Echos de la session des maîtres des novices à Rome

Fil rouge de la session …

Jeudi 8 mai : Ouverture de la session des Maitres des Novices au sein de la Maison généralice des Assomptionnistes à Rome.

En session de travail

En session de travail

Elle est introduite par les pères John FRANCK et Emmanuel Kahindo pour éclaircir certains points du programme de la dite session. Juste après cette brève introduction, chaque maitre des novices s’est brièvement présenté en donnant son itinéraire de vie, les gens et les évènements qui l’ont marqué jusqu’aujourd’hui.

Certains maitres des novices ne sont pas encore arrivés. Il s’agit des pères Baudouin NGOA et Ives SIKILIZA.

Après les vêpres communautaires, un mot de bienvenu suivi de présentation des membres de la Maison généralice et les nouveaux venus a réuni tout le monde autour d’un partage d’un verre d’amitié dans la salle communautaire. Une brève présentation par le Père Louis Martin, un des conseillers de la maison nous a aidé à nous connaitre davantage. Pendant qu’on partageait fraternellement ce verre, chaque maitre des novices se présentait aux membres de la communauté. A chacun des participants à la session, la Maison généralice lui souhaite une excellente session et un bon séjour à Rome.

Père Simon KAMBULA, a.a.

_______________________

Vendredi 9 mai : Chemin d’Emmaüs

Travail en groupe

Travail en groupe

Les participants finissent de se présenter en début de matinée. Le programme de l’après-midi est modifié en raison du retard de participants. Au lieu de commencer la présentation des noviciats, nous choisissons de vivre le programme du dimanche après-midi ; par binôme, les maîtres de novices sont invités à refaire l’expérience du chemin d’Emmaüs. En partageant leur pratiques et leurs expériences, ils sont invités à reconnaître l’action de Dieu en eux et dans les novices quils accompagnent. En fin de journée, arrive Baudouin Ngoa Ya Tsihemba, futur maître de novices des Philippines.

_______________________

Samedi 10 mai : Etat des lieux

Toujours au travail

Toujours au travail

Nous fêtons ce jour l’anniversaire de Paul Hung, maître des novices du Vietnam (42 ans ! Quelle  jeunesse et déjà tant de sagesse). La journée est très concentrée avec la présentation successive du contexte de chaque noviciat et des profils de novices. Une belle variété de situations et de styles de jeunes à travers tous les continents où l’Assomption est présente. Une question revient : Quelle est la compréhension des vœux par les novices ? Nous commençons à esquisser les premiers éléments fondamentaux. Ça y est, nous sommes en eau profonde !

_______________________

Dimanche 11 mai : Etat des lieux (suite).

Sr Pina (sur les NTIC)

Sr Pina (sur les NTIC)

Bien que nous soyons dimanche, le travail continue toute la journée après la messe dominicale célébrée à la maison généralice. Pédagogie et programme des maîtres de novices. Une journée intense et parfois un peu fastidieuse. Nous concluons la journée par une pizza en ville non loin de la  communauté.

_______________________

Lundi 12 mai : Intervenants extérieurs.

P. Babu (Psychologie et formation)

P. Babu (Psychologie et formation)

Le matin est consacré à l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur la vie religieuse. L’intervenante est une religieuse italienne (Fille Paulinienne), Sr Pina Riccieri nous invite à former à la vie religieuse en nous appuyant avec discernement  sur les nouveaux moyens de communication.

L’après-midi, le Père Babu Sebastian, (Clarétain) nous introduit à la dimension psychologique de la formation à la vie religieuse. Un apport très riche à propos d’une problématique délicate et complexe qui mériterait plus qu’une demi-journée de de travail.

Père Jean-Claude Erhart, a.a.

Voir l’album photo des premiers jours

_______________________

Mardi 13 mai : Reprise des conférences de la veille

Sur les pas du p. d'Alzon

Sur les pas du p. d’Alzon

Il s’agissait de faire une sorte de relecture des deux conférences (sur l’impact des nouvelles technologies d’information et de communication et sur la psychologie de la formation).

