », que l’on est chrétien…

La prière existe dans bien des religions et même chez certains agnostiques,

sur la base, souvent, de fausses images de Dieu.

Les textes de ce jour ne nous invitent-ils pas à

Évangéliser notre prière ?

 

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La vie par ici…

     L’année de noviciat entre dans sa dernière phase, à savoir le temps entre les admissions et les premiers vœux. À ce moment-là une certaine tension retombe, on n’est plus dans le souci des rapports, des évaluations, de la réponse du conseil provincial et de l’interrogation sur l’avenir… Une autre ambiance se met en place, la préparation spirituelle et matérielle des vœux et de la prochaine année.

En haut, à partir de la gauche : Jovic, d'Alzon, Valère En bas, à partir de la gauche : David, Honoré, Armel et Bernardin

En haut, à partir de la gauche : Jovic, d’Alzon, Valère
En bas, à partir de la gauche : David, Honoré, Armel et Bernardin

Six novices ont été admis aux vœux, sur les huit en début d’année. À savoir : Armel Yoni DAKISWENDE (burkinabè) ; Bernardin KANTCHIRE ; David BINIDI ; Honoré WINIGA ; Valère KOUWAMA (togolais) ; Jovic KOUEPOU KOUEPOU (camerounais). J’attends le bulletin officiel de la province pour vous annoncer leurs lieux d’affectation.

 

 

 

En haut à Partir de la gauche : Dominic, Noël, Rodrigue, P. Vincent, Pascal En bas, à partir de la gauche : Christian et Augustin

En haut à Partir de la gauche : Dominic, Noël, Rodrigue, P. Vincent, Pascal
En bas, à partir de la gauche : Christian et Augustin

 

Par ailleurs six postulants sont admis à entrer au noviciat, sur les neuf pré-postulants en début d’année. À savoir : Dominic MBAEZE (nigérian) ; Augustin YAMBA ; Christian AZIAMALE ; Noël TOMFEI ; Pascal GABIAM (togolais); Rodrigue OUEDRAOGO (burkinabè).

 

 

 

Les semaines à venir seront donc prises par : une semaine de courses et de congés ; une semaine de retraite pour les novices ; une semaine de session sur la connaissance de soi, avec nos frères du Puits de Jacob ; une petite session jeune assomption (avec les jeunes frères d’Afrique de l’Ouest) autour du thème : « Responsable et bâtisseurs de la fraternité : la vie religieuse assomptionniste en communautés internationales et interculturelles ». Et bien sûr par les préparatifs de la fête… Vous voyez que nous ne sommes pas tout à fait en congés, même si le rythme change… D’autant plus que les cours du noviciat ne sont pas encore tout à fait terminés…

Personnellement ce temps est toujours marqué par d’autres soucis : non seulement pour les novices mais pour les frères d’Afrique de l’Ouest qui bougent, il faut prévoir des budgets de congés raisonnables, et surtout des démarches administratives à n’en plus finir pour cartes d’identité, passeports et autres visas. Par exemple cette année je dois m’occuper, avec les frères concernés, d’au moins six démarches de visa et c’est tout un travail…

La saison des pluies est bien en place avec des orages farouches qui n’arrangent pas nos routes. Le dernier orage a fortement endommagé les appareils de la radio diocésaine dont nous avons la charge. Pour l’instant elle est réduite au silence, et il va falloir engager de gros travaux pour remettre tout cela d’aplomb.

Voilà donc un peu notre réalité ces jours-ci…

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Des petits riens qui peuvent nous conduire à la sainteté…

10 juillet 2016, 15e Dimanche ordinaire, année C, Lc 10,25-37 /

logo misericordeVoici donc le fameux texte du « Bon Samaritain », particulièrement mis en valeur durant cette année jubilaire de la Miséricorde. Spontanément je pensais que le logo retenu pour cette année était une illustration du « Bon Samaritain », mais en m’intéressant de plus près à ce logo j’apprends que c’est plutôt une image du « Bon Pasteur », le Christ portant sur ses épaules l’Adam, c’est-à-dire toute l’humanité. En fait, ces paraboles du « Bon Pasteur » et du « Bon Samaritain » illustrent bien, sous différents angles, une même réalité, celle de la miséricorde divine à recevoir et à faire nôtre. Pour approfondir cela, nous pouvons méditer la parabole de ce jour en nous identifiant tour à tour à chacun des personnages : les bandits, l’homme blessé, le prêtre ou lévite et le bon Samaritain…

