Comment nous nourrissons-nous ?

dernière cène9 août 2015, 19ème dimanche ordinaire, année B, Jn 6,41-51 /

« Je suis le pain qui est descendu du ciel » (Jn 6,41) ; « Je suis le pain de vie » (Jn 6,48) ; « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel » (Jn 6,51) Ces paroles insistantes de Jésus rencontrent-elles un écho chez nous ? D’où pensons-nous tenir la vie, et comment l’entretenons-nous ? Notre existence n’est-elle que le fruit d’un heureux hasard biologique ? Notre venue en ce monde ne dépend-elle que de la rencontre de nos parents ? Ou croyons-nous vraiment que le don de la vie nous vient de Dieu ? Si nous répondons oui, alors la question subséquente est la suivante : Comment entretenons-nous cette vie ? Comment nous nourrissons-nous ? D’une nourriture purement terrestre ou également d’une nourriture céleste ? Il est assez incroyable que même nos contemporains athées aient pris conscience de la nécessité de la méditation. On parle aujourd’hui volontiers de « méditation laïque », de « méditation de pleine conscience » etc… Ces nouveaux « méditants » ont au moins pris acte que l’être humain est un être spirituel qui a besoin de nourrir sa spiritualité… Alors, à plus forte raison, nous qui croyons que notre vie vient de Dieu, quels moyens prenons-nous pour nous nourrir spirituellement ? Le discours du pain de vie nous aide à répondre : il en va de notre vie sacramentelle, de notre vie christique, de notre vie spirituelle.

Nourrir notre vie sacramentelle…

« Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » (Jn 6,51) Un premier angle de lecture de notre passage évangélique est, bien évidemment, l’angle eucharistique et sacramentel.  Le pain de vie renvoie à l’eucharistie comme nourriture essentielle de notre vie. Mais attention à ne pas tomber dans une compréhension magique de l’eucharistie. Ce n’est pas en communiant de manière magique à l’hostie consacrée que nous obtiendrons la vie éternelle promise. Bien sûr il en va de notre adhésion à la vie du Christ par toute notre vie, j’y reviendrai plus loin… Mais, déjà, notre façon de vivre l’eucharistie la rend plus ou moins nourrissante : communion-nous à la communauté fraternelle rassemblée ? Communions-nous à la Parole de Dieu proclamée et commentée ? Communions-nous à la vie du monde et de l’Église portée dans la prière ? Communions-nous, finalement, avec foi, à la vie du Christ reçue dans le pain consacré ? Nous nourrir du pain de vie dans la célébration eucharistique c’est donc nous nourrir de toutes ces dimensions de la célébration. Mais l’eucharistie, nous le savons, se prépare et se prolonge dans les autres sacrements, et notamment le sacrement de la réconciliation. Si nous revenons fréquemment au sacrement de la réconciliation et au sacrement eucharistique, alors oui la vie de Dieu peut irriguer toute notre vie.

Nourrir notre vie christique…

L’eucharistie a, en effet, pour but de configurer notre vie à celle du Christ, elle ne s’arrête donc pas au moment de la célébration mais elle vient nourrir toute notre vie pour qu’elle soit de plus en plus semblable à celle du Christ. Communier à la chair et au sang du Christ c’est vivre le même type de vie : une vie donnée par amour. Par l’eucharistie nous devenons d’autres Christ, nous devenons ses mains, sa voix, ses yeux, ses jambes pour écouter, consoler, pardonner, soigner, relever, proclamer la Bonne Nouvelle, aller à la rencontre de l’autre : le prisonnier, l’étranger, le migrant, l’appauvri etc… Ce qu’on peut appeler une vie christique… « Si quelqu’un mange de ce pain-là, il vivra éternellement. » (Jn 6,51)

Nourrir notre vie spirituelle…

Le pain du ciel, c’est donc cette nourriture qui nous vient de notre vie sacramentelle, cette nourriture qui nous vient d’une vie donnée à la manière du Christ, mais encore tout ce qui peut nous permettre de nourrir notre vie spirituelle : temps de récollection, temps de retraite, lecture assidue de la Bible, lecture spirituelle, prière quotidienne, oraison, méditation, accompagnement spirituel… Le Christ peut passer par tous ces moyens et par d’autres encore pour alimenter notre vie spirituelle. Certes, nous ne sommes pas tous moines, moniales, religieux ou religieuses, et peut-être ne pourrons-nous pas mettre en œuvre toutes ces ressources, mais ce n’est pas une excuse pour les délaisser toutes ! À chacun de voir ce qui peut nourrir sa vie spirituelle aujourd’hui, lors d’un temps de ressourcement ou dans le rythme de la vie  quotidienne. Comme je le disais plus haut, même les non-croyants – ou du moins certains d’entre eux– prennent des moyens pour nourrir leur vie spirituelle, il serait vraiment curieux que nous soyons à la traîne…

« Je suis le pain de vie ! »

Quels moyens prenons-nous pour accueillir cette nourriture ?

Vie sacramentelle, vie christique, vie spirituelle…

Comment nous nourrissons-nous ?

