Internoviciat sur la connaissance de soi…

dscn0727Quelques photos de notre dernier internoviciat, portant sur la connaissance de soi et animé par le père Charles AGBESSI, s.j., psychothérapeute… L’approche se voulait multiple, en s’appuyant sur différentes théories d’évolution de l’être humain (Freud, Erickson, Bowlby, Vygotsky, Siegler, Kohlberg,Fowler, Piaget etc…) , pour ne pas s’enfermer dans une seule approche et afin que chacun puisse voir où il en est dans les différentes étapes de croissance humaine évoquées…

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Pour se souvenir de nos frères martyrs…

Nos 10 frères martyrs

Nos 10 frères martyrs

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Mois de l’espérance…

novembre_001            Il parait que le mois de novembre est triste, surtout sous les latitudes de l’hémisphère nord avec le retour du froid et de l’hiver – Ici c’est déjà le retour de l’harmattan, notre « hiver » à nous, sec, ensoleillé, venteux, poussiéreux, chaud en journée et frais la nuit -… Mois triste parait-il, puisqu’il nous tourne vers la mort et les cimentières fleuris. Mais pourquoi ne pas parler plutôt d’un mois d’espérance ?

Novembre, tu nous parles de mort mais aussi d’espérance

Novembre, le froid nous a saisi mais l’hiver a ses charmes

Novembre, c’est la fin des récoltes, promesse d’un avenir

Novembre, souvenir des martyrs, de notre fondateur

Novembre, et les rites reviennent de Toussaint, de l’Avent

Novembre, tu nous tournes vers nous-mêmes, vers le Maître intérieur

Non, novembre, tu n’es pas triste, juste un peu grave !

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Difficile questionnement sur la vie après la mort…

6 novembre 2016, 32e Dimanche ordinaire, année C, Lc 20,27-38 /

139d      Les textes de ce dimanche nous renvoient à nos questions fondamentales sur ce qui se passe après la mort… Ressusciterons-nous ? Comment cela se passera-t-il ? Quand sera-t-il des relations qui auront marqué notre vie ici-bas ? Bien sûr, nous pouvons aborder ces questions à partir de nos propres raisonnements ou de façon cynique, à la manière des Saducéens de notre passage d’évangile… Eux, qui ne croient pas en la résurrection, se sont déjà fait leur opinion et cherche à utiliser les Écritures et à piéger Jésus à partir d’un exemple abracadabrantesque. L’autre façon d’aborder la question, surtout si l’on se dit chrétien, c’est de reconnaître que nous ne pouvons sonder l’au-delà à partir de notre seul raisonnement et donc de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et à l’école de Jésus Christ, verbe de Dieu fait chair, venu parachever la révélation. Alors prenons ce chemin si vous le voulez bien… Que nous révèle la Parole de Dieu ? Résurrection : oui ! Prolongement de notre vie ici-bas : en partie seulement ! Retrouvaille avec ceux que nous avons aimés : oui et plus encore !

Résurrection : oui !

     Tous les peuples, toutes les cultures, toutes les religions se posent la question de la vie après la mort et disons, qu’à part le phénomène récent et très restreint d’un athéisme pur et dur qui parlerait de néant après la mort, toutes les autres réponses envisagent une vie après la mort sous diverses formes. Dans le peuple juif de l’Ancien Testament, jusqu’au IIIe ou IIe on ne croyait pas vraiment à une résurrection des morts, tout juste à une errance des « ombres » des morts dans le shéol, lieu de silence, de ténèbres, d’oubli : « Ce ne sont pas les morts qui louent le Seigneur, eux qui tous descendent au Silence. (Ps 115,17). Une longue vie ici-bas était une bénédiction de Dieu et une vie courte une malédiction… Mais la persécution d’Antiochus Épiphane va marquer une nouvelle étape dans l’accueil de la révélation. C’est ce que nous lisons dans la première lecture, un texte qui date d’environ 175 av. Jésus Christ… Les juifs, et en particulier les jeunes qui meurent martyrs en raison de leur fidélité à Dieu, ne peuvent pas être maudit par lui. Et s’affirme alors une foi en la résurrection des justes : « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle. »  (2 Maccabées 7,14) La venue de Jésus Christ marquera une nouvelle étape de la compréhension avec une résurrection universelle : « Ne soyez pas surpris ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre Sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. »  (Jean 5,28-29) Ou encore dans l’évangile de ce jour : « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Tous, en effet vivent pour lui. » (Lc 20,38) Bref, notre foi en la résurrection n’est pas le résultat d’un résonnement humain mais l’accueil d’une révélation. Donc, Résurrection : oui !

Prolongement de notre vie ici-bas : en partie seulement !