Quatre questions pour orienter le débat dans les groupes:

– Quelles sont nos découvertes ?

– Quelles sont les convictions qui ressortent de ces deux conférences ?

– Quelles applications et orientations concrètes pour la formation au noviciat ?

– Quelques questions à approfondir.

En général l’appréciation était positive. Tous les participants étaient d’accord qu’il fallait insister sur le bon usage des nouvelles technologies. Ce qui demande un certain effort au maitre des novices pour les découvrir avant d’en parler. Concernant la psychologie, nous avons découvert son importance pour un bon accompagnement. Quelques notions de base s’imposent.

Dans l’après-midi: Un temps assez suffisant a été accordé aux participants pour faire une sorte de reprise personnelle. Il s’agissait de reprendre les différents états des lieux présentés par les participants au début de la session. Un riche partage s’en est suivi. A chacun il était demandé de relever ce qui lui semble original, ce qui est frappant et quelques questions soulevées par les différents états des lieux présentés. Cela nous a permis d’avoir un tableau panoramique des lieux d’implantations des différents noviciats de la congrégation, des novices, des programmes, etc.

_______________________

Mercredi 14 mai : Sur les pas du P. Emmanuel d’Alzon

Lors de l'audience du mercredi, place st Pierre

Lors de l’audience du mercredi, place st Pierre

En ce mercredi 14 mai le petit groupe des maîtres des novices est sorti des murs de la maison généralice. La première étape de la journée consistât à participer à l’audience générale du mercredi place Saint Pierre à la rencontre du pape François. Notre petit groupe, bien situé, a pu bénéficier du passage proche du pape François à deux reprises. J’ai ressenti avec joie, que le culte de la personnalité était beaucoup moins marqué que du temps des audiences avec Jean-Paul II… C’est avec simplicité que le pape s’est rendu à la rencontre des pèlerins et avec grande modestie qu’il a poursuivi sa catéchèse sur les dons de l’Esprit : un enseignement simple et bref, trop simple et trop court, au goût de certain, sur le don de la Force !

Sur les pas du P. d'Alzon

Sur les pas du P. d’Alzon

L’après-midi nous avons marché sur les pas du P. d’Alzon à Rome, sous la houlette du P. Julio Navarro : le couvent des Minimes (où le P. d’Alzon logeât comme étudiant) ; le Collège Romain (La Grégorienne, où il fut inscrit brièvement) ; la Domus Paul VI (où il fut ordonné dans la chapelle du cardinal Odescalchi , résidence également du Cardinal Bergoglio lors de ses séjours romains) ; le séminaire français (un projet qui lui tenait à cœur et où il logeât durant le concile Vatican I) ; l’Église Saint André et Saint Claude des Bourguignons (où résidèrent plusieurs assomptionnistes chez les résurrectionnistes avec qui un projet de fusion fut à l’étude…) ; l’Église Saint Augustin (où se trouve le tombeau de sainte Monique) et encore l’Église Santa Maria Sopra Minerva (Où le P. d’Alzon venait trouver son confesseur dominicain…)etc.

Bref, une belle journée printanière, romaine et alzonienne, qui restera gravée dans les cœurs des maîtres des novices et qu’ils pourront partager avec passion à leurs novices sur les différents continents de la « planète assomptionniste »…

Fr. Benoît Bigard, a.a.

Voir l’album photo de cette journée

_______________________

Jeudi 15 mai : Journée consacrée à d’Alzon

Sous la houlette du P. John Franck

Sous la houlette du P. John Franck

D’Alzon un maitre spirituel pour notre temps. C’est le thème.  Le Père John Franck nous partage sa vision sur le Père d’Alzon comme maitre spirituel qui a à  dire aux jeunes de notre temps. C’est vrai qu’il faut le situer dans son contexte. Ses intuitions, son amour pour l’Eglise, sa détermination pour faire aboutir un projet même si les circonstances semblaient être adverses, impressionnent et deviennent une source d’inspirations pour nous tous.

