Loué sois-tu !

Loué sois-tu !

Loué sois-tu !

L’encyclique tant attendue est enfin disponible : « Laudato si » lettre encyclique du pape François sur la sauvegarde de la maison commune. J’avoue ne pas avoir encore pris le temps de la parcourir en détail mais juste en diagonale et déjà elle me réjouit le cœur… Aussi, pour vous donner le goût d’aller la lire en voici quelques brefs extraits :

  • Notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe » (Cantique de la Création de St François) (n°1)
  • Le développement humain authentique a un caractère moral et suppose le plein respect de la personne humaine, mais il doit aussi prêter attention au monde naturel et tenir compte de la nature de chaque être et de ses liens mutuels dans un système ordonné. (n°5)
  • Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. (n°11)
  • Le monde est plus qu’un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange. (n°12)
  • Il nous faut une nouvelle solidarité universelle. (n°14)
  • Toutes les créatures sont liées, chacune doit être valorisée avec affection et admiration, et tous en tant qu’êtres, nous avons besoin les uns des autres. (n°42)
  • Les habitants de cette planète ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l’asphalte, le verre et les métaux, privés du contact physique avec la nature. (n°44)
  • Toutes les créatures sont liées...

    Toutes les créatures sont liées…

    Une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. (n°49)

  • Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles. (n°53)
  • Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. (n°84)
  • L’immense progrès technologique n’a pas été accompagné d’un développement de l’être humain en responsabilité, en valeurs, en conscience. (n°105)
  • Souvenons-nous déjà des pauvres d’aujourd’hui, qui ont peu d’années de vie sur cette terre et ne peuvent pas continuer d’attendre. (n° 162)
  • La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. (n°222)
  • La paix intérieure des personnes tient, dans une large mesure, de la préservation de l’écologie et du bien commun, parce que, authentiquement vécue, elle se révèle dans un style de vie équilibré joint à une capacité d’admiration qui mène à la profondeur de la vie. (n°225)
  • La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés. (n°243)
  • Au cœur de ce monde, le Seigneur de la vie qui nous aime tant, continue d’être présent. Il ne nous abandonne pas, il ne nous laisse pas seuls, parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins. Loué soit-il. (245)

Pour ceux qui veulent aller plus loin retrouver le beau dossier de la revue Pèlerin


La vie par ici…

Rien de spécial à signaler cette semaine, le noviciat poursuit son petit bonhomme de chemin. Les pluies sont enfin de retour, le soleil brille toujours en abondance et la terre donne son fruit !

Que le Seigneur vous garde sur un chemin de confiance et de contemplation,

Belle semaine et bonne fête des pères !

 

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Tempête à bord !

la tempête apaisée21 juin 2015, 12ème dimanche ordinaire, année B, Mc 4,35-41 /

« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (Mc 4,38) Question d’une brulante actualité en ce temps de crise, j’ose à peine employer le mot tant il semble galvaudé, mais que l’on change les mots ou pas, les cris de l’humanité sont bien présents : chômage chronique ; paupérisation ; nombre jamais atteint de déplacés et réfugiés dans le monde (60 millions !) ; guerres larvées et terrorisme ; sociétés qui se replient sur elles-mêmes face aux migrants, pollution et nature mise à mal ; crise de sens et avenir bouché, etc. etc. Je ne voudrais pas allonger inutilement la liste : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fais rien ? »… À l’appel du Seigneur « le vent tomba, et il se fit un grand calme ! » La solution est-elle magique ? : « Faites confiance au Seigneur et il s’occupera de tout : santé, richesse, amour » comme le chantent sur les toits nos frères adeptes de la théologie de la prospérité ?… Peut-être pas, l’espérance est ailleurs : nous ne sommes pas seuls, nous pouvons agir, changeons notre regard !

Nous ne sommes pas seuls !

N’êtes-vous pas étonnés par le fait que Jésus serait en train de dormir alors qu’une grosse tempête se déchaîne sur le lac et que l’eau est déjà à fond de cale ? Le texte de la tempête apaisée n’a pas été mis par écrit par Marc pour rapporter fidèlement un événement de la vie de Jésus, mais surtout pour encourager les premières communautés chrétiennes soumises à la tempête : la persécution, la division dans les familles, la difficulté à tenir ferme dans la foi, etc… La tentation serait de croire que Jésus dort, c’est-à-dire qu’il ne s’est pas réveillé du sommeil de la mort, qu’il est absent, qu’il n’est même pas ressuscité… L’évangéliste affirme au contraire que Jésus est réveillé – c’est le même mot que celui qui est employé pour la résurrection – et qu’il a vaincu toute force du mal. Lorsqu’en effet, Jésus commande à la mer et au vent, il leur parle comme au Démon : « Silence, tais-toi ! », c’est-à-dire que toutes ces forces qui se déchaînent trouvent leur connivence dans un même Mal qui pourtant a été vaincu. Le premier enseignement consiste donc à reconnaître que face à toutes les adversités de notre vie, nous ne sommes pas seuls, le Christ ressuscité est à nos côtés. Or le Corps du Ressuscité est constitué de tous ses membres. Ainsi, son mode de présence n’est pas à chercher du côté de l’intervention miraculeuse et sensationnelle d’un Christ venu de l’au-delà (même si le miracle est possible occasionnellement), mais dans sa présence agissante à travers tous les croyants par la force de son Esprit. Nous ne sommes pas seuls, car le Christ est à nos côtés, notamment par sa présence en nos frères et sœurs sous la mouvance de l’Esprit !

