« L’Afrique » ou « Des hommes et des femmes en terre africaine » ?

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            L’Afrique est rarement sous le feu des projecteurs pour les bonnes raisons, mais bien plutôt pour les violences interethniques, les guerres, les crises sanitaires, la misère quotidienne et j’en passe… Pour ma part, je vous parle peu de la situation socio-politique, d’abord en raison de la réserve à laquelle je me sens tenu comme étranger accueilli en terre d’adoption, mais aussi parce que les discours tout faits sur l’Afrique me fatiguent singulièrement. Premièrement, « l’Afrique » en soi n’existe pas : chaque sous-région, chaque pays, chaque coin de pays vit une réalité nuancée que les généralités effacent. Deuxièmement, les analystes et spécialistes  de tout acabit, africains ou non, du type des journalistes de « Jeune Afrique » donnant leurs leçons sur la bonne gouvernance, sur la bonne gestion,  avec l’éternel refrain laissant entendre que tous les problèmes de l’Afrique viennent du néo-colonialisme et de l’ingérence des puissances étrangères, m’exaspèrent au plus haut point ! Je me demande souvent combien de journalistes de « Jeune Afrique » vivent effectivement et à plein temps en terre africaine, j’ai quelques doutes… Je suis tout de même reconnaissant à « Jeune Afrique » de nous donner des informations que l’on trouve rarement ailleurs…

            Je ne désire donc guère vous dire que l’Afrique ce serait ceci et non cela, faisant preuve d’un afro-optimiste tout aussi infondé que l’afro-pessimisme… Et puis surtout, depuis 24 ans où j’ai eu la chance de vivre de longs temps sur différents continents, je fais toujours plus le constat que les hommes sont semblables, d’un bout à l’autre de la planète ! Que partout il y a le ciel et la terre et, entre les deux, des hommes et des femmes qui cherchent à vivre au mieux !

– En Afrique, comme ailleurs, il y a des Nelson Mandela, qui sont loin d’être des saints (contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire) mais qui ont fait et feront encore bouger dans le bon sens leur pays… Mais il y a aussi des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir, et surtout vivent de façon complétement déconnectée de la base… Et, entre les deux, des dirigeant qui essaient de faire de leur mieux !

– En Afrique, comme ailleurs, il y a ceux qui ont l’impression que parler suffit, comme si la Parole était efficace en elle-même (de la même manière que l’on pense résoudre les problèmes en France en votant des lois)… Mais il y a aussi la foule de ceux qui ne parlent pas et redressent les manches, jour après jour, pour faire avancer leur communauté, leur coin de pays… Et, entre les deux, il y a toutes celles et tous ceux qui, entre espoir et désabusement, se battent au quotidien !

– En Afrique, comme ailleurs, il y a ceux qui sèment la haine inter-ethnique, inter-religieuse, par fanatisme ou tout simplement pour emplir leurs poches via ce business des enlèvements, des trafics, de l’exploitation des pauvres gens… Mais il y a, aussi, la formidable tradition d’accueil de l’étranger, de respect de la vie, de tolérance religieuse… Et, entre les deux, toutes celles et tous ceux qui cherchent à vivre avec justesse et bonté, malgré les tentatives de récupération et de manipulation qui pullulent sur la misère !

– En Afrique, comme ailleurs, il y a des maux chroniques : la malaria, le sida, la corruption, l’électricité alternative, les nids d’éléphants sur les routes… Mais il y a aussi le soleil au quotidien, une nature généreuse, une jeunesse pleine de potentiel… Et, entre les deux, de petites ou grandes structures de santé qui soignent de mieux en mieux, de nouvelles routes qui se font, des nids de poules que l’on bouche avec persévérance, de nouvelles solutions pour produire de l’électricité, etc…

Je pourrais poursuivre la liste sur de longues pages… Mais je préfère vous laisser avec ce refrain :

En Afrique, comme ailleurs, il y a le ciel et la terre et, entre les deux, des hommes et des femmes qui cherchent à vivre au mieux !

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Une réponse à « L’Afrique » ou « Des hommes et des femmes en terre africaine » ?

  1. Monique dit :

    « En Afrique, comme ailleurs, il y a le ciel et la terre et, entre les deux, des hommes et des femmes qui cherchent à vivre au mieux ! » Une belle phrase, tellement vraie qu’il faudrait, en effet, l’ériger en refrain. Peut-être que comme refrain elle habiterait les consciences – ou les subconsciences – et que se lèverait alors toute une foule de braves enseignantes et de doctes professeurs touchés par la question : Pourquoi si les hommes et les femmes de la planètes, de tous les coins de la planète, cherchent à vivre au mieux, pourquoi n’avons-nous pas davantage le souci d’enseigner ? Enseigner non comme un métier mais comme un état et une conscience : le souci de l’autre, de son bien-être, de son vivre-mieux, dans toute la dignité qui est la sienne du seul fait qu’il est humain, grands dieux ! En occident, et chez nous en particulier, on a bien d’autres soucis : une matière à couvrir, une cohorte à diplômer, des statistiques de réussites scolaires (oui au pluriel !) à maintenir (à gonfler au besoin). C’est pas tout : on a une gestion de classe à assumer, des directives d’en haut à suivre, une convention collective à surveiller de près, des congés à comptabiliser, une grève à préparer ; des parents à rencontrer, des « clients » à contenter, des intégrations de la diversité à réussir, des enfants mal élevés à supporter ; un caractère à maîtriser, une fatigue accumulée à dissimuler, des valeurs à cacher, des déceptions à contenir, des signes de tendresses à retenir. Et puis des devoirs à corriger, des rapports d’étape à rédiger, des comptes à rendre à Pierre, Jean, Jacques, des réunions à endurer ; des publications à faire, des conférences à donner, des congrès à suivre, des carrières à gérer, des contacts à protéger, des notoriétés à acquérir, des années sabbatiques à rentabiliser, des c.v. à enrichir, … Et un mépris social pour la profession à subir.

    En somme, que ceux qui cherchent à vivre au mieux prennent leur mal en patience ! Les éducateurs sont trop occupés pour y voir !

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