Apprendre à vivre ensemble…

Cette année, pas le temps de trouver l’automne tristounet, car les sessions de formation qui se succèdent maintiennent le rythme.  Cette semaine s’achève donc une des dernières sessions plutôt « psy » intitulée : « Vie de groupe et vie relationnelle », avant le temps des retraites ignatiennes.  À travers photo-langages, jeux de rôles, exercices corporels, décryptage de films etc… plusieurs éléments furent soulignés :

– Je retiens d’abord que la vie d’un groupe se situe en tension entre le besoin de sécurité et d’efficacité d’une part et le besoin, pour chaque membre, d’exister et d’être entendu d’autre part. Dans une salle d’opération par exemple, ce n’est pas le temps d’écouter l’état d’âme de chacun, s’instaure un « Modèle d’ordre », hiérarchique, qui permet l’efficacité. Par contre dans un groupe de partage de vie, l’essentiel est ailleurs, il s’agit de permettre à chacun de parler, c’est donc un groupe à  « Modèle d’équilibre » qui s’instaure où la place et la parole de chacun est respectée. En fait, la plupart des groupes fonctionne dans un modèle intermédiaire entre ces deux pôles.

– Deuxième découverte, très importante pour moi, c’est qu’un travail commun ne peut avancer tant que chaque personne n’aura pas été entendue dans ce qu’elle a à dire. Et faire place à cette parole, parfois dérangeante pour le groupe, ne veut pas dire que le groupe va se laisser entraîner par cette position singulière. Mais ayant été entendue, cette personne peut, ensuite, accepter d’entrer dans autre chose, alors que dans le cas contraire cela lui est, tout simplement, impossible…

– Troisième élément, qui paraît évident, mais qui n’est pas toujours en place, c’est que pour qu’un groupe fonctionne il faut au minimum : un but bien défini, des valeurs partagées, des règles de fonctionnement acceptées, des fonctions reconnues par tous, et une méthode de travail (temps donné, outils etc…). Quand un nouveau membre arrive dans le groupe, je pense par exemple à nos communautés religieuses, il est impératif de reprendre le travail de base à savoir la reformulation du but, des règles de fonctionnement etc… et de ne pas s’embarquer sur le non-dit.

– En écho aux deux remarques précédentes, découverte également que le temps pris pour écouter quelqu’un, pour se mettre d’accord sur le but, sur le sens du travail entrepris etc., est loin d’être du temps perdu car tôt ou tard, si ce travail n’a pas été fait, un blocage interviendra.

– En cas de conflit entre deux personnes dans un groupe, attention à ne pas mettre le conflit au centre. Les autres membres du groupe n’ont pas à s’intéresser au problème entre les deux personnes (cela leur appartient) mais à se mettre en relation avec chaque personne (et non avec leur problème)… « Et toi, de quoi aurais-tu besoin ? » ; « Qu’est-ce que tu fais pour prendre en compte ce besoin ? »… Et puis aussi, lorsqu’une personne ne veut plus parler à une autre, par exemple à son supérieur, le supérieur doit lui signifier que lui a envie de lui parler, même si ce n’est pas dans l’immédiat… Car en fait, l’expérience montre que lorsque qu’on ne veut plus parler à quelqu’un le désir profond est plutôt, au contraire, qu’on aurait beaucoup de chose à lui dire….

Ces découvertes, ces façons de faire, ne peuvent s’apprendre en théorie, ce n’est que par une expérience vigilante, un travail de relecture, que petit à petit nous pouvons avancer…  C’est ce que nous avons essayé de faire au cours de cette semaine… Finalement le travail porte essentiellement sur notre qualité d’écoute, à l’écoute de La Vie, qui nous vient d’une même Source, celle qui anime chaque groupe et chaque être.

P.S. Un excellent film, qui plus est très divertissent, illustre parfaitement le travail de cette session : « Douze hommes en colère » de Sydney Lumet, 1957, avec Henry Fonda… Il s’agit des délibérations d’un jury de cours d’Assise (ou plutôt de son équivalent aux USA)… Je vous le recommande.

21 novembre…

Ce n’est que cette fin de semaine que je vais retrouver de nombreux frères pour célébrer avec eux la clôture de l’année du bicentenaire de notre fondateur ainsi que celle de la première session du chapitre provincial. Ce soir plusieurs laïcs prononceront leur engagement, je ne sais pas sous quelle forme, je vous reparlerai de tout cela la semaine prochaine.

Partout dans le monde assomptionniste, divers activités ont lieu autour du 21 novembre, date de la naissance au ciel de notre fondateur qui est aussi jour de fête pour notre congrégation. Je souhaite donc à tous et à chacun de bonnes célébrations, et en particulier à la communauté chrétienne de Québec qui se rassemble pour une journée assomptionniste. Que la fraternité vécue à cette occasion nous donne goût d’une fraternité plus aboutie, celle du Royaume de Dieu !

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