Soyez toujours dans la joie !

11 décembre 2011, 3ème  dimanche de l’Avent, année B, Jn 1, 6-8.19-28 /

Ce troisième dimanche de l’Avent est traditionnellement appelé le dimanche de Gaudete (« Réjouissez-vous ! »), en référence à l’introït de la messe latine, repris dans l’antienne de ce dimanche : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche. » (cf. 1Th 5,16 et Ph 4, 4.5) Aussi est-ce un des deux dimanches de l’année liturgique, avec celui de Laetare en carême, où pour célébrer la joie, les ornements peuvent être roses. Ce dimanche, la joie est clairement mise en lien avec la venue du Seigneur, laissant percevoir qu’il s’agit, non seulement de préparer notre cœur à la fête de Noël, mais plus fondamentalement, de vivre pleinement dela Joie même du Royaume de Dieu en train d’advenir ! « Soyez toujours dans la joie ! »… Mais peut-on commander la joie ? Qu’est-ce qui, en nous, fait obstacle à la joie ? Et comment se maintenir dans la joie ? Suivons la figure de Jean, le Baptiste…

Une joie essentielle !

« Qui a l’épouse est l’époux ; mais l’ami de l’époux qui se tient là et qui l’entend, est ravi de joie à la voix de l’époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. » (Jn 3,29-30) Jean nous parle d’une joie complète alors que sa vie est loin d’être une partie de plaisir. Prédicateur ascétique, prophète controversé, il ne pourra même pas profiter des disciples qui le reconnaissent comme un vrai prophète puisqu’il les dirige vers un autre que lui, et finalement encore très jeune, vers 30 ans, il sera emprisonné puis décapité. Cette joie qui l’anime n’a donc rien à voir avec une quelconque vie confortable et paisible. N’y-a-t-il pas là un premier secret à recueillir pour une vie heureuse : ne pas garder sa vie pour soi, mais la donner aux autres avec générosité ?… « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ! » (Ac 20,35) Mais je retiens surtout de la joie de Jean, qu’elle relève d’une joie essentielle qui l’anime : le Seigneur, annoncé par les prophètes, étant là, le monde va pouvoir accéder maintenant à la plénitude promise ! Pour nous autres chrétiens, cette joie essentielle peut se traduire ainsi : puisque le Christ a pris notre condition humaine, puisqu’il a traversé la souffrance et la mort et puisqu’il est ressuscité, aucune souffrance, aucun mal, aucune mort n’a le dernier mot, mais c’est notre Créateur et Sauveur qui a le dernier mot sur toute chose, lui qui est tout amour et nous offre une vie de plénitude ! Cette joie, essentielle et profonde, ne nous évite pas les vagues de surface, les peines, les inquiétudes, les souffrances, mais celles-ci doivent-elles nous ébranler outre mesure ?

Une joie donnée !

 « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. » (Jn 15,11) À la veille de sa passion, le Christ veut confier à ses disciples ce qu’il a de plus précieux : sa joie ! N’est-ce pas étonnant ? Et surtout n’est-ce pas réconfortant de prendre conscience que nous n’avons pas à créer la joie, mais à recevoir la joie même de Dieu : « Yahvé ton Dieu est au milieu de toi,  héros sauveur ! Il exultera pour toi de joie, il te renouvellera par son amour ;  il dansera pour toi avec des cris de joie. » (So 3,17) Dieu laisse deviner qu’au plus profond de lui-même il est joie. « Il se réjouit en ses œuvres » (Ps104, 31). Son amour est joyeux, et pour cette raison, toujours neuf, toujours surprenant. Le « Royaume de Dieu », dira l’apôtre Paul, « est joie dans l’Esprit Saint» (Rm 14, 17). Et n’est-ce pas cette joie de Dieu qui a mis Jésus lui-même en route ? Au jour de son baptême dans le Jourdain, il s’entend dire : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis mon bon plaisir – toute ma joie –» (Mt, 3-17) Jésus, qui s’est appuyé au long de sa route terrestre sur cette joie, a ensuite confié, à chacun de ses disciples, la joie même de Dieu. Nous avons en nous cette source jaillissante, il nous suffit de dégager ce qui l’encombre ! Une joie, celle de Dieu, donnée pour toujours, nous habite ! Cela n’éclaire-t-il pas le « soyez toujours dans la joie » ?

Une joie à cultiver !

Pour cultiver la joie, ne suffit-il pas alors de se laisser prendre dans ce grand mouvement de la joie de Dieu qui était là à la fondation du monde, qui est présente à notre quotidien, et qui sera là à la plénitude des temps. N’est-ce pas le chemin de joie emprunté par Jean-Baptiste ? Lui qui a poursuivi sa mission même dans la nuit du doute, lui qui renvoie sans cesse vers le Christ, lui qui s’efface pour que le projet de Dieu puisse advenir ? Comment puiser jour après jour à la source de la joie ? Ne serait-ce pas, comme Jean Baptiste, en poursuivant avec ténacité notre mission, même dans l’obscurité ; en nous décentrant de nous-même et en renvoyant toujours au Christ ; en relativisant nos propres soucis et en inscrivant notre vie humblement et avec persévérance dans le grand projet de Dieu pour l’humanité ?

Alors, est-ce possible d’être toujours dans la joie…

…de Dieu ?

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Guérison intérieure !

