Trouver sa demeure !

vigne3 mai 2015, 5e dimanche de Pâques, année B, Jn 15,1-8 /

« Demeurez-en moi, comme moi en vous » Le verbe « demeurer » revient huit fois dans ce court passage de l’évangile selon saint Jean ! Demeurer en Dieu comme Dieu demeure en nous : n’est-ce pas là le cœur de notre vie ? On l’exprimera peut-être d’une autre manière : trouver la sérénité (l’hésychia des pères orientaux) ; trouver sa vocation ; trouver son chez-soi, le lieu à partir duquel rayonner ; trouver le divin en soi, etc… Je résumerais volontiers tout cela par l’expression « trouver sa demeure ». Avec un premier étonnement : avant de trouver notre demeure en Dieu, prenons acte que c’est Dieu, lui-même, qui a trouvé sa demeure en l’homme !

Dieu a trouvé sa demeure en l’homme !

Cela peut paraître impensable à partir de nos idées toutes faites sur un Dieu tout puissant et auto-suffisant. Et pourtant, Dieu, en s’incarnant, accomplit une attente, un désir… N’a-t-il pas créé l’être humain pour pouvoir un jour entrer dans une relation d’amour réciproque avec lui ? N’est-ce pas le sommet de la Création : un homme capable de Dieu et un Dieu capable de l’homme ? C’est ce dont nous parle cette image de la vigne, travaillée avec patience et tendresse par le Seigneur, afin qu’elle porte de bons fruits… Et quel est le fruit ultime si ce n’est une communion d’amour entre les hommes et avec Dieu ? Saint Bernard disait déjà que dans le Verbe de Dieu, dès la Création du monde, était inscrit le désir de l’incarnation ! Puisque Dieu, par son incarnation, peut désormais demeurer en l’homme, il y a trouvé sa demeure et son lieu… Et, osons le dire, ce qui lui manquait ! Evidement l’autre versant de ce constat consiste à prendre conscience, dans tous les actes de notre quotidien, de l’incroyable dignité de chaque être humain qui est une des demeures de Dieu ! Comment croire encore, au vingt-et-unième siècle, que l’on peut faire plaisir à Dieu en tuant un être humain ???

L’homme ne peut demeurer qu’en Dieu ?

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits, car en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Il s’agit, ici, de prendre acte que notre vie vient de Dieu : comme les sarments de la vigne tirent leur sève du cep, de même les vivants reçoivent à chaque instant leur vie de Dieu. Certes la bonté de Dieu implique « qu’il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5,45) Tous, ainsi, qu’ils en soient conscients ou pas, reçoivent de Dieu tout ce qui leur est nécessaire pour vivre. Mais tous les jardiniers vous le diront, il y a des gourmands, ces branches ou ces tiges non productives et qui épuisent la plante au détriment des tiges productives. En résumé, si nous ne sommes pas branchés sur Dieu, nous pouvons, apparemment, vivre, mais nous ne participons pas à la fructification de la Création et éventuellement nous pouvons contribuer à sa destruction. Il est évident qu’être banché sur Dieu ne consiste pas forcément à confesser explicitement la foi en Jésus Christ, mais à vivre de sa vie, parfois de façon implicite. Toujours est-il que la vie nous vient de Dieu, que notre vie va vers Dieu et que notre véritable demeure est en Dieu ! Par nos actes, par nos paroles, par nos préoccupations cherchons-nous à vivre de cette vie de Dieu ?

Trouver sa véritable demeure…

Je le dis souvent aux jeunes que j’accompagne : trouver sa vocation consiste à trouver le lieu où je me sens chez moi –ma demeure–, le lieu à partir duquel je pourrai vivre, au mieux, ma vie chrétienne. Il ne s’agit pas de se faire des idées préconçues en pensant que je dois être prêtre ou religieux ou marié… Non, il s’agit de trouver son lieu, celui qui correspond à ce que je suis et qui m’aidera à vivre, au mieux, ma vie chrétienne. Plus globalement, il s’agit bien de trouver toujours plus sa demeure en se désencombrant de ce que nous avons pu accumuler comme avoir ou comme obligations et qui ne correspond pas à ce que nous désirons être. Certaines personnes font parfois le choix d’un changement de cap total dans leur vie, en se libérant, justement, de contraintes accumulées au cours des années. Qu’en est-il pour nous ? Nous sentons-nous chez nous, à notre place ou en train de vivre une autre vie que la nôtre ? Et pour cela nous ne sommes pas sans repère, Jésus nous le redis une fois de plus : « est-ce que mes paroles demeurent en vous ? » Voici encore une autre façon de parler de cette présence de Dieu en nous…