        Mais comment cela va-t-il se faire ? « Je crois à la résurrection de la chair » proclamons-nous dans le symbole des apôtres. Le mot chair ici ne désignent pas « la viande et les os », mais tout ce qui a donné chair à notre vie, tout ce qui a donné de l’épaisseur à notre vie, « ce par quoi je suis en relation avec les autres et avec le monde dans lequel je vis. Et il faut sans doute dire aussi que le corps est bien plus que ce que limite ma peau : mon vêtement, ma maison, les relations qui me façonnent ne sont-ils pas aussi quelque chose de ma réalité corporelle ? […] La chair, pour les hommes de la Bible, c’est l’homme dans sa réalité corporelle, dans sa réalité mondaine. Cela veut dire que quand les chrétiens parlent de résurrection, ils n’affirment pas que l’homme reviendra à la vie qu’il connaît aujourd’hui, à la réalité matérielle pesante qu’est le corps tel que nous en parle les biologistes. Il s’agit bien d’une vie nouvelle spirituelle, une vie en Dieu. Et très vite l’Église a compris l’ambigüité de la formule « résurrection de la chair » puisque le symbole de Nicée – Constantinople, fruit des querelles christologiques et rédigé par ces deux conciles (Nicée 325 ; Constantinople 381) a remplacé cette formule par ‘j’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir’. » (cf. Jean-Louis Vincent ) Donc tout ce qui a donné de la chair à notre vie sera suscité de nouveau, re-suscité, mais non pas sous la forme que nous avons connue ici-bas, puisque notre corps sera un corps spirituel…

Retrouvaille avec ceux que nous avons aimés : oui et plus encore !

       Nous en arrivons donc à l’exemple des Sadducéens : « la femme qui a eu sept maris ici-bas duquel sera-t-elle l’épouse ? » Et Jésus de répondre qu’au ciel, il n’y a plus ni épouse, ni mari. D’autant plus que la loi du Lévirat concernait l’enfantement, « pour donner une descendance à son frère », alors qu’au ciel on enfante plus… Cela voudrait-il dire que nous n’aurons plus de lien avec ceux que nous avons aimé ici-bas, non bien sûr cela contredirait ce que je viens de dire plus haut, à savoir que la résurrection, c’est le rétablissement de ce qui a donné chair à notre vie. Mais ces liens ne sont plus du même ordre et surtout, nous serons rendus capables d’un amour beaucoup plus large que notre amour ici-bas. Notre vie en Dieu sera l’ouverture à la communion de tous les sauvés, c’est-à-dire un amour agapè beaucoup plus universel que nos petites expériences d’amour d’ici-bas. Donc oui, nous retrouverons ceux que nous avons aimés… et plus encore !

Ne nous enfermons donc pas dans notre petite compréhension humaine de la vie après la mort !

Jésus Christ nous a révélé : le bienfondé de la foi en la résurrection,

la continuité entre notre vie céleste et ce que fut notre vie ici-bas,

mais aussi la réalité toute nouvelle de cette vie en Dieu !

 

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Éloge des nuances…

cooperationinternationale            Des réseaux sociaux si fascinants et si déprimants… Je ne voudrais pas, ici, condamner sans nuance les réseaux sociaux, en étant moi-même un modeste utilisateur. Ce sont de belles inventions, permettant d’entretenir certains liens, d’en retrouver d’autres, de partager quelques coups de cœur et même de résoudre rapidement certaines difficultés de la vie quotidienne… Mais quel travail d’élagage et de tri si l’on ne veut pas se laisser envahir par des propos sans intérêt ou sans nuances, des injonctions ridicules -« si vous ne partagez pas c’est que… »-, des pensées en forme de prêt-à-porter qui ressemble à de hautes réflexions mais qui ne sont que des platitudes etc.

Ce qui m’agace particulièrement ce sont ces propos où ces images chocs qui entretiennent la haine, le soupçon, le repli sur soi… Bref la malveillance, la médisance, la déformation des faits… Elles concernent aussi bien les hommes politiques que certains s’évertuent sans cesse à dénigrer ou à piéger, et on se demande pourquoi la vie politique est tellement malade ! Elles concernent les simplismes et les anachronismes relatifs à l’histoire des peuples : en général, pour se faire une bonne idée d’un évènement comme le colonialisme, ou les croisades, il faut avoir lu plusieurs ouvrages écrits de différents points de vue et ce n’est certainement pas quelques lignes sur Facebook qui peuvent éclairer notre lanterne… Elles concernent même la vie spirituelle où des apprentis « ayatollah » aussi bien catholiques que musulmans ou new-age disent aux autres ce que devrait être la vraie religion, un vrai pape ou une vraie morale !