Comme je vous le partageais la semaine dernière, la semaine écoulée était consacrée à une session d’inter-noviciat sur la guérison intérieure. Sept congrégations, avec 23 postulant(e)s ou novices, se sont donc retrouvées à Kara (à 1h au nord de Sokodé). L’un ou l’autre des novices craignait une empreinte trop charismatique de cette session, mais le P. René Mihigo, a.a. qui a déjà donné ce type de session à bien des publics différents, a su mener la démarche avec délicatesse en respectant la liberté de chacun… La session nous donna d’abord des outils pour mieux comprendre les cinq types de blessures, dont nous sommes tous plus ou moins marqués, à partir du travail de Lise Bourbeau, psychologue.  La majorité des blessures peuvent se retrouver dans cinq types de blessures : Trahison, Rejet, Abandon, Humiliation, Injustice (moyen mnémotechnique : les initiales forment le mot T.R.A.H.I). Pour chaque type de blessure, le prédicateur nous a présenté la source de ce type de blessure, le masque que l’on met en place pour se protéger, les conséquences de la blessure, la grande peur liée à cette blessure… Je vous renvoie au lien suivant, si la question vous intéresse : http://chezliliane.ca/pagelecture.htm … Le père René, ayant une grande expérience d’accompagnement spirituel pouvait nourrir la théorie de nombreux exemples tirés de la réalité. Dans un deuxième temps il s’agissait d’identifier des chemins de guérison et de pardon, sachant que la session n’était qu’une introduction, qu’une entrée dans une démarche de guérison beaucoup plus longue… Les novices et postulants, et leurs formateurs, ont bien apprécié cette session et, pour la plupart d’entre eux, une véritable guérison intérieure a pu s’initier ou se fortifier (chez celles et ceux qui avaient déjà entrepris le chemin)…

Voir quelques photos de l’Inter-noviciat


Triste nouvelle…

Ce vendredi 2 décembre, nous venons d’apprendre le décès du père Paul Nguyen Van Dong, assomptionniste, et maître des novices à Ba Ria (Viêt-Nam) des suites d’un accident de moto. Agé de 37 ans, Paul venait de commencer l’accompagnement d’une troisième promotion de novices.  Un départ particulièrement douloureux pour la famille puisque le papa est décédé dans les mêmes conditions il y a 12 ans, tandis qu’un des frères de Paul est handicapé suite également à un accident de moto. Je me joints aux frères du noviciat de Sokodé pour formuler mes sincères condoléances à la famille de Paul, aux frères de sa communauté du noviciat de Ba Ria et à tous ses frères assomptionnistes vietnamiens :

Chers frères,

« Je sais, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. » Jb 19, 25-26

Les mots nous manquent en apprenant la soudaine disparition de notre frère Paul Dong.

Nous ne savons comment manifester nos condoléances car cette mort si cruelle et si horrible nous touche très profondément et nous bouleverse complètement.

Toute la communauté du Noviciat Saint Augustin de Sokodé(TOGO) souhaite toutes ses sincères condoléances à toute la Province de France, à la famille du frère Paul, à la communauté du Noviciat du Vietnam et à tous nos frères Vietnamiens.

« Le Seigneur détruira la mort pour toujours. Il essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple ; c’est lui qui l’a promis.» Is 25,8

Que par ta miséricorde, Seigneur, Paul repose en paix et que brille sur lui ta lumière sans fin. Amen!

Michel, novice à Sokodé

Extrait de la lettre du père Benoît Gschwind, supérieur provincial, à nos frères du Vietnam :

« Notre frère Dong, celui que j’appelais depuis toujours « Petit Paul », vient de nous quitter. Bien trop vite et bien trop tôt ! Avec vous et comme vous, je le pleure, comme j’ai pleuré avec lui au moment de la mort de son papa dans des circonstances semblables, il y a déjà douze ans. […]

Dong est parti un peu trop vite, par un chemin que nous emprunterons tous quand viendra notre heure. Premier assomptionniste vietnamien à être porté en terre, Dong est parti en éclaireur vers cet Ailleurs où nous serons un jour, avec lui, tous rassemblés à la même Table.

« Oui, Seigneur, c’est Toi qui m’appelles sans cesse à te suivre. C’est Toi qui me présentes à travers des médiations humaines des occasions pour mieux te connaître. C’est Toi, Seigneur, qui m’as tenu à l’Assomption jusqu’à maintenant malgré mes faiblesses et mes indignités. Je t’en rends grâce. Je suis heureux de mes années à l’Assomption et je pense qu’avec Toi je serai heureux en tant qu’Assomptionniste. Je serai content de rapporter à mon pays et à l’Eglise vietnamienne une part de charisme assomptionniste, ce que Tu donnes à l’Eglise et à toute l’humanité. »

Ces mots, Dong les écrivait en 2005, le jour de la Toussaint, en demandant à s’engager définitivement à l’Assomption. Ils ont aujourd’hui pour chacun de nous force de Testament et nous invitent à poursuivre la route commencée avec Dong.

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À la force de l’Esprit !

4 décembre 2011, 2ème  dimanche de l’Avent, année B, Mc 1,1-8 /

« Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ Fils de Dieu » (Mc1,1) Au commencement dela Bonne Nouvelle, l’évangéliste Marc, à travers la figure de Jean-Baptiste, nous dit qu’il y a une démarche de conversion… Mais peut-on se convertir sur commande ? La conversion n’est-elle pas plutôt le résultat d’un regard d’amour du Christ sur nos vies ? La conversion relève-t-elle de notre bonne volonté ou de la grâce agissante en nous ? Jean-Baptiste n’est-il pas, finalement, celui qui nous permettra de passer d’une logique de l’Ancien Testament, à la force de nos poignets, à une logique du Nouveau Testament : à la force de l’Esprit ?

Logique de conversion extérieure !

Jean le Baptiste, dernier des prophètes de l’Ancien Testament, ravive la ferveur des foules, comme l’ont fait bien des prophètes avant lui. Il reprend d’ailleurs les interpellations de Malachie et du second Isaïe, des prophètes des Vème  et VIème siècles av. J.-C. : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » (Mc1,3) Et cette prédication, appuyée par l’authenticité de la vie ascétique de Jean-Baptiste, trouve un excellent écho dans le cœur du peuple juif : « Toute la Judée, tout Jérusalem… Tous se faisaient baptiser par lui… en reconnaissant leurs péchés. » (Mc 1,5) Marc nous dit plus loin qu’Hérode lui-même reconnaissait dans le Baptiste un homme juste et saint et qu’il aimait l’entendre. (cf. Mc 6,20) Mais malgré tout, on pressent bien que nous ne sommes-là que du côté de moyens humains extérieurs : une vie ascétique, une conversion des mœurs, un baptême dans l’eau… qui ne semblent pas si efficaces, puisque la foule de Jérusalem supposément « convertie » par Jean-Baptiste réclamera la crucifixion de Jésus quelques années plus tard, tandis qu’Hérode fera couper la tête de Jean. De plus nous savons que certains groupes esséniens, dans la même mouvance « baptiste », pratiquaient ce bain rituel de purification chaque jour ! Mais Jean, lui-même, n’est pas dupe : « moi je vous baptise dans l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » (Mc 1,8) Le Baptiste nous indique ce qui relève de notre responsabilité, de notre liberté, de nos pauvres moyens humains pour préparer une conversion tout autre qui nous sera donnée par le Christ !