Oui, Dieu a trouvé sa demeure en nous…

Accepterons-nous de nous laisser habiter par Lui…

Afin qu’à notre tour nous trouvions notre véritable demeure ?

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Donner librement sa vie !

bonpasteur26 avril 2015, 4e dimanche de Pâques, année B, Jn 10,11-18 /

« Je suis le bon pasteur… et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jn 10,14-15) Voilà celui qui est digne de confiance : celui qui donne librement sa vie pour les autres ! De celui-ci on peut, sans crainte, devenir disciple ! Dans notre monde souvent en manque de repères, face à tous ceux qui promettent le bonheur -les publicistes, les vendeurs, les politiciens, les spécialistes du développement personnel, les féticheurs, les charlatans, les gourous, les intégristes…- voici un critère sûr : celui qui veut nous indiquer la route à suivre, est-il digne de confiance, est-il prêt à donner sa vie pour les autres ou préfère-t-il que l’on donne sa vie pour lui ? L’évangile de ce jour précise encore la figure du guide digne de confiance : il est bon, il est vrai, il connaît… Désirons-nous vivre à sa ressemblance ?

Il donne sa vie parce qu’il est bon !

« Je suis le bon pasteur. » La bonté : quelle belle valeur humaine et évangélique ! Les évangélistes nous rapportent régulièrement ces scènes où Jésus fut saisi de pitié, où son cœur se laisse attendrir, où il donne son temps sans compter, où il cherche à rejoindre chacun indépendamment de sa situation ou de son origine… Autant de façons de parler de sa bonté ! Nous ne craignons donc rien à nous confier totalement à la bonté du Seigneur. Mais il s’agit aussi de passer à une autre étape et, en tant que membres du Christ ressuscité, nous avons à faire preuve de la même bonté ou, plutôt, à laisser Sa bonté pour tout être humain agir à travers nous. Bien sûr, celui qui est bon sait qu’il peut se faire avoir, qu’on peut profiter de lui, qu’il est un peu naïf, mais cela n’entame en rien sa bonté foncière. Le Christ, mais aussi certaines personnes autour de nous illustrent cette bonté, ils nous disent qu’elle est possible… Désirons-nous, nous aussi, cultiver la bonté, la bienveillance, la tendresse ? Notre pape nous le rappelle sans cesse : « Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse ! »

Il donne sa vie parce qu’il est vrai !

« Je suis le vrai berger. » La vérité : voilà une autre valeur souvent mise à mal ! Pour aboutir à ses fins, on s’arrange facilement avec la vérité. On le voit bien à l’époque de Jésus, lorsqu’il dit par exemple : « Les scribes et les pharisiens se sont assis sur la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’imitez pas leurs actions, car ils disent et ne font pas. » (Mt 23,2-3) On  le voit encore plus aujourd’hui, avec une vie tellement déconnectée de la réalité, que l’on vit facilement dans l’illusion ! Jésus, lui, agit dans la vérité, il est La vérité. C’est justement parce qu’il n’a pas accepté de dire autre chose que la vérité, qu’il fut condamné à mort ! Ce n’est pas un faux prophète, ni un faux témoin, ni même un faux guide… Il ne caresse pas les gens dans le sens du poil, que ces gens soient ses opposants, ses disciples ou les pécheurs à qui il pardonne. Mais il annonce la vérité toujours dans une démarche de charité : « Père pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (Lc 23,34) Sommes-nous, comme membres du Christ, désireux d’agir toujours dans la vérité et non dans la duplicité ? Il ne s’agit pas ici de prétendre détenir la vérité unique et de la « cracher » à la face des gens : rien de moins évangélique ! Mais de rechercher sans cesse l’attitude vraie, inspirée par le Christ et de la vivre dans la charité ! Cette attitude va de pair avec le don de soi !

