Le temps de Noël ?

Temps de Noël ou lendemains de fête ? Il n’est jamais très évident de vivre pleinement le temps de Noël… Pour beaucoup l’esprit est à la fête avant Noël : les magasins nous feraient presque croire que Noël commence aussitôt après Halloween… et qu’aussitôt la fête passée, on peut enlever nos sapins et reprendre le temps ordinaire. Heureusement qu’il y a le nouvel an pour nous maintenir dans l’esprit de fête au moins jusqu’au premier janvier ! La liturgie, quant à elle, nous signifie bien que le temps de Noël commence le 24 décembre au soir jusqu’à la fête du Baptême du Seigneur –date mobile suivant les années- ce n’est donc bien que mardi prochain, le 10 janvier, que commencera le temps ordinaire et que nous pourrons ranger nos décorations de Noël ! Ce n’est pas tellement par souci de « rubricisme liturgique »  que je mentionne cela, mais en raison de l’étonnement, toujours renouvelé, de constater que la fête est bien plus présente en nos cœurs dans ses préparatifs (le temps de l’Avent) que dans sa réalisation (le temps de Noël)… Vous allez dire que je radote : mais quel puissant moteur pour notre vie que le désir ! Cela me fait penser à cette phrase du renard dans Le petit prince, pour justifier le fait de se donner une heure de rendez-vous : « Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur ! »

S’habiller le cœur pour la fête, préparer les cadeaux, le repas, envisager les retrouvailles : quelle joie ! Mais la réalité est toujours un peu décevante, le repas de fête tourne parfois à la dispute familiale, ce qu’on avait préparé avec soin n’est pas apprécié à sa juste valeur, le cadeau ne fait pas vraiment plaisir, etc. Alors comment vivre pleinement le temps des fêtes ? Je ne suis vraiment pas un spécialiste de la fête, aussi ma réponse vous paraîtra peut-être tout à fait à côté de la plaque, mais la liturgie me donne à penser que toutes les fêtes que nous célébrons ne sont que des prémices de la fête du Royaume de Dieu à laquelle nous sommes appelés. Et voici le retour du Désir : Ne pas vivre la fête comme un aboutissement, mais comme un galop d’essai, comme un lieu d’apprentissage pour la fête ultime ! Alors peut-être verrons-nous d’abord ce qui a bien réussi dans notre fête cette année, plutôt que ce qui fut un peu raté. Alors peut-être pourrons-nous nous émerveiller d’avoir pu vivre déjà la Joieà laquelle nous sommes appelés, malgré tout ce qui n’est pas vraiment drôle dans notre vie, dans notre entourage, dans notre monde ! Et si nous profitions de ce temps de Noël, jusqu’à lundi prochain, pour nous réjouir de l’amour partagé durant ce temps des fêtes, de ce que nous avons appris à travers nos retrouvailles et qui nous permettent déjà de nous habiller le cœur pour la seule fête et les seules retrouvailles qui nous combleront vraiment ?

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Dans quinze jours !

C’est devenu une boutade en communauté, cela fait maintenant presque deux mois que lorsqu’on nous demande « quand est-ce que vous déménagez ? » nous répondons « dans quinze jours » ! Vous savez ce que c’est, les travaux sont bien avancés mais les finitions prennent toujours du temps… Vous pouvez en tout cas vous rendre compte de l’avancement des travaux du nouveau Noviciat en regardant ces quelques photos. Le bâtiment vous paraîtra peut-être grand, mais la mission progresse à grand pas : 6 jeunes frères sont aux études, 4 novices sont avec moi, 8 jeunes pré-postulants sont à la communauté de Komah, et nous sommes en lien avec une vingtaine d’autres candidats… En plus des 10 frères déjà à l’œuvre dans cette « nouvelle mission » d’Afrique de l’Ouest. Cette maison, qui servira dans l’immédiat pour le Noviciat, aura bien d’autres fonctions possibles par la suite, et déjà l’année prochaine nous devrions être au moins dix à la communauté… Nous sommes donc dans l’imminence du déménagement : dans quinze jours!

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Etoile des nations !