Logique de Salut !

Nous voudrions donc bien nous convertir une fois pour toutes, mais nous nous en savons totalement incapables ! La seule issue consiste à se laisser convertir par le Christ lui-même. C’est bien ce que nous dit Jean-Baptiste : moi je vous indique quelques moyens humains, mais seul « celui qui est plus puissant que moi » pourra mener à terme votre conversion, ou plutôt, votre salut ! Cela veut-il dire que nous n’avons plus qu’à attendre passivement l’action du Christ en nous ? Bien sûr que non, le « préparez le chemin du Seigneur » est toujours valable. Il s’agit de préparer l’avènement du Royaume en nous et autour de nous, et cela a des implications autant personnelles que sociales ou politiques. Mais attardons-nous à cette dimension particulière de la conversion personnelle qui nous interroge : comment entrer, selon la logique du Salut apporté par le Christ, dans une véritable démarche de conversion ?

À la force de l’Esprit !

Toutes les rencontres de Jésus, dans l’Évangile, l’illustrent : la conversion est le fruit d’une guérison opérée par le Christ lui-même… Encore faut-il pouvoir répondre à la question « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Mc 10,51) Nous abordons souvent la conversion par le mauvais bout : au lieu de vouloir s’attaquer à notre orgueil, à nos manques d’amour, à nos déviances sexuelles, à nos colères, à notre violence, à nos égoïsmes, etc. ne faudrait-il pas s’attaquer plutôt aux racines de ces manifestations de notre être blessé ? Et avant d’en venir à une guérison, il s’agit d’identifier nos blessures : des blessures d’autant plus profondes qu’elles se situent dans notre petite enfance – voire dans notre vie intra-utérine – et qu’elles se sont logées dans notre inconscient. Rejet, abandon, trahison, humiliation, injustice : chacun de nous a été marqué, plus ou moins, par ces types de blessures qui nous empêchent d’aimer et qui expliquent bien des réactions de notre être blessé. Celui qui se sera senti abandonné, non soutenu, qui aura manqué de nourriture affective développera certainement une dépendance affective, une jalousie maladive, sera incapable de fonctionner seul, etc. Ayant repéré ce type de manifestations chez soi, on peut alors demander au Seigneur de venir guérir sa blessure d’abandon, même si nous ne savons pas identifier clairement les origines de cette blessure. Voici peut-être un des lieux où le baptême dans l’Esprit Saint peut opérer : Dieu était présent à ma petite enfance, il connaît mes blessures et peut me les révéler par son Esprit.

Entreprendre une telle démarche, n’est-ce pas préparer le chemin du Seigneur jusqu’à notre cœur ? Passer d’une logique de l’Ancien Testament à une logique du Nouveau Testament, c’est-à-dire d’une conversion extérieure à la force de ma pauvre volonté humaine, à une guérison intérieure à la force de l’Esprit Saint ? Jean-Baptiste nous invite à entreprendre ce chemin en ce temps de l’Avent :

« Celui qui est plus puissant que moi… »

vous guérira de toutes vos blessures,

« …car moi, je vous ai baptisés dans l’eau ;

mais lui vous baptisera dans l’Esprit Saint ! »

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Le temps s’accélère !

La fin d’année liturgique nous projette de façon accélérée vers la fin des temps, non pas pour nous faire peur ou dans un but catastrophique, mais plutôt pour nous faire voir ce que nous avons à espérer ! Au-delà des signes annonciateurs évoqués dans l’Évangile, il nous faut réentendre la promesse d’un Royaume de paix et de justice ; d’une vie menée à sa plénitude… Dans notre quotidien également le temps semble se précipiter par moments, les différentes activités nous entraînent dans leur tourbillon, au risque de nous étourdir, et de nous faite oublier de garder du temps pour l’essentiel : la rencontre personnelle, la prière, la contemplation de la vie qui nous entoure…

À Sokodé, aussi, la vie s’accélère par moments, et la semaine fut particulièrement bien remplie. En dehors des activités quotidiennes habituelles – et des quatre cours hebdomadaires à donner- nous avons donc vécu, à distance, la venue de Benoît XVI au Bénin, avec les conséquences pratiques de messes à assurer pour palier les absences de certains. Ce fut ensuite la soirée du 21 novembre, le jour de naissance au ciel de notre fondateur : soirée à la fois festive et studieuse puisqu’elle s’est conclue par une réunion tardive avec notre visiteur, le P. Vincent Cabanac, économe provincial (voir les photos de la visite ici). Mardi, nous avons accueilli pour le repas et pour l’après midi la cousine d’un père assomptionniste avec un couple allemand, pour un « mini sommet » franco-allemand sur les questions écologiques (il nous faut maintenant consommer des insectes), de solidarité internationale (quel suivi local pour un projet de solidarité pensé ailleurs), et de foi chrétienne (notre ami allemand ne reconnaissant pas Benoît XVI comme un de ses concitoyens…) ; bref un échange original qui nous a sortis de nos préoccupations habituelles. Mardi soir, enregistrement de notre émission de radio hebdomadaire sur la lecture de textes du Magistère. Mercredi, messe matinale à la radio (6h !), recherche et projection d’un film sur des questions de santé pour l’aumônerie étudiante. Jeudi, soirée communautaire studieuse de lecture des actes du dernier chapitre provincial. Et ce samedi, groupe biblique le matin, nouvel enregistrement de radio cet après midi car nous serons absents la semaine prochaine pour une session d’inter-noviciat et deuxième édition, ce soir, de notre ciné-club hebdomadaire. La première séance fut de bon augure puisque nous avons rassemblé environ 80 participants  la semaine dernière… Demain, j’aurai à assumer la célébration dominicale à notre paroisse (les semaines passées j’étais à la cathédrale), avec un baptême en prime… Avant de prendre la route, avec les novices, pour un inter-noviciat à Kara, une ville voisine, jusqu’à vendredi prochain.  Bref, comme vous le voyez, par moments le temps s’accélère…

Heureusement, le rythme communautaire nous oblige à nous arrêter pour la prière commune et personnelle !