Elles concernent enfin les fausses idées populistes qui se développent comme une gangrène : l’étranger qui vole le pain de nos enfants ; les institutions nationales, européennes, internationales qui seraient toutes pourries ; les musulmans qui seraient tous dangereux, ou encore, sous d’autres latitudes, les pays occidentaux qui passeraient leur temps à exploiter les pays pauvres, etc., etc….

Mais quand comprendrons-nous que l’humanité est unique ? Que les découpages nationaux sont très relatifs à l’histoire ? Que notre avenir ne peut qu’être commun ? Que les seules énergies qui vaillent la peine d’être dépensées sont celles au service de plus de bonheur, de justice, de paix pour tous les peuples, pour mes proches certes mais aussi pour mon prochain, celui dont je me rends proche !

Comme religieux, j’ai eu la grande chance, depuis 28 ans, de vivre, au quotidien, avec des frères de diverses nationalités de tous les continents (et même du pacifique)… Je n’ai pas fait la liste de ces différentes nationalités mais ce serait intéressant… 30, 40 ? Par ailleurs j’ai déjà pu vivre 16 années en Amérique du Nord ou en Afrique, indépendamment de courts séjours dans pas mal de pays… Eh bien je puis vous assurer que l’être humain est unique que « partout sur la planète il y a le ciel et la terre et entre les deux des hommes et des femmes qui essaient de vivre au mieux » (P. Christian Blanc)…

Alors pitié, ne cultivons pas la méfiance de celui qui est différent de nous, ne construisons pas de murs, ne recherchons pas des solutions partielles pour les uns contre les autres, ne lançons pas des propos sans nuances déformant la réalité et entretenant les idées fausses … Il n’y a qu’une voie possible, celle d’une humanité unique qui chemine vers un mieux vivre pour chacun et pour tous les peuples ; il n’y a comme véritables solutions que celles qui prennent en compte les interactions planétaires et les liens entre tous les peuples… Le rêve d’un bonheur dans mon petit coin sans me soucier des autres n’est qu’un mythe et un rêve trompeur !

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Pécheur… Oui mais pécheur aimé, pécheur sauvé !

fils-prodigue30 octobre 2016, 31e Dimanche ordinaire, année C, Lc 19,1-10 /

« Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres, car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine envers lui. Et comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? » (Sagesse 11,23-25). La conscience du péché peut être vécue de bien des manières ! Pour beaucoup de personnes, la conscience du péché va de pair avec une culpabilisation, une honte, voire un mépris envers soi-même, surtout lorsqu’on identifie, comme c’est le cas neuf fois sur dix, le péché avec des difficultés liées à la sexualité… Il me semble qu’il y a une autre tradition spirituelle beaucoup plus juste et beaucoup plus fructueuse, dans le sens de ce qu’évoque le livre de la Sagesse proposé à notre méditation ce dimanche, ou dans la ligne fondamentale de l’Évangile : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »  (Luc 19,10), « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »  (Luc 5,31-32) Alors de quel péché parle-t-on ? Pécheur oui, mais pécheur aimé et pécheur sauvé !

Pécheur, oui, mais de quoi parle-t-on ?

De la même manière que l’histoire du Salut n’est pas l’histoire de Dieu venu réparer les pots cassés d’un monde supposé parfait avant « la chute », mais plutôt l’histoire d’une humanité fragile accompagnée par Dieu dans sa marche vers le Royaume… De même, l’homme pécheur n’est pas le résultat d’un homme parfait ayant succombé, mais bien plutôt le résultat de la condition humaine : l’être humain est un être fragile, qui ne sait pas, d’emblée, aimer comme il faut et qui est marqué dès la petite enfance par la jalousie, l’égocentrisme, des désirs pas toujours ajustés, etc. Tout ne relève donc pas de notre volonté, ni de notre liberté, nous subissons bien des conditionnements liés à notre histoire, dans ce cas y-a-t-il péché ? Mais même dans les situations où nous nous engageons, plus ou moins librement, sur des voies opposées au projet de Dieu, et dans ces cas on peut parler de péché, cela ne veut pas dire pour autant que nous sommes profondément mauvais, pervers, abjects. Être un pécheur irrécupérable signifierait que nous serions totalement libres par rapport à notre histoire, à nos conditionnements, à nos blessures et, qu’ayant atteint un niveau remarquable de liberté intérieure, nous choisissions de faire obstacle à Dieu… C’est difficile à envisager, je ne vois aucun être humain dans l’histoire de l’humanité qui corresponde à cette description. Par contre, je vois partout des pécheurs conditionnés par leurs blessures, leurs limites, leur éducation, leur histoire, l’histoire de leur famille, de leur peuple, etc. Et qui, en conséquence, ne savent pas aimer comme il faut… N’est-ce pas là notre situation à tous ? On peut mieux comprendre alors que Dieu aime le pécheur :

Pécheur oui, mais pécheur aimé !