Il donne sa vie parce qu’il connaît.

Il connaît ses brebis et il connaît le Père… C’est-à-dire qu’il vit une relation d’intimité, aussi bien avec son Père qu’avec ceux qui lui sont confiés. Il les connait de l’intérieur. Il sait que le Père est tout amour et qu’il a besoin que son Fils transmette son amour totalement, jusqu’au don de lui-même ! Par ailleurs, il connaît la faiblesse et la fragilité des êtres humains qui lui sont confiés. Il sait qu’ils le trahiront, qu’ils lui feront de belles promesses non tenues. Il sait que le péché, bien souvent, les domine et qu’ils font le mal qu’ils ne voudraient pas faire alors que le bien qu’ils voudraient faire, ils ne le font pas… Le Seigneur connaît tout cela, et c’est pour cela qu’il donne sa vie. D’une part, connaissons-nous suffisamment le Père, et, d’autre part, connaissons-nous aussi suffisamment nos frères et sœurs, pour que cette connaissance intime de leurs grandeurs et de leurs misères inspire notre amour, notre bienveillance et éloigne de nous tout jugement hâtif ? Cette connaissance intime nous guidera alors dans le don total de nous-même pour le bonheur du Père et le bonheur de nos frères.

Oui, le Seigneur donne sa vie pour celles et ceux qui lui sont confiés,

Car il est bon, il est vrai et il connaît…

Comme membres du Christ ressuscité,

Désirons-nous vivre cette ressemblance-là ?

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« Je crois en la résurrection de la chair ! »

Apparition aux onze

Apparition aux onze

19 avril 2015, 3e dimanche de Pâques, année B, Lc 24,35-48 /

La liturgie nous propose de méditer, ce dimanche, le même évangile que la semaine dernière : l’apparition aux disciples le soir de Pâques, mais dans une autre version, non plus celle de Jean mais celle de Luc. Notons d’emblée les différences : premièrement il n’est plus question de Thomas en particulier qui aurait besoin de voir mais des « onze apôtres et de leurs compagnons » pris en bloc à qui Jésus dit : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez. » (Lc 24,39). Deuxièmement Luc insiste sur la réalité corporelle du Ressuscité : « Un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. » (Lc 24,39) et encore : « Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. » (Lc 24,42-43). Enfin, comme il l’avait fait sur le chemin d’Emmaüs, le Seigneur « ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures ». Ces différents aspects ne nous parlent-ils pas de ce qui nous est nécessaire pour croire à la résurrection du Christ : faire une expérience personnelle de sa présence, croire en la Résurrection de la chair et se laisser instruire par les Écritures.

Une expérience personnelle de sa présence !

Nous pouvons êtes légitimement étonnés de constater la difficulté des disciples pour croire au Ressuscité… Pierre, par exemple, bénéficie d’abord du témoignage des femmes… mais il ne croit pas. Il voit ensuite le tombeau vide… mais il ne croit pas. Jésus lui apparaît avec ses compagnons au cénacle, il peut voir ses plaies et toucher sa chair… mais huit jours plus tard il est toujours enfermé avec ses compagnons au Cénacle et Jésus leur apparaît de nouveau. Sur le bord du lac, c’est de nouveau le disciple bien-aimé qui lui dira « c’est le Seigneur ! » Et il faudra attendre la Pentecôte pour qu’enfin Pierre prenne la parole en public et témoigne de sa foi ! Le témoignage d’autres croyants peut donc, comme pour Pierre, préparer le cœur mais il ne remplacera pas une expérience personnelle du Ressuscité. C’est pourquoi dans la transmission de la foi qui nous tient à cœur il s’agit d’être audacieux mais aussi très humble. De témoigner de notre foi mais surtout de créer les conditions qui permettront une rencontre personnelle du Ressuscité. Pour certain ce sera lors d’un séjour dans un monastère, lors d’un passage à Taizé, lors de Journées Mondiales de la Jeunesse, ou encore lors d’un temps d’adoration… Le témoignage ne suffit pas, la rencontre personnelle est indispensable, nous pouvons imaginer des lieux et des propositions pour la favoriser mais elle ne dépend pas de nous… C’est de l’ordre de la rencontre mystérieuse de deux êtres libres !