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Veillez sur l’Espérance !

27 novembre 2011, 1er dimanche de l’Avent, année B, Mc 13,33-37 /

« Veillez ! » Habituellement, les commentaires sur cette « veille » insistent sur la dimension dynamique de l’attente : il ne s’agit pas de rester passif, mais de mettre en œuvre une attente active qui prépare l’avènement du Royaume. Bien sûr cela est essentiel ! Mais je vous propose de réfléchir à un autre aspect de cette veille : veiller, non pas « dans » l’Espérance, mais « sur » l’Espérance ! Veiller sur l’attente, sur le désir, c’est-à-dire maintenir la porte ouverte vers la plénitude à laquelle nous sommes appelés. Ces deux dimensions sont bien présentes dans le texte (cf. Mc 13,34) : l’homme, parti en voyage a, d’une part, fixé « à chacun son travail » -c’est l’attente active- mais il a, d’autre part, « recommandé au portier de veiller », c’est-à-dire de tenir la porte ouverte pour le retour du maître… Ne s’agit-il pas ici de « veiller sur l’Espérance » ? Veiller sur le sens… Veiller sur le souhaitable… Veiller sur la promesse…

Veillez sur le sens !

Dans notre monde, si prompt à vouloir nous enfermer dans le rôle du consommateur, n’est-il pas urgent de veiller sur le sens de la vie ? L’endormissement, évoqué comme un risque dans l’évangile, est bien à l’œuvre dans notre monde. Tout est fait pour nous divertir, pour occuper nos journées, pour susciter de nouveaux besoins de consommation, pour nous entraîner dans une course folle à je ne sais quelle chimère : le prochain gadget électronique, les prochaines vacances, la prochaine exposition de peinture, le prochain épisode de « ma » série télévisée à ne surtout pas rater, etc. etc. Et lorsque notre corps et notre esprit disent halte à cette course effrénée, la réponse est encore plus radicale et c’est à coup d’antidépresseurs et d’anxiolytiques qu’on vous endort pour de bon ! Ouvrir des espaces pour réfléchir au sens de la vie… Offrir des lieux de silence, de halte, de méditation…  Témoigner du sens profond des fêtes religieuses qui rythment nos sociétés… Proposer la foi au Christ, celui qui nous a révélé pleinement qui est l’Homme et qui est Dieu… Bref, remplir notre rôle de portier, ouvrir des portes, La porte, qui donne accès au sens de la vie, à la foi. Veiller sur le sens, n’est-ce pas urgent ?

Veillez sur le souhaitable !

Nous retrouvons ici, un peu plus, la dimension active de notre veille. Car si l’on maintient ouverte la porte de l’Espérance d’une vie à venir pleinement accomplie, nécessairement cela rejaillit sur notre façon de vivre aujourd’hui. Veiller sur l’Espérance, c’est donc aussi veiller sur ce qu’il est souhaitable, ou non, de faire aujourd’hui. Espérer le retour du Christ c’est, en effet, espérer que mes actes d’amour seront menés à leur accomplissement en Dieu mais aussi que mes actes de haine ne seront pas sans conséquences. Espérer le retour du Christ, c’est croire que chaque être humain sera invité par Lui à entrer dans la joie et la communion des sauvés. Le plus petit, le plus malade, le « compté pour rien » ici-bas, sera mené à sa pleine stature d’enfant de Dieu aimé et choyé par le Père. Alors oui, veiller sur l’Espérance, c’est veiller sur mes actes, sur ma « morale » individuelle mais plus encore sur les choix éthiques de nos sociétés : veiller sur le souhaitable, ici et maintenant, en vue de ce qui nous attend en Dieu.

Veillez sur la promesse !

Spontanément  des versets de psaumes reviennent à mon esprit : « Dieu de l’univers, reviens ! » Ps 79 (de ce dimanche) ; « Que ta promesse me soutienne, et je vivrai : ne déçois pas mon attente. » Ps 118 ; « Dans ton amour, ne m’oublie pas. » Ps 24. Veiller sur la promesse, c’est crier haut et fort l’écart entre ce que nous vivons ici-bas et ce qui nous est promis : « un pays ruisselant de lait et de miel. » Par la prière, notamment, nous entretenons donc le désir d’une vie pleinement réussie, l’attente de la promesse, la soif de l’avènement du Royaume de Dieu… C’est ce qui nous est particulièrement donné de vivre dans ce temps de l’avent. En nous préparant à Noël, nous nous appuyons sur l’attente de tout l’Ancien Testament, déjà accomplie dans l’Incarnation, pour raviver notre espérance d’une Incarnation du Verbe, menée à sa plénitude lorsque tout sera récapitulé en Lui ! Veiller sur la promesse, c’est à la fois la partager à tous ceux qui souffrent aujourd’hui, mais aussi à tous ceux qui ne vivent qu’avec un horizon limité à ici-bas, mais encore se la rappeler à soi-même et dire à Dieu que nous ne l’avons pas oubliée. Veiller sur la promesse, c’est donc jouer notre rôle de portier qui, dans la pièce sombre, noire et sans espoir où nous nous trouvons parfois, indique qu’il y a une porte avec un petit rayon de lumière visible au pied de cette porte. Une porte qui s’ouvrira un jour comme Dieu nous l’a promis !

Veillez sur l’Espérance ! C’est-à-dire :

Veillez sur le sens… sur la foi !

Veillez sur le souhaitable… sur l’éthique !

Veillez sur la promesse… sur l’à venir !

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Notre voisin Benoît XVI !