Travail en groupe pour réfléchir, partager et réagir à la conférence donnée dans la matinée. Une question oriente les idées : A la lumière de la conférence et des expériences partagées, comment le programme du noviciat aide-t-il aux novices à faire de d’Alzon un maitre spiritual? Où mieux encore comment présenter d’Alzon avec toute sa richesse pour qu’il soit un guide spirituel?

Le partage est riche. La découverte d’un maitre nous fait chercher les stratégies pour le découvrir davantage, pour l’aimer afin de le faire aimer.

Ngoa Ya Tshihemba, a.a.

_________________________

Vendredi 16 mai : Nous commençons les évaluations

Les sessionnistes

Les sessionnistes

Avant de nous lancer dans le travail nous nous sommes rendus au Vatican où nous avons célébré la messe à 7h15, juste á coté de la tombe de Saint Pierre. Une manière pour les maitres des novices de manifester leur communion avec l’Eglise toute entière dans leur ministère. Le célébrant principal, le Père Ngoa Baudouin nous a demandé de nous confier á l’Esprit  saint qui a rendu possible le témoignage de Pierre  et de tous les autres disciples pour qu’il rende  possible aussi notre témoignage.

Milieu, cadre et contexte

Nos différentes maisons de formation se trouvent dans des pays et des situations socio-économiques variés. Ce qui nous paraît tout à fait normal quand nous savons que les réalités de la vie en Europe, en Amérique, en Asie et en Afrique sont distinctes. Mais cela nous a permis de nous rendre compte et d’apprécier les cadres dans lesquels nous vivons. Les opportunités comme les risques sont présentes autour de chacun noviciat.

Les Novices

Les différents novices que nous avons dans la congrégation présentent des similitudes mais aussi de grandes différences. Mais notre désir est qu’ils s’abreuvent tous d’une même source : l’esprit de l’Assomption. Comment? C’est la question. Le moment venu nous réfléchirons sur les stratégies communes.

Ngoa Ya Tshihemba, a.a.

Encore quelques photos

_________________________

Samedi 17 mai 2014 : Evaluations (suite)

La journée est consacrée à l’évaluation du maître des novices. L’avant-midi nous avons évalué en petits groupe chacun des maîtres des novices sur les points suivant: sa vision de la vie religieuse et des vœux, sa vision de la formation assomptionniste, sa pédagogie et son équipe (les points communs et les diversités, les forces et faiblesses, les interpellations).

L’après-midi nous avons évalué les programmes de nos différents noviciats: cours et documents de référence, l’accompagnement spirituel, la vie fraternelle, la vie de prière et la vie apostolique (les points communs et les diversités, les forces et faiblesses, les interpellations).

_________________________

Dimanche 18 mai 2014

Recueillement l’avant-midi : les maîtres des novices ont gardé le silence jusqu’à 11h30 pour une relecture personnelle des expériences vécues et partagées pendant la session. L’après-midi par binôme, les maîtres des novices vivent l’expérience du chemin d’Emmaüs. Ils sont invités à échanger sur leur reprise personnelle des contenus de la session.

Publié dans Accueil | 2 commentaires

Tenir les deux bouts…

Rejoindre chacun dans ses épreuves...

Rejoindre chacun dans ses épreuves…

Ce qui retient mon attention, en ce temps pascal 2014, c’est la nécessité de tenir deux réalités en même temps ! À savoir que pour vraiment annoncer le Christ ressuscité en vérité et de façon concrète, il faut à la fois tenir d’une main, j’allais dire, la main de Dieu et de l’autre toutes celles et ceux qui souffrent, qui traversent une épreuve et que le Seigneur a mis sur notre chemin ou dont nous pouvons nous rendre proche. Il ne suffit pas de chanter Alléluia, Alléluia, Christ est ressuscité ! Mais de pouvoir le « chanter » auprès de ceux qui sont marqués par la souffrance, par l’exclusion, par la désespérance, par l’épreuve, par la mort… à travers un geste de soutien, une oreille attentive, une parole d’espérance… À la manière de ces icônes représentant le Christ descendant au séjour des morts, pour libérer Adam et Eve de l’emprise des ténèbres et de la mort.

