Encore trois mots…

(Texte prononcé lors de la célébration de départ de Québec, le 12 septembre 2010)

Lorsque je suis arrivé à Québec, quelqu’un m’avait annoncé que lorsqu’on met les pieds en terre québécoise, ceux-ci prennent dans la glace et qu’on ne peut plus repartir… Cela à failli marcher mais, je suppose que cela est dû au réchauffement climatique, mes pieds sont de nouveau libres pour repartir vers d’autres aventures… Alors encore trois mots en guise d’au revoir : merci, profondeur et sérénité !

Merci !

Un gros merci pour les années vécues ici. Cela n’a pas toujours été facile : en tant que Français, j’étais attendu au tournant et il me fallait faire mes preuves… Mais après un petit temps d’apprivoisement mutuel qui aura pris environ neuf années, nous étions prêts pour cheminer ensemble encore longtemps. Un merci tout particulier à tous les habitués du Montmartre : amis laïcs de l’Assomption, bénévoles, communauté chrétienne, participants réguliers aux formations et au cours, frères et sœurs de la famille de l’Assomption… Le P. Christian aimait redire que ce dont il avait rêvé dans plusieurs lieux, notamment à Valpré (notre maison d’accueil à Lyon), s’était enfin réalisé ici ! À savoir, une communauté chrétienne fraternelle qui a le goût de se retrouver, le goût d’approfondir sa foi, le goût de participer aux débats de son temps, le goût d’inventer des chemins d’Évangile. Alors oui, merci à vous…

Profondeur !

J’avoue avoir été heureux ici, en communauté, mais aussi à travers les rencontres de formations, les « cours » si vous préférez, qui m’ont donné l’occasion d’approfondir ma compréhension de la foi et de trouver des mots pour la partager. Je crois qu’ensemble nous avons pu descendre à une certaine profondeur relationnelle (bien que je ne coure pas après les becs), mais surtout à une certaine profondeur spirituelle, celle qui permet de traverser toutes les épreuves. À l’image du calme au fond de l’océan que les vagues en surface n’atteignent pas. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de vagues (épreuves personnelles, épreuves liées à l’Église institutionnelle, etc.), sans quoi nous ne serions pas humains, mais si nous vivons nos vies à leur juste profondeur, c’est-à-dire au niveau du plan divin qui se déploie, alors les différentes épreuves peuvent prendre sens… Le calme de Québec (le gros village comme disait Christian… mais moi-même étant issu d’un village de 320 habitants ce qualificatif n’a rien de péjoratif), sa vie tranquille et sereine, sa qualité de vie m’ont permis de traverser ces neuf années paisiblement, de faire ce travail d’approfondissement de la foi malgré des activités biens prenantes – vous le savez, j’ai tendance à prendre en charge trop de dossiers surtout lorsque je vois qu’ils sont en souffrance… Je vous souhaite donc de continuer, grâce au Montmartre, à descendre dans la profondeur de vos vies, où Dieu est plus intime à nous-même que nous-même disait St Augustin.

Sérénité !

En guise de dernier mot, j’aurais pu choisir Joie, mais cela dépend de quelle joie on parle… Sérénité évoque une joie profonde qui n’empêche pas d’être triste, notamment lors de la séparation d’êtres chers… Je pars serein pour l’avenir du Montmartre, la continuité est assurée et le sang neuf lui permettra de grandir ! Je pars serein face à l’avenir qui s’ouvre à moi, même si je ne sais pas trop encore ce à quoi je serai appelé ! Je pars serein, enfin, pour les relations fraternelles tissées ici qui, si elles s’arrêtent sur un certain mode, pourront se poursuivre sur un autre et déploieront toute leur plénitude en Dieu.

Merci à vous pour ces belles années !

Poursuivez la descente vers les profondeurs de la foi !

Et soyez sereins pour l’avenir !

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4 réponses à Encore trois mots…

  1. Monique dit :

    Quelle joie de voir ce blog s’enrichir un peu plus chaque jour ! Pour le moment, il semble s’enrichir de souvenirs, mais après ? Il ne faudrait pas que la sérénité de « Frère Benoît » (il faudra m’habituer !) nous berce au point de ne pas interpeler les amis du blog ; n’est-ce pas ? Monique L., Québec

    • Frère Benoît dit :

      Tout à fait d’accord Monique…
      J’ai même hésité à mettre cet article en me disant que le blogue risquait de tourner à la nostalgie plus ou moins stérile… Mais comme je sais que plusieurs personnes souhaitaient avoir ce texte je l’ai tout de même mis… Je suis encore un peu en période de transition mais dès que je serai un peu plus installé je veux lancer une page sur des discussions plus fondamentales… A suivre donc…

      • Michelle Desmeules dit :

        !er sujet de partage : la Nostalgie ( ah, ah !) Quand elle devient stérile, elle s’appelle apitoiement. Elle peut être
        un regard attendri sur ce qu’on a vécu comme richesse. Etre européen et avoir goûté à l’africanité en y ajoutant un soupçon d’américanité avec un peu d’alphabet mexicain peut faire jaillir une soupe merveilleuse et rêver de l’assaissonner à l’orientale avec une petite baguette farcie de rosette de Lyon. La nostalgie éphémère et transitoire retrouve ses racines profondes pour mieux rêver d’un ailleurs meilleur. Je n’ai pas peur des sentiments propres à l’être humain, ils n’existent pas pour rien ; la nostalgie heureuse et joyeuse peut propulser vers de nouveaux et grands bonheurs. Benoît a déjà écrit: « Je me souviens de ma mère catéchiste m’enseignant la foi chrétienne sur le coin de la table de cuisine…. Je rends souvent grâce pour ce terreau
        fertile qui me permit de prendre mon envol dans la vie … » Michelle en ses moments Up !

  2. Midas Millien dit :

    Un grand merci pour toi et Christian qui m’ont appris vraiment ce qu’est un sacerdoce centré sur le Christ et ce qu’est une vie communautaire dans la réalité.
    Je suis content que tu as effectué un excellent voyage. Je te souhaite un bon temps d’adaptation dans la France perdue depuis environ 9 ans et surtout dans ta nouvelle communauté. Comme moi j’essaie de m’adapter avec la nouvelle communauté  »Emmanuel d’Alzon » qui a un mode de fonctionnement, une façon de vivre, une façon de faire, une façon de dire, une façon d’être propre à elle!
    Heureusement, j’ai vécu 4 bonnes années avec une équipe qui m’a donné la chance de vivre une vie communautaire centrée sur le Christ!

    Franchement Benoît ces temps passés avec vous (Mon inoubliable Christian, toi, Lucian, Criso, Olivier 5 h, Olivier Honor, Robert baulieu, Nicolas Deschênes et comment oublier aussi notre christian le québécois ami de Lucian ) représentent pour moi une source d’énergie et de convivialité pour aller plus loin chaque que l’ Humain est menacé comme image de Dieu et chaque fois que Dieu est menacé dans l’Humain »!
    Ce sont des petits de Midas, le disciple du Christocentrisme de Christian et de Benoît!

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