Pour quelques jours, Benoît XVI sera notre voisin puisqu’il vient à Cotonou (au Bénin), à 8h de route de chez nous… J’ai croisé ce matin plusieurs minibus prenant la route pour la rencontre, et plusieurs de nos frères et sœurs vont nous représenter là-bas, notamment le père Iosif de notre communauté. L’Église du Bénin, aborde affronte une nouvelle étape en fêtant le 150ème anniversaire de sa fondation (par les S.M.A. en 1861). Elle doit cependant relever plusieurs défis (voir l’article de Bruno BOUVET, envoyé spécial de La Croixau Béninen raison, notamment, de certaines circonstances difficiles qu’elle doit affronter :

Benoît XVI en Afrique

  • Un épiscopat affaibli suite à la démission forcée, il y a un an, de l’archevêque de Cotonou et de l’évêque de Parakou, pour « manquements à la morale, personnelle ou financière »… Les grandes figures du passé ne sont plus : le Cardinal Gantin, premier archevêque noir en 1960 et ancien préfet de la Congrégation pour les évêques, sur la tombe duquel Benoît XVI viendra se recueillir samedi 19, ou encore Mgr Isidore de Souza, qui sortit le pays de la crise en 1990 en prenant la tête d’une conférence nationale de réconciliation.
  • Des disparités nord-sud importantes, le clergé du nord du pays disposant de beaucoup moins de moyens que celui du sud… Ces conditions difficiles, confient de nombreux prêtres et religieux, conduiraient certains jeunes prêtres locaux à préférer la mission en Europe, et notamment en France, plutôt que dans les zones reculées de leur pays.
  • Une montée en puissance de certaines églises évangélistes fondamentalistes, ainsi qu’une présence toujours forte du Vaudou qui engendre un certain syncrétisme religieux…

Mais l’Église du Bénin, ce sont également 1035 prêtres autochtones, 2000 religieuses d’ici et d’ailleurs, une Église aux visages jeunes et généreux et des engagements significatifs pour l’éducation, la santé, la justice, la réconciliation, etc.

La visite de Benoît XVI sera aussi l’occasion de rendre publique son exhortation apostolique Africæ Munus (L’engagement de l’Afrique),  suite aux travaux de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques d’octobre 2009. Ainsi non seulement le Bénin, mais aussi tous les catholiques d’Afrique suivront avec attention cette visite de Benoît XVI sur le continent, faisant volontiers leur cet espoir des chrétiens du Bénin : « La visite du pape doit relancer notre Église et la propulser sur une nouvelle voie. »

(sources www.la-croix.com )


Emile (nov.), P. Cabanac et Bernard (nov.)

Visite toujours appréciée…

Nous avons la joie d’accueillir pour quelques jours également le P. Vincent Cabanac, assistant du provincial de France et économe provincial. La « fondation » d’Afrique de l’Ouest est toujours bien soutenue par l’équipe provinciale, et nous lui en sommes reconnaissants. Cette visite permet donc, à la fois, au P. Vincent de découvrir les frères, les novices, les jeunes candidats qui partagent notre vie à Sokodé ; mais aussi de prendre connaissance de nos réalités sur le terrain, de nos œuvres, des défis qui sont les nôtres. Même si cette visite n’est pas aussi prestigieuse que celle dont bénéficient nos voisins béninois, elle nous fait autant de bien, sinon plus… Car elle raffermit concrètement notre fraternité intra-provinciale, nous apporte un souffle d’air frais bienfaisant, sans parler des livres et autres cadeaux à usage liturgique ou communautaire qui sont fortement appréciés… Nous tâcherons de poursuivre comme il faut la mission qui nous est confiée !

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Quel Roi ! ?

20 novembre 2011, Fête du Christ, Roi de l’univers, année A, Mt 25,31-46 /

Drôle de choix de lectures pour fêter le Christ, roi de l’univers ! La première lecture et le psaume évoquent le Bon Berger, ce qui indique déjà toute une façon de concevoir la royauté ! Mais l’Évangile évoque les affamés, les assoiffés, les étrangers, les dénudés, les malades et les prisonniers… N’y-a-t-il pas erreur de « casting » ? Heureusement Paul sauve la mise en parlant de « pouvoir royal » du Christ qui « mettra sous ses pieds tous ses ennemis. » (cf. 1 Co 15,24-25) Méfions-nous, encore une fois, d’un vocabulaire qui nous est trop familier : de quelle royauté parlons-nous ? Le roi des pauvres… Le roi de tous les pauvres… Le roi des pauvres mortels…

Le roi des pauvres !

« Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! […] Ce que vous n’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » (Mt 25, 40.45) Quand je parle de roi des pauvres, je ne veux pas dire que Jésus Christ ne règne que sur les pauvres, mais qu’il est le premier d’entre eux, ou, plus exactement, qu’il s’identifie à chacun d’entre eux. Le service du Christ Roi est clair, il ne se joue que dans le service de l’affamé, de l’assoiffé, de l’étranger, du dénudé, du malade, du prisonnier et on pourrait allonger la liste…, mais celle-ci demeure terriblement d’actualité, quand on pense qu’elle fut proclamée il y a 2000 ans !  Pendant longtemps j’ai eu un peu de mal à admettre que l’on aide « les pauvres » car l’on verrait en eux le Christ ! Cela résonnait en moi plutôt comme une « instrumentalisation  des pauvres » pour obtenir son salut, pour gagner son ciel… Mais tous ceux qui sont engagés dans quelque proximité que ce soit auprès des infortunés d’aujourd’hui, ont nécessairement fait l’expérience de rencontres éminemment humaines, bouleversantes, réelles, réciproques d’ailleurs – car on reçoit beaucoup –  qui n’ont rien à voir avec de la condescendance, de la pitié ou du calcul spirituel. Donc, d’une certaine manière, que l’on voit ou non, dans « un pauvre », la figure du Christ n’est pas le problème… L’évangile est clair sur ce point, on peut être tout à fait inconscient du lien entre le pauvre et le Christ et être sauvé : « Quand est-ce que nous t’avons vu…? Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? » ; Quelle que soit, donc, notre religion, nos étiquettes, nos motivations… Mais nous chrétiens savons que servir le pauvre, c’est servir le Roi des pauvres !

Le roi de tous les pauvres !