Cela me rappelle également ce beau passage du pape François sur l’évangélisation de personne à personne : « Dans cette prédication, toujours respectueuse et aimable, le premier moment consiste en un dialogue personnel, où l’autre personne s’exprime et partage ses joies, ses espérances, ses préoccupations pour les personnes qui lui sont chères, et beaucoup de choses qu’elle porte dans son cœur. C’est seulement après cette conversation, qu’il est possible de présenter la Parole, que ce soit par la lecture de quelque passage de l’Écriture ou de manière narrative, mais toujours en rappelant l’annonce fondamentale : l’amour personnel de Dieu qui s’est fait homme, s’est livré pour nous, et qui, vivant, offre son salut et son amitié. C’est l’annonce qui se partage dans une attitude humble, de témoignage, de celui qui toujours sait apprendre, avec la conscience que le message est si riche et si profond qu’il nous dépasse toujours. Parfois il s’exprime de manière plus directe, d’autres fois à travers un témoignage personnel, un récit, un geste, ou la forme que l’Esprit Saint lui-même peut susciter en une circonstance concrète. Si cela semble prudent et si les conditions sont réunies, il est bon que cette rencontre fraternelle et missionnaire se conclue par une brève prière qui rejoigne les préoccupations que la personne a manifestées. Ainsi, elle percevra mieux qu’elle a été écoutée et comprise, que sa situation a été remise entre les mains de Dieu, et elle reconnaîtra que la Parole de Dieu parle réellement à sa propre existence. » (Evangelii Gaudium n° 128)

Pensez-vous que cela est vivable : cette double exigence de proximité avec celles et ceux qui traversent des épreuves, d’une part, et avec le Christ Ressuscité, d’autre part, qui vient éclairer toutes ténèbres et autorise, au milieu des pires situations, une vraie parole d’Espérance ?

 ______________

La Vie par là-bas…

N’étant pas ici (au Togo), je vous parle de là-bas…

Il n’empêche que la semaine fut bien remplie à Sokodé avec notre conférence mensuelle dans le cadre de l’espace d’Alzon qui portait sur le thème suivant : « Vu le marché de l’emploi, faut-il attendre une place de fonctionnaire ou se lancer dans l’auto-entreprenariat ? Comment faire ? Quels soutiens possibles ? » et fut animé par M. Hyacinthe ALAO… Un article devrait suivre sur le blog des AA en Afrique de l’Ouest pour vous en donner des échos…

Par ailleurs c’est la session vocationnelle annuelle, qui se tient à Sokodé Komah, avec 27 jeunes aspirant à la vie religieuse assomptionniste, pour quelques jours sur le mode du « Viens et vois ! » : je vous laisse découvrir l’article sur le blog AA

voc3

Les aspirants durant le repas fraternel…

Pour ma part j’ai donc commencé mon périple européen, et en suis, déjà, à la deuxième étape… Après quelques jours à Paris, accueilli à la communauté de Cachan –petits contrôles de santé et courses– me voici en « Alsace vosgienne » chez ma sœur… Dimanche soir commencera le chapitre provincial d’Europe : je compte sur votre prière, pour que ce rendez-vous permette un nouvel élan pour nos communautés européennes… Je ne vous cache pas que les fragilités de notre province ne manquent pas, évangéliquement cela peut être un atout… Mais comment faire, pour qu’effectivement ces fragilités nous rapprochent du Christ et soient sources de vie en nous et autour de nous ?

En famille...

En famille…

Fraternellement,

Fr. Benoît

Publié dans Accueil | 4 commentaires

Le Christ est notre Paix !

