Bientôt 6 religieux de plus…

faire-part 2016e

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Départ du P. Jean-Raphaël

Après 7 années de mission au Togo, le P. Jean-Raphaël RAZANADAHY vient d’être rappelé dans sa province d’origine (Madagascar)… Son départ fut un peu précipité pour des raisons familiales…

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Nous lui disons un grand merci pour sa disponibilité et ces 7 années de services, que le Seigneur le garde dans la paix et la joie pour cette nouvelle étape de sa vie religieuse !

VELOMA !

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Sortie à Lomé et Kpalimé

Chaque année, à cette période-ci, le noviciat fait une petite sortie à Lomé et Kpalimé pour des achats, visiter les familles et un peu de tourisme… D’où le silence de la semaine passée sur le blog…

Voici donc quelques photos de cette sortie :

Un beau parcours iconographique dans la cathédrale de Kpalimé, mettant en lien scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament :

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Évangéliser notre prière !

24 juillet 2016, 17e Dimanche ordinaire, année C, Lc 11,1-13 /

AbrahamenprierePlusieurs textes sur la prière sont proposés à notre méditation ce dimanche : d’abord la fameuse intercession d’Abraham en faveur de Sodome et Gomorrhe dans le livre de la Genèse puis l’enseignement, par Jésus à ses disciples, du « Notre Père » ; et enfin la petite parabole de l’ami opportun qui demande avec beaucoup de sans-gêne, en pleine nuit, du pain à son voisin. Spontanément on en déduit qu’il faudrait demander avec insistance auprès de Dieu pour obtenir ce que l’on désir… Cela me paraît être un beau contresens ! Regardons donc de plus près ces textes afin de convertir et évangéliser notre prière.

Une intercession vaine ?

Vous connaissez ce texte de l’intercession d’Abraham : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le coupable ? Peut-être y a-t-il cinquante juste dans la ville. Vas-tu les faire périr ? » […] « Si je trouve cinquante juste dans Sodome, à cause d’eux je pardonnerai à toute la ville. » Et Abraham va continuer à marchander : 45 justes… 40… 30… 20… 10… Et la réponse du Seigneur est toujours la même, jusqu’à : « Pour dix je ne détruirai pas. » Et l’on en déduit qu’Abraham a fait une belle prière d’intercession, sauf qu’il est dommage que le découpage liturgique s’arrête-là, car la suite du texte nous révèle que : « Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar, quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu. Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation. » (Gn 19,23-25) C’est-à-dire que l’intercession d’Abraham fut vaine ! Que nous apprends donc ce récit sur la prière : non pas que la prière consisterait à marchander avec un Dieu arbitraire dont il faudrait infléchir les décisions, mais que la prière d’intercession sert plutôt à faire nôtre la volonté de Dieu : « Si tu veux m’épargner cette épreuve, merci, mais sinon, donne-moi de la traverser avec confiance, amour et foi… »

Une intercession à réorienter…

La petite parabole sur l’ami opportun est semblable au récit d’Abraham… Voici quelqu’un qui vient importuner son voisin, en pleine nuit, pour obtenir du pain, avec cette conclusion : « même s’il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. » (Lc 11,8) Donc on pourrait en conclure, là encore, qu’il faudrait demander avec insistance auprès de Dieu pour obtenir ce que l’on veut…. Sauf que… la suite du texte nous dit autre chose : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »  (Lc 11,13) Nous pouvons donc en tirer deux enseignements : Premièrement Jésus nous dit justement que Dieu n’est pas à l’image du voisin qui va donner ce qu’on lui demande pour ne plus être dérangé ; qu’il n’est même pas comme les pères et les mères d’ici-bas qui ne donneraient pas un scorpion à leur enfant qui leur demande un œuf ; qu’il n’est pas comme ces dieux païens auxquels on offrait de nombreux sacrifices (humains ou animaliers) pour obtenir quelque chose… Inutile donc d’insister comme s’il était sourd ou de marchander comme s’il s’agissait d’un boutiquier ! Le deuxième enseignement porte sur le contenu de la prière : « Combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » Voilà donc la demande à faire : se laisser habiter de plus en plus par l’Esprit Saint, dont on connait le fruit : « Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. » (Ga 5,22) Les biens passagers que l’on demande pour ici-bas sont bons, mais ils ne valent pas le bien durable que le Seigneur veut nous offrir et qui passera la mort.

Pourquoi la prière d’intercession ?

