Belle coïncidence de lecture…

lettre à un ami fraterneAvant-hier je lisais chez Christian de Chergé :

« Je te joins la première partie d’une approche de la Miséricorde dans le Coran en écho de l’encyclique récente. (NDLR . Dives in misericordia, Jean-Paul II, Lettre encyclique, 30 novembre 1980, Sur la miséricorde divine) J’avoue avoir été assez « choqué » de ne découvrir dans le message de Jean-Paul II aucune allusion, même implicite, à ce qui reste central, « nucléaire », dans la foi musulmane. C’est un « oubli » que je ne cherche pas trop à m’expliquer ni à justifier. Car même si le pape reste libre de ne s’adresser qu’aux chrétiens, est-il possible de parler chrétiennement de la Miséricorde sans faire justice à celle-ci de toutes ses « touches » dans le cœur et les traditions religieuses des hommes ? […] Est-on conscient à Rome qu’aucun musulman ne peut lire l’Encyclique sans se sentir profondément ignoré et sans nous sentir, une fois de plus, magnifiquement sûrs d’être les seuls à tout avoir et tout savoir ? Ce reproche que nous leur faisons souvent, et à juste titre dans bien des cas… sur de telles bases, dialogue de sourds. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la miséricorde-en-acte requiert une tout autre écoute.» (Christian de Chergé, Lettre du 21 février 1981, dans Lettres à un ami fraternel, Bayard, 2015, p.165)

Quelques heures plus tard, je prends connaissance du contenu de la bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde, Misericordiae Vultus, du Pape François, où l’on peut lire notamment au n°23 :

« La valeur de la miséricorde dépasse les frontières de l’Eglise. Elle est le lien avec le Judaïsme et l’Islam qui la considèrent comme un des attributs les plus significatifs de Dieu. Israël a d’abord reçu cette révélation qui demeure dans l’histoire comme le point de départ d’une richesse incommensurable à offrir à toute l’humanité. Nous l’avons vu, les pages de l’Ancien Testament sont imprégnées de miséricorde, puisqu’elles racontent les œuvres accomplies par le Seigneur en faveur de son peuple dans les moments les plus difficiles de son histoire. L’Islam de son côté, attribue au Créateur les qualificatifs de Miséricordieux et Clément. On retrouve souvent ces invocations sur les lèvres des musulmans qui se sentent accompagnés et soutenus par la miséricorde dans leur faiblesse quotidienne. Eux aussi croient que nul ne peut limiter la miséricorde divine car ses portes sont toujours ouvertes.

Que cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, favorise la rencontre avec ces religions et les autres nobles traditions religieuses. Qu’elle nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination. »

Je comprends que cette sensibilité à nos frères musulmans n’est pas simplement liée à la personnalité des papes mais aussi aux années de dialogue interreligieux qui font leur œuvre ! Dieu Merci !

N.B : N’hésitez-pas à prendre connaissance de cette bulle d’indiction, un très bel enseignement sur la Miséricorde…

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