27 avril 2014, 2ème dimanche de Pâques, année A, Jn 20,19-31/

En ce jour de canonisation des Bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II, le Seigneur nous fait un clin d’œil à travers l’évangile de ce dimanche… En effet, alors que les disciples étaient pris par la peur, Jésus leur redit par trois fois : « La Paix soit avec vous ! ». Cela ne vous rappelle-t-il pas le célèbre « N’ayez pas peur ! » de Jean-Paul II ; et l’inlassable artisan de paix que fut Jean XXIII, avec, notamment, son encyclique Pacem in Terris ?

Aujourd’hui encore interrogeons-nous : quelles sont nos peurs, qu’est-ce qui nous empêche de trouver la paix profonde à laquelle nous aspirons ? Angoisse de la mort, confrontation au mal et à la souffrance, peur des mauvais esprits, sentiment d’impuissance, soif d’amour toujours inassouvie ?

« La paix soit avec vous ! » Dans cette première salutation, au-delà de la joie immédiate de retrouver celui qu’ils croyaient mort, se dessine une autre joie, plus profonde : Puisque le Crucifié est ressuscité, le mal et la mort n’ont plus le dernier mot ! Et celui qui est venu assumer la condition humaine peut, si nous l’acceptons de tout notre être, nous faire passer de la mort à la vie ! Cette conviction essentielle de tout disciple du Christ n’est-elle pas source de paix ?

« La paix soit avec vous ! » Cette deuxième affirmation va de pair, cette fois-ci, avec un envoi en mission : « Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » puis il insuffle en eux l’Esprit. Les disciples ne sont plus hébétés, apeurés, ne sachant que faire de leur vie, mais vont dorénavant pouvoir mener une vie pleine de sens et ô combien féconde. Trouver ainsi sa place dans le monde, le sens de sa vie, n’est-ce pas source de paix ?

« La paix soit avec vous ! » La troisième annonce de paix est liée plus particulièrement à Thomas, notre jumeau… Thomas qui était absent de la rencontre fraternelle dominicale, comme nous parfois… Il fait, cette fois, l’expérience d’un amour possible dans la communion fraternelle des disciples du Christ. Être inséré dans une communauté, se savoir aimé, ne plus se sentir perdu face à un amour universel impossible, n’est-ce pas source de paix ?

Le mal et la mort n’ont plus le dernier mot…

Notre vie peut être féconde et pleine de sens…

Un amour universel, à donner et à recevoir, est déjà possible…

N’ayons donc plus peur, le Christ est notre Paix !

 

Proverbe : « Ce qui vainc la peur, c’est la rencontre à l’improviste. » Proverbes peuls du Sénégal – 1882.

Publié dans Commentaires de l'évangile dominical | Un commentaire

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

christ_ressuscité3             Un tout petit peu en avance, je vous adresse cette salutation du matin de Pâques ! C’est une joie, non pas superficielle, mais profonde, existentielle, qui s’exprime dans ces quelques mots. Comme je le développe dans la méditation dominicale : apparemment rien n’a changé dans notre monde et pourtant tout est différent ! Vous remarquerez que ma méditation est un peu plus axée sur le contexte africain, il faut dire que je reste marqué par notre dernière session d’Internoviciat qui rejoint les soucis de nombreuses personnes par ici : les phénomènes d’occultisme, d’attaques spirituelles, d’envoûtement, de sorcellerie restent, en effet, très présents en Afrique de l’Ouest… Et croire, dans ce contexte, que le Christ Ressuscité est vainqueur de tout mal, n’est pas une affirmation théorique mais demande un grand courage, une grande persévérance, une grande foi, pour s’en remettre toujours au Christ et ne pas rechercher des solutions qui fassent appel aux forces occultes… Mais, à partir de cette expérience, je dirais que les « esprits impurs », s’ils prennent d’autres formes en Occident, n’en sont pas moins présents ! Tout ce qui nous empêche d’aller vers les autres, tout ce qui nous empêche d’être solidaire et fraternel, toute cette domination de l’argent, du pouvoir, de la sexualité, tout ce qui sème la division sont bien des forces, plus ou moins occultes, qui régissent notre quotidien ! Eh bien, le Christ est vainqueur de toutes ces forces, de tous ces esprits impurs, de tous ces péchés… Nous n’en sommes plus esclaves, mais libérés par le Christ Ressuscité ! Vivons donc en être libre, en ressuscité, en membre du Christ, en enfant de Dieu !