Nous pouvons agir !

Alors ce qui nous paraissait impossible devient possible… Seul nous ne pouvons rien, mais avec des frères et des sœurs qui se laissent façonner par l’Esprit du Seigneur son projet d’amour pour notre Terre peut se réaliser. « Quand nous sommes capables de dépasser l’individualisme, un autre style de vie peut réellement se développer et un changement important devient possible dans la société. » (Laudato si n°208). Le Seigneur commande au vent et à la mer, c’est-à-dire que même face aux dérèglements climatiques, aux catastrophes naturelles sur lesquelles nous ne semblons, spontanément, n’avoir aucune emprise, il est possible d’agir. En effet, comme le montre bien le pape François dans sa toute nouvelle encyclique, l’humanité est la principale responsable de ces changements et d’autre part nous n’avons jamais aussi bien maîtrisé les techniques et la science : « Jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir sur elle-même et rien ne garantit qu’elle s’en servira toujours bien. » (Laudato si n°104)… mais en même temps il affirme : « Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités. » (Laudato si n°14) Oui nous pouvons agir face aux grands défis de la sauvegarde de la Création et donc, a fortiori, face à toutes les crises dont les humains sont, avec encore plus d’évidence, responsables : guerre, terrorisme, injustice, absolutisation de l’argent etc.  !

Changeons notre regard !

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (Mc 4,35-41) Il s’agit effectivement de changer notre regard sur le monde pour y poser un regard de foi… Mais attention, ne nous trompons pas de foi, il ne s’agit pas de celle des tenants de la théologie de la prospérité : Dieu n’est pas un magicien qui résoudra tout, d’un coup de baguette magique, sans quoi il ne serait pas venu sur terre pour mourir sur une croix !!! Non, la Création est le temps et l’espace confiés à l’humanité pour apprendre à vivre selon le cœur de Dieu : son projet se déploie, Dieu est déjà vainqueur du mal, mais nous ne pouvons pas faire l’impasse de l’apprentissage de la liberté, de la fraternité, de la coresponsabilité. Contemplons donc notre monde avec les yeux de la foi : un monde beau où tout nous a été donné pour mener à bien notre vie individuelle et collective ; un monde sauvé qui n’avance pas vers un mur mais vers une transfiguration ; un monde où nous pouvons agir, en pleine liberté, en faveur du projet de Dieu ou en sa défaveur !

Oui notre monde ne manque pas de violentes tempêtes,

Mais saurons-nous y faire face avec un regard de foi :

Nous ne sommes pas seuls,

Nous pouvons agir,

Changeons notre regard !

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Terre en louange !

François prêchant aux oiseaux

François prêchant aux oiseaux

Je ne sais pas si c’est pur hasard, mais les textes de ce dimanche tombent à merveille dans la perspective de l’encyclique « Laudato si » du pape François (« Loué sois-tu », en référence au célèbre cantique de la Création de Saint François d’Assise), qui devrait être rendue publique ce 18 juin… Encyclique sur le respect de la Création, sur la préservation de la Terre et de la vie, sur les questions environnementales, car le mot « écologie » semble encore parfois un gros mot dans les milieux catholiques… Ce sera la première encyclique écrite de la main du pape François, après « Lumen Fidei » essentiellement écrite par Benoît XVI et « Evangelii Gaudium », ce texte majeur du pape François, qui n’était pas une encyclique mais une exhortation apostolique post-synodale… (Une exhortation apostolique post synodale étant liée aux travaux du synode des évêques, alors qu’une encyclique est plus personnelle)… Ce sera aussi la première encyclique de l’histoire de l’Eglise consacrée aux questions environnementales… Plutôt que de chercher à prédire son contenu, que nous connaitrons bientôt, laissons plutôt résonner en nous les textes de ce dimanche, plutôt bucoliques :

            «  À la cime du grand cèdre, à son sommet, je cueillerai un jeune rameau, et je le planterai moi-même sur une montagne très élevée… Il produira des branches, il portera du fruit, il deviendra un cèdre magnifique. Tous les passereaux y feront leur nid, toutes sortes d’oiseaux habiteront à l’ombre de ses branches. Et tous les arbres des champs sauront que c’est moi, le Seigneur… » Ez 17,22…24

            «  Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur. » (Ps 91)

            « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi… Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » (Mc 4,26…34)

            Bref, il est temps chers amis chrétiens de se mettre à l’écologie, euh je veux dire aux questions environnementales ! Je pense souvent ces temps-ci à mon frère Dominique Lang, assomptionniste et docteur en biologie, qui s’était mis sur les rangs bien avant la mode et qui avait même lancée une superbe revue « Les Cahiers de saint Lambert », sur le dialogue entre écologie et spiritualité chrétienne, qui nous serait bien nécessaire en ces temps où l’Église catholique se met officiellement à la tâche écologique… euh je veux dire au respect de la création et de la vie… Sa voix prophétique avait du mal à se faire entendre au sein de notre famille religieuse, mais cette fois-ci une autre voix, celle du pape François, nous interpelle : saurons-nous l’entendre ?

Je vous recommande bien sûr le site incontournable de notre frère : Églises et Ecologie, ce site vous donnera toute l’actualité des Églises chrétiennes en lien avec les thématiques de l’écologie. Il constitue aussi, peu à peu, un lieu ressources pour les textes et déclarations dans ce domaine des décennies passées.