Le Christ, « Roi de l’univers » ! Je suis assez sensible à cette dimension cosmique de la royauté du Christ, en qui tout est créé, en qui tout existe,  et en qui tout est maintenu (cf. Col 1,15-20). Mais l’évangile de ce jour m’oblige aussi à une autre lecture de cette dimension universelle de la royauté du Christ ! Le caractère dramatique du tri qui s’opère, en fonction du service de nos frères les plus pauvres, laisse entendre qu’on ne peut participer à la plénitude du bonheur de Dieu tant qu’un être humain souffre sur Terre. L’identification du Christ avec l’humanité entière, et avec chaque être humain en particulier, voilà éminemment où se situe l’universalité de la royauté du Christ ! Alors, si nous voulons vivre de la vie du Christ, nous devons avancer vers cette même universalité, vers une fraternité universelle, sans jamais nous croire arrivés au bout du chemin de l’ouverture à l’autre : « Ce que vous n’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.. » Oui, la fête du Christ Roi, renvoie à la fin des temps – c’est le dernier dimanche de l’année liturgique – car cette royauté universelle, cette joie définitive à laquelle nous sommes invités, ne pourra vraiment se réaliser que dans la Royaume de Dieu : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. […] ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » (Ap 21,3-4) Sommes-nous tendus, comme Dieu, vers cette joie en plénitude pour chaque humain, puisque notre roi est le roi de tous les pauvres ?

Le roi des pauvres mortels…

Encore une autre dimension de cette royauté universelle que j’aimerais souligner, grâce à saint Paul. Certes celui-ci nous parle d’un roi vainqueur de ses ennemis, mais il précise : « le dernier ennemi qu’il détruira c’est la mort ! » (1 Co 15,26) Alors, au-delà du jugement terrible évoqué, sur la base de notre amour effectif ou non pour les pauvres, soyons assurés que nous ne sommes pas ou dans le camp des sauvés, ou dans le camp des réprouvés : parfois nous avons aidé le pauvre, et parfois nous sommes restés sourds à son appel… Nous avons chacun notre face de lumière et notre face de ténèbres… La mort voudrait nous entraîner de son côté, mais le Christ est vainqueur de la mort, et c’est lui, et non la mort, qui aura le dernier mot puisqu’il règne sur nos vies de pauvres mortels… Cela ne vous rassure-t-il pas ?

Quel roi !

Le roi des pauvres,

Le roi de tous les pauvres,

Le roi des pauvres mortels, que nous sommes !

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Novembre : mois de la mémoire !

Depuis le 2 novembre, où nous faisons mémoire de ceux qui nous ont quittés, en passant

Bx Kamen, Josaphat et Pavel

par la mémoire de nos martyrs, ou de notre fondateur, jusqu’à des anniversaires plus personnels, ce mois de novembre est vraiment, pour moi, un temps spécial pour se souvenir…

1er novembre : Fête de la Toussaint, nous nous rappelons qu’une vie de sainteté est possible en faisant mémoire de celles et ceux qui nous ont précédés sur ce chemin.

2 novembre : Nous nous souvenons de « nos » défunts, et des autres… Pour nous chrétiens, ce n’est pas qu’une fête du souvenir, mais aussi un temps de communication plus intense avec ceux que nous croyons vivants auprès de Dieu, ou quelque part sur le chemin qui mène à lui…

6 novembre : Mémoire de tous les frères défunts de la congrégation. Nous avons la chance d’avoir ce bel et gros ouvrage en cinq tomes du père Jean-Paul Perrier, qui nous offre la biographie succincte de tous nos frères décédés avant 2000.

12 novembre : Évènement plus personnel, jour anniversaire de mon ordination…en 2000… Encore une occasion de se remémorer tout le parcours qui m’a mené jusqu’à la prêtrise et le chemin parcouru depuis.

13 novembre : Fête de nos bienheureux martyrs bulgares : Kamen, Pavel et Josaphat

21 novembre : Fête de l’entrée au ciel de notre fondateur le vénérable Emmanuel d’Alzon le 21 novembre 1880. Action de grâce pour ce qu’il a engendré…

30 novembre : Anniversaire de ma naissance…

Et au-delà des dates, le mois de novembre, où nous célébrons la fin de l’année liturgique, nous incite à faire mémoire de l’année écoulée, en la mesurant à l’aulne de notre rencontre à venir avec le Christ… Alors j’espère que vous n’êtes pas amnésique… Quant à celles et ceux qui sont déjà un peu partis ailleurs à cause de certaines maladies de la mémoire, il leur reste la mémoire du cœur. Et pour nous l’assurance que tous les beaux détails de leur vie leur seront restitués dans cette vie de plénitude à laquelle ils sont appelés ! Je souhaite donc à chacun un bon temps pour faire mémoire des uns, des autres, de sa propre vie, un beau bouquet de fleurs (éventuellement de chrysanthèmes) à contempler avec tendresse et une joie profonde !


Quelques nouvelles…

 Depuis mon arrivée ici, le temps a bien changé. Les pluies diluviennes ont fait place à la sécheresse la plus stricte… Les 30° – 32° – sont parfois chauds, mais relativement supportables, puisqu’ils sont secs et accompagnés d’une brise légère. Nous sommes entrés dans la saison sèche pour environ six mois. Quelques nouvelles activités se mettent encore en place : je vais débuter ce samedi le groupe biblique au « Centre culturel saint Augustin » ; nous avons décidé de lancer un ciné-club qui débute petitement ce samedi mais surtout la semaine prochaine, en espérant pouvoir ramasser un peu d’argent pour les activités du Centre culturel… Quant aux conférences mensuelles cela ira à début décembre… Nous attendons bientôt la visite de notre économe provincial, le P. Vincent Cabanac, et d’ici quelques semaines nous devrions déménager dans notre véritable noviciat… Ce sera encore toute une étape, car cette fois nous vivrons au milieu des champs !

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Urgence !