Épiphanie du Seigneur, année B, Mt 2,1-12 /

La fête de l’Épiphanie – c’est-à-dire de la manifestation du Seigneur – nous renvoie à la question de l’universalité de notre foi en Jésus Christ. Le christianisme ne relève pas de notre petite sphère privée, comme on nous le répète constamment, mais est réponse à la quête universelle de sens et de bonheur, comme nous le signifie la figure des Mages. Mais comment, sans arrogance, être étoile pour les nations ? L’étoile n’est qu’un signe… L’étoile ne se contemple pas elle-même…

Une étoile pour les nations !

« Les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière… » (Is 60,2-3 première lecture) Israël, par la voix des prophètes, avait bien perçu que sa relation privilégiée avec le Seigneur, son « élection », n’était pas pour s’auto-glorifier mais pour témoigner du Dieu Vivant à la face des Nations ; pour être signe, pour tous les peuples, d’une vie selon la volonté de Dieu. On pourrait dire que ce rôle d’Israël fut particulièrement accompli dans ce récit de l’Épiphanie : les Mages, représentant les Nations, sont conduits à Jérusalem et, après consultation de l’Écriture – le véritable trésor d’Israël – Hérode va, bien malgré lui, remplir sa fonction prophétique qui consiste à indiquer où trouver le Dieu vivant, c’est-à-dire à Bethléem ! Remarquez bien que ce n’est qu’après cela que l’étoile prend vie et précède les Mages sur le chemin : « Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait. » (Mt 2,9) La véritable étoile de ce récit c’est donc Israël, selon la promesse d’Isaïe. Aujourd’hui, tout en affirmant à la suite de saint Paul que la seconde Alliance n’a pas supprimé la première, car « les dons de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29),  l’Église, Nouvelle Jérusalem, bénéficiaire de la plénitude de la révélation en Jésus Christ, doit être un signe éclatant : une étoile pour les nations ! Même si la réalité n’est pas toujours à la hauteur de la mission, comment puis-je personnellement contribuer à ce que moi-même et ma communauté chrétienne soyons une étoile brillante au service de tous les chercheurs de sens et de  bonheur ?

L’étoile n’est qu’un signe !

Reprenons la question de l’arrogance de cette prétention à être étoile pour les Nations. Premièrement, ne confondons pas la luminosité de l’Église avec la lumière resplendissante du Seigneur : « Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie… et quand ils virent l’enfant avec Marie sa mère, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. » (Mt 2, 10-11) Les Mages ne se sont pas prosternés devant l’étoile, celle-ci n’est qu’un signe ! Le rôle de l’Église n’est pas d’abord d’agréger à elle, mais d’indiquer le Seigneur et Sauveur du monde, de proposer le chemin de l’Évangile, d’être « experte en humanité » (selon l’expression de Jean-Paul II) au service de tous les peuples et de toutes les nations. De plus, il suffit de contempler la vie de Jésus de Nazareth, lui qui est la véritable « lumière du monde » (Jn 8,12), pour se rendre compte que sa façon d’être La lumière n’a rien d’une prétention arrogante. Désirons-nous être lumière pour le monde à la manière de Jésus de Nazareth et en renvoyant toujours à la source de notre lumière : Jésus Christ ?

L’étoile ne se contemple pas elle-même !

Les Mages « offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » (Mt 2,11) C’est-à-dire qu’à leur tour ils deviennent prophètes en reconnaissant, en ce petit enfant, le Roi (l’or), le Grand Prêtre (l’encens) et le Ressuscité d’entre les morts (la myrrhe), alors qu’Hérode n’y percevait qu’un rival. Ce qu’il y a de merveilleux lorsque l’on entre en dialogue avec des personnes qui sont loin de l’Église ou de la foi, c’est qu’ils peuvent avoir un regard étonnant et édifiant sur l’Église ou sur la personne du Christ. Trop pris par le jargon chrétien, par nos codes habituels, par nos sensibilités, par nos rivalités internes, nous en arrivons parfois à ne plus percevoir l’essentiel de notre foi et de notre mission. Ne nous soucions donc pas trop de paraître, de briller, au risque de vouloir nous contempler nous-même, mais ayons à cœur d’être authentiques et centrés sur l’essentiel : la foi, l’espérance et la charité ! Alors nos frères et sœurs pourront percevoir, selon l’étape de leur propre quête, ce qui leur sera nécessaire pour poursuivre leur route… Et peut-être même nous révéleront-ils la profondeur, insoupçonnée par nous-même, de ce que nous vivons !