La vie par ici…

La fin d’année scolaire se profile pour beaucoup… Ici au Togo certaines épreuves du bac ont été retardées en raison des grèves… d’autres épreuves sont maintenues, sachant que le programme aura été plus ou moins parcouru de façon éclaire… Nous pensons fort à tous ces jeunes qui s’apprêtent donc à affronter leurs examens dans des conditions pas vraiment favorables…

Le temps des engagements dans la vigne du Seigneur…

Le conseil provincial (de la province d’Europe dont nous dépendons) a tenu une première rencontre d’étude des dossiers d’entrée au noviciat et de renouvellement des vœux… Nous félicitons les 8 jeunes postulants de Sokodé qui ont été admis au noviciat (Armel, Bernardin, David, Honoré, Jean-Paul, Jovic, Marius-Thierry, Valère), ils feront leur rentrée le 14 août prochain… Nous félicitons aussi tous les frères acceptés aux renouvellements des vœux et confions au Seigneur ceux qui vont poursuivre leur suite du Christ sur un autre chemin… Nous nous réjouissons également avec Jérémie Six, volontaire au Togo de 2012 à 2014 et admis au noviciat assomptionniste en France…

Nous sommes particulièrement heureux des deux premiers togolais qui ont été admis, par le conseil général, à prononcer leurs vœux définitifs dans notre congrégation : Georges Hossou et Lucas Sezoulon, ce sera à Kinshasa le 26 juillet ! Sans oublier notre frère Milad, un autre africain, admis également à la profession perpétuelle.

Pour l’admission aux premiers vœux des novices assomptionnistes, nous serons fixés en juillet…

Nous célébrerons encore, à Sokodé, le 27 juin la première profession de nos sœurs orantes : Maria, Noëlie et Elisabeth…

Nous nous réjouissons aussi avec le frère Quang Minh Nguyen, qui prononcera ses vœux perpétuels à Nîmes ce même 27 juin et pour le frère Philippe Berrached qui sera ordonné prêtre, toujours à Nîmes, le lendemain 28 juin !

Vous voyez, que le semeur dorme ou pas, la graine pousse, donne de l’herbe, des épis et des grains plein l’épi !

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Confiance, Dieu agit !

semeur-main14 juin 2015, 11ème dimanche ordinaire, année B, Mc 4, 26-34 /

Confiance ! Voilà bien le mot qui convient pour les lectures de ce dimanche.

Confiance pour ici-bas !

Le prophète Ézéchiel qui écrit durant l’exil du peuple juif à Babylone, apporte une parole d’espérance. La situation était on ne peut plus critique : plus de Terre, plus de Roi, plus de Temple et l’exil sur une terre étrangère ! Le beau cèdre, on dirait un baobab chez-nous, symbole d’un royaume solide, a été abattu. Eh bien, c’est au cœur de cette détresse que le prophète annonce la restauration du royaume, le retour en terre promise, le « jeune rameau » qui redeviendra un « cèdre magnifique ». Pensons à nos États qui se construisent avec difficulté, à tous les exilés, les déplacés, les déportés en Terre Africaine… Ne restons pas accablés par les épreuves, mais voyons les jeunes rameaux, les signes d’espérance, les nouvelles générations qui grandissent et les promesses d’un avenir meilleur, dès ici-bas !

Confiance en la véritable vie à venir !

Saint Paul nous parle également de la confiance avec une autre dimension : « Nous avons pleine confiance, tout en sachant que nous sommes en exil loin du Seigneur tant que nous habitons dans ce corps. » Oui, nous sommes en exil ici-bas et nous ne trouverons notre véritable repos, notre véritable patrie qu’en Dieu seul. Sommes-nous frustrés, insatisfaits, en désir d’une vie meilleure ? C’est bien normal, puisque nous ne sommes que de passage sur cette Terre. Mais nous cheminons dans la foi et l’espérance même si nous n’y voyons pas toujours très clair (cf. 2Co 5,7).

Confiance qui nous met en marche !

Cette double confiance, pour ici-bas et pour une vie de plénitude à venir, nous prémunit d’une attente passive ou d’un désengagement du monde. Bien au contraire, connaissant le désir de Dieu pour notre monde et connaissant le but de notre route, nous pouvons marcher, joyeux, et retrousser les manches pour agir de conserve avec le Seigneur qui, lui, agit de toute façon : « Nuit et jour, que l’homme dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment ! » (Mc 4,27)

Confiance, Dieu a agi dans le passé, il agit aujourd’hui et il agira dans le futur ! Il ne nous reste qu’à prendre toute notre part dans ce dessein bienveillant, mais pas toujours visible, du Maître de l’histoire !

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Des êtres de relation…

Philippe Pozzo di Borgo

Philippe Pozzo di Borgo

         Depuis la nouvelle formule du magazine Panorama, nous avons droit à de très belles « conversations », sous la houlette de François Xavier Maigre. Dans le dernier numéro (qui ne s’est pas perdu dans les méandres de la poste, comme le précédent) l’entretien central est avec Philippe Pozzo di Borgo ce grand patron devenu tétraplégique après un accident de parapente et devenu célèbre par le film « Intouchables ». Lui, l’agnostique en quête d’absolu nous livre de superbes enseignements. J’aimerais vous en partager quelques extraits :

« Vous évoquez ce plafond d’hôpital, que vous comparez à un miroir. Expliquez-nous !

– En scrutant le plafond, c’est vous-même que vous regardez. Vous êtes dans le présent. C’est extraordinaire un plafond. Vous n’avez jamais fait cet exercice ?