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Photos de nouveaux ordonnés et engagés dans notre congrégation

Sans être exhaustif, voici quelques photos des célébrations assomptionnistes du mois de juillet 2015 :

11 juillet 2015, ordination presbytérale de Gaston et Ai à Québec :

18 juillet 2015, ordination presbytérale de Roberto à Mexico :

20 juillet 2015 à notre paroisse Sainte Monique de Nairobi, Kiarie John a été ordonné prêtre, Waweru Wilson a été ordonné Diacre, Maticha a fait les voeux perpétuels. Les 4 novices de Kizito House ont fait la première profession :

 24 juillet 2015, renouvellement des voeux de 18 frères à Kinshasa :

26 juillet 2015, voeux perpétuels de 8 frères à Kinshasa, notamment avec les deux premier togolais, Georges et Lucas :

26 juillet 2015, ordination de 14 prêtres et 16 diacres à Butembo-Beni (RDC). Parmi eux, 7 prêtres et 9 diacres Assomptionnistes, en présence de plus de 5000 fidèles :

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Retraite spirituelle…

Monastère de Dzogbegan

Monastère de Dzogbegan

Eh oui, le temps des congés y est propice… La semaine qui vient sera une semaine spirituelle pour les novices comme pour leur maître. D’une part les novices se mettront en présence du Seigneur de façon plus intense durant une semaine, sous la houlette du P. Iosif Gal. Ce sera la traditionnelle retraite de fin de noviciat qui portera sur : « Engagement et fidélité à l’Assomption ». Pour bien vivre ce temps, ils profiteront de l’accueil de nos sœurs orantes à Kusuntu (Kpalimé). D’autre part, je profiterai également de cette opportunité pour ma propre retraite spirituelle annuelle, dans une autre maison d’accueil, comme cela est prévu dans notre règle de vie :

N°54. Chaque religieux est responsable d’organiser selon sa sensibilité spirituelle son programme de prière personnelle.

Il déterminera des moments réguliers de ressourcement spirituel, et spécialement celui de la retraite annuelle.

Il prévoira pour chaque jour:

-la participation à l’Eucharistie,

-la célébration de l’Office divin,

-au moins trente minutes d’oraison,

-et un temps d’adoration du Saint-Sacrement.

       Je trouvais l’éditorial d’Anne Ponce, dans un dernier Pèlerin, très sympathique et courageux. Elle disait en substance : «  Ne faites pas comme nous, nous publions pour l’été des articles sur la détente, sur le repos, sur le ralentissement, sur le temps pour la vie spirituelle etc… et nous sommes en fait toujours plus sous pression car, à cause du 14 juillet, nous avons dû boucler le numéro beaucoup plus tôt que d’habitude. Nous vous prêchons donc ce que nous ne vivons pas ! »  Aussi, ne voulant pas tomber dans les mêmes travers, et vous ayant recommandé les semaines passées de prendre du temps pour souffler et pour aller à l’essentiel, j’essaie de mettre, moi aussi, un peu en pratique ce que je vous recommande, grâce notamment à cette semaine de retraite à venir… Ne vous étonnez donc pas si le blog reste un peu silencieux la semaine prochaine…


La vie par ici

Fr. Georges Houssou

Fr. Georges Houssou

        Nous nous associons particulièrement  à nos deux frères Georges Houssou et Lucas Sezouhlon qui prononceront leur engagement définitif ce dimanche 26 juillet à Kinshasa, où ils poursuivent leurs études de théologie. Ce seront les deux premiers togolais à devenir profès perpétuels dans notre congrégation. Que leur marche inspire leurs petits frères qui sont déjà engagés sur ce chemin et ceux qui les rejoindront encore… Avec les premiers vœux du mois d’août il y aura, en effet, 29 jeunes religieux assomptionnistes originaires d’Afrique de l’Ouest (togolais, burkinabè, béninois, camerounais) ; 8 novices et 10 prépostulants –en principe– avec de nouvelles nationalités : ivoirienne et nigériane… Soit 47 jeunes en formation !

Fr. Lucas Sezouhlon

Fr. Lucas Sezouhlon

Oui, Lucas et Georges que le Seigneur vous affermisse dans votre marche à sa suite ! Nous avons hâte que les premiers jeunes d’Afrique de l’Ouest viennent nous épauler et petit à petit nous remplacer pour une assomption ouest africaine mieux inculturée, plus dynamique et plus audacieuse…

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Une seule destinée !

Multi pain26 juillet 2015, 17ème dimanche ordinaire, année B, Jn 6,1-15 /

Nous risquons d’être trop habitués à ce récit de la multiplication des pains pour nous laisser surprendre et enseigner de nouveau par cette Parole de vie évangélique. Aussi essayons de le lire à la lumière de l’épitre de Paul aux Ephésiens proposée à notre méditation ce dimanche : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. […] Car il y a une seule espérance, un seul Corps, un seul Esprit, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. » (Ep 4,2…6) Paul nous parle d’abord de l’unité nécessaire entre les chrétiens, une unité que nous n’avons pas à construire par nos propres forces mais qui nous vient du Corps même du Christ ressuscité que nous formons… Or cette unité des chrétiens n’est qu’une préfiguration de la communion de l’humanité entière, hommes de toutes religions ou de toutes philosophies, et même de tous les êtres vivants, communion à laquelle la Création est destinée en Dieu. Une seule Église, Une seule humanité, Une seule destinée !