Croire en la Résurrection de la chair !

Croire au Ressuscité, ce n’est pas croire, de façon vague, qu’il y a « quelque chose » après la mort, comme le disent certains… Les gens semblent enclins à croire à des esprits qui subsistent, à une immortalité de l’âme, à une réincarnation (qui n’a rien à voir d’ailleurs avec ce dont parlent les religions orientales sur ce sujet) mais quant à croire à la résurrection de la chair, c’est une autre paire de manches ! C’est justement ce que nous rapporte Luc dans les actes, lors du discours à Athènes : « À ces mots de résurrection des morts, les uns se moquaient, les autres disaient: « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. » » (Ac 17,30) et une note de la TOB précise : « L’idée d’une résurrection corporelle était étrangère à l’hellénisme, qui ne concevait de survie que comme une immortalité spirituelle. » Non, Jésus nous dit : « Je ne suis pas un esprit, je ne suis pas une âme qui se promène, mais je suis de nouveau un être vivant constitué d’un corps, d’un esprit et du souffle de Dieu (d’une âme si vous voulez, mais ce concept est plutôt philosophique que biblique), indissociables et unifiés. » Sur la croix, en même temps que son corps terrestre mourrait, il avait remis son esprit entre les mains du Père… C’est à dire que tout disparaissait de lui, si ce n’est ce qu’il avait déposé entre les mains du Père. Et c’est à partir de ce « dépôt » que le Père a ressuscité sa chair, c’est-à-dire la totalité de ce qui constitue un être humain (ce que signifie entre autre ce poisson grillé partagé avec ses disciples, ou l’image du banquet pour parler du Royaume de Dieu, car que serait une vie humaine sans repas ?).

Se laisser instruire par les Écritures !

Enfin, ce qui va donner sens à l’expérience des disciples avec Jésus, ce sont les Écritures. Et, que ce soit pour les disciples d’Emmaüs ou pour les disciples au Cénacle, Luc insiste sur ce passage indispensable par les Écritures pour accéder à la foi en la Résurrection ! Que faisons-nous, à notre tour, des Écritures ? Prenons-nous le temps de les connaître, de les approfondir, de se constituer une culture biblique ? Pour ne pas errer justement dans des conceptions trop humaines de la vie, de l’être humain, de l’au-delà, de Dieu… Beaucoup peuvent vous partager leur conviction qu’il est parfois difficile, au départ, d’entrer dans les Écritures, mais qu’ensuite un « feu tout brûlant », une passion de la Parole de Dieu nourrira toute votre vie et que le petit effort de départ en vaut vraiment la peine !

Coire en la résurrection de la chair ?

Pas si évident que cela,

cela demande une expérience personnelle du Ressuscité,

un approfondissement de la foi,

et la connaissance des Écritures…

 

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Belle coïncidence de lecture…

lettre à un ami fraterneAvant-hier je lisais chez Christian de Chergé :

« Je te joins la première partie d’une approche de la Miséricorde dans le Coran en écho de l’encyclique récente. (NDLR . Dives in misericordia, Jean-Paul II, Lettre encyclique, 30 novembre 1980, Sur la miséricorde divine) J’avoue avoir été assez « choqué » de ne découvrir dans le message de Jean-Paul II aucune allusion, même implicite, à ce qui reste central, « nucléaire », dans la foi musulmane. C’est un « oubli » que je ne cherche pas trop à m’expliquer ni à justifier. Car même si le pape reste libre de ne s’adresser qu’aux chrétiens, est-il possible de parler chrétiennement de la Miséricorde sans faire justice à celle-ci de toutes ses « touches » dans le cœur et les traditions religieuses des hommes ? […] Est-on conscient à Rome qu’aucun musulman ne peut lire l’Encyclique sans se sentir profondément ignoré et sans nous sentir, une fois de plus, magnifiquement sûrs d’être les seuls à tout avoir et tout savoir ? Ce reproche que nous leur faisons souvent, et à juste titre dans bien des cas… sur de telles bases, dialogue de sourds. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la miséricorde-en-acte requiert une tout autre écoute.» (Christian de Chergé, Lettre du 21 février 1981, dans Lettres à un ami fraternel, Bayard, 2015, p.165)