Individuellement, mais surtout communautairement, replaçons-nous face à notre mission :

Être une étoile pour les nations,

sans arrogance,

un humble signe,

qui ne se contemple pas lui-même !

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Défis et solidarité …

La tâche de l’Église en Afrique est immense, les gens sont « naturellement » religieux, mais cette religiosité est à accompagner et à former… À ma mesure, en dehors de ma tâche principale, j’essaie de répondre à ces défis : prédications à la cathédrale et à notre paroisse de Komah ; émission de radio sur les textes du magistère de l’Église ; programmation de conférences au Centre culturel saint Augustin ; lancement d’un groupe biblique régulier ; récollections etc.

Novices et candidats à Sokodé

Comme toujours en Afrique le défi est à la fois apostolique et financier… Nous avons en charge une paroisse (avec plusieurs stations secondaires) et une église à construire… La radio diocésaine nous a été confiée… Le Centre culturel est également à notre charge… Et les ressources locales quasiment inexistantes… De plus, les deux communautés (celle du noviciat et celle de la paroisse) sont dans une installation provisoire, mais heureusement une première maison s’achève. Elle servira, dans un premier temps, pour le noviciat et nous devrions emménager courant janvier dans cette nouvelle demeure, mais reste le problème de l’électrification… Les frères sont également engagés dans d’autres défis : aide à la scolarisation pour des jeunes souvent laissés à eux-mêmes, aumônerie de prison, soutien aux malades du sida (un de nos frères qui s’implique à Sokodé dans le domaine est également aumônier à Dapaong auprès de la sœur Marie-Stella qui s’occupe « d’orphelins et de malades du sida » (dont le Pèlerin s’est fait l’écho) ; c’est là-bas également que les novices feront leur stage de noviciat…

Quelques amis m’ont spontanément proposé une aide financière pour nous soutenir dans notre mission et également en reconnaissance au service rendu chaque semaine via Internet… Je leur suis grandement reconnaissant. Si d’autres veulent se joindre à eux, sachez que votre contribution ne sera pas vaine…

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Vous pouvez envoyer votre contribution, avec la mention explicite « pour le Togo », à :

 Pour le Canada :

En dollars canadiens par chèque à l’ordre de :

Le Montmartre, 1679 Chemin Saint Louis

QUEBEC (QC) G1S 1G5

Pour l’Europe :

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C’est la Procure missionnaire qui nous fait vivre

Ces dons permettent de recevoir des reçus pour déduction de vos impôts !

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Quelle discrétion !

Sainte Marie, Mère de Dieu, année B, Lc 2,16-21 /

N’est-il pas surprenant alors qu’on célèbre Marie, en son titre de Mère de Dieu, d’avoir des textes si discrets sur Marie… La première lecture n’y fait aucunement allusion, la deuxième lecture nous dit simplement que Dieu a envoyé son Fils et qu’ « il est né d’une femme », quant à l’évangile il nous livre ce splendide portrait de Marie : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » (Lc 2, 19) Cette discrétion même, n’est-elle pas le cœur de l’enseignement de cette fête de Marie, fête de Dieu, fête de la Paix pour aujourd’hui !

Discrétion de Marie !

Les anges ont chanté à tue-tête la gloire de Dieu auprès des bergers… Ceux-ci, habituellement solitaires et taciturnes, viennent jusqu’à Bethléem et deviennent bavards pour rapporter ce qui  leur a été annoncé au sujet de cet enfant… Des mages quittent leur pays pour adorer le nouveau roi… Hérode va mettre le pays à feu et à sang pour éliminer cet « usurpateur »… Et Marie, au milieu de la tempête, demeure silencieuse tandis qu’elle recueille en son sein tous ces événements. « Peut-être ce silence est-il lui-même un message pour nous : la gloire de Marie serait justement d’avoir tout simplement accepté d’être la mère de Dieu, d’avoir su se mettre tout entière, humblement, au service de l’accomplissement du projet de salut de Dieu. Elle n’est pas au centre du projet ; le centre du projet c’est Jésus, celui dont le nom signifie Dieu sauve. »[1] Quel contraste avec certaines supposées-apparitions de Marie (non reconnues par l’Église), où elle semble si bavarde ! Pour agir selon la volonté de Dieu, le plus urgent n’est-il pas de prendre le temps de la discrétion et de la contemplation, à la lumière de la Parole de Dieu, de tous les événements qui nous bousculent ?