Une seule Église !

L’unité des chrétiens dont nous parle Paul ne donne pas de recettes faciles pour vaincre nos divisions multiséculaires, mais elle nous renvoie à la racine même de cette unité : nous formons un seul Corps, le Corps du Christ ressuscité ! D’où le lien que nous pouvons faire entre cette épitre et le récit de la multiplication des pains : à vues humaines, il est impossible de communier ensemble à un même repas eucharistique à partir de la pauvre qualité de nos vies chrétiennes – cinq pain et deux poissons, c’est tout ce que nous avons à apporter –. Et pourtant, c’est à partir de cela que Jésus va nourrir la foule bigarrée composée des Douze, des disciples, des curieux, des intéressés et peut-être aussi de ceux qui se laisseront entraîner à réclamer sa crucifixion à Pilate. Jésus a-t-il fait une sélection, a-t-il choisi ceux qui avaient droit de communier à ce premier « repas eucharistique » ? Non, tous il les a nourris, quelle que soit la qualité de leur faim… Ne peut-il pas, aujourd’hui encore, rassembler dans un même repas eucharistique tous ceux qui viennent à lui : catholiques « tradis ou progressistes », orthodoxes de tous bords, protestants « classiques », pentecôtistes ou membres des Églises du réveil ? C’est donc d’abord envers nos frères chrétiens qu’il faut entendre cet appel à l’humilité, à la douceur, à la patience, à se supporter les uns les autres avec amour, au service de l’unité et de la paix.

Une seule humanité !

Mais le récit de la multiplication des pains nous parle aussi de douze corbeilles de restes pour nourrir au-delà de ceux qui étaient rassemblés auprès de Jésus. Et saint Paul de nous dire : « Car il y un seul Seigneur, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous. » (Ep 4,5-6) L’unité, à laquelle nous sommes appelés, ne concerne donc pas seulement les chrétiens, mais l’ensemble des enfants du Dieu unique. L’eucharistie ne sert pas qu’à nourrir la vie des disciples de Jésus, mais à avancer vers une communion plus grande avec Dieu et tous ses enfants bien-aimés. Quand nous partageons le peu que nous avons, quand nous avons le souci du bien commun, non seulement nous pouvons vivre mieux, mais encore nous nous rendons capables de partager, ce que nous avons et ce que nous sommes, au-delà de nos cercles habituels. Le Pape François ne cesse de rappeler que ce qui fonde la fraternité, le dialogue interreligieux, l’action pour « la sauvegarde de notre maison commune », c’est notre appartenance à une humanité unique voulue par Dieu : « Les hommes et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais correspondre pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par Dieu Père ? Réussiront-ils avec leurs seules forces à vaincre l’indifférence, l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes qui caractérisent les frères et les sœurs ? […] Nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne le Seigneur Jésus : puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, vous êtes tous des frères (cf. Mt 23, 8-9). La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu pour chaque homme (cf. Mt 6, 25-30). Il s’agit donc d’une paternité efficacement génératrice de fraternité. » (Message du Pape François du 1er janvier 2014)

Une seule destinée !

Oui, la multiplication des pains nous parle de la communion possible de tous les chrétiens à une même table eucharistique et d’une table ouverte, au-delà de tous nos cercles d’appartenance, au service de la fraternité universelle, mais il y a plus encore… Les bénéficiaires de la multiplication des pains en ont fait l’expérience : ce miracle n’a pas duré. Nos façons partielles de réaliser la fraternité de tous les humains ne trouvera sa pleine réalisation que dans le mystère de la Création renouvelée et récapitulée dans la vie glorieuse du Ressuscité ! Oui, l’humanité entière, l’ensemble des êtres vivants, la Création entière avancent vers une seule destinée : une vie en Dieu où tout sera récapitulé en un seul Corps !

La multiplication des pains ne nous parle-t-elle pas :

D’une seule Église,

D’une seule humanité,

D’une seule destinée ?

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La vie par ici…

Les 8 futurs religieux

Les 8 futurs religieux

            De retour au bercail, je viens vous partager quelques nouvelles des quinze jours passés. D’abord une belle grand nouvelle, les huit novices ont été admis à prononcer leurs premiers vœux. La célébration aura lieu le 22 août prochain. Ils seront ensuite envoyés aux études à Ouagadougou, Madagascar et Kinshasa… Nos félicitations à chacun et bonne route à la suite du Christ à la manière des Augustins de l’Assomption…

Dans la famille de Nicodème

Dans la famille de Nicodème

           La semaine passée nous étions vers Lomé et Kpalimé pour un temps de visite dans les familles des novices, de courses pour le trousseau des futurs jeunes religieux et de détente. Les rencontres dans les familles furent vraiment très agréables, chacune avait mis les petits plats dans les grands… Ce fut l’occasion de faire plus ample connaissance et notamment de présenter un peu plus la vie religieuse apostolique et la congrégation dans laquelle s’engage leur fils… Nous avons pu aussi apprécier le soutien apporté par les familles pour le parcours vocationnel de leur enfant : que le Seigneur bénisse encore les familles de nos frères et les soutienne dans le nouveau type de lien qu’ils établiront avec « leur » jeune religieux donné pour le service de l’évangélisation !