13 novembre 2011, 33ème dimanche A, Mt 25,14-30 /

Cette fin d’année liturgique nous renvoie à un autre épilogue : celui de la fin des temps ! Sans entrer dans un catastrophisme millénariste, ne sentez-vous pas l’urgence de vous y préparer ? Car, somme toute, quelle que soit la date du retour du maître pour demander des comptes (cf. Mt 25,19), notre fin des temps, individuellement parlant, est proche : « Le nombre de nos années ? Soixante-dix, quatre-vingts pour les plus vigoureux ! Leur plus grand nombre n’est que peine et misère ; elles s’enfuient, nous nous envolons. » (Ps 89,10) À tout âge, confronté soudainement à l’imminence de la mort possible, chacun a pu se poser cette question aigüe : « Qu’aurai-je fait de ma vie ? ». La parabole des talents nous renvoie donc à une triple urgence : il est urgent de rendre grâce, il est urgent de vivre, il est urgent de prier !

Urgent de rendre grâce !

« Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. » (Mt 25,14-15) Puisqu’on va nous demander des comptes, faisons tout de suite un peu de comptabilité… Un talent équivaut à 60 mines qui chacune vaut 100 deniers, le denier étant le salaire d’une journée. Donc remettre un talent revient à remettre le salaire de 6 000 journées soit environ 20 années de salaire (puisqu’il y a des jours chômés). Le maître a donc donné à ses serviteurs de quoi subvenir à leurs besoins respectivement pour 100 ans, 40 ans et 20 ans… Ce n’est pas rien ! La parabole nous parle donc de biens qui nous sont confiés en abondance, même si nous sommes les moins nantis. Il ne faut donc pas restreindre ces « talents » aux dons personnels ou aux biens matériels qui nous sont confiés, mais prendre conscience de tout ce dont nous bénéficions et dont on nous demandera compte : la vie reçue, la santé, l’amour dont nous avons bénéficié… mais encore l’eau, la lumière, la nourriture, les forêts, les animaux, les ressources naturelles… et finalement toutes ses années déjà vécues et celles encore à vivre. N’est-il pas urgent de rendre grâce ? Non seulement de remercier oralement, mais vraiment de rendre les grâces reçues, de faire de notre vie une action de grâce : une mise en œuvre des grâces reçues…

Urgent de vivre !

Qu’aurons-nous fait de tout ceci ? L’aurons-nous gaspillé en pure perte ? (Ce qui n’est même pas envisagé dans la parabole !!!) L’aurons-nous « enfoui en terre », c’est-à-dire aurons-nous refusé d’accueillir la vie offerte par Dieu, en cherchant à vivoter avec d’autres expédients ?… D’où la sentence plutôt choquante de prime abord : « Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore… mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. » (Mt 25, 29) La vie, en effet, ne peut être que transmission, échange, risque et non pas captation ou repli sur soi. Il est urgent de vivre, c’est-à-dire de transmettre ce que nous avons reçu, de lui faire porter du fruit, de sortir de soi, de risquer sa vie pour les autres, d’aimer. Tout le reste – repli, peur, égoïsme – relève de la non-vie, qui ne peut trouver place dans le Royaume de Dieu, dans le Royaume de la Vie : cela nous sera enlevé ! Et surtout ne soyons pas jaloux de ce que les autres auront perçu, car le maître a donné à chacun avec abondance et « selon ses capacités »… Soyons même heureux de ne pas trop avoir à faire fructifier car « à qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. » (Lc 12,48)

Urgent de prier !

J’ai pas mal hésité, pour cette troisième expression, mais voilà ce que je voudrais y dire : puisque le moment de la rencontre viendra bientôt, pour chacun d’entre nous, n’est-il pas urgent de nous préparer à rencontrer « le Maître » grâce, principalement, à la prière. Comme je le disais la semaine dernière, toute notre capacité à aimer ne nous permettra pas de saisir le Royaume, il nous faudra en passer par le Christ. Aussi il nous faut toujours tenir en même temps que notre vie en Dieu dépendra de nos actes ici-bas – le jugement – et que notre vie en Dieu sera un don gratuit de la miséricorde de Dieu. N’est-il pas urgent de prier et d’agir en ces termes : « Crois en Dieu comme si tout le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu. Cependant mets tout en œuvre en elles, comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul. » Gábor Hevenesi (1656-1715), jésuite hongrois (maxime habituellement attribuée à St Ignace). Ou, dans une formulation plus simple, mais peut-être moins riche : « Prie car tout dépend de Dieu, mais agis comme si tout dépendait de toi ! »

Puisque « notre » fin des temps approche… N’est-il pas :

Urgent de rendre grâce ?

Urgent de vivre ?

Urgent de prier ?

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Conscience éclairée ?

Je viens de commencer sur Radio Sainte Thérèse, la radio diocésaine dont le directeur est un assomptionniste, une nouvelle émission qui s’intitule « Parole d’Église pour aujourd’hui ! » Je reprends en fait, de manière radiophonique, le type de parcours qui s’appelait « Actualité de l’Église » à Québec. Le but poursuivit est toujours le même : permettre aux chrétiens qui le souhaitent d’aller lire de plus près les textes de l’Église, sans se contenter des approximations plus ou moins bienveillantes de la part de certains médias. J’aimerais vous en partager quelques éléments…

– De quoi parle-t-on quand on parle de Magistère de l’Église, et pourquoi s’intéresser aux textes du Magistère ? :

En fait, les textes du Pape ou des Évêques ont de bien différents niveaux d’autorité selon les cas : un discours du Pape, dans telle ou telle circonstance, n’a pas la même autorité qu’un texte où il définit un dogme… Un Évêque qui se prononce sur un sujet particulier pour son diocèse, n’a pas la même autorité qu’une parole collective d’Évêques rassemblés en concile ou en synode. Un texte d’un dicastère romain, n’est pas non plus une constitution dogmatique d’un concile, etc.

De plus, « si le Magistère est seul à pouvoir proposer une interprétation « authentique », et faisant donc autorité pour les croyants, il n’est jamais seul dans son travail de discernement du sens des Écritures et de la Tradition. Il s’en acquitte lui-même au sein de l’Église, en bénéficiant, non seulement du travail des exégètes et des théologiens, mais aussi de ce que l’écoute croyante des fidèles a perçu de cette Parole de Dieu qui lui est transmise. » (Catéchisme pour adultes, §64)

– Pourquoi s’intéresser aux textes de l’Église, l’Évangile ne suffit-il pas ?