À vrai dire, non…

– Prenez le temps d’observer celui de votre chambre. Sous ce plafond, vous êtes vous-même. Tout ce qui frémit dans la pièce, la mouche qui voltige, vous le ressentez. L’infirmière qui s’apprête à pousser la porte, son pas l’annonce. Vous savez exactement où vous êtes. C’est une richesse inestimable que d’apprendre à habiter l’espace et le temps.

– Avant je vivais à 200 à l’heure. Dans ces conditions, il est bien difficile de rencontrer qui que ce soit…

-À mon sens, il est urgent de revenir à ce que nous sommes fondamentalement : des êtres sociaux. Nous n’existons que dans la relation.

– La fragilité peut constituer une véritable pédagogie de vie, y compris pour les êtres valides. Car le plus vulnérable vous désarme. En vous offrant de considérer un être différent de vous-même, il aiguise votre intelligence. Les plus fragiles vous font toucher la diversité du monde. Il me semble essentiel de mettre les plus fables, les humiliés, au centre de notre société.

Qu’avez-vous appris auprès des souffrants ?

– Qu’un homme en fin de vie ne demande pas qu’on le plonge dans un état comateux. Ce qu’il désire, c’est être en relation, en lien. Réciproquement, celui qui vient se pencher à son chevet découvre un apaisement, une réconciliation. Accompagner un mourant, ce n’est pas grave. C’est tout à fait naturel.

« Si nous mettions l’Évangile en œuvre, dites-vous, nos sociétés seraient transformées. »

– Ah, mais c’est évident ! Ce qui caractérise la parole du Christ, c’est le respect de l’humilié, du plus petit. Il n’y a que cette attitude qui permettra la guérison de nos sociétés. Vous parlez de conversion : commençons par la guérison ! La conversion viendra peut-être après.

Vous qui avez appris les vertus de la lenteur, quelle clé de sagesse donneriez-vous aux hyperactifs que nous sommes ?

– Peut-être de s’offrir une pause quotidienne, ne serait-ce que quinze minutes de silence total. Retirez-vous du monde, éteignez tout. Prière ou méditation, appelez cela comme vous voulez. Mais je vous garantis que cela remet la vie en perspective !

Vous évoquez ce grand-père médecin ancien résistant, chef d’entreprise humaniste, ou encore Jean Vanier. D’autres figures vous inspirent ?

– Le Pape François, sans hésiter. Vous devriez voir mon curé, Jean-Claude, dans sa petite église d’Essaouira, souvent clairsemée le dimanche. Il a rajeuni de vingt ans grâce à ce pape. François est très proche de l’Évangile et sa parole frappe même les non chrétiens.

-Des vies, j’ai l’avantage d’en avoir connu deux. Mais je ne voudrais pas que vous pensiez qu’il faut être passé par la case fauteuil pour être capable de percevoir tout cela. On peut très bien tenir debout et accueillir la fragilité. L’accepter nous rend probablement plus proche du  bonheur. »

Alors, n’y a-t-il pas quelques belles leçons de vie, déjà dans ces quelques extraits. Si vous voulez retrouver cet entretien au complet, il faut acquérir le magazine Panorama de juin 2015 ! Et pour aller plus loin le dernier livre de Philippe Pozzo di Borgo : Toi et moi, j’y crois. Bayard, 2015.


La vie par ici…

Rencontre de travail à Ouagadougou

Rencontre de travail à Ouagadougou

Même si l’année de noviciat ne prendra fin que le 22 août, nous sentons déjà un parfum de fin d’année… En effet, nous sommes dans le temps des évaluations et des rapports… Il nous faut déjà envisager les nominations à venir… Évoquer les différentes étapes de premiers vœux, de renouvellement de vœux, de vœux perpétuels… C’est ce qui m’occupe pas mal ces derniers temps, depuis le séjour de nos trois provinciaux fondateurs, jusqu’à la rédaction des 8 rapports sur les novices, en passant par notre commission d’Afrique de l’Ouest la semaine passée et l’accompagnement parfois délicat des jeunes frères en formation.

Quelle responsabilité, exercée toujours à plusieurs, que de se prononcer en vérité sur le désir de consécration au Seigneur de ces jeunes frères dans notre famille religieuse ! Il s’agit de mettre en œuvre  l’art du discernement qui est loin d’être une science exacte, et surtout d’accueillir les appels du Seigneur.

Ainsi, notre petit coin assomptionniste d’Afrique de l’Ouest prend de l’ampleur, en comptant tous les jeunes issus d’Afrique de l’Ouest et déjà dispersés dans divers communautés (Sokodé, Ouagadougou,  Kinshasa, Nairobi, Antananarivo, Lyon, Lille, Paris, Toulouse). :

– 9-10 jeunes viennent d’être admis à l’étape du pré-postulat…

– 8 demandent à entrer au noviciat

– 9 demandent à prononcer leurs premiers vœux

– 19 demandent à renouveler leurs vœux

– 2 prononceront leurs vœux définitifs…

Ce sont donc 48 jeunes en formation, que les formateurs accompagnent dans leur suite du Christ. Avec une responsabilité particulière comme maître des novices et délégué du provincial pour l’Afrique de l’Ouest, c’est bien sûr une grande joie, mais aussi beaucoup de soucis, comme pour un père de famille nombreuse…