Pourquoi le Seigneur nous demande-t-il alors de prier avec insistance ? « Pourquoi Dieu fait-il cela, lui qui sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le lui demandions ? Nous pourrions nous en inquiéter si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’attend point que nous lui apprenions ce que nous voulons, car il ne l’ignore pas ; mais les prières excitent le désir par lequel nous pouvons recevoir ce que Dieu nous prépare, car ce que Dieu nous réserve est grand, et nous sommes petits et étroits pour le recevoir. » (St Augustin, Lettre à Proba sur la prière)… Il nous faut donc élargir notre cœur ! La prière d’intercession qui n’est pas la plus facile à évangéliser consistera donc :

– À accorder notre volonté à celle de Dieu : on prie Dieu non pas pour qu’il s’accorde à nous mais pour que nous nous accordions à lui. « Non pas ma volonté mais la tienne ! »

– À nous rapprocher de Dieu : il ne s’agit pas d’infléchir la volonté de Dieu, ou de l’informer… Comme le dit une des préfaces du missel : « Notre prière, notre louange, n’ajoute rien à ce que Tu es mais elle nous rapproche de Toi ! »

– À élargir notre cœur, ouvrir notre champ de conscience, nos champs d’intérêts aux dimensions du monde, c’est-à-dire aux dimensions du regard de Dieu sur le monde.

– À chercher notre façon de contribuer à la réalisation de ce que nous demandons… Comment prier pour la paix, alors que nous voulons acheter des produits au coup le plus bas, sachant très bien que nous engendrons ainsi injustice, donc pauvreté et sources de conflits et de guerre à l’autre bout de la planète… ?

– À prendre conscience que ce que nous accomplissons à notre niveau pour faire advenir le Royaume a des répercussions sur l’ensemble du Royaume de Dieu en devenir. (De façon directe ou par la communion des saints)

Ce n’est donc pas parce que l’on « prie », que l’on est chrétien…

La prière existe dans bien des religions et même chez certains agnostiques,

sur la base, souvent, de fausses images de Dieu.

Les textes de ce jour ne nous invitent-ils pas à

Évangéliser notre prière ?

 

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La vie par ici…

     L’année de noviciat entre dans sa dernière phase, à savoir le temps entre les admissions et les premiers vœux. À ce moment-là une certaine tension retombe, on n’est plus dans le souci des rapports, des évaluations, de la réponse du conseil provincial et de l’interrogation sur l’avenir… Une autre ambiance se met en place, la préparation spirituelle et matérielle des vœux et de la prochaine année.

En haut, à partir de la gauche : Jovic, d'Alzon, Valère En bas, à partir de la gauche : David, Honoré, Armel et Bernardin

En haut, à partir de la gauche : Jovic, d’Alzon, Valère
En bas, à partir de la gauche : David, Honoré, Armel et Bernardin

Six novices ont été admis aux vœux, sur les huit en début d’année. À savoir : Armel Yoni DAKISWENDE (burkinabè) ; Bernardin KANTCHIRE ; David BINIDI ; Honoré WINIGA ; Valère KOUWAMA (togolais) ; Jovic KOUEPOU KOUEPOU (camerounais). J’attends le bulletin officiel de la province pour vous annoncer leurs lieux d’affectation.

 

 

 

En haut à Partir de la gauche : Dominic, Noël, Rodrigue, P. Vincent, Pascal En bas, à partir de la gauche : Christian et Augustin

En haut à Partir de la gauche : Dominic, Noël, Rodrigue, P. Vincent, Pascal
En bas, à partir de la gauche : Christian et Augustin

 

Par ailleurs six postulants sont admis à entrer au noviciat, sur les neuf pré-postulants en début d’année. À savoir : Dominic MBAEZE (nigérian) ; Augustin YAMBA ; Christian AZIAMALE ; Noël TOMFEI ; Pascal GABIAM (togolais); Rodrigue OUEDRAOGO (burkinabè).