Les bandits…

Vous me direz peut-être que vous n’avez rien d’un bandit, dépouillant et rouant de coups un pauvre voyageur… Et pourtant ! Lorsqu’on regarde notre monde, avec ceux qui profitent bien du système en place, ceux qui s’en sortent et ceux qui sont laissés pour compte, on peut légitimement se demander si nos façons de vivre ne sont pas semblables à celles de bandits dépouillant les uns pour enrichir les autres. Je ne voudrais pas trop enfoncer le clou mais vous savez comme moi que le commerce équitable est marginal dans nos sociétés, cela veut dire que pour la plupart des produits, sont achetés à moindre coût sans se soucier de la justesse de la rémunération de toutes celles et ceux qui ont travaillé pour nous rendre ce produit disponible : que ce soit le producteur de cochon breton, l’employé chinois dans les usines de chaussettes ou le paysan ivoirien cultivant le café et le cacao… Vous n’êtes pas non-plus sans savoir que si tous les habitants du monde vivaient sur le même standard de vie qu’un américain il nous faudrait 5 planètes, sur le niveau de vie d’un européen 2,5 planètes, alors que sur le niveau de vie d’un africain moins d’une demie-planète suffirait… Tous les humains sont des voyageurs sur cette Terre, ayant droit à leur part des biens de ce monde. Cette parabole nous invite à nous interroger de nouveaux sur nos frères blessés par notre façon de vivre…

L’homme blessé…

Mais nous pouvons aussi nous identifier avec l’homme blessé, ayant besoin de la miséricorde de nos frères et de Dieu. Oui chacun de nous porte ses blessures, plus ou moins visibles… Nos misères peuvent être matérielles, avec la difficulté de joindre les deux bouts ; mais aussi psychologiques en raison de notre histoire de vie ; spirituelles lorsque nous ne trouvons pas de sens à notre vie ; ou morales lorsque le péché nous tire vers le bas… Quelques soient nos misères, le Christ s’arrête auprès de nous et viens nous soutenir sur le chemin, parfois de façon miraculeuse mais souvent de façon simple grâce à un ami fraternel que Dieu place sur notre chemin. N’avons-nous pas tous soif de miséricorde, de bienveillance, de soutien ? Cette parabole nous redonne l’espérance d’être un jour relevé !

Le prêtre, le lévite ou le Samaritain ?

Le prêtre ou le lévite : facile de nous reconnaître dans ces deux-là : les changements de trottoirs on connait, surtout dans nos grandes villes cosmopolites et anonymes. Mais peut-on être toujours sur le mode du bon Samaritain, à part les saints, je ne crois pas… Et encore, avant de décider un jour de quitter son travail d’enseignante pour s’occuper des plus petits de la ville, la bienheureuse Mère Térésa avait dû changer de trottoir assez souvent dans cette ville de Calcutta. J’aime souvent constater qu’on ne devient pas saint du jour au lendemain, ni capable de grandes choses en claquant des doigts… Tous les saints ont d’abord commencé par un petit geste avant qu’il ne les entraîne plus loin. Donc, non, nous ne pouvons pas nous arrêter à toutes les misères croisées sur notre route, mais nous ne sommes pas non plus obligés de fermer systématiquement notre cœur. Un geste, un jour où l’on est bien disposé ; un geste, un autre jour et peut-être nous conduiront-ils jusqu’à la sainteté… « Va, et toi aussi, fais de même » !

Être miséricordieux comme le Père,

C’est d’abord ne pas blesser nos frères,

Être capable d’accueillir la miséricorde de Dieu,

Et apprendre à élargir notre cœur petit à petit, à partir de petits riens !

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