Quelques heures plus tard, je prends connaissance du contenu de la bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde, Misericordiae Vultus, du Pape François, où l’on peut lire notamment au n°23 :

« La valeur de la miséricorde dépasse les frontières de l’Eglise. Elle est le lien avec le Judaïsme et l’Islam qui la considèrent comme un des attributs les plus significatifs de Dieu. Israël a d’abord reçu cette révélation qui demeure dans l’histoire comme le point de départ d’une richesse incommensurable à offrir à toute l’humanité. Nous l’avons vu, les pages de l’Ancien Testament sont imprégnées de miséricorde, puisqu’elles racontent les œuvres accomplies par le Seigneur en faveur de son peuple dans les moments les plus difficiles de son histoire. L’Islam de son côté, attribue au Créateur les qualificatifs de Miséricordieux et Clément. On retrouve souvent ces invocations sur les lèvres des musulmans qui se sentent accompagnés et soutenus par la miséricorde dans leur faiblesse quotidienne. Eux aussi croient que nul ne peut limiter la miséricorde divine car ses portes sont toujours ouvertes.

Que cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, favorise la rencontre avec ces religions et les autres nobles traditions religieuses. Qu’elle nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination. »

Je comprends que cette sensibilité à nos frères musulmans n’est pas simplement liée à la personnalité des papes mais aussi aux années de dialogue interreligieux qui font leur œuvre ! Dieu Merci !

N.B : N’hésitez-pas à prendre connaissance de cette bulle d’indiction, un très bel enseignement sur la Miséricorde…

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Merci Pape François…

    Je suis très heureux de voir que dans le texte de lancement de l’année jubilaire de la miséricorde (Misericordiae Vultus), le pape n’évoque pas le dimanche de la divine miséricorde et la « grande neuvaine » qui lui est attachée… Mais valorise plutôt l’initiative des « 24 heures pour le Seigneur » les vendredi et samedi qui précèdent le 4ème dimanche de Carême, car il est beaucoup plus logique, liturgiquement, de développer la pratique de la confession durant le carême que durant l’octave de Pâques !

Je ne sais pas pourquoi, je semble être le seul à être choqué par l’insertion d’une neuvaine à la divine miséricorde pendant le Triduum Pascal et l’octave de Pâques… (puisqu’elle va normalement du vendredi saint au 2e dimanche de Pâque). Neuvaine tout à fait déconnectée, dans ses textes, des fêtes célébrées et qui déroule simplement des catégories d’âmes à présenter au Seigneur chaque jour, dans une théologie anté-conciliaire et un langage suranné. Alors qu’en principe, toute fête qui tomberait ces jours-là (comme l’Annonciation certaines années) est supprimée ou reportée (solennité) après l’octave de Pâques ! Choqué surtout quand des paroissiens font pression pour que l’on intègre cette pratique dévotionnelle dans les célébrations elles-mêmes : c’est un non-sens liturgique. Ou que l’on demande avec insistance au gens d’aller se confesser durant l’octave de Pâque alors qu’on vient de vivre cette confession en fin de carême, et que nous ne sommes plus dans un temps pénitentiel mais dans le temps de la joie pascale !

Merci encore au pape François de dater sa bulle d’indiction, comme il se doit, à savoir : Donné à Rome, près Saint Pierre, le 11 avril 2015, Veille du IIème Dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde.
Par ailleurs cette bulle d’indiction n’est pas juridique pour un sou, mais donne un très bel enseignement sur la miséricorde de Dieu :

N°6 :‘«La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde». Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu.’
(Entre parenthèses, on n’a pas attendu sœur Faustine pour savoir que Dieu est miséricordieux…)
N’hésitez pas à lire cette bulle d’indiction !

Publication de la Bulle d’indiction du Jubilé de la Miséricorde, 11 avril 2015
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En attendant les retrouvailles !