 

 

 

Les semaines à venir seront donc prises par : une semaine de courses et de congés ; une semaine de retraite pour les novices ; une semaine de session sur la connaissance de soi, avec nos frères du Puits de Jacob ; une petite session jeune assomption (avec les jeunes frères d’Afrique de l’Ouest) autour du thème : « Responsable et bâtisseurs de la fraternité : la vie religieuse assomptionniste en communautés internationales et interculturelles ». Et bien sûr par les préparatifs de la fête… Vous voyez que nous ne sommes pas tout à fait en congés, même si le rythme change… D’autant plus que les cours du noviciat ne sont pas encore tout à fait terminés…

Personnellement ce temps est toujours marqué par d’autres soucis : non seulement pour les novices mais pour les frères d’Afrique de l’Ouest qui bougent, il faut prévoir des budgets de congés raisonnables, et surtout des démarches administratives à n’en plus finir pour cartes d’identité, passeports et autres visas. Par exemple cette année je dois m’occuper, avec les frères concernés, d’au moins six démarches de visa et c’est tout un travail…

La saison des pluies est bien en place avec des orages farouches qui n’arrangent pas nos routes. Le dernier orage a fortement endommagé les appareils de la radio diocésaine dont nous avons la charge. Pour l’instant elle est réduite au silence, et il va falloir engager de gros travaux pour remettre tout cela d’aplomb.

Voilà donc un peu notre réalité ces jours-ci…

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Des petits riens qui peuvent nous conduire à la sainteté…

10 juillet 2016, 15e Dimanche ordinaire, année C, Lc 10,25-37 /

logo misericordeVoici donc le fameux texte du « Bon Samaritain », particulièrement mis en valeur durant cette année jubilaire de la Miséricorde. Spontanément je pensais que le logo retenu pour cette année était une illustration du « Bon Samaritain », mais en m’intéressant de plus près à ce logo j’apprends que c’est plutôt une image du « Bon Pasteur », le Christ portant sur ses épaules l’Adam, c’est-à-dire toute l’humanité. En fait, ces paraboles du « Bon Pasteur » et du « Bon Samaritain » illustrent bien, sous différents angles, une même réalité, celle de la miséricorde divine à recevoir et à faire nôtre. Pour approfondir cela, nous pouvons méditer la parabole de ce jour en nous identifiant tour à tour à chacun des personnages : les bandits, l’homme blessé, le prêtre ou lévite et le bon Samaritain…

Les bandits…

Vous me direz peut-être que vous n’avez rien d’un bandit, dépouillant et rouant de coups un pauvre voyageur… Et pourtant ! Lorsqu’on regarde notre monde, avec ceux qui profitent bien du système en place, ceux qui s’en sortent et ceux qui sont laissés pour compte, on peut légitimement se demander si nos façons de vivre ne sont pas semblables à celles de bandits dépouillant les uns pour enrichir les autres. Je ne voudrais pas trop enfoncer le clou mais vous savez comme moi que le commerce équitable est marginal dans nos sociétés, cela veut dire que pour la plupart des produits, sont achetés à moindre coût sans se soucier de la justesse de la rémunération de toutes celles et ceux qui ont travaillé pour nous rendre ce produit disponible : que ce soit le producteur de cochon breton, l’employé chinois dans les usines de chaussettes ou le paysan ivoirien cultivant le café et le cacao… Vous n’êtes pas non-plus sans savoir que si tous les habitants du monde vivaient sur le même standard de vie qu’un américain il nous faudrait 5 planètes, sur le niveau de vie d’un européen 2,5 planètes, alors que sur le niveau de vie d’un africain moins d’une demie-planète suffirait… Tous les humains sont des voyageurs sur cette Terre, ayant droit à leur part des biens de ce monde. Cette parabole nous invite à nous interroger de nouveaux sur nos frères blessés par notre façon de vivre…

L’homme blessé…

Mais nous pouvons aussi nous identifier avec l’homme blessé, ayant besoin de la miséricorde de nos frères et de Dieu. Oui chacun de nous porte ses blessures, plus ou moins visibles… Nos misères peuvent être matérielles, avec la difficulté de joindre les deux bouts ; mais aussi psychologiques en raison de notre histoire de vie ; spirituelles lorsque nous ne trouvons pas de sens à notre vie ; ou morales lorsque le péché nous tire vers le bas… Quelques soient nos misères, le Christ s’arrête auprès de nous et viens nous soutenir sur le chemin, parfois de façon miraculeuse mais souvent de façon simple grâce à un ami fraternel que Dieu place sur notre chemin. N’avons-nous pas tous soif de miséricorde, de bienveillance, de soutien ? Cette parabole nous redonne l’espérance d’être un jour relevé !

Le prêtre, le lévite ou le Samaritain ?