Discrétion de Dieu !

Si les textes sont discrets sur Marie, que dire, a fortiori, du silence de Dieu ! Tout au long des récits de l’enfance de Jésus, nulle manifestation spectaculaire de son Père du ciel… La raison principale n’est-elle pas évidente ? Puisque Jésus épouse notre condition humaine, il va devoir mener nos combats avec les mêmes armes, non pas comme un Dieu omniscient dont les pieds seraient portés par les anges (ainsi que le suggère le tentateur), mais comme un homme qui doit discerner jour après jour la volonté de son père, comme un homme qui doit prendre ses responsabilités d’Être libre ! Comme nous le signifie Marie, qui se fera discrète pour que son Fils puisse pleinement exister dans sa vocation, Dieu se fait discret dans chacune de nos vies, pour que nous puissions pleinement exister comme être libre capable d’amour ! Car un amour qui contraindrait ne serait plus un amour… Les mères le savent bien… Combien plus Dieu doit-il cheminer discrètement à nos côtés !

Discrétion de l’artisan de paix !

Puisque ce premier jour de l’année est traditionnellement consacré à la Paix, l’attitude de Marie, l’attitude de Dieu ne peuvent-ils pas nous inspirer ? Loin d’être une attitude inefficace et mièvre, la discrétion de l’amour est une véritable puissance ! Par son amour discret Marie a permis à son Fils de sauver le monde, par son amour discret, Dieu permet à chacun d’entre nous de mener son potentiel humain jusqu’à sa plénitude… Alors par notre amour discret, capable de sacrifice, d’abnégation, de prise sur soi de la souffrance d’autrui, serons-nous de véritables et puissants artisans de paix ?

En ce premier jour de l’année, alors que les vendeurs et soldeurs de tout acabit, veulent nous imposer comme ligne de vie, le paraître, l’avoir et le pouvoir…

Saurons-nous emprunter un autre chemin,

celui de Dieu, celui de Marie :

celui de la discrétion ?

 



[1] Marie-Noëlle THABUT, L’intelligence des Écritures, Tome 1, p. 100

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Voeux 2012

Je souhaite à chacune et chacun une belle année 2012 !

Au-delà de toute les joies superficielles, la joie profonde qui nous anime est celle-ci :  puisque le Christ a pris notre condition humaine, puisqu’il a traversé la souffrance et la mort et puisqu’il est ressuscité, aucune souffrance, aucun mal, aucune mort n’a le dernier mot, mais c’est Lui, notre Créateur et Sauveur qui a le dernier mot sur toute chose, lui qui est tout amour et nous offre une vie de plénitude ! Cette joie, essentielle et profonde, ne nous évite pas les vagues de surface, les peines, les inquiétudes, les souffrances, mais celles-ci doivent-elles nous ébranler outre mesure ?

Puisons, jour après jour, à la source de la Joie !

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Dépaysements et contrastes de Noël !

Finalement c’est bien de Ouagadougou (Burkina-Faso), que j’écris cette lettre hebdomadaire ! La visite du formateur de la Province de France à notre nouvelle communauté de « Ouaga », fut l’occasion pour les novices, le P. René Mihigo, et moi-même d’entreprendre ce voyage jusqu’à la capitale Burkinabè.  Plusieurs activités au programme : d’abord  la rencontre de nos frères, une session de formation sur la « vie fraternelle » pour les novices et les jeunes frères en cycle de philo, un temps de réflexion et de partage entre formateurs et, bien sûr, la fête de Noël sous d’autres cieux !

Contrastes, sur la route… entre des portions de routes belles et rapides, et d’autres étapes où le goudron, telle une peau de chagrin, ne vient que décorer le pourtour de cratères plus ou moins profonds… Partis à 5h30 de Sokodé, c’est sur le coup des 18h30 que nous arrivâmes à bon port, un bon baptême pour le « nouveau » cha

uffeur africain que je suis… Barrages et autres formalités ne nous ont pas arrêtés, même si le « pays des hommes intègres » a décidé, depuis quelques mois, de façon unilatérale, de faire passer les visas pour les étrangers qui ne sont pas de la sous région de 10 000 à 94 000 CFA ( càd de 15 à 144 €)  pour 7 jours !