Il y a cinq ans, le 11 avril 2010, le P.Christian Blanc nous quittait… Tu resteras toujours présent dans nos coeurs et nous attendons, avec joie, le jour de nos retrouvailles ! À un de ces jours grand frère !

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« La paix soit avec vous ! »

CRISTO RESSUCITADO12 avril 2015, 2e dimanche de Pâques, année B, Jn 20,19-31 /

Par trois fois dans le passage de dimanche, Jésus souhaite la paix à ses disciples ! N’est-ce pas, en effet, ce dont nous avons le plus besoin : la paix entre les peuples, la paix du cœur, une sérénité profonde ? Et celle-ci semble liée à la foi au Ressuscité : « Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1Jn 5,5) Être vainqueur du monde n’a donc rien à voir avec une vision des vainqueurs selon le monde… Mais il en va d’un détachement face aux aléas de ce monde ; d’une vie déjà ancrée de l’autre côté de ce monde ; mais aussi d’une vie engagée ici-bas au service de l’avènement du Royaume. Ainsi la foi en la Résurrection pacifie, la foi en la Résurrection élargit, la foi en la Résurrection engage !

La foi en la Résurrection pacifie !

Nous le répétons sans cesse, car cela est au cœur de notre foi : depuis la Résurrection du Christ, plus aucune souffrance, plus aucun mal, plus aucune mort n’a le dernier mot ! Fort de cette espérance, nous pouvons donc aborder les épreuves de la vie avec un cœur pacifié. Affirmer cela de but en blanc peut sembler bien théorique. Entre le savoir intellectuellement et le vivre personnellement, il peut y avoir un abîme. Mais nous ne sommes pas démunis pour cheminer vers cette confiance fondatrice, vers ce détachement, vers cette paix profonde. D’abord nous avons les belles figures de milliers de témoins qui nous ont précédés sur cette route : des saints connus, mais peut-être aussi des proches qui ont vécu cet état de grâce aux travers de leurs épreuves ou de leur passage vers Dieu… Cela semble donc possible, ce n’est pas que de la théorie ! Et qu’est-ce qui leur a permis d’aborder ces moments cruciaux dans la confiance ? Chez celles et ceux que j’ai connus, ou à travers la vie des saints, cela est évident : c’est leur grande foi en Jésus Christ ! Pas une foi simplement reçue passivement, mais une foi approfondie sans cesse, entretenue quotidiennement, mise en œuvre jour après jour… Nous savons donc ce qu’il nous reste à faire !

La foi en la Résurrection élargit !

Oui, la foi en la Résurrection élargit notre champ de vision, notre horizon ! La vie ici-bas devient essentiellement le lieu de notre apprentissage d’une vie véritable, celle que nous partagerons avec tous les sauvés, en Dieu. « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… Et Dieu créa l’homme à son image… » (Gn 1,26-27) L’image nous est donnée d’emblée, au contraire de la ressemblance. Cette dernière, nous avons à y travailler tout au long de notre vie… Individuellement, bien sûr, mais aussi en tant que membre de l’humanité qui chemine, de siècles en siècles, vers cette ressemblance, vers une Création configurée au Royaume de Dieu. Se situer dans cette perspective élargit notre horizon et apaise notre cœur, non ? Le monde, à travers tous ses soubresauts, ses violences, ses souffrances, est en travail d’enfantement d’un monde nouveau ! Ma vie, à travers toutes ses réussites, mais aussi ses échecs et ses épreuves, est en travail d’enfantement de l’homme nouveau, de l’homme spirituel, comme dit saint Paul. Alors beaucoup de nos soucis d’ici-bas peuvent être relativisés et mesurés à l’aulne de notre vie véritable en train d’advenir.

La foi en la Résurrection engage !

