Pour notre consolation !

12 mars 2017, 2e dimanche de Carême, Année A,  Mt 17,1-9 /

« Il fut transfiguré devant eux ! » Nous avons, nous aussi, besoin de « Thabors » pour notre consolation ! Jésus, Pierre, Jacques et Jean sont en chemin vers Jérusalem et s’apprêtent à affronter la Passion. Alors, le Seigneur, dans sa grande miséricorde, leur accorde ce moment de pure grâce, qui sera une véritable consolation et référence pour les moments de doutes et d’épreuves ! Reconnaissons, avec modestie, que nous avons, nous aussi, besoin de ces moments de pure grâce, de consolation, de communion avec le Seigneur, pour affronter les dures réalités de la vie. Et si nous vivions ce Carême comme un de ces Thabors ? Le Seigneur ne nous invite-t-il pas à l’écart ? Le Seigneur ne veut-il pas s’entretenir avec nous à l’aide des Écritures ? Le Seigneur ne veut-il pas raffermir notre foi ?

Un écart fertile…

« Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart… » (Mt 17,1-9) Cela me rappelle une belle réflexion de Jean-Claude Lavigne sur la vie religieuse comme « écart fertile »… Le carême, avec ses appels au jeûne, à l’aumône et à la prière n’est-il pas justement le temps de cet écart fertile ? Prendre de la distance par rapport à notre façon habituelle de consommer pour nous ouvrir à l’essentiel… S’écarter ne nous-mêmes, de nos propres besoins, de nos propres désirs et nous ouvrir au partage… Aller à l’écart des bruits ambiants pour y faire silence et nous ouvrir à l’écoute de Dieu et à la contemplation de la Création… Oui, aujourd’hui encore le Seigneur nous invite à l’écart, non pour un temps pénible de pénitence, mais pour rendre notre vie plus belle et plus fructueuse. Peut-être même, comme Pierre, désirerons-nous dresser la tente pour demeurer dans ce temps privilégié du carême ? Ne serait-ce pas formidable d’arriver en fin de carême en se disant : « Dommage ! C’est déjà fini… » et en ayant le désir de prolonger durant notre vie ordinaire l’un ou l’autre aspect acquis durant ce carême ?

Avec Moïse et Elie…

« Moïse et Elie s’entretenaient avec lui… » (Mt 17,3) On le sait, Moïse et Elie symbolisent toute la Loi (la Thora) et tous les Prophètes. Luc précise qu’ils parlaient de son départ, de sa passion (Lc 9,31). Au moment d’affronter l’épreuve, au moment de faire des choix décisifs, c’est donc vers l’Écriture qu’il faut nous tourner. C’est vital ! Rappelez-vous le récit du pauvre Lazare et de l’homme riche. Quand celui-ci demande à Abraham d’envoyer Lazare prévenir ses frères, Abraham répond : « ‘Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !’ ‘Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.’ Abraham répondit : ‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.’ »  (Lc 16,29-31) « Le vrai problème du riche : la racine de ses maux, nous dit le pape François dans son message de carême, réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu ; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. » Oui, il est vital de se mettre sans cesse à l’Écoute de la Parole de Dieu, car elle est source de vie, elle est « une force vivante capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère. » (Pape François, Message de carême 2017) Profiterons-nous de ce carême pour revenir à la méditation de la Parole de Dieu ? Si nous trouvons l’accès directe trop ardu, de très bons livres peuvent nous y aider…

Pour notre consolation…

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » (Mt 17,5) Oui, nous avons besoin de réentendre, personnellement et profondément, ce cœur de notre foi : Jésus Christ est le Fils bien-aimé du Père, qui fait sa joie et en qui nous pouvons trouver, à notre tour, la joie et le bonheur en plénitude ! Les voix contraires sont tellement assourdissantes aujourd’hui, à vouloir nous faire croire que la foi chrétienne ne serait qu’une invention, que Jésus ne serait qu’un simple idéaliste, que les religions ne seraient que sources de conflits et de guerres… Il suffit pourtant de regarder, d’une part, ce qu’ont donné des sociétés prônant un athéisme systématique (URSS, Régime Nazi)  et, d’autre part, de poser un regard honnête sur deux mille ans de christianisme et sa cohorte de saints qui ont mis en œuvre l’amour de Dieu pour tous les hommes ! Bien sûr l’Église est une assemblée de pécheurs, et elle n’est pas épargnée par les scandales, les contre témoignages et les erreurs… Mais, de grâce, ne posons pas des regards anachroniques sur le passé ; ne jugeons pas une institution à ses brebis galeuses ; ne laissons pas notre regard être déformé en se focalisant sur les contre-témoignages et en ignorant les témoignages édifiants, mille fois plus nombreux ; ne rejetons pas l’Évangile parce que ses disciples ne sont pas à l’auteur de son idéal ! Oui, particulièrement en ces temps troublés, accueillons comme une consolation la voix du Père, la petite voix intérieure, qui nous rappelle que Jésus Christ est le Fils bien-aimé du Père et que se mettre à sa suite est source du bonheur véritable !

Les épreuves personnelles, les scandales, les attaques contre les religions,

nous mettent à l’épreuve…

Saisirons-nous ce carême pour monter au Thabor, afin de :

prendre un écart fertile,

nous remettre à l’écoute de la Parole de Dieu,

et accueillir une parole de consolation qui raffermisse notre foi ?

 

 

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