Honoré et Justin découvrent la mer

Honoré et Justin découvrent la mer

            Les novices burkinabè n’ont pas pu nous accueillir dans leurs familles mais en ont profité pour découvrir la capitale du Togo et l’océan Atlantique ! Nous avons ensuite pris la route vers Kpalimé,  accueillis dans une communauté de nos sœurs orantes pour quelques jours de détentes et de visites : le centre d’art de Kpalimé, la communauté des sœurs de sainte Catherine, les monastères des bénédictines et des bénédictins de Dzogbégan (une fondation d’En Calcat) tout ceci ponctué par des passages dans divers garages pour permettre à notre vieux minibus de 350 000 km de tenir le coup et de nous ramener à bon port ! (retrouvez ci-dessous quelques photos de notre sortie)

            De retour au noviciat les cours ont repris, car il y a toujours à apprendre dans ce parcours de noviciat, trop rapide au goût du responsable. Je me souviens d’une sœur formatrice lors de mon année de préparation à cette charge qui se demandait comment nous faisions avec un noviciat d’une année, car les congrégations féminines et un certain nombre de congrégations masculines proposent un parcours de deux années ! Espérons que le peu qui a été semé en 12 mois portera beaucoup de fruits !

              Sur ces quelques nouvelles, bonne fin de semaine, bon congés à celles et ceux qui en ont et bel été dans l’hémisphère nord… Sous les tropiques c’est plutôt la saison des pluies, une belle saison également, où la nature renaît et produit de bons fruits avec une température beaucoup plus agréable…

            Profitez-bien de ce temps pour changer de rythme, prendre du recul, devenir plus contemplatif et, pourquoi pas, vous plonger dans la lecture de l’encyclique Laudato Si’

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Se laisser enseigner !

Jesus-enseignant19 juillet 2015, 16ème dimanche ordinaire, année B, Mc 6,30-34 /

« Jésus fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors il se mit à les enseigner longuement. » (Mc 6,34) Cet extrait de l’évangile de ce dimanche me donne l’occasion de revenir sur l’encyclique Laudato si’ du pape François. En effet le pape, à la manière de Jésus, vient nous enseigner longuement (192 pages !), non seulement sur les questions écologiques, mais encore sur le modèle de société qui est en train de s’imposer à nous sans que nous l’ayons vraiment choisi. Nous voici comme des brebis sans berger : ce n’est plus la recherche du bonheur, ni même la sagesse humaine et encore moins la quête de la volonté de Dieu qui nous guide mais un système techno-scientifique, technocratique et financier qui s’impose à nous de façon implacable. Où sont les prophètes d’aujourd’hui, les penseurs, les dirigeants politiques, les guides qui pourraient conduire notre monde sur un chemin d’humanisation ? Le temps des vacances, du retrait à l’écart, n’est-il pas un temps pour redonner sens à nos vies, pour entrer en résistance et pour écouter, à frais nouveaux, la voix du maître intérieur ?

Redonner sens…

« Le monde est issu d’une décision, non du chaos ou du hasard. […] L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création. […] Par conséquent, chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne toute sa place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection. » (LS n°77) Voilà certainement la première des tâches humaines : contempler ; contempler le mystère de la création habitée par un dessein d’amour –d’où la nécessité de prendre du temps à l’écart des foules et des médias– ! Une contemplation qui forcément redonne sens à nos vies et nous permet de trouver notre place essentielle comme être humain, lieutenant du Verbe, chargé d’accompagner la création dans son développement vers sa plénitude en Dieu : « L’aboutissement de la marche de l’univers se trouve dans la plénitude de Dieu. […] La fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous. Mais elles avancent toutes, avec nous et par nous, jusqu’au terme commun qui est Dieu, dans une plénitude transcendante où le Christ ressuscité embrasse et illumine tout ; car l’être humain, doué d’intelligence et d’amour, attiré par la plénitude du Christ, est appelé à reconduire toutes les créatures à leur Créateur. » (LS n°83) Cela ne redonne-t-il pas du souffle à nos vies ?

Entrer en résistance…

Alors, ne faut-il pas entrer en résistance face à un système qui n’a rien à voir avec ce projet d’amour de Dieu, mais qui écrase tout sous le rouleau compresseur des lois du marché, du mythe du progrès et du techniquement possible ? « C’est devenu une contre-culture de choisir un style de vie avec des objectifs qui peuvent être, au moins en partie, indépendants de la technique, de ses coûts, comme de son pouvoir de globalisation et de massification. » (LS n°108) …. « Ce qui arrive en ce moment nous met devant l’urgence d’avancer dans une révolution culturelle courageuse. La science et la technologie ne sont pas neutres. […] Personne ne prétend vouloir retourner à l’époque des cavernes, cependant il est indispensable de ralentir la marche pour regarder la réalité d’une autre manière, recueillir les avancées positives et durables, et en même temps récupérer les valeurs et les grandes finalités qui ont été détruites par une frénésie mégalomane. » (LS n°114) Ne laissons pas nos vies être menées par des guides aveugles, par des systèmes soi-disant incontournables, mais entrons en résistance, prenons du recul, laissons-nous instruire par l’Évangile, pour prendre notre avenir en main et ouvrir les chemins d’une autre vie possible !