Notre foi chrétienne a encore ceci de merveilleux, que l’horizon de notre vie en Dieu ne nous détourne pas de l’engagement dans notre monde au service de l’avènement du Royaume. Ce n’est pas « moi je pars vers Dieu, après moi le déluge ! » Car, d’une part, l’amour, la fraternité, la solidarité envers mes frères et sœurs en ce monde, me préparent à la vie en Dieu… Mais, d’autre part, je ne peux prétendre être pleinement heureux tant que la souffrance en ce monde se poursuit, tant que l’humanité n’aura pas accompli sa configuration au Royaume de Justice et de Paix voulu par Dieu. Ma foi en la Résurrection me mobilise donc pour hâter la venue du Règne du Ressuscité et pour pouvoir entrer, avec toute l’humanité, dans la communion trinitaire définitive. Une fois encore, je ne peux pas être sauvé tout seul, ni être heureux en Dieu, tant que l’humanité n’aura pas accompli son passage ! La foi en la Résurrection engage donc sérieusement à travailler à l’avènement du Règne de Dieu.

« La Paix soit avec vous ! »

Désirons-nous vivre de cette paix offerte par le Ressuscité ?

Alors laissons notre foi, en Lui, nous pacifier…

élargir notre horizon…

et nous pousser à l’engagement pour l’avènement du Royaume !

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Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

christ_ressuscité         Affirmer de nouveau la victoire de la Vie sur toute forme de souffrance, de mal et de mort, n’est pas si anodin dans le contexte de notre monde… Malgré les apparences, non, ce ne sont pas les terroristes, les pollueurs, les exploiteurs, les dictateurs, les intolérants, les promoteurs de haine qui auront le dernier mot, mais le Dieu de la Vie ! Pourquoi les hommes ne le comprennent-ils pas et veulent-ils à tout prix s’accrocher à leurs idéologies, à leur pouvoir, à leur avoir ? Tout cela sera balayé lors de leur passage en Dieu !

Au noviciat, aussitôt les fêtes pascales, les novices rejoindront leurs lieux de stage pour trois semaines, mais cela ne voudra pas dire vacances pour le maître des novices car durant ce temps se tiendra la session vocationnelle des aspirants, une session sur l’histoire de la vie religieuse avec les postulants et l’accueil du responsable de l’immobilier pour la province d’Europe (dont nous faisons partie)… Mais ce sera un changement de rythme…

Qu’en ce Temps Pascal, le Seigneur fasse resplendir sur vous son visage de Ressuscité pour votre bonheur et le bonheur de toutes celles et ceux qui croiseront votre route !

« Christo fɔ ; nyatɛfɛ efɔ. »

 

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La Vie plus forte que la mort !

triduum_pascal4 avril 2015, Veillée pascale, année B, Mc 16,1-7 /

« Christ est ressuscité ! », « Il est vraiment ressuscité ! »… La Vie a vaincu la mort ! La Vie, en Dieu, est plus forte que toute souffrance, que tout mal et que toute mort ! Le croyons-nous, l’espérons-nous, le vivons-nous ?

Le croyons-nous ?

Parcourons d’abord rapidement quelques-uns des textes proposés à notre méditation durant la veillée pascale. Ils nous parlent, tous, tout au long de l’histoire du Salut, d’un Dieu source de Vie, promoteur de Vie, tenace à remettre sans cesse son peuple sur le chemin de la Vie !

Le récit de la Création, bien sûr  nous parle de cette explosion de vie qui, à partir du Dieu de Vie, se déploie sous toutes ses formes et repousse le chaos et les ténèbres…

Le récit du sacrifice d’Isaac proclame que Dieu ne veut pas de sacrifice humain, mais un cœur disponible à ses commandements qui sont source de vie… Bien sûr, ce texte préfigure, d’une certaine manière, l’offrande du Fils unique…Mais attention aux analogies trop faciles qui déformeraient le visage d’un Dieu d’amour.

Le récit de la libération d’Egypte nous rappelle la première pâque, le passage de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie… Préfiguration du baptême : la traversée dans les eaux qui fait passer du monde des ténèbres à celui de la lumière.

Le passage d’Isaïe au chapitre 54e nous parle de la tendresse de Dieu plus forte que nos infidélités ; de son désir de Vie et d’Alliance plus fort que sa colère : « Je jure de ne plus m’irriter contre toi… même si les montagnes s’écartaient, sil les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, -dit le Seigneur qui te montre sa tendresse. »

L’extrait du prophète Ezéchiel : « J’ôterai votre cœur de pierre et vous donnerai un cœur de chair » témoigne, lui aussi, de cette persévérance tenace de la part de Dieu de remplacer notre cœur de haine de jalousie, d’infidélité par un cœur qui aime et qui soit source de vie.