Le prêtre ou le lévite : facile de nous reconnaître dans ces deux-là : les changements de trottoirs on connait, surtout dans nos grandes villes cosmopolites et anonymes. Mais peut-on être toujours sur le mode du bon Samaritain, à part les saints, je ne crois pas… Et encore, avant de décider un jour de quitter son travail d’enseignante pour s’occuper des plus petits de la ville, la bienheureuse Mère Térésa avait dû changer de trottoir assez souvent dans cette ville de Calcutta. J’aime souvent constater qu’on ne devient pas saint du jour au lendemain, ni capable de grandes choses en claquant des doigts… Tous les saints ont d’abord commencé par un petit geste avant qu’il ne les entraîne plus loin. Donc, non, nous ne pouvons pas nous arrêter à toutes les misères croisées sur notre route, mais nous ne sommes pas non plus obligés de fermer systématiquement notre cœur. Un geste, un jour où l’on est bien disposé ; un geste, un autre jour et peut-être nous conduiront-ils jusqu’à la sainteté… « Va, et toi aussi, fais de même » !

Être miséricordieux comme le Père,

C’est d’abord ne pas blesser nos frères,

Être capable d’accueillir la miséricorde de Dieu,

Et apprendre à élargir notre cœur petit à petit, à partir de petits riens !

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Temps du ressourcement

       IMGP4943Mon silence récent était dû à une semaine de retraite organisée pour l’ensemble de nos communautés d’Afrique de l’Ouest. Nous étions donc 17 religieux et 7 novices sous la houlette du P. Laurent Bodart et de l’Esprit Saint…. Une belle semaine à l’écart, au beau centre diocésain de Dalwak, près de Dapaong, tenu par les Sœurs de saint François (voir les photos ci-dessous).

Tableau de Rembrandt

Tableau de Rembrandt

La retraite avançait sur deux pieds : une méditation du chapitre neuvième de l’Évangile selon saint Luc d’une part : « Pour vous qui suis-je ? » et une méditation de la Parabole du « Père Miséricordieux », habituellement nommée « Le Fils prodigue »… En fait ces deux portes d’entrée n’étaient pas si éloignée l’une de l’autre… Nous avons eu la chance de recevoir chacun, de la part du P. Laurent, une belle reproduction du fameux tableau de Rembrandt sur cette parabole. Il fut très agréable de prendre le temps de méditer longuement et lentement ces textes qui nous ont réservés bien des surprises. La première démarche demandée consistait à réécrire de mémoire la parabole et ensuite de la comparer avec le texte de Luc : pourquoi certains ajouts, certains oublis ? Une bonne façon de faire pour bien connaître le texte !

Il serait fastidieux de vous partager toutes les découvertes de cette retraite, et puis c’est un travail à faire chacun personnellement, mais je me permets de vous envoyer deux commentaires de ce tableau, parmi de nombreux autres, trouvés sur la Toile :

Une méditation du Paul Baudiquey

Un commentaire de Damien Le Guay

Finalement cette parabole et l’interprétation qu’en fait Rembrandt se résume à une expression : « Être miséricordieux comme le Père ! »

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« Allez ! Je vous envoie… »

3 juillet 2016, 14e Dimanche ordinaire, année C, Lc 10,1…20 /

138EEh oui, tout baptisé est envoyé par la Christ en Mission ! Nous considérons-nous vraiment comme des envoyés du Christ au service du Royaume de Dieu ? La question est bien formulée par la sœur Emmanuelle Billoteau dans le Prions en Église : « Entre une discrétion qui frise la démission et une programmation conquérante, comment nous situons-nous par rapport à la mission ? » La page d’Évangile de ce jour est éclairante sur bien des points : elle précise le travail à faire, les moyens à prendre et le soutien apporté par le Seigneur.

Un travail bien précis : Moissonner !