Que la fête de Pâques ravive donc votre foi, votre espérance et votre charité et vous procure une Joie profonde et existentielle : Christ Ressuscité est vainqueur de tout mal et de toute mort, plus rien n’est comme avant !

___________________

La Vie par ici

Jeudi saint

Jeudi saint

Comme vous vous en doutez, la semaine sainte, nous a bien occupés : célébration des Rameaux, et du Triduum Pascal… Jeudi Saint, lavement des pieds… Hier, vendredi Saint, célébration de 4h : chemin de croix de 2h avec mise en scène organisée par nos jeunes frères postulants, suivi de 2h de célébration de la Passion !

Chemin de croix de la paroisse

Chemin de croix de la paroisse

 

Chemin de croix de la paroisse

Chemin de croix de la paroisse

Chemin de croix de la paroisse

Chemin de croix de la paroisse

Chemin de croix de la paroisse

Chemin de croix de la paroisse

Dans la semaine, nous avons également fêté, avec nos sœurs orantes, la clôture du 110ème anniversaire du retour au Père de leur fondateur le P. François Picard (le successeur du père d’Alzon)… Et nous nous apprêtons, bien sûr aux célébrations de la Vigile Pascale et du jour de Pâques.

Les semaines à venir, le suivi du blog sera peut-être un peu irrégulier, puisque je serai sur les routes de France et d’Italie… Pas tellement pour des vacances, mais d’abord pour le chapitre provincial de la toute nouvelle province d’Europe et pour une session des maîtres des novices à Rome… Je vous souhaite donc un bon temps pascal : que la Joie du Christ Ressuscité ravive encore votre foi, votre espérance et votre charité…

Christ est ressuscité ! – Il est vraiment ressuscité !

Christ ressuscité de Jacques Bourgault

Christ ressuscité de Jacques Bourgault

Publié dans Accueil | 2 commentaires

Quelle Bonne Nouvelle !

        20 avril 2014, Veillée Pascale, année A, Mt 28,1-10 /

Christ ressuscité de Jacques Bourgault

Christ ressuscité de Jacques Bourgault

Le Christ est ressuscité ! « -Ah oui ? Et qu’est-ce que cela change dans nos vies ? » Apparemment rien, mais en réalité cela change tout !  Extérieurement, notre monde n’a pas l’air d’aller mieux et pourtant, plus rien n’est pareil depuis cet événement de la mort et résurrection du Christ, qui se trouve être l’axe central de l’histoire du Monde. Car le Christ ressuscité a vaincu toute forme de mal ; le Christ ressuscité a même vaincu la mort et le Christ ressuscité est présent à nos côtés chaque jour !

Christ a vaincu le mal !

Oui, depuis cet évènement inouï, plus aucune force du mal n’a de prise sur nous, car le Seigneur a vaincu toute forme de mal. Si l’on pense subir des attaques de la part de personnes qui nous veulent du mal, il ne faut surtout rien craindre et ne pas avoir peur. Car c’est cette peur qui donne prise au Malin sur nous… Il faut tout simplement avoir recours à la prière en étant conscient que, depuis notre baptême, nous appartenons au Christ et que rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ : « Oui, j’en ai l’assurance: ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur. » (Rm 8,38-39) Ne courons pas vers les féticheurs et autres charlatans qui manipulent des esprits mauvais, en Jésus Christ nous avons tout ce dont nous avons besoin pour nous guérir, pour nous libérer de tout ce qui entrave notre marche vers la vie. Parfois la délivrance sera immédiate et spectaculaire, d’autres fois elle sera plus lente et moins perceptible mais, quoi qu’il en soit, le Christ est vainqueur. Cela ne nous évitera pas les épreuves, mais celles-ci peuvent nous faire grandir dans la foi : « Mes frères, quand vous butez sur toute sorte d’épreuves, pensez que c’est une grande joie. Car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ; ainsi vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien. » (Jc 1,2)

Christ a vaincu la mort !