Saint Paul, dans son épitre aux Romains nous redit que « l’homme ancien qui est en nous, a été fixé à la croix avec le Seigneur… afin que nous ne soyons plus esclave du péché… De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivant pour Dieu en Jésus Christ. » Il ne s’agit pas simplement de le penser mais d’en vivre, de vivre en ressuscité, en vainqueurs du mal, en promoteurs tenaces de la Vie en nous et autour de nous !

Le récit du tombeau vide, la Résurrection du Christ, ne vient donc que confirmer ce que toute l’histoire du Salut nous révèle : Dieu est Vie, plus fort que nos péchés, que nos infidélités, que toute forme de mal et la mort n’a pas de prise sur lui. La Résurrection du Christ vient mettre le sceau final  à cette révélation. Il ne s’agit donc pas de croire, ou pas, à la Résurrection du Christ comme si c’était un événement isolé. Ce qui nous permet d’y croire, c’est la foi et la contemplation tout au long de l’histoire -et aussi de notre histoire personnelle- du Dieu de la Vie !

L’espérons-nous ?

Il ne s’agit pas ici d’un espoir en la Résurrection, comme lorsqu’on espère gagner une course, ou un match. Non, il en va, ici, de la vertu d’espérance ! Notre foi, nous assure que le Christ est ressuscité et que nous participerons à sa résurrection, comme nous le dit saint Paul : « Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. » (Rm 6,8) Alors notre espérance donne dynamisme à notre vie de chaque jour. Vivre en croyant à la Résurrection et dans l’espérance de la Résurrection change tout à notre vie. L’horizon de notre vie n’est plus l’horizon terrestre mais l’horizon d’une vie en Dieu. Notre rapport aux biens, aux autres, à Dieu en est totalement changé, car nous n’emporterons rien avec nous si ce n’est tout ce qui participe à la vie de Dieu : la fraternité, la solidarité, l’amitié, l’amour, la compassion etc… Et c’est à cela que nous avons à travailler jour après jour, et non pas à accumuler des choses futiles qui ne passeront pas le seuil de la mort.

Le vivons-nous ?

Qu’est-ce que cela change à notre quotidien ? Cela ne change rien et cela change tout ! La Résurrection du Christ ne change rien dans le sens où nous aurons toujours à faire face aux épreuves, à la maladie, à la mort mais elle change tout car toutes nos épreuves, toute forme de mal et de mort sont orientées désormais vers la vie ! Il s’agit donc, au quotidien, de vivre en ressuscité, et, comme Dieu, de promouvoir avec ténacité la vie en nous et autour de nous. Dans les difficultés de vos vies de couple : vivre en ressuscité et promouvoir la vie en mon époux en mon épouse, le pardon, la relance incessante de la relation, croire toujours en une vie possible… Dans les difficultés économiques : savoir relativiser le paraître et la possession des biens, promouvoir la coopération et la solidarité, se rappeler que notre véritable richesse c’est la qualité de notre vie relationnelle, ne pas faire de l’argent un instrument de mort mais de vie… Face à la maladie et à la mort, être toujours au service de la vie jusqu’au bout. Mais reprendre aussi conscience que notre corps de chair est mortel et faillible et qu’il nous faut en être dépouillé pour pouvoir passer à la Vie en plénitude en Dieu ! Il s’agit donc dans toutes ces situations d’être témoin d’espérance et artisan de vie, de cette vie plus forte que tout mal et que toute mort !

Oui, Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Et la Vie a vaincu toute souffrance, tout mal et toute mort !

Le croyons-nous ?

L’espérons-nous ?

Le vivons-nous ?

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Cocholycoto

Voici quelques photos du Cocholycoto (compétition des chorales des lycées et collèges du Togo) organisé par notre frère Serge-Patrick… Troisième édition du genre mais première au niveau national… Pour la fraternité, la paix et le dialogue inter-religieux !

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