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Lc 10,2) Quelle insistance ! Par trois fois on parle de moisson, de maître de la moisson, d’ouvriers pour la moisson. Notre tâche est donc claire, il s’agit de récolter ce que le Seigneur a fait germer et pousser dans les cœurs. Son Esprit nous précède… N’avez-vous jamais fait cette expérience, en essayant de parler des « choses de Dieu » avec quelqu’un, de constater combien, malgré parfois une opposition de façade et des reproches un peu trop stéréotypés, la personne à qui vous vous adressez porte en elle de vraies questions et parfois de vraies réponses, mêmes si elles ne sont pas encore éclairées par la révélation de l’Évangile. J’ai toujours en mémoire cette réflexion d’un de nos frères américains : « Bien souvent nous voulons apporter l’Evangile en répondant aux questions que les gens ne se posent pas… Avant d’apporter des réponses, encore faudrait-il être à l’écoute des questions qu’ils se posent ! » Donc, oui, nos frères et sœurs humains se posent des questions, réfléchissent et leur cœur est travaillé par l’Esprit, ils ont un certain sens du divin, ils se sont, en général, déjà engagés sur le chemin d’une vie belle et bonne. Nôtre tâche ne consiste donc qu’à venir récolter tous ces bons fruits, à mettre des mots sur les recherches tâtonnantes, à accompagner à la lumière de l’Évangile le chemin déjà entrepris. N’est-ce pas cela être moissonneur ?

Des moyens évangéliques…

Le Seigneur nous donne, ensuite des repères bien précis pour la mission. Si nous voulons annoncer l’Évangile il nous faut prendre des moyens évangéliques ! Cela permet déjà d’éliminer des façons trop conquérantes de faire… Envoyés « deux par deux » : ce n’est pas mon affaire personnelle avec mes propres idées, mais c’est une mission reçue et à réaliser communautairement. Deux par deux, on peut se soutenir mais aussi s’interpeller sur la façon de faire… « Comme des agneaux au milieu des loups… », et non pas comme des loups au milieu des loups. Cela veut dire une façon de faire non violente, désarmée, où l’on sait d’avance que l’on se fera malmener et qu’il faudra tenir bon dans un témoignage d’amour des ennemis… « Sans bourse, ni sac, ni sandales… », dépouillé de tout, pour ne pas croire que le succès viendrait de nous et de nos stratégies, comme on le voit trop dans certaines façons de faire d’Églises du Réveil, copiées aussi par certains mouvements catholiques. Il faudrait plutôt regarder du côté de saint François d’Assise se dépouillant de tout, nu, et pourtant ses premiers compagnons seront déjà 5 000 huit années seulement après ce fameux geste de François !… Sans « s’arrêter en salutations sur la route », c’est-à-dire en ne se laissant pas détourner de la mission, mais en ne recherchant que l’annonce du Royaume de Dieu : Que de distractions aujourd’hui auxquelles nous devons résister ! Bref, il s’agit d’être des missionnaires tout abandonné à Dieu et ne comptant que sur ses forces à Lui !

Soutenu par le Seigneur…

« Je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. » (Lc 10,19) Si nous sommes effectivement au service du Royaume de Dieu, au service des plus petits, démunis de tout, et remis entre les mains de Dieu : rien ne pourra nous atteindre. J’allais dire que nous constatons cela chaque jour sous nos latitudes africaines. Le Malin, faisant appel aux manœuvres spirituelles, aux forces obscures, aux envoûtements, aux fétiches etc… se démène de toutes ses forces pour faire obstacle aux envoyés de Dieu, mais nous constatons aussi son inefficacité face au Christ Sauveur, maître de toute chose et à qui tous les esprits sont soumis. Sous d’autres latitudes, les manœuvres du Malin apparaîtront moins magiques, mais elles cherchent tout autant à détourner de la quête du Royaume de Dieu : séduction par l’argent, par le pouvoir, par la sensualité, par l’égocentrisme etc… Mais en tout cela nous somme les grands vainqueurs : « Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8,38-39)

Alors, la méditation de l’Évangile de ce dimanche ne nous relance-t-elle pas pour la mission ?

Il s’agit d’aller tout simplement récolter ce que le Seigneur a semé,

Avec des moyens évangéliques,

Assurés de la présence du Seigneur à nos côtés…

 