[1] Jean-Yves Leloup, Ecrits sur l’hésychasme, Albin Michel, 1990

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Plongés dans la vie trinitaire… jusqu’où ?

trinite31 mai 2015, Saint Trinité, année B, Mt 28,16-20 /

« Baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. » (Mt 28,19) C’est-à-dire plongez-les dans la vie du Père, dans la vie du Fils, dans la vie de l’Esprit, faites-en des hommes nouveaux ! Or, en cette fête de la Trinité, je m’interroge : jusqu’à quel degré la vie du Père, du Fils, de l’Esprit est-elle devenue nôtre ? Cela me rappelle une histoire rapportée par Jean-Yves Leloup[1] : « Lorsqu’on arrivait à la porte de son ermitage, le père Séraphin, du mont Athos, avait l’habitude de vous observer de la façon la plus indécente : de la tête aux pieds pendant cinq longues minutes, sans vous adresser le moindre mot. Ceux que ce genre d’examen ne faisait pas fuir pouvaient alors entendre le diagnostic cinglant du moine : « Vous, Il n’est pas descendu en dessous du menton.  ‑Vous, n’en parlons pas. Il n’est même pas entré. ‑Vous, ce n’est pas possible, quelle merveille. Il est descendu jusqu’à vos genoux. » C’est du Saint-Esprit bien sûr qu’il parlait et de sa descente plus ou moins profonde dans l’homme. Quelquefois dans la tête, mais pas toujours dans le cœur ou dans les entrailles… Il jugeait ainsi la sainteté de quelqu’un d’après son degré d’incarnation de l’Esprit. L’homme parfait, l’homme transfiguré, pour lui c’était celui qui était habité tout entier par la présence de l’Esprit Saint de la tête aux pieds. « Cela je ne l’ai vu qu’une fois chez le staretz Silouane, c’était vraiment un homme de Dieu, plein d’humilité et de majesté. » » Ainsi certains chrétiens de souche,  -baptisés pour faire plaisir à la grand-mère-, se disent-ils croyants mais, bien souvent, ils ne croient qu’en « quelque chose après la mort »… D’autre croient en un Dieu lointain, tout-puissant, créateur… Beaucoup plus rares sont ceux qui croient en Jésus Christ, en tant que Dieu venu dans notre monde, qui a partagé notre condition humaine jusqu’à mourir et qui est ressuscité… Et je crois qu’ils sont encore plus rares ceux qui reconnaissent la présence de l’Esprit Saint dans leur vie… Jusqu’où la vie trinitaire est-elle devenue nôtre ?

Au nom du Père…

Avant la venue de Jésus, on baptisait déjà au nom de Dieu. Jean, le baptiste, se situe dans ce courant des mouvements baptistes qui s’en remettent plus à la purification des péchés par les eaux baptismales que par le feu des sacrifices au Temple de Jérusalem. C’est la foi au Dieu créateur et miséricordieux qui est ici source de Salut… Aujourd’hui encore, nombre de « chrétiens de souche », ou « chrétiens culturels » ont une foi déiste, en un Dieu tout puissant, créateur, qui a préparé une place au ciel pour ses enfants et c’est à peu près tout. Pour le reste ils se disent agnostiques, ne pouvant pas savoir ce qui se passe dans l’au-delà… C’est comme si ceux-ci n’avaient été baptisés qu’au nom du Père, ou plus précisément, au nom d’un Dieu dépendant de leur imaginaire, en faisant fi de toute la révélation biblique et en particulier de toute la révélation en Jésus Christ. Sommes-nous de ceux-là ?

Au nom du Fils…

Ceux qui se reconnaissent chrétiens accordent, en principe, une place importante à Jésus Christ dans leur vie. Il n’est pas qu’un sage ou un prophète des temps passés, mais le Fils de Dieu fait homme. La façon dont il a vécu interpelle leur façon de vivre. Ils veulent mettre leurs pas dans les pas de Jésus. Sa mort et sa résurrection donnent sens à leur vie. Mais s’il n’y a pas de place pour l’Esprit, ne manque-t-il pas quelque chose ? Leur foi ne ressemble-t-elle pas plutôt à un humanisme à construire à la force des poignets ? Humanisme coloré, certes, d’une espérance dans l’au-delà ? N’est-ce pas ce qui a été reproché à une certaine période postconciliaire : une vie chrétienne trop horizontale, délaissant le sens du sacré, la mystique, l’union au divin, avec des liturgies peu inspirées ? C’est comme si ceux-ci n’avaient été baptisés que dans le Père et dans le Fils… Sommes-nous de ceux-là ?

Au nom de l’Esprit…

« Baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ! » C’est bien dans la vie trinitaire que nous avons été plongés. Non seulement en référence au Père Créateur et au Fils Sauveur, mais encore à l’Esprit Sanctificateur. Ce n’est pas grâce à nos propres forces que nous pouvons configurer notre vie à celle du Christ, mais en laissant l’Esprit Saint agir en nous, en le laissant nous sanctifier, nous unir au Père et au Fils, rendre efficace notre vie sacramentelle, etc. Et nous en revenons au père Séraphin cité plus haut : l’Esprit Saint a-t-il trouvé sa place dans nos vies, n’est-il qu’une notion intellectuelle ou est-il parvenu jusqu’à notre cœur et à nos entrailles ? Prenons-nous du temps pour notre vie spirituelle : la prière et les lectures bien sûr, mais aussi l’accompagnement spirituel qui n’est qu’un moyen de plus pour développer pleinement en nous la vie de l’Esprit reçue à notre baptême ?