Ecouter la voix du maître intérieur…

Oui Jésus enseigna longuement la foule sans berger, le pape François et ses prédécesseurs enseignent longuement les hommes de bonne volonté, la nature elle-même nous enseigne patiemment le mystère de la création et de son Créateur… Toutes ses voix ne sont qu’une seule et même voix, celle du Verbe de Dieu qui travaille le monde de l’intérieur et le conduit vers sa plénitude : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. » (Jn 1,1-3) Comment écouter de nouveau le chant du Verbe en nos cœurs ? Comment sentir de nouveau la caresse de Dieu dans sa création – « Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. » (LS n°84) – ? Comment laisser résonner en nous la voix du Maître intérieur qui donne cohérence et unité à toutes les dimensions de notre vie ? Car, « pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres. » (LS n°220)

Oui, allons à l’écart du tumulte,

Et laissons-nous enseigner… longuement !

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Jardin à la française ou jardin à l’anglaise ?

Jardin à la française

Jardin à la française

Vous connaissez, bien sûr, la différence entre le jardin à la française et le jardin anglais (ou à l’anglaise) ? Dans le jardin à la française, tout y est géométrique, taillé, organisé, symétrique, l’aspect naturel disparaît… Dans le jardin anglais, au contraire, on cherche à imiter la nature, à s’inspirer de son côté sauvage, on joue sur des formes irrégulières, on crée des points de vue, on intègre les arbres et les bosquets etc.

Pourquoi est-ce que je me lance dans le paysagisme ? Tout simplement parce que deux petits passages de l’encyclique du pape François m’interpelle : « [Saint François d’Assise] demandait qu’au couvent on laisse toujours une partie du jardin sans la cultiver, pour qu’y croissent les herbes sauvages, de sorte que ceux qui les admirent puissent élever leur pensée vers Dieu, auteur de tant de beauté. » (LS n°11) et d’autre part : « À l’extrême, d’un côté, certains soutiennent à tout prix le mythe du progrès et affirment que les problèmes écologiques seront résolus simplement grâce à de nouvelles applications techniques, sans considérations éthiques ni changements de fond. De l’autre côté, d’autres pensent que, à travers n’importe laquelle de ses interventions, l’être humain ne peut être qu’une menace et nuire à l’écosystème mondial, raison pour laquelle il conviendrait de réduire sa présence sur la planète et d’empêcher toute espèce d’intervention de sa part. Entre ces deux extrêmes, la réflexion devrait identifier de possibles scénarios futurs, parce qu’il n’y a pas une seule issue. » (LS n°60)

Jardin anglais

Jardin anglais

Il en va finalement des quatre célèbres verbes des récits de Création, dans la Genèse, qu’on isole trop souvent : «  Dieu les bénit et Dieu leur dit:  » Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! « » (Gn 1,28) […]  « Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder.» (Gn 2,15) Le Seigneur nous demande donc de prendre soin de la Création, les fameux « dominez et soumettez », n’ont rien à voir avec le fait d’exploiter la terre en maître absolu et de façon irraisonnable (comme le rappelle le pape François au n° 67)… Ils s’inscrivent bien plutôt dans la logique du récit de la Création, où Dieu organise le chaos primordial, en séparant les eaux d’en bas des eaux d’en haut ; la mer et la terre, la lumière et la nuit etc. de façon à permettre à la vie d’exister. L’être humain habité du Verbe de Dieu, doué de raison et d’intelligence reçois donc la mission de poursuivre l’action du Verbe de Dieu, d’être co-créateur, d’organiser le chaos, de soumettre et dominer les forces qui vont contre le projet de vie de Dieu. Et c’est dans la même logique qu’il s’agit pour lui de cultiver et garder la Terre.

Nous en revenons donc au jardin laissé à l’état sauvage, au jardin à la française ou au jardin anglais… S’agit-il de laisser la nature indemne de la main humaine –le jardin sauvage–, s’agit-il de maitriser totalement la nature en faisant totalement confiance à des solutions techniques –le jardin à la française–  ou encore d’accompagner le mouvement de la nature pour qu’il corresponde toujours plus au projet de Dieu – le jardin anglais– ? Ne trouvez-vous pas que le jardin à l’anglaise, pourrait servir de parabole à la mission co-créatrice de l’être humain ?

Par ailleurs, il me semble que ces images peuvent également éclairer la façon dont nous tentons de conduire nos vies… Il me semble qu’après des siècles de sagesse, de philosophie, de spiritualité, un certain nombre de nos contemporains ignorent ou rejettent tout ce patrimoine pour se laisser mener uniquement par le chaos, par l’instinct, par la recherche de plaisir, par la fuite des grands enjeux de notre monde… Ils ressemblent à ces jardins sauvages laissés à l’abandon. D’autres cherchent, au contraire à maîtriser totalement leur vie, sans maîtres ni dieux, s’en remettant totalement au progrès, à la technologie, à la science, à l’argent… Ils me font penser à ces jardins à la française, bien trop artificiels…. La voie médiane, ne consiste-t-elle pas à accueillir le projet de Dieu sur nos vies et donc à développer une discipline de vie qui nous permette de correspondre à ce projet d’amour sur nous. À partir de ce que nous sommes, sans renier notre histoire, notre humanité, nos fragilités, nous pouvons consentir à notre vie, nous reconnaître aimé de Dieu tel que nous sommes et avancer vers une vie toujours plus humaine, toujours plus semblable à celle de Jésus Christ, toujours plus divine. Il en va donc d’un consentement à ce que nous sommes, à notre nature et d’un travail pour correspondre à ce qui est inscrit au plus profond de nous… Ne serait-ce pas un travail de l’ordre de celui mit en œuvre dans un jardin à l’anglaise ?

