De quoi discutez-vous le plus souvent ?

marche20 septembre 2015, 25ème dimanche, année B, Mc 9,30-37 /

« De quoi discutiez-vous en chemin ? » (Mc 9, 33) Et si Jésus nous posait la question aujourd’hui : « De quoi discutez-vous le plus souvent ? Qu’elles sont vos préoccupations du moment ? Où investissez-vous vos énergies ?…» Quelle serait notre réponse ? Semblable à celle des disciples ?… Rappelons-nous le contexte de la question : Jésus vient d’annoncer à ses disciples qu’il devra être livré aux mains des hommes, qu’ils le tueront et que, trois jours plus tard, il ressuscitera. Et quelle est leur préoccupation à eux : « Ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. » (Mc 9,34) !!! Saint Jacques dans la seconde lecture de ce jour évoque le même questionnement : qu’est-ce qui habite nos cœurs : la convoitise, la jalousie, les rivalités ? Et que demandons-nous à Dieu, des choses bonnes pour notre âme ou des choses « mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs » (Jc 4,3) En même temps, il me semble que nous ne pouvons pas, non plus, être toujours sur le mode de la gravité, de l’altruisme, de la compassion… Alors quel équilibre trouver, dans nos préoccupations quotidiennes, entre les grands défis du moment, les préoccupations légitimes liées à notre état de vie, et une certaine légèreté et gratuité également nécessaires ?

« De quoi discutiez-vous en chemin ? »

Des grands défis du moment ?

« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes… » (Mc 9,31) C’est ainsi que Jésus parlait de sa Passion… Sauf que celle-ci est loin d’être terminée. Même si le Salut a été acquis une fois pour toutes et que la Résurrection est en marche, il n’empêche que les fils d’hommes souffrent encore et toujours de la folie des autres hommes et de bien d’autres maux ! Reprenons donc conscience des grands défis de notre époque. Cela demande un travail de discernement et non pas de nous en remettre béatement à la une des grands médias de notre temps. Premièrement, il y a des défis locaux, nationaux et internationaux, chacun ayant sa valeur propre. Quels sont les défis de notre milieu et quelles devraient-être nos préoccupations ? Dans notre petit coin d’Afrique les défis ne sont pas ceux de l’Europe ni de l’Amérique du Sud : accès à un travail rémunéré à sa juste valeur ; accès aux soins de santé ; à l’éducation ; à une demeure convenable ; à l’eau potable ; à l’électricité ; à une nourriture suffisante et, par ailleurs, à la mise en place de régimes politiques matures, à donner aux jeunes des raisons de croire et d’espérer pour qu’ils ne soient pas récupérés par tous les manipulateurs du moment, notamment intégristes… Comment nous organiser localement pour répondre, ensemble, à ces défis ?… Ailleurs le défi sera celui, de la paix, du droit de demeurer en sécurité sur la terre de ses ancêtres et, comme pis-aller, de pouvoir être accueilli, pour un temps, dans un pays d’asile… Les grands défis mondiaux sont nombreux. Pensons à ceux, définis par les Nations-Unies, à travers les huit objectifs du millénaire pour le développement : Réduire l’extrême pauvreté et la faim ; Assurer l’éducation primaire pour tous ; Promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes ; Réduire la mortalité infantile ; Améliorer la santé maternelle ; Combattre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies ; Assurer un environnement humain durable ; Mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Oui, face à tout cela, de quoi parlons-nous tout en marchant ?

« De quoi discutiez-vous en chemin ? »

Des préoccupations légitimes liées à notre état de vie ?

Vouloir faire vivre sa famille décemment, donner une éducation à ses enfants, avoir un travail rémunéré à sa juste valeur, sont des désirs légitimes. Nous ne sommes donc pas toujours dans des préoccupations lointaines et altruistes surtout lorsqu’on n’arrive pas à joindre les deux bouts. On peut sans crainte affirmer que Jésus comprend ce genre de préoccupations. Il suffit de voir comment, pris de pitié pour la foule qui n’avait pas de quoi se nourrir, il multiplia les pains et les poissons pour subvenir à leur faim. Mais il dénonce les désirs dévoyés de grandeur, de domination, de pouvoir. De quoi parlons-nous en chemin ? Peut-être de tous nos fardeaux du quotidien et le Seigneur veut nous aider à porter ces fardeaux et à nous en libérer… Mais parfois nos désirs ne sont-ils pas dévoyés, n’avons-nous pas perdu la juste mesure ?

« De quoi discutiez-vous en chemin ? »

De choses légères et gratuites ?

Nous ne sommes donc pas constamment préoccupés par les grands défis du moment, ni par nos soucis du quotidien… Dieu merci nous avons aussi besoin de légèreté, de contemplation, de gratuité. J’aime beaucoup cette expression du pape François lorsqu’il conclut son encyclique ‘Laudato Si’ : il la qualifie de « longue réflexion à la fois joyeuse et dramatique » (n°46) De même, lorsqu’il s’adresse à des pentecôtistes dans une courte vidéo, il conclut son propos en disant qu’il est à la fois « Joyeux et nostalgique »… Alors oui, cultivons aussi la joie, la fraternité, la légèreté, elles nous disent également quelque chose du Royaume. Car fondamentalement, ne l’oublions pas, surtout au cœur de nos plus grandes épreuves, notre Monde est déjà sauvé !

Alors, de quoi discutez-vous le plus souvent ?

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Sobriété heureuse…

Simplicité volontaire...