De plus, depuis la résurrection du Christ, nous savons que nos vies n’avancent pas vers le néant ou vers le non-sens, mais vers une vie de communion avec Dieu et avec tous les sauvés ! « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! » Oui, nous sommes déjà en marche vers cette vie de plénitude en Dieu, nous sommes déjà ressuscités en Jésus Christ, par notre plongée dans sa mort au jour de notre baptême, nous sommes déjà des êtres nouveaux. « Ne le savez-vous donc pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts… Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir…  De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ. » (Rm 6,3…11) Il s’agit donc de vivre dès maintenant en ressuscité, j’allais dire de bâtir dès maintenant notre résurrection, notre véritable être nouveau : tout ce qui, dans notre vie, est de l’ordre de la fraternité, de la solidarité, de l’amour, participe déjà de la vie éternelle, est déposé entre les mains de Dieu et c’est à partir de cela que Dieu nous ressuscitera. Mais tout ce qui est de l’ordre de la division, de l’indifférence, de la haine, n’est pas de Dieu et ne donne aucune matière entre les mains de Dieu pour nous rendre la vie. L’essentiel ce sont donc toutes les relations au service de la vie que nous tissons ici maintenant et que nous retrouverons en Dieu ! Quelle bonne nouvelle !

Le Christ ressuscité est à nos côtés chaque jour !

Sur ce chemin d’une vie nouvelle, le Christ nous accompagne jour après jour. Vous connaissez certainement ce texte d’Adémar de Barros (poète brésilien) : ‘‘J’ai fait un rêve Je cheminais sur une plage, côte à côte avec le Seigneur, nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, la mienne et celle du Seigneur,  Je me suis arrêté pour regarder en arrière et, en certains points, au lieu de deux empreintes, il n’y en avait qu’une.  Les points à empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence : jours d’angoisse, jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur, jours d’épreuve et de doute.  Alors, me retournant vers le Seigneur, je lui dis : « N’avais-tu pas promis d’être avec nous chaque jour ? Pourquoi m’as-tu laissé aux pires moments de ma vie,  aux jours où j’aurais eu tant besoin de toi ? »  Et le Seigneur m’a répondu : « Mon enfant,  les jours où tu ne vois qu’une trace sont les jours où je t’ai porté. »’’ Oui, le Seigneur est présent chaque jour avec nous, sous différentes apparences :

-Par sa Parole, pour nous guider au quotidien…

-Par les frères de notre communauté chrétienne pour nous épauler sur le chemin…

-Par son Église qui dispense pour nous les sacrements de la tendresse et de la miséricorde de Dieu…

-Par son Esprit, cet autre défenseur promis par le Seigneur…

Il s’agit donc d’être clairvoyant, afin de voir l’histoire de notre monde, non pas à partir de ce qui va mal, mais à partir de cette vie du Ressuscité qui se déploie en nous et autour de nous. Et ceci, depuis la Création du Monde ! C’est pour cela que nous avons médité ce soir, longuement, sur l’histoire du Salut à travers tous les textes proposés à notre méditation :

–         Le texte de la Genèse nous a invités à entrer dans le projet de vie de Dieu en travaillant à cette ressemblance pour laquelle nous sommes créés : «  Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. »

–         Le récit du sacrifice d’Isaac par Abraham nous a invités à quitter nos attaches familiales, territoriales, pour entrer dans une fraternité universelle. Abraham avait quitté son Père, sa terre, il doit aussi se détacher de son Fils pour devenir le père de la multitude.