Contrastes des paysages… Plus montagneux du côté du Togo, et plus plats et sec du côté du Burkina…


Contrastes des moyens de transports
… De la charrette tiré par les ânes, aux Mercedes, en passant par les taxis minibus surchargés et les vélos omniprésent dans les campagnes burkinabè et laissant place de plus en plus aux motos et autres mobylettes.

Mais surtout contraste des constructions entre des campagnes encore traditionnelles et le quartier de « Ouaga 2000 », où les architectes rivalisent de créativité pour construire moult ambassades, hôtels, ministères, salles de congrès et autres sièges de sociétés internationales.

Contraste enfin de vivre Noël sous le beau soleil d’Afrique, après les noëls québécois, dans un milieu qui n’est pas tout orienté vers cette fête, et donc dans une ambiance générale qui ne semble pas si marquée par Noël, même si à Ouaga (comme à Lomé paraît-il), quelques belles illuminations marquent bien la fête !

Je vous laisse donc avec quelques photos (l’album viendra s’enrichir dans les jours à venir) pour visualiser en partie ces contrastes…

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Nouvelle naissance ?

Nuit de noël 2011, année B, Lc 2,1-14 /

Noël, au cas où nous l’aurions oublié vient du latin natalis qui renvoie à la naissance… L’origine païenne évoquait le jour de naissance du soleil invaincu et, depuis la christianisation de cette fête, nous célébrons le jour de naissance de notre sauveur invaincu Jésus Christ. Mais comment, malgré le retour chaque année de cette fête, la vivre, aujourd’hui encore, comme une nouvelle naissance ?

Un nouveau né ?

Faisons une analogie : les premiers chapitres du livre de la Genèse, nous le savons bien, ne nous parlent pas vraiment des origines historiques de notre monde mais des origines fondamentales de la Création et des êtres humains. Ces récits fondateurs visitent, à nouveau frais, les questions existentielles qui sont celles des êtres humains de tous les temps : D’où venons-nous ? Pourquoi le mal ? Pourquoi la mort ? Comment vivre la différence sexuelle ? Comment vivre la fraternité ? Notre vie a-t-elle un sens ? etc. De même, donc, la fête de Noël ne nous parle pas tant de la naissance de Jésus un 25 décembre, que de la nouvelle naissance de notre monde inaugurée par la naissance, certes, mais aussi la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth, il-y-a de cela 2000 ans. Cet enfant nouveau né qui deviendra l’homme pleinement accompli, selon le projet de Dieu, nous parle de chaque nouveau né, de chaque être humain, qui peut devenir, dorénavant, en Jésus Christ, un être humain pleinement accompli, selon le projet de Dieu pour lui ! Et pour cela il n’y a pas d’âge : « « Comment un homme, quand il est déjà vieux, peut-il naître? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère, et naître de nouveau ?  » Jésus répondit :  » En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » » (Jn 3,4-5)

Nouvelle naissance de notre monde ?

Je suis toujours admiratif, dans les récits sur l’enfance de Jésus, non pas de l’aspect pauvre et misérable de cette naissance – je crois que l’on exagère trop cette dimension en oubliant que dans bien des régions, aujourd’hui encore, l’étable est attenante à la maison d’habitation pour profiter notamment de la chaleur des animaux – mais, je suis admiratif, des différents éléments du monde qui participent de la joie de cette nouvelle naissance. D’une certaine manière, non seulement les plus humbles des hommes, mais aussi les différents éléments de la Création semblent les plus disponibles à ce qui est en train de se jouer là : l’étoile, la paille ou l’herbe douce de la mangeoire, les animaux de l’étable, les troupeaux de brebis, les bergers et les anges… Tous ces éléments du règne minéral, végétal, animal, et céleste, habités par le Verbe de Dieu, comme nous le rappelions la semaine dernière, pressentent la nouvelle naissance du monde entrain de se jouer dans la naissance de cet enfant. Cette nouvelle naissance de notre monde est en marche depuis deux milles ans, y serons-nous sensibles durant ces jours ? Le manteau de fête dont nous revêtons le sapin de notre demeure, nous rappelle-t-il aussi que toute la Création est en attente de ce manteau de fête, et que nous avons à l’en revêtir tout au long de l’année, elle qui « gémit dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8,22) ?