Aujourd’hui où nous fêtons la Sainte Trinité,

Rappelons-nous que nous avons été baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

Jusqu’où cette vie trinitaire façonne-t-elle notre foi et notre vie ?

[1] Jean-Yves Leloup, Ecrits sur l’hésychasme, Albin Michel, 1990

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Raviver la vie de l’Esprit !

Icone_Pentecote24 mai 2015, Pentecôte, année B, Jn 15,26… 16,15 /

À la fête de Pentecôte il ne s’agit pas, selon moi, de recevoir de nouveau l’Esprit Saint, car nous l’avons reçu à notre baptême et à notre confirmation. En effet, à travers cet unique sacrement, dédoublé au début de l’histoire de l’Église, nous avons été baptisés dans l’eau et dans l’Esprit. Non, il s’agirait plutôt d’accueillir la grâce de cette fête pour raviver en nous la vie de l’Esprit ! Raviver la vie de l’Esprit… qu’est-ce à dire ? Saint Paul dans son épître aux Galates nous en livre un vibrant tableau : « On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu. Mais voici ce que produit l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n’y a plus de loi qui tienne. » (Ga 5,19-23) Revenons un peu en détail sur ce passage…

Chair et Esprit.

Premièrement, il est très important de ne pas confondre l’opposition chair et Esprit, dans ce passage, avec une opposition entre le charnel et l’intellectuel. Il ne s’agit pas de cela ! La liste des actions sous l’emprise de la chair ne parle pas que de la maîtrise de notre sexualité ou de notre alimentation – même si cette dimension est présente – ! Elle évoque aussi des attitudes de notre esprit, de notre intellect, incompatibles avec une vie chrétienne : idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, division, sectarisme, rivalités… Par ailleurs, la vie selon l’Esprit n’est pas refus de notre dimension charnelle, mais orientation de tout notre être (corps, intellect, âme) vers notre vocation à la vie divine : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Deuxièmement, quand Paul affirme que « ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas le royaume de Dieu », il pointe les conséquences de ces actes qui nous éloignent du Royaume de Dieu, mais encore faudrait-il préciser que c’est uniquement la miséricorde divine, et non le mérite de nos actes, qui nous obtient le Salut. « Les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui. » (Mt 21,31-32) Certes leurs actions les éloignaient du Royaume de Dieu, mais ils ont accueilli la Parole de Dieu et se sont convertis à la miséricorde divine. Et la conversion peut avoir lieu au dernier moment, pensons au bon larron… Raviver la vie de l’Esprit c’est donc, d’abord, être conscient qu’on ne peut laisser impunément notre vie être conduite par les œuvres de la Chair !

Le fruit de l’Esprit !

Il fallait dire quelque chose de la première partie du texte, mais arrêtons-nous surtout à la deuxième partie… Le fruit de l’Esprit ! Une première remarque, qui est d’ailleurs également pertinente pour la liste des vices, c’est que les différentes traductions françaises de la Bible donnent toutes des traductions différentes à cette liste de vertus, avec des nuances sensiblement différentes : amour ou charité ; joie ; paix ; patience ou longanimité ; bonté ou serviabilité ; bienveillance ou bonté ou mansuétude ; foi ou confiance dans les autres ou fidélité ; douceur ou humilité ; maîtrise de soi ou tempérance… Comme quoi l’action de l’Esprit est difficile à enfermer dans des mots… Mais demandons-nous surtout ce que nous avons fait de ces fruits de l’Esprit reçu à notre baptême et confirmation :

– L’amour, avec sa nuance de charité, n’est pas à confondre avec un sentiment d’attirance ou un amour passionnel ou une affinité avec telle ou telle personne… Sans quoi le Seigneur ne pourrait pas nous commander d’aimer –l’affinité cela ne se commande pas–. L’amour agapè, dont il s’agit, est un amour oblatif, serviable qui cherche à faire grandir chacun quels que soient nos sentiments envers il ou elle. Avons-nous le désir de faire grandir toutes celles et ceux que nous croisons ?

– La Joie et la Paix, nous en parlions la semaine dernière, nous n’avons pas à les créer mais à les accueillir de Dieu et à les transmettre. Il s’agit ici, en effet, d’abord de joie et de paix intérieures.

– La patience avec sa nuance de longanimité, c’est un rapport au temps différent : non pas selon notre propre horloge mais selon le temps de Dieu qui ne désespère jamais de l’homme et lui laisse le temps de se convertir… Sommes-nous patients envers nous-même, envers nos frères et sœurs, envers nos hommes politiques, envers le rythme de la planète, etc.

– La bonté, la serviabilité, la générosité… L’Esprit nous donne d’être bon, même si, avec plus ou moins de naïveté, on sait que l’on se fait parfois avoir. Cela ne doit pas entamer notre générosité, notre serviabilité. J’aime dire aux novices, quand ils cherchent à se comparer dans leur part de travail, que s’ils sont capables de faire beaucoup, cela doit être une joie pour eux et que s’ils voient leur frère en faire moins, c’est signe qu’il est moins avancé sur le chemin du don de lui-même et cela doit plutôt susciter compassion que jalousie…

Je vous laisse poursuivre la liste, pour approfondir chacun des dons de l’Esprit, en vous redisant que vous avez tout ce potentiel en vous, qui ne vient pas de vous mais du divin en vous ! Alors ne désespérons pas de nous-mêmes et des autres, ne laissons pas silencieux et enfouis les dons que nous portons…

La fête de Pentecôte n’est-elle pas l’occasion de reprendre conscience de tout cela

et de raviver en nous la vie de l’Esprit ?