Lorsqu’on a clairement à l’esprit d’où vient notre situation d’homme pécheur, alors d’une part, on peut se reconnaître pécheur, sans que cela nous accable, et d’autre part, on peut comprendre que Dieu ne désire que la conversion du pécheur, c’est-à-dire accompagner l’être humain dans sa marche vers une vie toujours plus conforme à ce à quoi nous sommes appelés. Dieu ne nous attend donc pas au tournant pour nous punir comme si nous étions des êtres abjects à frapper et à châtier, mais il se tient proche de nous, sans jamais se décourager, pour nous tendre la main, pour nous remettre sur le bon chemin, pour quêter notre amour et le décupler par la force de son Esprit. Si nous avions bien conscience de cela, alors nous ne manquerions pas de nous reconnaître pécheurs et de jeter le cri du publicain : « Prends pitié de moi pécheur ! » Mais les mots nous piègent, la tradition hésychaste nous dit que cette prière « Kyrie eleison » est bien plus profonde que « Seigneur, prends pitié », elle signifie aussi « Seigneur, envoie ton Esprit… Que ta tendresse soit sur moi et sur tous… Que ton Nom soit béni, etc. »

Pécheur aimé et pécheur sauvé !

Donc l’être humain est pécheur puisqu’il est en train d’apprendre à vivre, ce pécheur est aimé inconditionnellement par Dieu notre Créateur et notre Père (même les parents humains sont capables d’aimer leurs enfants au-delà de tout ce qu’ils font de mal, (combien donc, a fortiori, cela est vrai pour Dieu qui est tout amour !) Mais plus encore, l’être humain est un pécheur sauvé, cela signifie que tous ces conditionnements dont nous sommes victimes, ces blessures, ces histoires, même ces manipulations par des forces maléfiques qui nous dépassent, tout cela a été vaincu par le Christ ! C’est-à-dire qu’il nous a déjà libérés de toute forme de mal et de péché et même de la mort, il ne nous reste qu’à accepter de nous laisser sauver par lui ! Alors, une fois de plus, nous pouvons nous reconnaître pécheur, imparfait, en marche, car nous nous savons aimés et nous savons que nous cheminons vers notre libération qu’il nous a déjà été obtenue ! Quelle Bonne Nouvelle !

Zachée, Lévi, la pècheresse, le Samaritain, le bon larron, et bien d’autres ont compris cela…

Y consentirons-nous aussi ?

Oui nous sommes pécheurs, mais des pécheurs aimés, des pécheurs sauvés !

 

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Retour sur nos festivités jubilaires !

Jubilé assomptionniste à Sokodé

Les 14, 15 et 16 octobre 2016 la famille de l’Assomption était en fête, à l’occasion de l’ouverture du Jubilé des 60 ans d’arrivée des Augustins de l’Assomption en Afrique de l’Ouest, des 10 ans de présence au Togo et de l’ordination diaconale de deux premiers assomptionnistes togolais, prémices de cette refondation en Afrique de l’Ouest ! Frères, sœurs, amis, paroissiens, diocésains, venus des quatre coins du Togo et même du Burkina Faso, avec une belle délégation d’une trentaine de personnes, s’étaient mobilisés pour l’événement. Cinq moments majeurs ont marqué ces fêtes…

Admission officielle des nouveaux pré-postulants.

dscn9860C’est en présence du supérieur général et de son vicaire -une grâce spéciale pour cette promotion- que, le jeudi 13 octobre, au cours des vêpres dans la communauté de Komah, Casimir, Expedit, Jean-Olivier, Maurice, Billy et Romaric furent reçus officiellement comme pré-postulants dans la congrégation des Augustins de l’Assomption. Cette célébration, dans l’intimité de la communauté, marquait d’une pierre prometteuse l’ouverture des festivités !