Simplicité volontaire…

            Commençons par une citation du père d’Alzon notre fondateur : «  L’homme qui désire les biens terrestres est l’esclave de ceux qui peuvent le satisfaire ; l’homme qui ne veut que son pain du jour et de quoi se couvrir, est bien fort contre les obstacles et les séductions. […] Je vous en conjure donc, mes chers frères, de fuir l’amour des richesses et de protester ainsi contre cette tendance au bien-être matériel qui est un des grands avilissements de l’époque présente et la destruction de toutes les aspirations à la perfection chrétienne et à l’ordre surnaturel. » (‘Dégagement de toute préoccupation matérielle’, dans Ecrits spirituels du P. d’Alzon page 157) Certes, ces propos s’adressent à des religieux et datent de 1868, mais je les trouve finalement d’une grande actualité, non seulement pour des religieux mais pour tout chrétien soucieux d’une vie évangélique aujourd’hui… Ne sont-ils pas précurseurs de ces quelques paragraphes de Laudato si’ -dont on n’a pas fini de parler- que je voudrais reprendre avec vous :

222. La spiritualité chrétienne propose une autre manière de comprendre la qualité de vie, et encourage un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation. Il est important d’assimiler un vieil enseignement, présent dans diverses traditions religieuses, et aussi dans la Bible. Il s’agit de la conviction que “moins est plus”. En effet, l’accumulation constante de possibilités de consommer distrait le cœur et empêche d’évaluer chaque chose et chaque moment. En revanche, le fait d’être sereinement présent à chaque réalité, aussi petite soit-elle, nous ouvre beaucoup plus de possibilités de compréhension et d’épanouissement personnel. La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. C’est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas. Cela suppose d’éviter la dynamique de la domination et de la simple accumulation de plaisirs.

223. La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire ; car, en réalité ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples. Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits, et sont moins fatigués et moins tourmentés. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie.

Je sais que tout ce qui, dans l’encyclique du pape François, touche à la baisse de la consommation et à la décroissance en fait sursauter plus d’un… Car, la plupart de nos économistes, politiciens et chefs d’entreprises sont incapables d’imaginer un autre modèle de société… Et pourtant, c’est bien le rôle de guides spirituels de nous dire cela, non ? Cette sagesse n’est d’ailleurs pas propre au christianisme comme nous le rappel le pape et les pionniers de la simplicité volontaire ou de la sobriété heureuse ne se réclament pas spécialement d’une foi particulière… Et puis regardons-y de près, le pape y met bien des nuances dans ces propos, car lorsqu’il parle d’une certaine décroissance, il ne vise pas toutes les sociétés :

193. Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. Benoît XVI affirmait qu’ ‘il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation’.

Plutôt que ne monter sur ses grands chevaux, en traitant le pape d’inconscient, de communiste, de gauchiste, laissons-nous inspirer par ses propos et par toutes celles et ceux qui vivent déjà dans cette logique depuis des années ! On s’est amusé des soixante-huitards élevant des chèvres sur les plateaux du Larzac, et certains brandissent encore ces vieux clichés pour ridiculiser toute recherche en ce sens, mais ceux qui font ainsi brillent par leur ignorance, car ces dernières années bien des initiatives d’un mode de vie non conduit exclusivement par la croissance et la consommation existent et fonctionnent dans la durée. Personne ne veut revenir à l’époque des cavernes, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser manipuler par la logique de la consommation déraisonnable…  Entre ces deux extrêmes, bien des façons de faire et de vivre sont possibles… Le pape François en mettant le projecteur sur la ‘sobriété heureuse’, n’invente rien mais s’inscrit dans des mouvements en marche depuis une trentaine d’années déjà :

La simplicité volontaire, ou la sobriété heureuse a déjà son histoire : L’expression « voluntary simplicity » a été créée en Inde en 1936 par Richard Gregg, un Américain disciple de Gandhi, dans un texte intitulé The Value of Voluntary Simplicity. Ignorée pendant plus de 40 ans, l’expression sera redécouverte par deux chercheurs américains, Arnold Mitchell et Duane Elgin en 1977, puis popularisée aux États-Unis par le livre de Duane Elgin, Voluntary Simplicity, toward a way of life outwardly simple and inwardly rich, publié en 1981. Au Québec, c’est en 1985 que Serge Mongeau publiera son premier livre sur la simplicité volontaire, La simplicité volontaire, plus que jamais… Mais c’est au cours des années 90 que le mouvement prendra vraiment son essor avec, notamment, la publication de nombreux ouvrages, l’apparition de groupes d’étude et de soutien, le développement de plusieurs organisations et réseaux (surtout aux États-Unis) et la présence de plus en plus fréquente de ces questions dans les médias.

C’est aussi une réalité qui porte des noms multiples, selon les priorités et les pays : simplicité volontaire, simple living, downshifting, mouvement slow, good life, consumerinden, austérité joyeuse, sobriété heureuse, décroissance, etc.

Le Réseau Québécois pour la Simplicité Volontaire (RQSV)  a choisi de se donner une définition à plusieurs volets, voulant refléter par-là la richesse de l’idée et la multiplicité de ses formes. Voici la définition adoptée par l’Assemblée générale en avril 2003 :

  • Une façon de vivre qui cherche à être moins dépendante de l’argent et de la vitesse, et moins gourmande des ressources de la planète.
  • La découverte qu’on peut vivre mieux avec moins.
  • Un processus individualisé pour alléger sa vie de tout ce qui l’encombre.
  • Un recours plus grand à des moyens collectifs et communautaires pour répondre à ses besoins et donc un effort pour le développement d’une plus grande solidarité.
  • Le choix de privilégier l’être plutôt que l’avoir, le « assez » plutôt que le « plus », les relations humaines plutôt que les biens matériels, le temps libéré plutôt que le compte en banque, le partage plutôt que l’accaparement, la communauté plutôt que l’individualisme, la participation citoyenne active plutôt que la consommation marchande passive.
  • La volonté d’une plus grande équité entre les individus et les peuples dans le respect de la nature et de ses capacités pour les générations à venir.
  • Un courant social important qui, bien au-delà du RQSV, tente de répondre à des problèmes de société de plus en plus pressants (course folle de la vie moderne, endettement excessif, insatisfaction malgré une consommation débridée, épuisement professionnel, gaspillage et épuisement des ressources naturelles, désintégration du tissu social, etc.).