Belle semaine, et bon travail dans votre jardin intérieur… à l’anglaise bien sûr !

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Ne confondez-pas !

056F5 juillet 2015, 14ème dimanche ordinaire, année B, Mc 6,1-16 /

Les textes de ce dimanche nous permettent d’éclaircir quelques-unes de nos idées et donc d’ajuster nos façons de vivre notre foi. Saint Paul nous parle de sa fragilité, d’une écharde dans sa chair et affirme que c’est lorsqu’il est faible, qu’en fait, il est fort ! Étonnant, non ? Surtout de la part d’un saint Paul, si zélé par ailleurs et n’hésitant pas à se montrer en exemple : « Frères, prenez-moi tous pour modèle, et regardez bien ceux qui vivent selon l’exemple que nous vous donnons. » (Ph 3,17)… Est-ce, alors, sa perfection qu’il montre en exemple ou sa disponibilité à la grâce ? Jésus, que les habitants de Nazareth croient connaître, n’est pas accueilli avec autant de foi que dans d’autres villages. On ne voit pas en lui un prophète, et encore moins le Fils de Dieu, mais juste le charpentier du village dont on connaît bien la famille… Ne confondent-ils pas ce qu’ils savent de lui et une véritable connaissance de son être ? Enfin, l’évangile de ce dimanche nous dit, de façon là encore étonnante, que Jésus ne put, à Nazareth, accomplir aucun miracle… mais qu’il fit juste quelques guérisons ! Nous voyons donc qu’il y a bien des choses à ne pas confondre : perfection n’est pas sainteté ; savoir n’est pas connaître et guérison n’est pas toujours miracle !

Ne pas confondre perfection et sainteté !

« Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12,9) On pourrait développer cela par rapport à bien des dimensions de notre vie, mais saint Paul parle d’une « écharde dans sa chair ». Aussi, Xavier Thévenot nous éclaire à propos de la chasteté (à laquelle sont invités tous les baptisés) et de notre sexualité : « Etre chaste c’est renoncer à un monde sans faille, sans échec… être capable d’intégrer la déception… La chasteté casse ce rêve d’un monde puriste et me rend capable d’aimer… La chasteté me fait découvrir que je peux être imparfait dans le domaine de la sexualité et pour autant devenir, par le don de Dieu, un saint. Car la sainteté ne consiste pas à être parfait : elle consiste à tenter de dépasser, par l’action de l’Esprit, nos failles et, quand celles-ci sont indépassables, à les situer pour laisser Dieu mener son combat en nous dans la certitude qu’il nous aime tels que nous sommes. »[1] Non, la sainteté ne correspond pas à une perfection de mœurs, mais à une disponibilité à l’action de la grâce en nous ! Rappelons-nous le parcours de Paul comme persécuteur, le manque de foi de Pierre sur le lac ou son reniement de Jésus, cela ne les a pas empêchés de devenir des saints… Sainte Bernadette Soubirous lance un jour à ses sœurs, au couvent de Nevers : « Je voudrais qu’on nous parle des défauts des saints et ce qu’ils ont fait pour se corriger. Cela  nous servirait bien plus que le récit de leurs miracles ou de leurs extases ! »

Ne pas confondre savoir et connaître !

Les habitants de Nazareth savent des choses sur Jésus : qu’il est charpentier, qu’il est le fils de Marie et le frère de Jacques, José, Jude et Simon, ainsi que de ses sœurs… Mais ils ne le connaissent pas ! Ils ne connaissent pas son être profond : sa bonté, sa tendresse, sa puissance, son amour, sa divinité ! Nous aussi nous savons des choses sur ceux que nous croisons, mais les connaissons-nous ? Nous pouvons enfermer l’autre dans son métier (ce n’est qu’un charpentier, qu’une femme de ménage…) ; dans une histoire familiale (on les connaît les Dupont !) ; dans une maladie (c’est un lépreux, c’est un sidéen…) ; dans un handicap (c’est un handicapé, c’est un aveugle…) ; dans une ethnie (c’est un noir, c’est un Québécois, c’est un Tutsi…) ; dans un péché (c’est un voleur, c’est une prostituée…) ; dans une tendance (c’est un socialiste, c’est un homosexuel…) etc. Non ! L’autre est toujours un homme, une femme, un enfant avec ses défauts, ses limites, ses particularités, et surtout son mystère d’être humain et d’enfant de Dieu appelé à la ressemblance du Très-Haut ! Et ce qui est le plus marquant, dans notre passage d’évangile, c’est que Jésus ne peut déployer tout son être à Nazareth à cause des étiquettes collées sur lui…. De la même manière que nous empêchons l’autre de donner le meilleur de lui-même, quand nous l’enfermons dans ce que nous croyons savoir de lui !