Soirée d’échange avec amis et diocésains sur nos 10 ans de présence

Le vendredi 14 au soir, environ 250 personnes s’étaient rassemblées à l’église Notre Dame de l’Assomption de Komah pour évoquer ensemble nos dix ans de présence à Sokodé. Nous avions demandé à plusieurs témoins d’intervenir : le père Benoît GRIÈRE, supérieur général (provincial de France à l’époque), un des principaux artisans de la refondation en 2006 avec les provinciaux d’Afrique et de Madagascar ; Mgr Ambroise DJOLIBA (via un entretien vidéo), évêque émérite de Sokodé qui nous a accueilli dans son diocèse ; Mgr Célestin-Marie GAOUA, évêque de Sokodé et curé de notre paroisse mère lors de notre arrivée ; Père Alfred PIGNAN, vicaire épiscopal ; P. Vincent KAMBERE, a.a. supérieur local et M. Louis DOLAMA, fidèle de la paroisse de Komah. Cette table ronde était animée par votre serviteur. Un beau témoignage d’un des pasteurs presbytériens présents à rehaussé la soirée. Il a souligné toute la fraternité vécue avec les assomptionnistes, une fraternité qu’il ne pensait pas possible entre frères d’Églises séparées, et insisté sur la nécessité de poursuivre sur cette lancée… Ce en quoi il fut rassuré par tous les acteurs présents, et en premier lieu par Mgr Gaoua, nouveau responsable de l’œcuménisme au sein de la conférence épiscopale du Togo !

Matinée sur notre histoire en Afrique de l’Ouest et nos rêves d’avenir…

Le samedi matin, en famille de l’Assomption, nous avons revisité notre histoire… Un regard d’abord sur nos 33 années de présence en Côte d’Ivoire, présenté par votre serviteur, un des derniers témoins de cette épopée ivoirienne. Ce ne sont pas moins de 23 assomptionnistes qui donnèrent entre une et 23 années au service de cette mission, marquée par la fondation du collège Notre Dame d’Afrique à Abidjan -tenu par les assomptionnistes de 1957 à 1966-, et quelques 5 missions paroissiales de 1958 à 1990. Ce fut ensuite au tour du P. Jean-Paul SAGADOU ne nous partager quelques éléments sur notre refondation au Togo. Vinrent ensuite nos sœurs pour nous parler de leur histoire en terre Ouest Africaine : religieuses de l’Assomption, orantes de l’Assomption, oblates de l’Assomption et Petites sœurs de l’Assomption. Dans un deuxième temps un de nos jeunes frères, Martin ADANDOGOU ; le père Benoît GRIÈRE et un ami laïc de Ouaga, M. Robert OUÉDRAOGO, nous ont partagé leurs rêves ou leurs souhaits pour l’avenir… Le père Benoît GRIÈRE nous rappelant notamment qu’il est nécessaire de rêver ensemble et non pas seul !

Soirée festive…

La soirée du samedi fut consacrée à la fête, à la danse, au chant, à l’humour et au témoignage… Nous nous sommes, en effet, tous retrouvés samedi soir au Centre Culturel Saint Augustin avec la présence supplémentaire de jeunes amis de l’Assomption venus partager leurs talents. L’animation et la détente étaient à l’honneur, mais sans oublier également un temps plus « sérieux » avec le témoignage des deux futurs diacres. Une très belle soirée, variée et riche avec des prestations de qualité sous la houlette du P. Bien Aimé RAZAFIMAHAVELO…

Célébration d’action de grâce et ordination diaconale…

Le dernier grand événement, et non le moindre, fut la célébration eucharistique dominicale présidée par Mgr Célestin-Marie-GAOUA. La paroisse avait, pour l’occasion, agrandi sa tente, pour une célébration en plein air capable d’accueillir les 1000 participants présents. Les chorales et tous les acteurs de la liturgie s’étaient mobilisées pour fêter dignement l’événement. Les frères Lucas SEZOUHLON et Georges HOUSSOU furent non seulement les premiers diacres assomptionnistes issus de cette refondation mais également les premiers ordonnés de Mgr GAOUA, notre nouvel évêque. Les interventions des uns et des autres : du président de la célébration au supérieur général en passant par la vice-présidente du conseil paroissial et des nouveaux ordonnés furent l’occasion de remerciements chaleureux pour la présence des assomptionnistes dans la paroisse depuis dix ans et pour l’accueil chaleureux du diocèse à notre égard… Comme il se doit, la fête se prolongea par des agapes à la hauteur de l’évènement, grâce au dévouement de tous !

Nous vous donnons rendez-vous, si Dieu le veut, pour les 10 ans de la paroisse et pour l’ordination presbytérale de nos frères, fin 2017 !

 

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Préparatifs…

jubile-aa-2p            Une fête ça se prépare ! Matériellement bien sûr, mais aussi pour se mettre le cœur en fête… Mais, ce n’est pas toujours évident de se mettre le cœur en fête sur commande. Vous avez certainement expérimenté qu’il est plus facile de partager la peine de quelqu’un que de partager sa joie… Ce sont là les méandres de notre psychologie humaine… La peine de l’autre me touche facilement car elle rejoint mes propres peines et blessures, toujours à fleur de peau. Mais la joie de l’autre me laisse souvent indifférent, car elle me demande de sortir de moi-même pour communier à ce que l’autre est en train de vivre…