Quand j’étais au Québec, nous avons essayé, de temps à autre, de mettre en lumière ce mouvement, mais maintenant que le pape en parle, n’est-ce pas l’occasion d’y regarder de plus près ? Voici donc un bon site, plein de ressources pratiques, pour celles et ceux qui voudraient avancer sur la question : http://simplicitevolontaire.org/ (Réseau québécois vous donnant aussi des liens vers d’autres réseaux dans le monde…)

 


La vie par ici

Je fus plutôt silencieux, ces dernières semaines, sur notre vie au Noviciat, car nous étions plutôt dans l’action que dans la communication… Voici donc un petit rappel des événements de ces dernières semaines :

– Durant les grandes vacances, les pères Vincent et Serge-Patrick, de la communauté de Komah, sont rentrés dans leurs pays respectifs pour leurs congés trisannuels. Le père Vincent a terminé son séjour avec un paludisme récalcitrant qui l’a fortement secoué, la pleine santé n’est pas encore au rendez-vous… Le père Aristide a profité du Forum en France pour devancer son séjour, participer au pèlerinage national à Lourdes et découvrir le pays du père d’Alzon ! Le père Jean-Raphaël garda seul la barre à la communauté de Komah

A l'issue de la retraite

A l’issue de la retraite

– 14 août : arrivée des nouveaux novices… Ils sont huit à s’engager dans cette année spéciale de formation à la vie religieuse, principalement togolais (Honoré, Valère, Bernardin, Marius, David, Jean-Paul) mais également burkinabè (Armel) et camerounais (Jovic)… Bonne route…

– 19 et 20 août : jeune assomption sur les NTIC pour les 16 novices et quelques jeunes frères togolais sous la houlette du père Jean-Paul Sagadou.

– 21 août : renouvellement des vœux, dans la petite chapelle de la communauté de Komah, pour les frères Adams, Bonaventure, Ignace et Thomas.

– 22 août : premiers vœux des novices de la promotion 2014-2015… Ces huit jeunes religieux sont envoyés dans trois lieux différents pour leurs études : Ouagadougou (Augustin, Honoré, Justin, Martin et Pierre), Kinshasa (Yvon et Nicodème) et Antananarivo (Gérard). Mais ils prennent d’abord quelques jours de congés en famille.

– Semaine du 24 août : les pères Iosif et Bien-Aimé partent en France pour le Forum de la Province d’Europe Assomptionniste et une rencontre de formation des économes de ladite province. Avec les frères originaires d’Afrique de l’Ouest aux études en France, et ceux qui les ont rejoints pour ce temps de Forum, ce ne sont pas moins de 12 assomptionnistes de notre délégation qui furent présents au Forum, de quoi faire sentir un peu plus à nos frères d’Europe le poids que prend cette « fondation » dans notre province.

– Du 2 au 10 septembre : retraite de rentrée des nouveaux novices, chez nos sœurs de sainte Catherine, dans la lignée des quatre promotions précédentes : une retraite sous forme d’exercices Ignatio-d’Alzoniens. Quatre fois une heure d’oraison par jour et une rencontre quotidienne avec l’accompagnateur… À partir de textes bibliques et des écrits spirituels du père d’Alzon…

– Semaine du 7 septembre : les frères Vincent, Serge, Aristide, Iosif et Bien-Aimé rentrent de leurs périples…

– 10 septembre arrivée des 9 nouveaux pré-postulants à Komah, venant du Togo (Pascal, Noel, Valentin, Augustin, Credo,  Christian), de Côte d’Ivoire (Fiacre), du Nigéria (Dominic) et du Burkina-Faso (Rodrigue)

– Semaine du 14 septembre : les jeunes frères rejoignent leurs nouvelles communautés et le diocèse de Sokodé marque son entrée dans l’année pastorale qui sera aussi l’année jubilaire du 60ème anniversaire du diocèse.

Voilà tout pour l’instant. Avec ces quelques nouvelles je vous souhaite donc une belle semaine… Sur les chemins d’une vie toujours plus évangélique, plus heureuse et peut-être aussi plus simple…

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Les pensées de Dieu ou les pensées des hommes ?

070C13 septembre 2015, 24ème dimanche, année B, Mc 8,27-35 /

Il est toujours impressionnant de noter, dans ce passage de l’évangile selon saint Marc, la proximité entre la profession de foi de Pierre : « Tu es le Christ (Messie) » (Mc 8,29) et l’invective violente de Jésus à son égard : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mc 8,33) Et je me pose cette question : comment savoir si nos confessions de foi sont bien en adéquation avec ce que Dieu est réellement ? Ou plutôt, puisque Dieu est toujours autre que ce que l’on peut en dire : Comment savoir si ce que nous mettons derrière nos déclarations de foi, ne défigure pas trop le visage de Dieu ? Alors que nous nous disons chrétiens, que nous développons une vision du monde et de la société, à partir de notre foi chrétienne ; que nous cherchons à mettre en œuvre cette compréhension de la foi ; que peut bien penser le Seigneur de notre façon d’exprimer notre foi ? : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits.. » (Lc 10,21) ou : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » ? Il me semble que dans nos sociétés hyper-médiatisées, où tout le monde, via Internet, peut s’exprimer sur tout ; nous autres, chrétiens, risquons d’oublier trop vite les médiations qui nous sont offertes, pour apporter une certaine garantie à notre foi ! Ne nous positionnons pas en petits dictateurs de la foi chrétienne ! Mais situons-nous dans une Tradition vivante, avec la Parole de Dieu –et non l’Écriture seule- pour guide et en dialogue avec d’autres !

Dans une Tradition vivante !

Dans la logique de Pierre, déclarer « Tu es le Messie », allait de pair avec la vision d’un Messie puissant, victorieux, libérateur du joug romain… Aussi, lorsqu’il entend Jésus reprendre plutôt la ligne du serviteur souffrant qui sera torturé et mis à mort, présente notamment dans le livre d’Isaïe, il ne comprend plus et veut ramener Jésus à la raison : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »  (Mt 16,22)… Aujourd’hui nous sommes nombreux à nous réclamer du Christ : depuis le moine orthodoxe du Mont Athos, jusqu’aux pasteurs des Églises du Réveil adeptes de la théologie de la prospérité, en passant par les évêques homosexuels de certaines églises épiscopaliennes, par les intégristes lefebvristes ayant refusé le Concile Vatican II ou par le catholique moyen façonné par divers mouvements d’Église… ; sans parler des clivages politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite ; ou des qualificatifs à l’emporte-pièce : progressistes, conservateurs, réactionnaires, tradis… Toutes les positions sont-elles équivalentes ? Peut-on, en se réclamant de l’Évangile, dire tout et le contraire de tout sur : « la » famille chrétienne ; sur les personnes divorcées-remariées ; sur les personnes homosexuelles ; sur les immigrants ; sur les étrangers ;  sur les autres croyants ; sur la liturgie ; sur la morale ; sur la peine de mort ; sur l’euthanasie ; sur l’eugénisme ; sur l’environnement ; etc… etc… Internet accentuant le phénomène, il en va comme si chacun pouvait se poser en libre interprète de l’héritage de Jésus Christ, oubliant que Celui-ci n’a strictement rien écrit et que tout ce que nous connaissons de lui nous vient de l’Église via les premières communautés chrétiennes, les premiers écrivains chrétiens, lus et interprétés dans une Tradition vivante !