Ne pas confondre guérison et miracle !

Enfin, pour qu’une guérison soit reconnue comme miraculeuse par l’Église, il faut deux conditions, nous rappelle le médecin responsable du bureau médical de Lourdes[2]. Premièrement, elle doit échapper aux lois habituelles connues de l’évolution de la maladie en question et, deuxièmement, elle doit amener le bénéficiaire et les témoins à reconnaître une signification spirituelle à cet événement. C’est-à-dire qu’elle doit permettre une plus grande adhésion de foi au Christ Sauveur. Voilà pourquoi Jésus qui s’étonnait du manque de foi à Nazareth, ne peut faire aucun miracle, mais uniquement quelques guérisons qui ne sont pas mises en lien avec la découverte de Jésus comme Sauveur du Monde. Les guérisons ne sont que des signes pour nous inviter à la conversion. Voilà pourquoi, poursuit le médecin de Lourdes, il y a moins de guérisons physiques à Lourdes aujourd’hui, car ce lieu est reconnu comme un lieu de rencontre du Seigneur, et les miracles de Lourdes sont surtout tout ce qui se passe à la chapelle de la réconciliation et toutes les personnes qui repartent de Lourdes avec un surcroit de foi, d’espérance et de charité !

Alors, ne confondons plus :

Perfection et sainteté,

Savoir et connaître,

Guérison et miracle !

Et déjà notre vie en sera changée…

[1] Xavier Thévenot, Repères éthiques pour un monde nouveau, Salvator, 1983. (extraits)

[2] Pour plus de précision voir l’article sur catholique.org

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Tenir ferme dans l’espérance !

esperance10            Dans une actualité toujours aussi peu réjouissante, comment tenir ferme dans l’espérance ? Peut-être en se rappelant d’abord que les média servent de loupe grossissante à tous les drames de notre société… Lorsqu’on nous parle d’un ou de quelques milliers de terroristes, rappelons-nous que 7 milliards de nos frères et  sœurs ne le sont pas… Chaque jours dans le monde les gestes de fraternité, de solidarité, d’amour sont incomparablement plus nombreux que les quelques gestes barbares… Ne désespérons pas de l’être humain, son cœur est parfois blessé, manipulé, dérangé mais au fond de lui il cherche le bonheur et la vie… Ouvrons notre regard aux beautés du monde, au mystère de chaque être vivant, à la vie débordante de notre planète, à la beauté de chaque visage humain… Ce dont je viens de parler sont des raisons d’espérer communes à tous les humains, mais notre foi chrétienne nous donne encore d’autres raisons d’espérer : le monde est déjà sauvé, il n’avance plus vers le néant mais vers sa plénitude… Le Seigneur, qui a vaincu le Mal et toute mort, est à nos côtés, jour après jour, sur le chemin de la vie… Nous ne sommes pas démunis face à toutes les misères du monde mais nous pouvons agir… Le petit geste, à ma portée, a des répercussions bien au-delà de mon cercle restreint, il participe à la beauté et à la croissance du monde il est comme démultiplié par l’effet de la communion des saints, par le mystère que tout geste d’amour est œuvre de Dieu en ce monde…

Cette espérance, nous devons en être témoin à temps et à contre temps, elle élargit notre cœur, elle nous permet d’agir, elle nous autorise à exercer notre discernement sur les événements du monde. Que la semaine qui vient soit l’occasion de faire grandir votre espérance et de la partager toujours plus autour de vous !


La vie par ici…

Ce samedi 21 nous avons partagé la joie de nos sœurs orantes de l’Assomption qui accueillaient les vœux de trois jeunes sœurs à Sokodé : Maria, congolaise ; Noëllie, burkinabè et Elisabeth, togolaise. La célébration s’est tenue à la paroisse Notre-Dame de la Visitation sur le territoire de laquelle est situé le noviciat de nos sœurs. En cette année de la vie consacrée l’évènement présidé par le curé de la paroisse, en présence de la supérieure générale des sœurs orantes, de quelques prêtres diocésains et de nombreux religieux et religieuses fut une belle illustration de ce don de la vie consacrée pour toute l’Église et pour le monde. À cette occasion, nous nous sommes bien sûr particulièrement associé à la prière de nos frères à Nîmes, pour l’engagement définitif du frère Minh et l’ordination sacerdotale du frère Philippe, sans oublier le frère Pierre ordonné prêtre également au Vietnam…

Vous voyez que les raisons d’espérer ne manquent pas !

