Confession, contrition et pénitence !

8 décembre 2013, 2ème dimanche de l’Avent, année A, Mt 3,1-12 /

      Confession, contrition et pénitence, voici trois termes que vous trouverez certainement trop désuets ! Mais ils me sont inspirés par l’expression de l’évangile de ce dimanche : « Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion ! » (Mt 3, 8) Nous insistons, à juste titre, sur la miséricorde de Dieu, et le pape François nous incite à faire de l’Église « le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile. » (Evangelii Gaudium n°114) Or justement, dans cette citation du pape, la miséricorde va de pair avec l’encouragement à vivre selon « la bonne vie de l’Évangile »… Cela rejoint donc éminemment les propos de Jean-Baptiste qui insiste pour que les foules qui viennent à lui, ne considèrent pas « son baptême de pénitence » comme un geste magique pour « échapper à la colère de Dieu », mais comme un acte fondateur pour une vie nouvelle ! Confession, contrition et pénitence, des termes désuets ? Revisitons-les ensemble si vous le voulez bien…

Confession !

       Durant ce temps d’Avent, nous serons invités à vivre le « sacrement de la réconciliation », et non plus la confession, comme on disait par le passé… La confession n’est qu’une partie du sacrement qui, même dans le sacrement célébré individuellement, comporte plusieurs temps : l’accueil, la lecture de Parole de Dieu, la confession des péchés (l’aveu), un signe de conversion (la pénitence), la prière pour accueillir le pardon (l’acte de contrition), l’absolution et l’action de grâce. « Par ailleurs ‘Confesser’ signifie trois choses : proclamer sa foi, reconnaître l’amour dont Dieu nous aime, et dire ses péchés. »[1] Ce que nous confessons d’abord, c’est donc l’amour et la miséricorde de Dieu qui nous permet de venir lui confier ce qui pèse sur notre conscience, ce que nous savons être mal, afin qu’il puisse nous relever et nous permettre de grandir : « Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais le lieu de la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible. Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés. » (Evangelii Gaudium n°44) N’est-il pas essentiel de croire vraiment en ce regard d’amour de Dieu sur chacun de nous pour pouvoir confesser nos péchés ?

Contrition !

        L’acte de contrition consiste à exprimer notre regret d’avoir offensé le Seigneur et nos frères humains, et à manifester notre désir de conversion. Pensons ici, peut-être, tout simplement à Pierre : « Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Et, sortant dehors, il pleura amèrement. » (Mt 26,75) Apparemment, ce n’est pas dans cet état d’esprit que Pharisiens et Sadducéens viennent se faire baptiser par Jean, puisqu’il les traite « d’engeance de vipères ! » La contrition, cette étape du sacrement, ne consiste pas à s’écraser devant Dieu, mais c’est au contraire l’occasion d’un grand acte de foi et de courage, pour se remettre debout : croire que la grâce de Dieu peut agir dans ma vie encore et encore, malgré l’impression que je puis avoir de retomber sans cesse dans les mêmes péchés ! « Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde. » (Evangelii Gaudium n°2) Faire contrition, regarder sa vie avec vérité et confiance en Dieu, n’a donc rien à voir avec une spiritualité mièvre et désuète, mais c’est au contraire un acte de libération, de joie, de croissance !

Pénitence !

       « Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion ! » (Mt 3,8) Le rituel du sacrement invite le prêtre ou le pénitent à proposer un signe de conversion et de pénitence : prière, partage, effort pour sortir de soi-même, de ses habitudes et, surtout, service du prochain. La pénitence n’a donc rien à voir avec un effort que l’on ferait pour obtenir de Dieu le pardon ou d’autres bienfaits. Elle consiste, au contraire, à permettre au pardon de Dieu, reçu gratuitement, de renouveler notre vie de façon tangible. Nous pouvons penser ici à Zachée : Dieu s’invite chez-lui et cela bouleverse sa vie : « Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai extorqué quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » (Lc 19,8) Quelle joie profonde de savoir que nul homme n’est enfermé dans son passé, mais qu’il est capable d’une vie nouvelle et belle. Poser un acte de pénitence, de conversion, c’est croire en soi et en la Grâce, au-delà de toutes les apparences et de toutes les étiquettes !

Saisirons-nous, en ce temps d’Avent, l’opportunité du sacrement de réconciliation,

pour le vivre non pas machinalement, avec calcul ou avec crainte, mais avec joie et vérité ?

Qu’en pensez-vous : la confession, la contrition, la pénitence, sont-elles passées de mode ?

 

[1] Pierre Journel, La célébration des sacrements, Desclée, Paris, 1983, page 177.

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3 réponses à Confession, contrition et pénitence !

  1. KIENTEGA REMI dit :

    Même si les mots confession, contrition et pénitence semblent être désuète, il faut aussi reconnaître que la profondeur de leur sens interpelle, interroge et bascule la conscience. Chaque individu de part sa bonne volonté, constate qu’il est aussi habité par une fragilité. La fragilité n’est pas une fatalité, elle nous rappel et nous met souvent devant notre état de faiblesse. En tout Homme il y a le bien, le beau, le vrai; quelque soit la haine et la colère qui nous habite et nous pousse à faire le mal, on est rattraper par ces vertus (bien, beau, vrai) alors le regret tape à la porte et on fini par confesser et regretter les mauvais actes, si on est sincère envers Dieu, son prochain et envers soi-même.

  2. Thérèse L.-Vézina dit :

    En ce qui me concerne, j’ai tenu à raconter (1) une apaisante rencontre avec un savant moine (frère Antoine) de l’Abbaye de la Pierre-qui Vire en vue d’une bénédiction spéciale pour ma fin de vie et, également, pour l’obtention d’un pardon pour les erreurs plus ou moins conscientes de mon existence.

    Comme une plus-value à mon geste de foi, j’ai quitté allègrement le bon moine, emportant avec moi sa pensée écrite qui se termine ainsi : « Le Divin conduit à l’humain quand il est recherché en vérité et en profondeur. »

    (1) « Les langages de l’écriture », Les Éditions de la Francophonie, Lévis, 2010, p. 15, 121.

  3. Felix dit :

    Merci pour avoir bien expliquer en quoi consistent la confession et la contrition, mais l’explication sur la penitence est encore obscure. Dites nous en quoi elle consiste car la difference n’est pas claire entre elle et la penitence.

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