Avec la Parole de Dieu et non l’Écriture seule pour guide !

            Qu’est-ce qui nous garantit que nos pensées ne sont pas celles des hommes mais celles de Dieu ? Les citations bibliques utilisées de façon littéralistes ? Certainement pas ! Le fait de se ranger à l’avis du plus grand nombre ? Encore moins… L’argument de l’ancienneté : la morale de nos aïeux, la liturgie « de toujours », la référence aux Pères de l’Église, oubliant que l’Église a répondu à chaque époque aux nouveaux défis qui se présentaient à elle avec des réponses toujours enrichies… Je dirais finalement que nous n’avons aucune garantie, mais des médiations à respecter… « La sainte Tradition et la Sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église » (Dei Verbum n°10) La première de ces médiations c’est donc la Parole de Dieu exprimée dans les Saintes Écritures et dans la Tradition ! « L’Écriture, et la Tradition elle-même dans les documents où elle s’est déposée [Magistère de l’Eglise], demandent à être toujours de nouveau interprétées. L’histoire montre notamment ce qui peut être fait de l’Écriture lorsqu’elle est détachée de la communauté de foi qu’elle contribue à engendrer et à nourrir. À partir et au nom de cette Écriture n’ont cessé de se multiplier des mouvements fanatiques, « illuminés », anarchisants. Quant à la Tradition, qui pourrait prétendre en discerner tout seul les expressions fidèles et celles qui ne le seraient pas ? » (Catéchisme pour adultes, §63).

En dialogue entre nous et avec d’autres !

            Oui, comme chrétiens, nous avons à nous prononcer face aux défis de notre temps. Nous avons à nous risquer à une parole évangélique pour aujourd’hui, mais, de grâce, ne nous positionnons pas en petits dictateurs de la foi chrétienne, en interprètes universels de la vérité, en catholiques plus catholiques que le pape ! La Parole de Dieu exprimée dans l’Écriture Sainte et dans la Tradition vivante de l’Église est notre seule guide. Et c’est ensemble que nous pouvons l’interpréter pour aujourd’hui : avec nos frères et sœurs chrétiens, insérés dans une communauté chrétienne locale qui vit sa foi (et non pas en électron libre sur Internet), à l’écoute du magistère de l’Église, du sensus fidei (du sens de la foi des baptisés), des théologiens, de nos pasteurs (le pape et les évêques), des ministres ordonnés, des saints qui nous ont précédés, des docteurs de l’Église… ; en assemblées paroissiales, en assemblées synodales, en conciles et finalement en dialogue avec tous les chercheurs de vérité… Oui, c’est ensemble que nous pourrons interpréter, au plus juste, la Parole de Dieu pour aujourd’hui !

Nos pensées sont-elles celles de Dieu ou celles des hommes ?

Qui nous le garantira ?

Ni le littéralisme de la Bible, ni l’expression de la foi d’une époque donnée…

Mais, avec tous les risques que cela implique, osons une parole évangélique pour aujourd’hui,

en nous situant dans une tradition vivante,

avec la Parole de Dieu –et non l’Écriture seule- pour guide

et en dialogue entre nous et avec d’autres !

 

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Pluies bienfaisantes…

pluie

Pluie bienfaisante

            Je m’étonne toujours en regardant les présentateurs de la météo sur France 24 ou TV5, alors qu’il s’agit d’un bulletin météo mondial, que ceux-ci présentent, systématiquement, les périodes ensoleillées comme du beau temps et la pluie comme du mauvais temps. Pour des gens qui sont supposés être des spécialistes du climat, je m’étonne… À moins, comme je le crains, qu’on ne nous mette sur les écrans que des potiches qui répètent un discours –mal– préparé pour eux.

Le beau temps, si l’on peut s’essayer à une telle expression, serait certainement un équilibre entre différentes périodes de pluie, de soleil, de neige, de gel etc. ;  dépendamment de la latitude du lieu, de l’altitude où on se trouve, de la proximité de la mer ou pas, de l’époque de l’année… et de bien d’autres paramètres. Dans l’imaginaire collectif, le beau temps correspondrait, peut-être, à un certain respect des saisons auxquelles nous sommes habituées dans la mémoire collective d’un lieu. On pourrait alors reprendre conscience que le climat nous précède et que les humains se sont implantés dans différents milieux, plus ou moins propices à la vie humaine, en adaptant leur façon de vivre en fonction du climat local.

Ici nous sommes donc en pleine saison des pluies, et certains jours il pleut du matin au soir avec quelques heures de répits. Mais dans un milieu plutôt sec, où la saison des pluies ne dure que quelques mois, personne n’est suffisamment insensé pour qualifier de mauvais temps cette pluie bienfaisante qui permet à toute la végétation de repartir et aux champs de porter de bons fruits.

Ces remarques météorologiques peuvent, peut-être, nourrir notre réflexion sur les saisons de notre cœur ou sur le climat de notre vie spirituelle. Notre cœur est-il toujours au beau fixe ? Certainement pas… Mais une vie sans aspérités, sans épreuves à traverser, sans échecs nous permettrait-elle de grandir ? Permettez-moi d’en douter… Il suffit de voir certains enfants bouffis de richesse, de gadgets, de cadeaux à ne plus savoir qu’en faire et qui se retrouvent dans une vie loin d’être belle et réussie, humainement parlant. Alors que je côtoie la jeunesse africaine au quotidien, rompue à l’adversité, que de belles personnalités rencontrées ! Sans systématiser à outrance, il me semble rencontrer plus de belles figures humaines, parmi les jeunes d’ici, que dans nos riches sociétés occidentales… Oui, les pluies, le gel, le froid, la chaleur tous contribuent à notre croissance humaine : tâchons d’accueillir toute épreuve comme une occasion de grandir !

Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur :

A lui, haute gloire, louange éternelle !

[…]

Et vous, le soleil et la lune, bénissez le Seigneur,

et vous, les astres du ciel, bénissez le Seigneur,

vous toutes, pluies et rosées, bénissez le Seigneur :

A lui, haute gloire, louange éternelle !

Vous tous, souffles et vents, bénissez le Seigneur,

et vous, le feu et la chaleur, bénissez le Seigneur,

et vous, la fraîcheur et le froid, bénissez le Seigneur :

A lui, haute gloire, louange éternelle !

Et vous, le givre et la rosée, bénissez le Seigneur,

et vous, le gel et le froid, bénissez le Seigneur,

et vous, la glace et la neige, bénissez le Seigneur :

A lui, haute gloire, louange éternelle !

Et vous, les nuits et les jours, bénissez le Seigneur,

et vous, la lumière et les ténèbres, bénissez le Seigneur,

et vous, les éclairs, les nuées, bénissez le Seigneur,

A lui, haute gloire, louange éternelle !

[…]

            Extrait du Cantique de la Création (Daniel 3)

            Ce premier septembre le pape nous propose de prier pour la sauvegarde de la Création, et comme nous le lisons dans son encyclique Laudato Si’, cela va de pair, chez lui, avec l’engagement pour une monde plus humain ! Comme quoi les petits liens que je fais entre beau temps météorologique et beau temps de notre vie intérieur n’est pas si déconnecté que cela… Le pape voulait s’adresser à toutes personnes de bonne volonté et déjà cette journée sera un beau signe de communion, puisque le pape a humblement rejoint avec cette initiative une initiative qui nous précède, celle de nos frères orthodoxes, puisque c’est depuis 1989 que le Patriarche Dimitrios 1er a institué cette journée de prière pour la Création. Et, il y a quelques jours à peine nos frères anglicans ont déclaré qu’ils se joignaient également à cette journée de prière… Un beau jour pour reprendre le Cantique du livre de Daniel évoqué ci-dessus ou l’une des prières proposée par le pape à la fin de son encyclique :

Prière pour notre terre (pouvant être partagée avec des croyants non-chrétiens)

Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que
nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

Prière chrétienne avec la création

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,
qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
tu as fait partie de cette terre,
et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature
avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.

Ô Dieu, Un et Trine,
communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.
Dieu d’amour, montre-nous
notre place dans ce monde
comme instruments de ton affection
pour tous les êtres de cette terre,
parce qu’aucun n’est oublié de toi.
Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent
pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence,
aiment le bien commun, promeuvent les faibles,
et prennent soin de ce monde que nous habitons.
Les pauvres et la terre implorent :
Seigneur, saisis-nous
par ta puissance et ta lumière
pour protéger toute vie,
pour préparer un avenir meilleur,
pour que vienne
ton Règne de justice, de paix, d’amour et de beauté.
Loué sois-tu.
Amen.


La vie par ici

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Les huit nouveaux religieux

Comme vous le savez, les novices de l’année passée ont terminé leur parcours et célébré leurs premiers vœux, en voici quelques échos sur le site des assomptionnistes en Afrique de l’Ouest

Cette célébration fut précédée d’une session sur les enjeux des nouvelles technologies et du renouvellement des vœux de quatre jeunes assomptionnistes… Des échos ici…

Aujourd’hui nous étions encore à une célébration touchante associant à la fois les premiers vœux de deux jeunes sœurs et le jubilé d’or d’une aînée chez nos sœurs de sainte Catherine, à Sokodé…

Bref de nombreuses occasions de rendre grâce !

Que le Seigneur vous garde vaillant(e)s au service de l’Évangile et n’oubliez pas de prier pour la sauvegarde de la Création ce 1er septembre…

 

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Soigner le cœur de l’homme !

netilat-yadaim30 août 2015, 22ème dimanche, année B, Mc 7, 1…23 /

« Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » (Mc 7,15) La réponse de Jésus à la controverse sur le lavage des mains avant les repas est bien plus profonde qu’on ne le pense à première lecture. Bien sûr le Seigneur précise d’abord que ce ne sont pas les aliments ou les contacts avec telle catégorie de personnes qui rendent impurs, mais bien plutôt ce qui vient du cœur de l’homme, ses intentions, ses pensées. Cela nous paraît évident dans notre culture chrétienne, mais cette évidence est loin d’être partagée par tous ceux qui sont, encore aujourd’hui, attachés à des pratiques cultuelles alimentaires, des règles vestimentaires censées protéger de l’impudicité ou qui refusent des contacts physiques anodins, même médicaux, avec des personnes de l’autre sexe… Mais la réponse de Jésus va plus loin, me semble-t-il, c’est-à-dire si les « vices » viennent du cœur de l’homme, cela signifie que nul n’est perdu ou impur une fois pour toutes, mais que son cœur est à soigner ! C’est bien ce qu’il fera dans ses rencontres avec les abimés de la vie ! D’où ces questions : Qui est pur ? Dans quel but cultiver la pureté ? Comment se libérer de l’impureté ?

Qui est pur ?

La question du lavage des mains n’est pas d’abord une question d’hygiène, dans le débat qui nous est relaté… Dans la logique du judaïsme ancien, la pratique trouve son explication dans la mise à part du peuple élu qui doit se garder pur pour que le Très Saint puisse demeurer au milieu de son peuple. Les pharisiens, justement, prétendent incarner cette mise à part puisque pharisien signifie « séparé »… Voilà pourquoi, de retour du marché, ils doivent faire de grandes ablutions pour se purifier des contacts avec les pécheurs et les païens (commerçants et occupants romains), avec les animaux morts ou impurs et avec tous les objets ayant pu transmettre cette impureté (lavage de coupes, de carafes, de plats etc.) Or, Jésus, en libérant ses disciples de ces pratiques, laisse entendre qu’il n’y a plus de catégories de personnes, d’animaux, d’aliments ou d’objets qui soient pures ou impures. On peut donc entrer en contact avec toute personne et avec tous les éléments de la Création qui sont bons en eux-mêmes ; ce dont il faut se méfier c’est de notre cœur, de notre regard, de nos pensées qui peuvent pervertir nos relations aux autres humains, aux autres créatures, aux biens mis à notre disposition. Ne nous trompons donc pas de pureté !