Je vous parle de ceci car la fête de nos dix ans de présence au Togo approche à grands pas, pour les uns c’est un événement attendu, pour d’autres cela passerait plutôt pour quelque chose d’insignifiant. Heureusement pour sortir de notre torpeur, il y a l’événement des retrouvailles et des rencontres que permettra cette événement : venue de notre supérieur général et de son premier conseiller (leur dernière visite remontant à mai 2012) ; présidence des célébration par notre nouvel évêque Mgr Célestin-Marie Gaoua, qui célèbrera avec nous ses premières ordinations ; participation de nos sœurs des 4 branches de la famille de l’Assomption venue du Togo ou du Burkina Faso ; venue de la communauté assomptionniste de Ouagadougou au complet ; venue des familles de nos futurs diacres  et bien sûr de tous les amis, frères et sœurs, prêtres de divers coins du Togo…

Les futurs diacres sont allés se mettre le cœur en fête, par une semaine de retraite chez nos sœurs de sainte Catherine… Et nous autres, c’est à travers les divers préparatifs… C’est un peu l’histoire de Marthe et Marie, mais en espérant que chacun de nous pourra vivre quelque chose de Marthe et quelque chose de Marie… Saint Augustin ne disait-il pas qu’il ne faut pas oublier que c’est grâce à Marthe que Marie était toute disponible aux pieds du Seigneur…

Je vous rappelle donc les divers rendez-vous du week-end prochain, que vous nous rejoigniez en chair et en os ou en esprit, afin que vous puissiez vous mettre également le cœur à la fête… :

  • carte-dinvitation-famille-assomption-internetppOuverture  – Témoignages – « 10 ans de présence des assomptionnistes dans le diocèse de Sokodé » –Vendredi 14 octobre 2016  – Église N-D de l’Assomption de Komah de 18h à 20h
  • Matinée d’échange en inter-assomption –   Religieux, religieuses, Laïcs « Héritiers et fondateurs… » -Samedi 15 octobre 2016  –  Au Centre Culturel Saint Augustin de 9h à 12h

-Pages d’histoire de la présence de chacune de nos congrégation en Afrique de l’Ouest (A.A. R.A. O.A. Or.A. PSA)

 – Nos rêves pour l’avenir… Quelques interventions puis temps d’échange en assemblée.

  • Soirée festive animée par les jeunes  – Danse – Sketch Chant – Témoignage des frères Lucas et Georges à la veille de leur ordination diaconale. – Samedi 15 octobre 2016  –  Au Centre Culturel Saint Augustin à 19h30
  • Célébration eucharistique d’action de grâce, présidée par Mgr Célestin-Marie GAOUA, au cours de laquelle seront ordonnés diacres les frères Georges HOUSSOU et Lucas SEZOUHLON – Dimanche 16 octobre 2016  – Église N-D de l’Assomption de Komah à 8h30

Merci de vous unir à notre action de grâce !

            Je vous laisse donc sur ces quelques nouvelles, et pour prolonger ma méditation dominicale, je vous propose ce petit texte d’un de nos anciens supérieur généraux, le P. Paul Carpentier (1969-1975) :

            Nos frères en plein visage

 Nos actes nous tournent tantôt vers Dieu, tantôt vers les hommes,

mais l’unique amour qui nous anime assure l’unité intérieure de notre vie.

Si le visage des hommes ne nous découvre pas le visage du Christ,

sommes-nous vraiment leurs frères ?

Si le visage du Christ ne nous découvre pas le visage de nos frères,

connaissons-nous vraiment Jésus de Nazareth ?

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Dire merci, en esprit et en vérité !

9 octobre 2016, 28e Dimanche ordinaire, année C, Lc 17,11-19 /

     les-dix-lepreux-1-1Nous connaissons bien ce récit des dix lépreux guéris par Jésus, avec un seul d’entre eux revenant vers Jésus pour le remercier et rendre grâce à Dieu… Bien sûr, ce récit nous invite à être reconnaissant envers Dieu de tous ses bienfaits, à ne pas nous en tenir à une prière de demande, mais plutôt à une prière d’action de grâce. Mais cette page d’évangile pose d’autres questions : pourquoi les autres ne sont-ils pas revenus vers Jésus ? Ne sont-ils pas allés rendre grâce à Dieu auprès des prêtres, au Temple, comme Jésus leur avait demandé ? Pourquoi le seul à revenir était-il Samaritain ? Regardons-y de plus près : Savons-nous dire merci à Dieu ? Comment lui dire merci ? Où lui dire merci ?

Savons-nous dire merci à Dieu ?