Nouvelle naissance pour moi ?

L’Adam, le « Terreux », qui vit en moi, marqué de ses ambigüités, de sa violence, de ses mensonges, de ses inconséquences, de son péché… a été assumé dans cette nouvelle naissance. La généalogie de Jésus, selon Luc, nous le dit superbement : « Il était, à ce qu’on croyait, fils de Joseph, fils d’Héli […] fils de Kaïnam, fils d’Enos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu. » (Lc, 3,23…37) Noël célèbre donc aussi, la renaissance de ce vieil Adam qui est en moi. En Jésus Christ, l’Adam renouvelé, non seulement se redécouvre fils de Dieu mais est rendu capable de vivre pleinement son statut fondamental de fils de Dieu. La naissance du fils de Dieu, me dit qu’il est dorénavant possible pour moi de renaître fils de Dieu. Vais-je célébrer à Noël ma nouvelle naissance, celle de mon frère, de ma sœur, de chaque être humain rendu pleinement capable de vivre en enfant de Dieu ? Bien sûr cela ne se fera pas en un jour, mais de la même manière que l’anniversaire du jour de ma naissance terrestre me rappelle tout le potentiel humain dont j’ai hérité de ma famille, l’anniversaire de ce jour de nouvelle naissance pour l’humanité me rappelle tout le potentiel divin dont j’ai hérité de Jésus Christ ! Ce nouveau né, fils de la Terre et fils de Dieu, que nous célébrons à Noël, c’est Jésus de Nazareth, bien sûr, mais c’est aussi toi, moi, chaque être humain enfant de la Terre et enfant de Dieu !

Alors : Joyeux Noël,

Joyeuse nouvelle naissance,

À toute la Création, à tes frères et à toi !

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S’approcher de Dieu !

La semaine passée fut marquée par un genre de « marathon de confessions » auquel je

Les novices nourris de la contemplation et prêts pour l’apostolat

n’étais guère habitué. En effet, pour la préparation à la célébration de Noël, les prêtres, des principales paroisses de la ville, se rassemblent quatre soirs de suite, à chaque fois dans une paroisse différente, pour proposer le sacrement de la réconciliation. Le dernier soir, où l’affluence était la plus forte, nous avons confessé durant 2h30, alors que nous étions tout de même une douzaine de prêtres.

Quel beau ministère de pouvoir transmettre le pardon du Seigneur, mais aussi que de « misères humaines » à accompagner au-delà du bref rendez-vous sacramentel. À la suite de la session d’inter-noviciat sur la guérison intérieure qui mettait en exergue tout le travail à faire sur nos blessures intérieures, j’étais particulièrement sensible, durant ces tranches de vie partagées, aux guérisons nécessaires pour permettre à chacun de faire un pas de plus vers une vie libérée et heureuse…

L’un où l’autre rendez-vous fut pris, mais aussi, après décantation de tous ces partages de vie, j’eu quelques regrets de ne pas avoir demandé à tel ou tel de poursuivre l’accompagnement plus en profondeur. Entre la puissance de la grâce de Dieu et les médiations nécessaires, liées à la nature humaine, quel équilibre trouver ? La théologie ne se contente pas de dire que la grâce suppose la nature mais qu’elle la parfait.

« La théologie catholique n’a jamais cessé de proclamer que la nature humaine, et donc a fortiori la nature cosmique, n’est pas fondamentalement corrompue, mais seulement blessée. » (cf. Adolphe Gesché, Le Cosmos, Paris, Cerf, 1994, p.169) 

« La grâce, tel un levier en quelque sorte, aide à l’épanouissement accompli de la nature, donc d’une nature qui en est capable. » (idem, p.186 )

 Peut-être que dans quelques dizaines d’années, nous saurons mieux nous y prendre…

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Montée du Verbe !