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Fin d’année à Sokodé

 Ramadan…

Session sur les grandes religions

Session sur les grandes religions

Comme vous le savez, la ville de Sokodé est la plus musulmane du pays, nous sommes donc en communion avec nos frères musulmans en plein mois de Ramadan. Cette année les astres étaient alignés, d’une certaine manière, puisque durant ce mois de Ramadan nous venons de vivre au noviciat une session sur les grandes religions et notamment l’Islam ainsi que la dernière conférence du Centre Culturel portant également sur l’Islam. El Hadj Bako et El Hadj Tangao, nos fidèles intervenants, nous ont entretenu sur l’histoire de l’islamisation de la région de Sokodé qui remonterait à 1707… Nous avons aussi appris que l’Islam de Sokodé, sunnite, est surtout marqué par la tendance Malékite (une des quatre écoles juridiques de l’Islam fondée par l’imam Malik Ibn Anas) et que la confrérie soufie présente à Sokodé est La Tijjaniyya (fondée au Maghreb au XVIIIe siècle)… La divergence fondamentale entre les gens de la Sunna et les soufis concerne la possibilité d’entrer en communion avec Dieu, de participer à sa sainteté, de vénérer des saints, pour les gens de la Sunna cela remet en cause l’unité de Dieu : Dieu est à sa place et les croyants à la leur… Nous avons aussi appris pas mal de chose sur l’Islam de Sokodé, la place du Grand Imam et du Chef spirituel (chef des musulmans) ; le fait qu’ici on ne fait pas passer d’épreuve pour le choix du Grand Imam (comme cela devrait se faire), mais qu’il est choisi à tour de rôle parmi quatre clans ; qu’il y a un autre clan qui est plutôt celui des érudits de l’Islam, mais qu’ils ne peuvent pas être Grand Imam… Que l’alpha, érudit de l’Islam, contrairement à l’imam ne reçoit pas un mandat de la communauté mais qu’il s’érige alpha par lui-même et par sa science d’une certaine manière etc… En tout cas un grand merci à nos deux amis pour tous leurs apports…

Probatoire…

Au Togo, le Bac probatoire est toujours bien en place, alors qu’il a été supprimé en France en 1964, et c’est une rude épreuve ou beaucoup échouent. Il faut dire que le niveau est bien plus élevé qu’en France, puisqu’on fonctionne sur d’anciens programmes. Par exemple, en math, plusieurs éléments du programme de terminale sont du niveau de l’université en France. Cette année les résultats sont assez catastrophiques (variant de 13% à 85% suivant les séries). Le taux de réussite au BAC 1 est de 58,66% dans l’enseignement général et de 40,61% dans l’enseignement technique, en recul de plus de 20% par rapport à 2015. Félicitations à ceux qui ont réussi, courage à ceux qui ont reporté leur réussite à l’année prochaine et courage aux élèves de terminale qui passeront leurs épreuves cette semaine.

Retraite…

Pour la première fois nous avons réussi à organiser une retraite commune à tous les religieux assomptionnistes d’Afrique de l’Ouest, c’est donc demain que nous entrerons en retraite sous la houlette du P. Laurent Bodart, 1er assistant du Provincial d’Europe. Un temps bien nécessaire pour reprendre force dans le Seigneur notamment en cette fin d’année qui ne manque pas de son lot d’épreuves…

Fin d’année…

Dans nos maisons de formation, noviciat, postulat, on ressent une certaine fébrilité puisque ce temps de fin d’année est celui des évaluations, des rapports, des admissions, des nominations. Pas toujours facile de gérer tout cela lorsqu’on sait qu’il s’agit de se prononcer sur l’avenir d’un homme, ou de réorganiser nos communautés pour nous ajuster au mieux à la mission confiée. Nous comptons fortement sur vos prières…

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« Pour vous qui suis-je ? »

19 juin 2016, 12e Dimanche ordinaire, année C, Lc 9,18-24 /

pourvousNous connaissons bien ce passage où Jésus demande à la foule d’une part, puis aux disciples d’autre part : « Pour vous qui suis-je ? » Il est intéressant de noter les différentes étapes de la question, comme si Jésus ne voulait pas que ses disciples les plus proches lui répondent trop rapidement, en lui sortant les clichés qui circulent sur lui. Cette pédagogie n’est-elle pas toujours pertinente pour nous aujourd’hui ? Premièrement, quels sont les clichés qui circulent sur Jésus ? Quelles réponses anonymes des foules entendons-nous de-ci de-là ? Deuxièmement, que dit l’Église ? Et enfin qu’en-est-il pour nous- même ? Sommes-nous d’accord avec ces réponses ? L’Évangile nous invite à une réponse personnelle et réfléchie : à partir de notre expérience personnelle, des témoins rencontrés, des personnes qui ont marqué notre histoire, et en premier lieu nos parents et grands-parents, sommes-nous aussi prompt à faire nôtres les réponses toutes faites que l’on entend alentour ? Reprenons ces questions : Que disent les foules ? Que dit l’Église ? Qui est Jésus pour moi ?

Que disent les foules ?