     La première leçon de ce texte est une invitation à l’action de grâce, au remerciement. Il ne s’agit pas de se tourner vers Dieu seulement lorsque nous avons quelque chose à lui demander, mais d’abord pour lui rendre grâce chaque jour pour ses bienfaits. Pour cela il y a une petite prière qui peut nous y aider, il s’agit de la prière d’Alliance que l’on peut faire en fin de journée. Elle se déroule en trois temps : ‘de Toi à moi’, ‘de moi à Toi’ et ‘nous deux demain’. Plutôt que l’habituel examen de conscience qui risque d’être trop centré sur soi, la prière d’Alliance nous permet de porter un autre regard sur nos vies. ‘De Toi à moi’ : revoir sa journée, en y cherchant tout ce que le Seigneur a fait pour moi aujourd’hui, ses dons, les rencontres, les signes qu’il m’a envoyé pour relancer cette Alliance avec moi. ‘De moi à Toi’ : comment ai-je répondu à ce désir d’Alliance ?… Action de grâce pour mes réponses ajustées, demande de pardon pour mes refus d’Alliance. Enfin, ‘Nous deux demain’ : confier tout simplement notre disponibilité pour progresser dans cette Alliance au cours du jour à venir, et éventuellement choisir un point d’attention pour la journée du lendemain. Vous voyez que nous pouvons entrer alors dans un véritable échange avec des ‘pardon’, des ‘merci’, des ‘s’il-te-plait’ et pas simplement sous la forme du marchandage ou du troc avec Dieu : ‘Si tu me donnes ceci, je te promets cela en échange »… Savons nous dire merci ?

Comment dire merci ?

      Jésus avait envoyé les dix lépreux se montrer aux prêtres, c’est-à-dire au Temple… Et finalement neuf ont obéi sauf un… C’est étonnant non ? Le seul dont il fera l’éloge, c’est celui qui lui a désobéi ! En fait ce texte nous montre comment nous pouvons être parfois trop figés dans nos ritualismes ou dans notre rapport à Dieu. Car finalement on peut supposer que tous sont allés rendre grâce à Dieu : neuf au Temple de Jérusalem, selon le mode qu’ils connaissaient, et un vers Jésus. Celui qui est revenu n’avait pas tant de mérite que cela, c’était un Samaritain, qui justement ne rendait pas le culte à Dieu au Temple de Jérusalem mais sur le mont Garizim. Toujours est-il que sa condition, plus libre par rapport au culte, lui a permis de « revenir sur ses pas », de comprendre qu’en remerciant Jésus, il remerciait Dieu lui-même. Avait-il compris que Jésus était le Fils de Dieu ?… Par forcément… Mais il savait que Dieu avait agi à travers lui ! Et nous, comment disons-nous merci à Dieu ? Forcément à la chapelle, devant le tabernacle ou en remerciant aussi ceux par qui Dieu passe pour agir : un médecin, des infirmières, un enfant qui me rend un service, les enseignants qui m’ont permis d’obtenir tel diplôme, mes parents, mes bienfaiteurs, etc… ? Ne rendons pas un culte à Dieu par trop désincarné mais que notre culte à Dieu passe toujours plus par une véritable fraternité universelle. C’est ce que Jésus ne cesse de répéter à longueur d’Évangile.

Où dire merci ?

      Creusons encore un peu la question du lieu… Où dire merci ? Au Temple de Jérusalem, à Sichem sur le mont Garizim, à l’Église, sur les places publiques, au fond de sa chambre ? Cette manie de vouloir assigner Dieu à résidence est assez caractéristique d’une religiosité sclérosée et souvent névrotique. Jésus n’avait-il par répondu à la Samaritaine : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.  […] L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »  (Jn 4,21.23.24) Vous croyez ce genre de débat dépassé ? Détrompez-vous, même sur Facebook vous pouvez trouver de petits dessins pour expliquer qu’il vaut mieux célébrer l’eucharistie tourné vers le fond de l’Église et un Christ en croix, plutôt que face à l’assemblée et en tournant le dos au crucifix… Ou encore, suite à l’intervention inconsidérée et irresponsable du Cardinal Sarah, démenti rapidement par le Vatican, semblant vouloir remettre en vigueur la messe dos au peuple, les réactions ne manquent pas ! Comme par exemple ce lecteur de La-Croix, qui dans le courrier des lecteurs du 13 septembre, trouve bizarre de lire les prières universelles, ou les prières adressées par le prêtre au Christ, tourné vers l’assemblée dominicale et non vers ‘l’orient’… Bref tous veulent assigner Dieu a résidence ! N’est-il présent que vers l’orient, dans le grand crucifix de l’Église, dans le tabernacle ? Je croyais, en bon liturge, que le centre d’une Église c’était l’autel, que des crucifix il y en a plusieurs dans une église et notamment sur l’autel, que l’assemblée dominicale en communiant au Corps du Christ devient membre de son Corps ressuscité, que chaque être humain créé à l’image de Dieu est éminemment lieu de présence de Dieu, ce que l’on appelle parfois « le sacrement du frère »… Alors où dire merci et dans quelle direction ?… Si ce n’est « en esprit et en vérité » ?