18 décembre 2011, 4ème  dimanche de l’Avent, année B, Lc 1,26-38 /

« Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 1, 34) Cette question de Marie, relative à l’Incarnation du Verbe de Dieu en son sein, peut rejoindre nos propres interrogations. Comment le Fils de Dieu, que je reçois à travers les sacrements, peut-il venir demeurer chez moi ? Comment ma vie peut-elle être de plus en plus christiforme pour pouvoir dire comme saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.» (Ga 2,20) ? Comment le monde peut-il être mené à sa plénitude et laisser naître en son sein le Royaume de Dieu ? Bien sûr il en va du « mystère de la foi », mais Marie nous autorise à poser la question du comment. Et la réponse, j’en suis de plus en plus convaincu, n’est pas du côté d’une intervention extérieure de Dieu mais d’une compréhension plus profonde de notre réalité. Pour le dire autrement, la réponse n’est pas du côté d’une descente du Verbe sur notre Terre, mais d’une montée du Verbe de notre Terre.

Montée du Verbe depuis la Création !

« C’est en lui [le Verbe de Dieu], que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. » (Col 1,16-17) Cela signifie que tout ce qui existe est animé de l’intérieur par le Verbe de Dieu, par le Logos. Autrement dit, rien n’est « le fruit d’un hasard irrationnel, mais est voulu par Dieu et fait partie de son dessein. » (cf. Verbum Domini §8) Depuis le règne minéral jusqu’au règne animal, en passant par le règne végétal, le Verbe de Dieu dirige et guide la Création vers sa plénitude. Celle-ci est animée d’une intentionnalité. Mais attention, cette présence au monde n’a rien d’un panthéisme, d’une présence mêlée et diffuse du divin, d’une âme du monde mais, puisque cette présence est celle d’un Verbe, c’est une présence de sujet, de dialogue, d’offre et de désir. D’où la nécessité d’une nouvelle étape avec la création de l’être humain, car si le Monde, si le Cosmos, a déjà un sens qui l’anime de l’intérieur, il a besoin d’un être raisonnable, co-créateur, libre, pour « le cultiver et le garder » (Gn 2,15).  « Le Cosmos possède les consonnes du Verbe, même s’il attend l’homme pour être vocalisé. »[1] Nous décelons donc dans ce mouvement une montée progressive du Verbe de Dieu, depuis le plus petit élément de la matière, vers l’échelon des êtres inanimés, puis vers les êtres vivants, jusqu’à l’être humain.

Montée du Verbe dans l’histoire humaine !

Nous nous rapprochons ici des textes de ce dimanche. Le récit de l’Annonciation de l’ange à Marie vient couronner l’attente d’Israël : « Il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (Lc 1,33) Ces paroles faisant écho à de nombreux récits relatifs à l’attente messianique et, notamment, à cette promesse du Seigneur à David (1ère lecture de ce dimanche) : «Je te donnerai un successeur dans ta descendance… Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. » (2S 7,12…16) Toute l’histoire d’Israël prépare donc l’avènement en son sein du Verbe de Dieu… Non pas une descente de Dieu extrinsèque à la réalité d’Israël, mais bien une montée du Verbe de Dieu, de l’intérieur même de ce peuple, préparé depuis des siècles à engendrer le Verbe de Dieu : « Il [le Verbe] était dans le monde, Lui par qui le monde s’était fait… Et Il est venu chez les siens ! » (Jn 1,10)  Marie demandait : « Comment cela va-t-il se faire ? »…  non pas à coup de baquette magique, mais grâce à cette longue et lente montée du Verbe, accompagnée de la puissance de l’Esprit, depuis la plus petite particule de notre Terre, à travers l’avènement de l’être humain, puis d’un peuple, et enfin d’une jeune fille issue de ce peuple, capable enfin d’accueillir, en son sein, le Verbe de Dieu !

Montée du Verbe en nous !

Mais le chemin n’est pas fini, car l’Incarnation du Verbe en Marie, cette jeune fille juive, permettra au Verbe de Dieu de poursuivre sa montée en tout être humain et dans toutes les réalités de notre monde pour les conduire à leur achèvement. N’est-ce pas ce que réalise chaque eucharistie en transformant les fruits de la terre en corps et sang du Christ, et en introduisant, tous ceux qui communient à cette réalité, dans le Corps du Christ ressuscité ? L’eucharistie, et toute la vie sacramentelle, permet au Verbe de Dieu de poursuivre sa montée en chacun de nous ! Non pas par une transformation magique de notre être, mais en nous menant graduellement à l’accomplissement ce que nous sommes depuisla Créationdu monde, soit des êtres capables de Dieu puisque habités depuis toujours par le Verbe de Dieu.