 

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Vie de l’Église locale…

Rencontre diocésains et consacrés

Rencontre diocésains et consacrés

Samedi dernier nous avons eu une belle rencontre entre le clergé diocésain et les consacrés, à l’occasion de l’année de la vie consacrée. Une façon d’échanger sur ce qui se fait de bien dans notre collaboration et ce qui peut être amélioré… Une bonne initiative de notre évêque que de se faire rencontrer ainsi consacrés et diocésains…

 

La semaine passée les évêques du Togo étaient en visite ad limina à Rome. À cette occasion le pape François s’est adressé aux évêques du Togo, vous pouvez retrouver son discours au lien suivant : http://press.vatican.va/content/salastampa/fr/bollettino/pubblico/2015/05/11/0357/00785.html

Visite ad limina

Visite ad limina

Je me permets de vous partager le beau paragraphe sur la vie religieuse :

       « Les religieux et les religieuses ont un rôle irremplaçable dans l’annonce et la transmission de la foi au Togo. «Ils sont une aide nécessaire et précieuse à l’activité pastorale, mais aussi une manifestation de la nature intime de la vocation chrétienne» (Africae munus, n. 118). Les Instituts, tant autochtones que missionnaires, sont nombreux, leur apostolat de proximité auprès des populations est apprécié de tous et est exercé dans une bonne entente avec vous. En cette Année de la Vie Consacrée, je tiens à les remercier pour leur engagement désintéressé et généreux au service du Christ et de l’Église, ainsi que de toute la population qui bénéficie de leur dévouement. Je forme le vœu que les personnes consacrées puissent profiter de cette Année de ressourcement et de réflexion, pour s’unir toujours mieux au Christ ressuscité et le servir avec persévérance et courage. Je vous invite à toujours manifester votre paternelle sollicitude envers les divers Instituts. Leurs effectifs croissent rapidement, et il convient que leur développement soit bien accompagné et qu’il soit pris soin de la formation des plus jeunes, notamment pour éviter des amalgames au niveau de la foi et de l’inculturation. »

Confirmations à la paroisse

Confirmations à la paroisse

Jeudi dernier, pour la fête de l’Ascension, nous avions les confirmations à la paroisse. Ce sont 47 jeunes et adultes qui ont été confirmés à cette occasion. Nous en rendons grâce à Dieu et les confions au Seigneur pour que leur vie chrétienne porte de bons fruits !

 

 

La vie par ici

Après des semaines passées bien mouvementées, le noviciat retrouve son rythme habituel… Les novices ont, en effet, bien profité de leur temps de stage et, dès leur retour, ils ont enchaîné avec une session d’inter-noviciats sur les vœux, animée par le P. Vincent Kambere, assomptionniste. Le retour de stage a correspondu avec l’arrivée des trois provinciaux (d’Europe, d’Afrique et de Madagascar) pour un temps fort à l’approche de nos dix ans de présence. Nous nous sommes sentis soutenus et encouragés dans notre mission, en attendant que les prochaines étapes de notre fondation prennent forme.

En fin de semaine prochaine c’est la commission formation d’Afrique de l’Ouest qui se tiendra ici à Sokodé, l’occasion notamment d’admettre les futurs pré-postulants… Nous nous acheminons maintenant doucement vers la dernière ligne droite de l’année car bientôt il faudra déposer les demandes d’admission aux premiers vœux et donc rédiger huit rapports, un gros travail en perspective…

D’ici-là, il nous faut avancer également dans les parcours du noviciat… J’ai pris pas mal de retard cette année sur certains cours mais on y arrivera…

 

 

 

 

 

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Testament !

154E17 mai 2015, 7e dimanche de Pâques, année B, Jn 17,11b-19 /

Avec les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, nous voici en plein dans le temps qui est le nôtre : le Christ n’est plus présent parmi nous dans son corps de chair mais par son Esprit… Et, avant son départ, le Christ nous livre comme un testament dans ce discours au soir de la Cène : il veut que ses disciples demeurent unis, qu’ils soient comblés de joie, qu’ils soient sanctifiés dans la vérité et gardés du Mauvais ! Deux mille ans plus tard, qu’en est-il ? La vie de l’Esprit est-elle suffisamment entretenue en nous et entre nous pour que la joie, l’unité, la vérité, la sainteté rayonnent parmi les disciples du Christ ?

« Qu’ils soient un. »

Sur la question de l’unité, on peut voir le vide à moitié plein ou à moitié vide : Oui les disciples se sont divisés, ou plutôt, ils n’ont pas trouvés les moyens d’entretenir, envers et contre tout, leur unité. Car, rappelons-le, dès les temps apostoliques nous avons à faire à une multiplicité d’Églises locales qui vont devoir inventer les moyens de maintenir leur communion. L’image d’une Église une qui se divise en plusieurs branches n’est qu’une vue de l’esprit. L’Église a toujours été plurielle, une communion d’Églises locales. Les aléas de l’histoire, les compromis avec le pouvoir politique ont bien mis à mal cette communion jusqu’à ce que des chrétiens se massacrent entre eux ! Mais, Dieu merci, nous n’en sommes plus là ! Même si la communion des chrétiens n’est pas parfaite, elle est déjà réelle et nous pourrions multiplier les beaux exemples de cette communion en marche ! « Qu’ils soient un, comme nous-mêmes » : la Sainte Trinité est communion de personnes et non uniformité… C’est bien parce que nous avons mis de côté nos illusions d’une Église uniforme, d’une Église totalitaire que la communion est possible et que l’unité des chrétiens a fait un formidable bon en avant. Ne nous méprenons donc pas sur cette injonction du Christ. Communion d’Églises locales : oui, uniformisation et totalitarisme : non ! Alors, ne baissons pas les bras et travaillons sans cesse à une plus grande communion des Églises.