Dans quel but cultiver la pureté ?

Cette critique d’une religiosité qui scinderait l’humanité en deux, purs et impurs, est fondamentale ! Les premiers chrétiens ont pris du temps pour sortir de cette logique (pensons au baptême de Corneille par Pierre par exemple)… Mais le judaïsme est lui aussi traversé par ce débat depuis des siècles : faut-il cultiver la mise à part ou comprendre l’élection comme une mission au service de toute l’humanité ? Cela donne aujourd’hui des tendances très diverses au sein du judaïsme. En d’autres termes, faut-il se préserver des autres et de toute impureté pour obtenir le salut, ou faut-il cultiver une pureté de cœur, un comportement exemplaire, une éthique exigeante pour servir de phare à l’humanité et permettre à tous d’accéder au salut : « Je fais de toi la lumière des nations  pour que mon salut atteigne aux extrémités de la   terre. » (Is 49,6) C’est bien de cela dont parle l’Église lorsqu’elle se prétend « experte en humanité » selon les mots de Paul VI (cf. Populorum Progressio n°13), ou lorsqu’elle veut apporter sa voix aux grandes questions de notre temps, comme s’y emploie, par exemple, notre pape François dans sa dernière encyclique « sur la sauvegarde de la maison commune » !

Comment se libérer de l’impureté ?

Convenez avec moi que, face à la liste des douze vices, sources d’impureté, dénoncés par Jésus, le lavage des mains paraît bien ridicule pour s’en libérer. Et bien plus, ne s’apparenterait-il pas au lavage des mains de Pilate ? Ayant rempli les prescriptions cultuelles extérieures, nous n’aurions plus à nous soucier du reste… Cette liste, qui pourrait nous accabler, me semble au contraire source d’espérance : les maux qui nous guettent ne nous tombent pas dessus par hasard, par destin ou en raison de notre naissance dans telle ou telle famille, dans tel ou tel peuple, dans telle ou telle religion. Ces maux viennent du cœur de l’homme, il suffit donc de guérir ce cœur blessé pour lui permettre de se libérer de ces sources d’impureté. Du coup, il n’y a plus de débauché, de voleur, de meurtrier, d’adultère, etc. en soi, comme si leur vice disait toute leur identité, mais des hommes au cœur blessé : par leur histoire, par le contexte dans lesquels ils ont évolué, par les épreuves qui les ont abimés, etc. Des hommes qui ne savent pas, ou ne savent plus, aimer, respecter l’autre et ses biens, être fidèle, etc. Prendre soin du cœur de l’homme, voilà la solution : n’est-ce pas ce que Jésus fait avec la Samaritaine, avec Zachée le publicain, avec la femme adultère, avec les possédés, etc. Oui, la mission de tous les disciples du Christ consiste à prendre soin du cœur de l’homme, avec les ressources de nos sciences humaines, mais aussi avec la force de la miséricorde, de la compassion et de la grâce de Dieu.

Ne nous trompons donc pas de religiosité :

Il ne s’agit pas de se garder pur par des ablutions ou par d’autres rites…

Il ne s’agit pas de se séparer des « impurs », des méchants, des vicieux…

Mais, de purifier notre cœur…

D’indiquer à tous le chemin d’une vie bonne et belle…

Et, surtout, de soigner le cœur de l’homme abimé par la vie !

 

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Les NTIC : Liberté-vérité-responsabilité

Le P. Jean-Paul à l'oeuvre

Le P. Jean-Paul à l’oeuvre

Les mutations qui s’opèrent au quotidien dans le monde sont à la fois inquiétantes et fascinantes. Au rang de celles-ci, les mutations informatiques, manifestées par l’efflorescence des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont formidables. Il convient donc d’y jeter un regard particulier. Voilà pourquoi les Assomptionniste de l’Afrique de l’Ouest se sont réunis, dans le cadre de leur traditionnelle session « Jeune  Assomption », les 19 et 20 Aout 2015, pour réfléchir ensemble autour du thème : « Assomptionnistes en Afrique de l’Ouest et NTIC : liberté-vérité-responsabilité », sous la houlette du père Jean-Paul Sagadou, a.a.

De nos jours, les NTIC (Internet, Téléphone, Smartphone, etc.) facilitent la vie dans nos communautés religieuses et l’Internet, en particulier, est un outil dont on ne peut se passer. Mais il est tout de même facile de s’y enfermer à tel point que notre consécration religieuse en pâtisse. Voilà pourquoi, il convient d’effectuer un discernement sur la gestion de ces outils sur une base de liberté, vérité et responsabilité en vue de servir notre idéal religieux et de ne pas sombrer dans le désastre que ces technologies peuvent causer. Au bout de ces deux jours de travail, je retiens ces points essentiels :

  • Internet est un bon outil, précieux pour le monde d’aujourd’hui. Il facilite la communication, donne un accès immédiat à l’information, c’est une source de divertissement et contribue à l’éducation tout en facilitant énormément  la recherche en terme de temps et d’ouverture.
  • L’impact considérable des mass média sur la vie et la mentalité de nos contemporains affecte également les communautés religieuses et conditionne souvent leur communication interne.
  • La connaissance de ces outils est donc importante dans le cadre de la nouvelle évangélisation et pour l’entretien de la vie religieuse car les NTIC peuvent devenir de puissants instruments de cohésion et de paix ou des promoteurs efficaces de destruction et de division.
  • Séance de travail

    Séance de travail

    Pour notre vie communautaire, les NTIC doivent être abordées sans peur ni diabolisation, mais utilisées avec responsabilité et vigilance. Car dans le cadre de la communication, aucun acte, en effet, n’est isolé, il engage toute la communauté. Voilà pourquoi le religieux assomptionniste doit apprendre le langage de cette  culture pour devenir un expert en communication, à l’exemple du Christ, le parfait « communicateur ».