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Ses mains, ses yeux, sa voix…

Hemoroisse28 juin 2015, 13ème dimanche ordinaire, année B, Mc 5,21-43 /

Dans une scène évangélique comme celle proposée à notre médiation ce dimanche, haute en couleur, avec une guérison spectaculaire par contact avec le manteau de Jésus d’une part, et le retour à la vie d’une jeune fille de douze ans d’autre part, il y a de quoi approfondir sa méditation en s’identifiant tour à tour à chacun des personnages. Aurions-nous le courage du chef de synagogue qui, faisant fi du qu’en dira-t-on, se jette aux pieds de Jésus pour le supplier de guérir sa jeune fille ? Aurions-nous la foi de cette femme qui met son espoir dans un simple contact avec le manteau de Jésus ? Serions-nous parmi la foule anonyme qui écrase Jésus et qui est si vite manipulable ? Ferions-nous obstacle comme les disciples ou les gens de la maisonnée de Jaïre qui découragent les initiatives intempestives ? Ou serions-nous, comme Jésus, figure de compassion et source de vie pour les personnes en détresse ? Alors que spontanément nous nous identifions à ceux qui viennent supplier Jésus en essayant de jauger notre niveau de foi, je vous propose plutôt de regarder du côté de l’attitude de Jésus : ne sommes-nous pas en effet membre du Christ ressuscité et à ce titre ne devrions-nous pas comme lui guérir, sauver, ramener à la vie ? Impossible dites-vous… est-ce si sûr ? Ne pouvons-nous pas, comme le Christ, être disponibles et compatissants, vaincre l’indifférence et remettre sur le chemin de la vie ?

Disponible et compatissant…

Une des grandes caractéristiques de Jésus tout au long des évangiles, c’est sa disponibilité et sa compassion pour tous ceux qui souffrent de quelque mal que ce soit : maladie, possession, handicap mais aussi richesse étouffante, rejet par la communauté, souffrance morale ou spirituelle… Cette compassion s’exprime d’abord par son ouverture et par sa grande sensibilité à ce qui se passe autour de lui. Pensons à Zachée, perché sur son arbre, dont Jésus perçoit la soif de conversion ; pensons à certaines scènes de guérison où c’est lui-même qui fait la démarche vers telle ou telle personne ; pensons aussi à cette bousculade autour de Jésus et à sa recherche de dialogue avec cette femme souffrante : « Qui a touché mes vêtements ? » Nous sommes bien loin de la « mondialisation de l’indifférence » que dénonce le pape à temps et à contretemps… Cette sensibilité à la souffrance de nos frères nous parait-elle impossible ? Non, notre cœur a plus de capacité qu’on le pense, car c’est le cœur de Dieu qui bat en chacun de nous.

Vaincre l’indifférence…

Comment vaincre l’indifférence, le besoin vital de ne pas nous laisser entrainer dans une souffrance envahissante ? Un premier aspect, vient du fait que nous voulons trop vite, peut-être, aller du côté du faire, de l’agir, alors qu’il s’agit d’abord de se laisser toucher. Je pense là encore au pape François qui nous rappelle souvent qu’il faut d’abord savoir pleurer et verser des larmes : « Cela nous fera du bien de demander le don des larmes, afin de rendre notre prière et notre chemin de conversion toujours plus authentique et sans hypocrisie. Cela nous fera du bien de nous poser cette question : est-ce que je pleure ? Est-ce que les évêques pleurent, est-ce que les cardinaux pleurent, est-ce que le pape pleure, est-ce que les prêtres pleurent, est-ce que les consacrés pleurent, est-ce que les larmes sont dans nos prières ? » Deuxièmement, contemplons Jésus, contemplons les saints qui nous ont précédés : ils n’ont pas pris d’emblée sur eux toute la misère du monde. Jésus a répondu simplement aux situations à sa portée, de façon simple et avec les moyens dont il disposait, et ce n’est que petit à petit que cela le conduira à donner sa vie pour tous. C’est ce qu’ont fait les grands saints, hérauts de la charité, ils se sont laissés d’abord interpeller par une personne, une situation, puis deux, puis trois et, petit à petit, ils ont pu faire de grandes choses pour de nombreuses personnes dans le besoin. Il s’agit donc toujours de faire un premier pas à notre portée.

Remettre sur le chemin de la vie…

Le Christ a guéri, libéré, remis sur le chemin d’une vie bonne… N’en sommes-nous pas capables ? Spontanément nous pensons que c’était facile pour Jésus car il pouvait faire les miracles qu’il voulait… Ce n’est pas tout à fait vrai car il nous est dit qu’à Nazareth, en raison du manque de foi des habitants, il fit peu de miracles. Mais interrogeons-nous sans cesse sur le sens du miracle… On voit bien qu’ils sont d’abord des signes, dans les évangiles, pour manifester la puissance de Jésus, mais Jésus doit parfois fuir cette quête de miracles incessants et puis ce ne sont pas ces miracles qui nous ont apporté le salut mais bien le don de sa vie jusqu’au bout et sa mort en croix. Il n’est pas venu sur Terre pour faire des miracles mais pour nous sauver. Nous savons donc que le salut nous est obtenu, nous sommes habités de cette espérance et c’est alors que nous pouvons agir pour guérir, libérer, remettre sur le chemin de la vie. Donner accès à des soins de qualité, prendre du temps pour écouter, libérer nos frères des fardeaux de leur enfance etc. Cela est tout à fait à notre portée… Nous aussi nous pouvons remettre sur le chemin de la vie !

Jésus a guéri, sauvé, ramené à la vie…

Et nous sommes, aujourd’hui, ses mains, ses yeux, sa voix…

Ne pouvons-nous pas, nous aussi, être disponibles et compatissants ?

Ne pouvons-nous pas, nous aussi, vaincre l’indifférence ?

Ne pouvons-nous pas, nous aussi, guérir, sauver, remettre sur le chemin de la vie ?

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