« Qu’ils aient en eux ma joie. »

Notre bon pape François ne manque pas de nous le rappeler : la vie chrétienne est rayonnement de joie ! N’est-ce pas le titre de son encyclique programmatique La Joie de l’Évangile : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. » (Evangelii Gaudium n°1) ? N’est-ce pas ce qu’il répète aux consacrés : « Que soit toujours vrai ce que j’ai dit un jour : ‘Là où il y a les religieux il y a la joie.’ » (Lettre aux consacrés). Mais entendons bien ces paroles, nous n’avons pas à créer cette joie, mais à l’accueillir… À laisser la joie de l’Évangile, la joie de Dieu, remplir notre cœur et notre vie. Pour cela, pas d’autre moyen que de mettre en œuvre sa foi avec des frères et sœurs dans une communauté vivante. Si nous nous isolons, la joie des disciples de Jésus non seulement ne sera pas perceptible mais cette joie intérieure risque fort de s’étioler.

« Qu’ils soient sanctifiés dans la vérité. »

Un seul est saint : Dieu ! Un seul est vrai : Dieu (Je suis la vérité, le chemin et la vie) ! Être sanctifié dans la vérité n’a donc rien à voir avec une attitude intransigeante, orgueilleuse et prétentieuse qui consisterait à se croire être seul détenteur de la vérité, une vérité purement dogmatique, à grand renfort, parfois, de citations bibliques. Non la vérité est une personne : Jésus Christ. Être sanctifié dans la vérité consiste donc à conformer toujours plus sa vie à celle du Christ, à ses paroles et à ses actes. On le voit bien, excusez-moi d’y faire référence une fois encore, à travers le témoignage de notre pape François par exemple. Si ses paroles et ses actes ont un tel retentissement, c’est parce que, à sa manière, il essaie de faire siennes les attitudes de bontés du Seigneur Jésus envers tous. Nos communautés de disciples ont-elles le même désir d’être présence aimante du Christ ressuscité auprès de tous et en particulier des plus petits ? De signifier en gestes et en paroles la vérité de l’Évangile ?

Enfin, le Seigneur a prié son père de nous garder du Mauvais… Non pas de nous préserver de l’épreuve, mais plutôt, dans toutes les épreuves qui sont les nôtres que nous gardions le regard fixé, avec confiance, sur le Seigneur et mettions en œuvre ce qu’il nous a laissé en héritage :

Cultiver l’unité, c’est-à-dire être hommes de communion…

Témoigner de la Joie de l’Évangile qui donne sens à la vie…

Et avancer sur le chemin de la sainteté : une vie toujours plus conforme à celle du Christ !

Désirons-nous réellement mettre en œuvre son testament ?

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Retour de voyage et visite de nos provinciaux…

IMGP1772     Plusieurs abonnés à la lettre hebdomadaire s’inquiètent de ne pas avoir reçu de nouvelles du blog depuis quelques temps… Mon rythme était, il est vrai, un peu perturbé, les jours passés, et j’ai favorisé la rencontre des frères plutôt que la fidélité au blog… J’allais dire « veuillez m’en excuser », mais disons que c’est plutôt bien, non ?

Je suis rentré hier du Burkina Faso, où j’étais allé à la rencontre des frères à l’occasion de la visite des trois supérieurs des provinces refondatrices de la présence assomptionniste en Afrique de l’Ouest : Les provinces de France, d’Afrique et de Madagascar. La province de France est maintenant devenue province d’Europe… Avec les pères Benoît Gschwind et Protais Kabila, nous avons donc pu découvrir ou redécouvrir la réalité de notre implantation au Burkina Faso et rencontrer les frères de notre communauté avec leurs joies et leurs peines… Le père Etienne Ratalata n’a pas pu rejoindre le Burkina Faso, pour un problème de visa, mais vient d’arriver directement au Togo pour la suite de la visite. Ce sont donc les trois provinciaux qui (re)découvriront la réalité de notre présence au Togo et avec qui nous pourrons réfléchir aux étapes suivantes pour l’Assomption en Afrique de l’Ouest, à l’aube du dixième anniversaire de notre refondation. (Nous avons été présents en Côte d’Ivoire de 1957 à 1990 et nous sommes au Togo depuis 2006).

Pour celles et ceux qui n’ont pas les repères nécessaires, un voyage de Sokodé à Ouagadougou, c’est, au minimum, 11h de route… Le retour fut plus long car, nous en avons profité pour saluer les Sœurs Hospitalières de Dapaong qui accueillent chaque année des novices assomptionnistes en stage. Nous sommes partis vendredi matin à 5h30 et sommes arrivés à 18h30, avec le minibus du noviciat… Nous étions aussi dans les journées les plus chaudes de l’année à Ouagadougou, un des pères missionnaires d’Afrique nous a assuré qu’il avait fait 43°C, au plus chaud de notre séjour ! Heureusement que la chaleur fraternelle compensait les litres de sueur !

 

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