  • Pour notre apostolat, les NTIC doivent constituer un moyen de proposer la foi, un canal pour renforcer la communion et la solidarité.
  • La mauvaise gestion des NTIC et de l’Internet peut entraîner chez le religieux un manque à sa consécration religieuse : visite de sites peu recommandables- films pornographiques, utilisation excessive entraînant ipso facto une perte de temps et éventuellement des dépenses excessives.
  • Finalement, le meilleur et d’ailleurs l’unique véritable moyen de vivre avec cet outil ambivalent, tout en gardant son intégrité, est de préserver et de nourrir en permanence dans notre vie  « la richesse intérieure » via un enracinement en Dieu et donc une vie d’intériorité et de recueillement centrée sur l’essentiel : le service de Dieu et l’amour des autres. C’est ainsi que le religieux sera capable d’aborder les moyens de communication avec liberté et efficacité, en vue d’une finalité apostolique.
Le Fr. Bonaventure renouvelant ses voeux

Le Fr. Bonaventure renouvelant ses voeux

Voici donc quelques fruits de cette session qui a connu la participation de 16 novices et de 4 religieux, profès temporaires. Ceux-ci ont d’ailleurs renouvelé leurs engagements à la suite du Christ, au sein de la congrégation des Augustins de l’Assomption, le 21 août au soir, en étant plus conscient des nouveaux défis auxquels ils devront désormais faire face.

Jovic KOUEPOU, novice a.a.

 

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Entrée au Noviciat

Entrée des 8 nouveaux novices à Sokodé en la Fête de l’Assomption (La veille au soir) :

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Bonne Fête !

voeux assomption 2015

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La première…

assomption15 août 2015, Assomption de la Vierge Marie, année B, Lc 1,39-56 /

Il n’est jamais simple de laisser toute sa place mais rien que sa place à la Vierge Marie dans notre vie chrétienne. De tout temps le magistère de l’Église et les théologiens, ont dû freiner certains élans populaires et cadrer les pratiques dévotionnelles, de façon à ne pas laisser déformer Marie en en faisant une déesse, en la disjoignant de son Fils ou en cultivant une rapport à Marie par trop magique… Une belle expression, joliment mise en musique, résume la place de Marie : « La première en chemin ! » Marie, à travers son rôle unique dans l’histoire, nous parle du rôle de tout chrétien. Elle est la première à avoir enfanté le Christ ; la première à être devenue disciple de son Fils ; la première à partager la vie de Dieu ! Alors, comment cette étoile éclaire-t-elle notre route ?

Comme Marie, enfanter Dieu !

J’en ai plusieurs fois parlé dans d’autres méditations… Marie est la seule à avoir enfanté l’enfant Jésus il y a deux mille ans, mais chaque chrétien doit, à son tour, enfanter le Christ en lui et autour de lui. C’est la longue tradition de ce que l’on nomme « l’incarnation mystique » qui nous rappelle cela : « Marie, choisie de toute éternité, reçoit dans ses chastes entrailles un Dieu qui veut y prendre notre nature. Mais n’ai-je pas reçu, au saint baptême, un germe divin que je dois développer en moi ? […] De même que l’enfant croit sans cesse, par quel esprit de foi et d’amour dois-je développer Jésus Christ en moi et le faire croître ? […] Marie a porté Jésus dans ses chastes entrailles durant neuf mois. Comment dois-je porter Jésus dans mon cœur, lorsqu’il y est descendu par l’Eucharistie ? […] À partir de sa naissance jusqu’à trente ans, la vie de Marie et celle de Jésus ne font qu’un, et c’est là que je dois aller chercher des leçons, je dois me faire instruire par Marie des perfections de Jésus dans sa vie cachée. » (P. Emmanuel d’Alzon, Ecrits spirituels pp. 1026-1027) C’est donc d’abord ce beau titre de Marie, mère de Dieu, qui doit inspirer notre façon de rendre Dieu présent au monde d’aujourd’hui !

Comme Marie, devenir disciple !

« « Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent. » Il leur répond : « Qui est ma mère ? Et mes frères ?  » Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. » » (Mc 3,32-34) Parmi d’autres passages, celui-ci nous fait comprendre combien Marie elle-même a dû devenir disciple de son Fils. Ce n’est pas seulement le fait qu’elle ait porté Jésus en son sein qui fait sa grandeur, c’est surtout sa disponibilité à la volonté de Dieu, le fait qu’elle l’ait suivi jusqu’à la croix et qu’elle ait été présente avec la première communauté des disciples rassemblés, bref qu’elle soit la première à être devenue disciple. Marie n’a pas tout compris tout de suite ou d’avance, mais, gardant tous les moments importants dans son cœur, elle a su se mettre à l’école de son Fils qui était aussi celui par qui elle avait été créée : le Verbe de Dieu ! C’est donc ce second titre de Marie : Mère de l’Église, qui doit inspirer notre façon d’être disciple, de nous laisser bousculer dans nos certitudes, surtout religieuses, par celui qui veut nous enseigner et nous convertir !

Comme Marie, entrer dans la communion des sauvés !

La fête de l’Assomption que nous célébrons en ce jour, possède également les deux dimensions évoquées plus haut : elle célèbre une fête unique, celle de l’exaltation de Marie corps et âme… Mais elle célèbre également ce à quoi nous sommes tous appelés : Marie est la première à entrer dans la vie promise à tous les sauvés. En célébrant l’Assomption de Marie, nous célébrons donc ce à quoi nous sommes destinés… Sommes-nous toujours suffisamment conscient que notre vie ici-bas est une préparation pour notre vie en Dieu ? Non pas pour dévaloriser notre vie ici-bas, mais au contraire pour lui donner plus de poids : quel élan et quelle joie de savoir que ce que nous entreprenons ici-bas n’est pas sans valeur ni promis à l’oubli mais prépare le Royaume de Dieu et sera porté à sa plénitude en lui. Ce troisième titre de Marie, Mère de l’humanité, première exaltée, nous oriente et nous rend attentif à la destinée universelle de l’humanité en Dieu.