En fait nous avons là un point de clivage par rapport à la tradition protestante de la « Sola Scriptura ». Pour la tradition catholique :  » La sainte Tradition et la SainteÉcriture constituent un unique dépôt sacré de la Parolede Dieu, confié à l’Eglise » cf. Dei Verbum §10

Il faut bien comprendre, en effet, que le Nouveau Testament est un fruit des premières communautés chrétiennes. Jésus n’a rien écrit ! Opposer Nouveau Testament à Tradition de l’Église n’a donc pas vraiment de sens… Ce sont les premières communautés qui ont mis par écrit leur expérience de Jésus Christ et donc c’est l’Église qui a autorité pour interpréter ces Écritures… Sinon on peut faire dire n’importe quoi aux textes. (cf. lectures fondamentalistes ou littérales)

– Interprétation authentique ? Qu’est-ce à dire ? N’y a-t-il pas eu bien des changements de positions de la part de l’Église ?

Certes, on pourrait multiplier les exemples de revirements d’attitude de la part du Magistère dans des domaines très variés… Par exemple Grégoire XVI dans son encyclique « Mirari vos » de 1832 qualifie de « délire » la liberté religieuse alors que le Concile Vatican II et les papes qui ont suivi prônent la liberté religieuse comme une exigence évangélique. Pie XI en 1928 fustige les velléités œcuméniques naissantes alors que, depuis Jean XXIII, les papes ne cessent de proclamer l’œcuménisme comme une nécessité vitale pour l’Église… On pourrait encore évoquer ici les changements d’attitude du Magistère à l’égard du prêt à intérêt ou de l’exégèse biblique, etc.

Deux éléments sont ici importants : ne pas faire d’anachronisme, et juger avec nos lunettes d’aujourd’hui telle ou telle position du passé, sans vraiment connaître le contexte du débat. Par ailleurs, il ne faut pas confondre « interprétation authentique » et infaillibilité. Interprétation authentique signifie que, dans tel contexte bien précis, l’Église indique le chemin qui lui semble le plus sage et le plus fidèle à l’Évangile. Cela n’a rien à voir avec une déclaration infaillible. La seule fois, depuis le Concile Vatican I (qui a définit l’infaillibilité pontificale), où cette infaillibilité fut engagée, ce fut pour la proclamation du dogme de l’Assomption dela Vierge Marie en 1950 par Pie XII.

– Que se passe-t-il si des fidèles se sentent en porte à faux avec certains enseignements du Magistère, s’ils se sentent incapables d’adhérer à l’enseignement de l’Église… Par exemple dans le domaine de la morale sexuelle ?

Ici aussi deux éléments de réponse : d’abord ce qu’on appelle la loi de gradualité : Cette notion est apparue au synode de 1980 sur la famille et dans l’exhortation apostolique « Familiaris consortio » qui le suivit en 1981. Il s’agissait, pour les évêques, de supprimer la dichotomie apparente entre, d’une part, les exigences de l’amour authentique et plénier telles qu’elles étaient formulées dans l’encyclique Humanae Vitae de 1968 (avec la question de l’emploi des moyens de contraception non naturels) et, d’autre part, la faiblesse humaine des personnes et des couples. La « loi de gradualité » prend en compte un « cheminement pédagogique de croissance incontournable pour les êtres insérés dans le temps que nous sommes » (F.C. n° 9).  Ou encore  » l’Homme connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance. » (F.C. n° 34).

En clair, cela signifie que nul n’est tenu d’appliquer immédiatement et dans son intégralité la norme morale proposée par le magistère de l’Église, s’il se juge incapable de la respecter ici et maintenant. L’important, dans ce cas, est de reconnaître la valeur de la norme, de vouloir la vivre pleinement le plus tôt possible, et de prendre les moyens concrets naturels et surnaturels pour s’en rapprocher. Si donc l’application immédiate de la lettre de la norme n’est pas toujours exigée, par contre, la tension vers celle-ci l’est ! L’enseignement de l’Église  a pour rôle ici d’éclairer les consciences, mais aussi de nous empêcher de nous justifier trop rapidement, pour que nous nous ouvrions à l’action de Dieu en nous et, ainsi, que nous puissions continuer à progresser.

Deuxième élément de réponse… L’objection de conscience. En dernier recours au cas où l’on se sentirait incapable, en conscience, d’obéir à une directive de l’Église, il est certain que l’obéissance à sa propre conscience prend la première place : « L’être humain doit toujours obéir au jugement certain de sa conscience. S’il agissait délibérément contre ce dernier, il se condamnerait lui-même » (Catéchisme Eglise Cath. §1790). … mais le texte ajoute : « Mais il arrive que la conscience morale soit dans l’ignorance et porte des jugements erronés sur des actes à poser ou déjà commis. »

L’obéissance au magistère est postulée de la part du baptisé (avec différents niveaux d’adhésion suivant les degrés d’autorité des textes), mais il ne peut s’agir d’une obéissance aveugle qui le dispenserait de l’obéissance plus fondamentale due à sa conscience. Mais une conscience que chaque catholique doit sans cesse avoir le souci d’éclairer par la Parole de Dieu et par l’enseignement du Magistère de l’Église.

D’où la pertinence de notre parcours…

Quelques nouvelles…

 Depuis quelques semaines déjà, la pluie nous a délaissés, et nous ne descendons guère en-

Cathédrale de Sokodé

dessous des30°C. Heureusement une petite brise nous accompagne en attendant l’harmattan, ce vent chaud, sec et poussiéreux d’Afrique de l’Ouest qui souffle vers le sud en provenance du Sahara…

À part la nouvelle émission de Radio, il y eut plusieurs nouveautés cette semaine : deux messes célébrées à la cathédrale, la paroisse où se situe le Noviciat pour l’instant. Célébration de dimanche dernier mais aussi pour la fête de la Toussaint… Ce matin don du sang pour les novices et moi-même, une autre façon d’être solidaire… Hier visite du pasteur Sylvain Pitagnali, de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo, très engagé dans l’œcuménisme et ayant déjà bien collaboré avec les Assomptionnistes par le passé. Et demain sortie du Noviciat à Sotouboua, une paroisse voisine ayant développé un petit sanctuaire à Notre-Dame de pitié. La vie du noviciat se poursuit donc paisiblement…

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