Les plus obscurantistes diront que Jésus est une légende, sauf qu’historiquement le personnage est bien identifié et le mouvement de ses disciples se déployant sur tout le pourtour méditerranéen au premier siècle de notre ère est bien documenté. Les seconds diront de lui que c’était un sage, un prophète, un homme exemplaire, à la manière d’un Mahatma Gandhi, d’un Martin Luther King ou d’un Nelson Mandela, qui peut inspirer notre façon de vivre aujourd’hui et interpeller la qualité de notre vie humaine, de notre vivre ensemble, de notre amour des autres ; sauf que ceux-ci ne retiennent qu’une toute petite partie du message de Jésus, tout ce qu’il dit de sa relation à son Père, de la prière, de la résurrection, du jugement dernier, du Royaume de Dieu… bref, toute la dimension spirituelle de son message et de sa vie est passée sous silence. D’autres encore diront : « Jésus oui, mais l’Église non », oubliant que s’il y a une chose que Jésus a fondée, c’est une communauté de disciples, et qu’aucun des écrits qui nous parlent de Jésus n’est de lui mais de la primitive Église. Comment pourrions-nous accéder à Jésus sans l’Église, c’est-à-dire sans la communauté des disciples d’hier et d’aujourd’hui ? Il y a encore ceux qui feront mine de ne pas le connaître, de l’ignorer, de ne pas se laisser interpeller par lui ; ou bien ceux qui le rejetteront ouvertement, mais qui, en fait, rejetteront souvent une fausse image qu’ils se sont faite de lui.

Que dit l’Église ?

L’Église, elle, confesse que Jésus est le Fils de Dieu, c’est-à-dire une des trois personnes de la Trinité. Non pas que nous croirions en trois dieux, mais que le Dieu unique est communion et amour. Qu’il ne peut être amour s’il est monolithique, car l’amour de Dieu n’est pas un attribut extérieur à lui-même mais son être-même, ce qu’il vit constamment dans l’échange mystérieux entre le Père, le Fils et l’Esprit. L’Église confesse que le Fils, qui est le Verbe de Dieu par qui tout s’est fait, a pris chair en Jésus de Nazareth, afin de récapituler toute chose en lui ; afin de permettre aux hommes de communier à sa propre vie de façon à pouvoir entrer dans la vie de Dieu. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. » Jésus, pour l’Église, n’est donc pas un simple sage humaniste, sans quoi il ne pourrait nous apporter la vie éternelle, mais il est le Sauveur du Monde, le Rédempteur, Celui qui nous permet d’accéder à une vie de plénitude en Dieu ! Ses titres sont nombreux car nos mots toujours imparfaits : le Messie, oui, mais un Messie souffrant ; le Fils de Dieu, oui, mais lui-même est Dieu ; le Verbe de Dieu, oui, mais sa Parole est aussi un agir ; le Sauveur du Monde, oui, mais il ne vient pas réparer le monde mais le mener à son accomplissement… Les spirituels de la tradition apophatique, nous disent justement que nos mots sont toujours inadaptés : « Ô Toi, l’au-delà de tout. N’est-ce pas là tout ce qu’on peut chanter de Toi ? Quelle hymne te dira, quel langage ? Aucun mot ne t’exprime. À quoi s’attachera-t-il ? Tu dépasses toute intelligence. Seul, Tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de Toi. Seul, Tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de Toi… » (Hymne attribuée à Grégoire de Naziance)

Qui est Jésus pour moi ?

L’Évangile nous invite donc à une réponse personnelle, qui passe par des mots certes, mais surtout par une façon de vivre. Une réponse personnelle, qui ne soit pas celle de la foule et qui ne consiste pas non plus à se débarrasser de la question pour avoir la conscience tranquille. C’est bien le drame de notre époque : non pas un refus de Dieu ou de Jésus Christ, mais une indifférence nourrie par l’étourdissement de notre vie moderne. Le travail, les soucis, la détente, les vacances, les médias semblent vouloir occuper tout notre champ de conscience. Prenons-nous le temps de nous arrêter, de faire silence, de penser, de contempler, de lire, afin d’avancer une réponse personnelle à la question de Jésus Christ : « Pour vous qui suis-je ? » Et si on se hasarde à une réponse, la seconde question vient de suite : « Mais alors, si Jésus est important pour toi, pourquoi vis-tu comme tu vis ? ». « Ta vie est-elle en cohérence avec ce que tu dis de Jésus Christ ? »

Que disent les foules ?

Que dit l’Église ?

Qui est Jésus pour moi ?

 

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