Oui Marie est

 la première à avoir enfanté le Christ,

la première à être devenue disciple,

la première à partager la vie de Dieu :

N’est-ce pas pour que nous marchions à sa suite ?

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Plus humain, plus chrétien, plus…

sagesse-Attar           Sortis de nos temps de retraite respectifs, les novices avec le père Iosif d’un côté et moi-même d’un autre, j’aimerais vous en partager quelques éléments…

Une des idées ayant guidé ma lecture du livre de la Sagesse, durant cette semaine, fut la suivante : comment devenir plus humain, plus chrétien, plus religieux, plus supérieur de communauté, plus maître des novices, plus délégué du provincial pour l’Afrique de l’Ouest ? Bref comment avec la grâce de l’Esprit mieux porter les différentes casquettes qui me sont dévolues ?

J’aime, en tout cas, toujours insister sur le fait que les engagements que nous prenons, les responsabilités que nous acceptons ne doivent pas nuire à notre réalité de base qui consiste à vivre une vie de plus en plus humaine. Cela va de pair, selon moi, avec une vie de plus en plus sage. Non pas une sagesse qui nous rendrait trop prudent ou inhiberait  nos initiatives, mais une sagesse qui nous donne de discerner la meilleur attitude à avoir dans chaque situation en nous attachant à l’essentiel et non pas à des tas de préceptes familiaux, ethniques, culturels, technocratiques ou religieux. Cette sagesse allant alors de pair avec une liberté intérieure qui nous autorise à faire ce qui nous semble bien, bon, utile, nécessaire…

Je vous invite à faire ce même exercice : quels sont vos différentes casquettes : être humain… mère de famille… grand-mère… membre d’une famille… chrétien… étudiant… travailleur… médecin… religieux… membre de tel ou tel mouvement, responsable de tel groupe ou de tel entreprise… etc. etc. N’y a-t-il pas ensuite une certaine hiérarchie à mettre entre tous ces engagements et ces lieux d’appartenance ? Et après avoir repéré cette hiérarchie posez-vous la question suivante : « Les différentes couches de responsabilités ou d’engagements qui s’empilent sont-elles au service de mes réalités fondamentales ou les entravent-elles ? Pour faire simple : est-ce que je deviens un meilleur être humain, un meilleur chrétien, une meilleure épouse… en prenant tel ou tel engagement, en faisant tel ou tel choix ?

Malheureusement, je dirais que certaine personnes se définissent par leur rôle le plus brillant plutôt que par leurs rôles les plus fondamentaux (peut-être avons-nous tous cette tendance). On risque de se présenter comme étant chef d’entreprise, président de telle ou telle association, prêtre, supérieur de communauté etc. plutôt qu’être humain venant de telle famille ou de tel coin de pays, chrétien… Simple homme semblable à tout homme et cherchant à vivre au mieux sa vie d’homme et de disciple du Christ…

Oui cultivons-nous le désir de devenir plus humain et d’acquérir la Sagesse qui vient de Dieu ?

« 12La Sagesse brille et ne se flétrit pas,
elle se laisse voir aisément par ceux qui l’aiment
et trouver par ceux qui la cherchent.
13Elle devance ceux qui la désirent, en se faisant connaître la première.
14Quiconque part tôt vers elle ne se fatiguera pas :
il la trouvera assise à sa porte.
15Se passionner pour elle, c’est la perfection du discernement.
Et quiconque aura veillé à cause d’elle sera bientôt sans inquiétude,
16car, de son côté, elle circule en quête de ceux qui sont dignes d’elle,
elle leur apparaît avec bienveillance sur leurs sentiers
et, dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre.
17Le commencement de la Sagesse, c’est le désir vrai d’être instruit par elle,
18vouloir être instruit, c’est l’aimer,
l’aimer, c’est garder ses lois,
observer ses lois, c’est être assuré de l’incorruptibilité,
19et l’incorruptibilité rend proche de Dieu.
20Ainsi le désir de la Sagesse élève jusqu’à la royauté.
21Si donc vous, princes des peuples, prenez plaisir aux trônes et aux sceptres,
rendez hommage à la Sagesse et vous régnerez pour toujours. » (Sg 6,12-21)


La vie par ici

C’est bientôt la fin d’année au Noviciat, cela ne signifie pas repos, ni même temps d’arrêt avant le début de la nouvelle année mais travail double. Vous le savez certainement pour qu’un noviciat soit valable il doit durer une année pleine dans la maison du noviciat. C’est ce qu’on appelle l’année canonique… Or les novices font trois semaines de stage apostolique qui ne comptent pas dans l’année de noviciat. Ils doivent donc ensuite récupérer ces trois semaines. Mais comme le Provincial peut, pour une juste cause, avancer la date de la première profession de 2 semaines… Il faut donc que notre année de noviciat dure en réalité un an et une semaine.

C’est pourquoi chaque année l’ancienne promotion de novices et la nouvelle se chevauchent. Le 14 août, vendredi prochain, nous accueillerons donc les nouveaux novices et le 23, les anciens seront libérés… Nous serons donc 19 dans la maison pendant cette semaine de tuilage. Le temps sera donc bien occupé, entre accueil des nouveaux, préparation de la nouvelle année, préparation de la célébration des vœux, accueil des familles, préparation du repas de fête et gestion des départs…

Pas évident ce temps de tuilage, et cette enchaînement des années dans la vie du maître des novices… Mais petit à petit on s’habitue… Ce sera « ma » cinquième promotion de novices (et déjà 33 novices)…

voeux 2015 e

Petite nouvelle météorologique : nous avons moins chaud ici qu’en Europe, car au temps des pluies, quand la température baisse en-dessous de 27 on commence à avoir froid… Je reste persuadé qu’un 30°C ici est beaucoup moins chaud qu’un 30°C dans les pays du nord (cela doit avoir avec la température ressentie)… Courage à celles et ceux qui souffrent de la canicule !

Sur ces quelques nouvelles je vous souhaite bonnes vacances, bel été ou bon changement de rythme… Et surtout prenez soin de la qualité de votre vie humaine et spirituelle !

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