Une vigie dans un phare !

 

19ème dimanche, année C, Lc 12, 32-48 /

Dans le passage d’évangile de ce dimanche, foisonnant de paraboles et de sentences fortes, j’aimerais m’arrêter avec vous sur ces quelques versets : « Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre.  À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. » ( Lc 12,47-48) Dans une première approche, on pourrait s’interroger sur cette image d’un père fouettard, prompt à distribuer les coups… Rappelons-nous, d’abord, que c’est d’une parabole dont il s’agit, qui ne nous décrit donc pas, directement, l’attitude de Dieu. Dans un second temps, essayons de découvrir combien cette Parole peut être source de vie, un phare pour chacun, pour nous-mêmes, pour le monde !

Un phare pour rappeler à chacun ce qui est inscrit en lui !

Le texte nous parle d’un thème cher à l’Église, celui de la Loi naturelle ! Si celui qui ne connait pas la volonté de Dieu, mérite tout de même des coups pour sa conduite, c’est en raison de cette Loi naturelle, inscrite dans sa conscience, qui peut le guider vers une vie Bonne et Juste ! Jésus répond ici à la question des disciples : « Cette parabole [qui demande aux serviteurs de veiller activement en attendant le retour du maître] s’adresse-t-elle à nous ou à tout le monde ? » Et Jésus de répondre que, oui, elle s’adresse à tout le monde et, à fortiori, à celles et ceux qui prétendent être disciples du Christ. Ce qui nous est demandé n’est autre que ce qui est demandé à tout être humain, il ne s’agit pas de faire les anges, mais de devenir toujours plus humains. Ainsi nos paroles, nos actions, nos prises de positions pourront-elles rejoindre chacun de nos contemporains. C’est ce que Jean-Paul II appelait une Église experte en humanité, qui s’adresse à tous, notamment dans ses prises de positions sur les questions éthiques, ou encore, ce qui transparaît quand les textes du magistère s’adressent aux hommes de bonne volonté ! Non, ce n’est pas dans un rôle de père fouettard, ou de pourvoyeurs d’interdits que nous devons nous situer, mais dans celui d’être des phares pour indiquer la voie d’une vie belle et réussie, déjouant les pièges qui se dressent devant nous !

Un phare pour nous-mêmes !

« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage ! »(Jn 12,48) Ce verset de l’Évangile peut être pour nous l’occasion d’un regard sur notre propre parcours, sur tout ce que l’on a reçu du Seigneur, de nos parents, de la Vie ! Qu’en avons-nous fait ? N’est-ce pas en mettant en œuvre ces dons reçus que nous deviendrons pleinement heureux ? Cela me rappelle une parole du P. Timothy Radcliffe : « Quand un frère remet sa vie entre nos mains, cela implique que nous sommes liés par une obligation correspondante. Nous devons oser lui demander beaucoup. Un Provincial doit avoir le courage de croire que les frères de sa Province sont capables de choses formidables, davantage qu’ils ne peuvent jamais l’imaginer. »[1] N’est-il pas essentiel de pouvoir entendre ces interpellations exigeantes pour nos vies, qui nous feront donner le meilleur de nous-mêmes ? Nous laissons-nous interpeller par la Parole de Dieu, par un accompagnateur spirituel, par des frères ou sœurs aînés, qui peuvent être des phares pour notre vie et relayer en nous cette interpellation de l’Évangile : « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage ! »

Un phare pour le monde !

Finalement, l’attitude du serviteur qui sera trouvé à sa tâche quand le Maître reviendra, nous invite à être des phares, pour le monde, du Royaume de Dieu déjà là, mais pas encore en plénitude ! Notre qualité de vie témoigne-t-elle du Royaume qui vient ? D’une vie belle, épanouissante, solidaire, centrée sur la qualité de nos relations humaines, de notre vie intérieure, de notre filiation divine ? Une seule voie pour vivre tout cela, nous dit l’Évangile, celle du service ! Car il y a tellement de Joie à donner, ou plutôt, à rendre au centuple tout ce que nous avons reçu !

Ne vous voyez-vous pas dans le rôle de la Vigie dans un phare ?

Chargé de surveiller le large et de faire des signaux ?

Ne désirez-vous pas veiller sur la Parole de l’Évangile,

Et la faire la briller pour chacun, pour nous-mêmes, pour le monde ? 



[1] Timothy Radcliffe, o.p., Donner sa vie pour la mission, Lettre à l’Ordre des Prêcheurs, Rome, Avril 1994

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Une réponse à Une vigie dans un phare !

  1. Thérèse L.-Vézina dit :

    Des livres à portée de main … en vacances :

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