Savons nous dire merci à Dieu ?

Comment lui dire merci ?

Où dire merci ?

Si ce n’est « en esprit et en vérité » !

 

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« Ne t’affole pas trop, tu n’es qu’un serviteur ! »

2 octobre 2016, 27e Dimanche ordinaire, année C, Lc 17,5-10 /

« ‘Augmente en nous la foi !’ Le Seigneur répondit : ‘La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.’ »  (Lc 17,6) Voici un dialogue qui ne manque pas de nous faire réfléchir : La foi peut-elle se mesurer ? S’agit-il de l’augmenter ? S’agit-il de la posséder ? La foi sert-elle à déplacer les arbres ou les montagnes ? Et quel lien avec la suite du texte : « Quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir.’ »  (Lc 17,10) Abordons donc ce texte avec deux clefs de lecture essentielles : D’une part, Jésus ne cherche pas à décourager ses disciples ; d’autre part, si les deux parties du texte sont enchaînées c’est qu’elles ont un lien de sens… Ma foi ou Sa volonté ? Mon mérite ou Sa gratuité ? Ma maîtrise des choses ou Son service ?

Ma foi ou Sa volonté ?

S’agit-il d’avoir la foi, d’avoir une grande foi, de posséder la foi ? Pas si sûr… Jacques Ellul[1], distingue la croyance de la foi… La croyance est sûre d’elle-même et fait de Dieu une idole. La foi, elle, suppose le doute, la relation avec un Dieu personnel que j’écoute et qui me parle. Du coup la foi n’est plus à posséder, c’est un dialogue, une recherche, une relation jamais acquise qui fait place au doute, à la surprise, à la nouveauté. Lorsque les disciples demandent au Seigneur d’augmenter leur foi on sait aussi ce qui leur trotte dans la tête : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » (Lc 9,54) ou encore : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas pu l’expulser ? ». Et on peut entrer dans cette logique : « si tu as la foi tu obtiendras tout ce que tu veux, et si le Seigneur ne t’exauce pas c’est que tu n’as pas assez de foi ! »… Ces raisonnements ne sont pas justes, ils veulent prendre Dieu en otage de notre volonté. Le but de la foi n’est pas que Dieu fasse notre volonté mais que nous conformions toujours plus notre volonté à celle de Dieu… Ce n’est pas la même chose !

Mon mérite ou Sa gratuité ?

Le lien avec la seconde partie de l’évangile de ce jour nous apparaît alors plus clairement. Est-ce que mes actes en général, ou l’accomplissement de mon devoir, méritent une récompense ? Cette logique est à double tranchant car si mes actes bons mérites une récompense cela laisse entendre que mes actes mauvais mériteraient une punition. Heureusement Dieu n’est pas dans cette logique, il nous aime gratuitement, que nous agissions bien ou mal, car ce ne sont pas nos actes qu’il aime mais nous-même. De la même manière que nous ne pouvons pas prétendre manipuler Dieu par la grandeur de notre foi, nous ne pouvons pas non plus prétendre le manipuler par le mérite de nos actes…

Ma maîtrise des choses ou Son service ?

J’écrivais en titre de cette méditation : « Ne t’affole pas trop, tu n’es qu’un serviteur ! » Voilà peut-être où se niche la Bonne Nouvelle de notre évangile dominical : Non, le Seigneur ne cherche pas à nous décourager, bien au contraire, il semble nous dire : « avoir un peu ou beaucoup de foi, faire de grandes choses ou de petites choses, là n’est pas le problème ». C’est d’abord Dieu qui mène la barque de ce monde, c’est lui qui agit à travers nous, ou sans nous. Nous n’avons pas à vouloir porter le poids du monde, ni maîtriser tout ce qui se passe sous le soleil, mais remplir humblement notre part de mission… Ne nous soucions-donc pas trop des résultats, mais remplissons notre tâche de serviteur quelconque -Je n’irai pas jusqu’à dire inutile- mais capable de reconnaître que le monde tourne avec ou sans nous. Quelle joie et quel soulagement, de pouvoir tenir humblement notre place, tout en sachant que le maître veille et que nous n’avons pas à tout maîtriser…

Alors qu’est-ce qui importe :

Ma foi ou Sa volonté ?

Mon mérite ou Sa gratuité ?

Ma maîtrise des choses ou Son service ?

Ne nous affolons pas trop, nous ne sommes que des serviteurs… 

 

[1] Jacques Ellul, La foi au prix du doute, 2006

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