Puisque le Verbe monte de l’intérieur de la Création depuis la fondation du monde…

Puisqu’il monte à travers l’histoire de l’humanité…

Le laisserai-je aussi monter en moi, à l’exemple de Marie,

afin que l’Incarnation du Verbe puisse être menée à son achèvement ?



[1] Cf. Adolphe Gesché, Le Cosmos, Paris, Cerf, 1994

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Persévérance !

Une fois de plus, avec la figure de Jean-Baptiste, m’apparaissent les bienfaits de la persévérance. Car, à y regarder de près, c’est seulement lorsque Jésus s’est présenté à lui, pour se faire baptiser, que Jean eut la certitude qu’il était le Messie annoncé : « Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit: Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit-Saint. Et moi j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu. » (Jn 1,33-34) C’est-à-dire que Jean a connu ce que l’on appelle parfois la nuit de la foi… Il avait même envoyé ses disciples auprès de Jésus pour savoir si celui-ci était bien le Messie ! Et, cependant, il a rempli sa mission de précurseur du Messie malgré les obstacles et les doutes… Cette vertu de la persévérance, qui rejoint celle du courage, m’apparaît donc toujours de plus en plus centrale dans une vie de foi ! Car somme-toute : avancer lorsque l’on est dans la consolation et dans la certitude de la présence de Dieu ne sollicite pas vraiment la foi ; mais poursuivre la route, dans la nuit et à tâtons, voilà vraiment où celle-ci se joue. Avancer vaille que vaille, sans consolations, sans présence sensible de Dieu à nos côtés, sans certitudes : quelle foi, quel courage, quelle persévérance !

Et ils sont nombreux les chantiers entrepris qui demandent persévérance !

Ce matin nous entendions les rumeurs de manifestations dans la ville : les travailleurs, les fonctionnaires, les étudiants aspirent à une vie meilleure… On entend, ici et là, que la croissance est au rendez-vous en Afrique… Peut-être, mais ils n’en voient guère les fruits. Les salaires sont toujours aussi bas, le coût de la vie toujours plus élevé, les services de base toujours aussi défaillants : alors persévérance !

Sous d’autres cieux, il en va de même. Nous sommes nombreux à admirer le chemin parcouru par les pays européens qui, malgré l’histoire tourmentée de leurs conflits, ont su rapidement, après la seconde guerre mondiale, commencer à bâtir un avenir commun. Ceux qui raillent le « vieux continent » feraient mieux d’en tirer des exemples, car le « nouveau continent » a plutôt renforcé les frontières et le protectionnisme ces dernières années… Mais face aux nouveaux défis économiques, qui entravent la construction d’une Europe plus réelle et plus fraternelle, que cette vertu est nécessaire : la persévérance !

En ce temps de l’Avent, la communauté du Noviciat vient de vivre une journée de récollection ! Le maître des novices est peut-être trop exigeant mais, loin de faire de cette journée un temps de consolation auprès du Seigneur, il voulait saisir cette occasion pour permettre un pas de plus vers la fraternité, le pardon, l’accueil de l’autre. Mais que  le chemin d’une véritable fraternité est difficile ! Là encore : persévérance !

Heureusement la persévérance, loin d’être une vertu ascétique, est source d’une joie profonde ! Creuser son sillon, traverser les épreuves, courber le dos pour un temps est, selon ma propre expérience, bien plus profitable que la fuite, le butinage ou la violence, et c’est une joie profonde qui en résulte ! Je ne sais pas si ce que je vous propose correspond à quelque chose pour vous mais, du fond du cœur, je vous souhaite cette persévérance dans tous vos engagements… C’est une des clefs du bonheur !

En photo : renouvellement des vœux à la communauté voisine des orantes de l’Assomption, à l’occasion de la fête de leur fondation le 8 décembre… Là encore une belle persévérance…

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