–         Le passage de la mer rouge nous invite à quitter nos esclavages, nos liens, notre péché, et à nous laisser libérer par le Seigneur pour vivre en homme nouveau.

–         La lecture du prophète Isaïe nous a invités à toujours faire confiance au Seigneur, au-delà de toute épreuve « Quand bien même les montagnes changeraient de place, et les collines s’ébranleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas ébranlée. »

–         Enfin, la lecture du prophète Ezéchiel nous a redit combien le Seigneur veut nous libérer encore de toutes nos souillures, de toutes nos idoles, pour nous permettre de vivre en homme nouveau…

Oui le Seigneur est avec nous depuis les commencements de l’histoire et d’une façon toute spéciale depuis sa résurrection d’entre les morts !

Alors, est-ce que la Résurrection du Christ change quelque chose dans nos vies ?

Oui elle change tout :

le Christ a vaincu toute forme de mal

le Christ a vaincu la mort

le Christ est à nos côtés depuis la fondation du monde et jusqu’à la fin des temps !

Quelle Bonne Nouvelle !

Publié dans Commentaires de l'évangile dominical | 2 commentaires

Semaine Sainte !

     Au seuil de cette semaine sainte, je n’ai pas trouvé le temps de rédiger une méditation pour ce dimanche, parfois l’actualité nous bouscule un peu trop… Je vous partage donc juste quelques éléments de la semaine écoulée :

–          Samedi dernier, c’était le pèlerinage des jeunes du diocèse à Aledjo, un bon cru puisqu’ils étaient 3300 pour cette journée de méditation, de confession, de partage autour du thème des béatitudes…

Pèlerinage des jeunes

Pèlerinage des jeunes

Toujours à Aledjo

Toujours à Aledjo

 

–          De lundi à jeudi, quatre soirées de confessions dans les différentes paroisses de la ville, pour que chacun puisse faire ses pâques…

–          Jeudi dernier arrivée de notre supérieur provincial, le P. Benoît Gschwind, avec pas mal de péripéties car notre vieux minibus a donné plusieurs signes de faiblesse durant le voyage… Il prend le temps de rencontrer les uns et les autres…

Au sortir de la messe des Rameaux

Au sortir de la messe des Rameaux

–          Vendredi, réalisation de confitures de mangues, assez réussies je trouve…

–          Samedi messe chrismale à la cathédrale…

Messe chrismale autour de Mgr Djoliba

Messe chrismale autour de Mgr Djoliba

–          C’était aussi une semaine, pour l’accompagnement spirituel…

Je vous laisse un petit goût de tout cela à travers quelques photos…

      Je vous souhaite donc surtout une bonne semaine sainte ! Parfois, et ce n’est pas si mal, il vaut mieux prendre le temps de vivre les choses en direct, quitte à délaisser un peu ses amis virtuels… Mais rassurez-vous je ne vous oublie pas dans mes prières !

Publié dans Accueil | Laisser un commentaire

Guérison intérieure…

Frère Toussaint

Frère Toussaint

Comme annoncé la semaine passée nous étions donc en Internoviciat les jours écoulés autour du thème de « la relecture de son histoire affective et de la guérison intérieure »… Ce fut vraiment une riche semaine dont la soixantaine  de prépostulant(e)s, postulant(e)s et novices ont profité abondamment. Le début de la semaine, sous la conduite de votre serviteur, a permis à chacune et chacun de revisiter son arbre généalogique sous l’angle des relations bonnes, difficiles ou neutres avec les membres de sa famille. Puis, dans un second temps, chacun a pu relire son histoire à partir des moments marquants de celle-ci, depuis la toute petite enfance jusqu’à aujourd’hui, en réalisant un poster symbolique de ce parcours. Le terrain ainsi préparé, la deuxième partie de la semaine sous la houlette du père Toussaint M. Gonodou, franciscain, s’est attachée à la guérison intérieure. Le P. Toussaint a d’abord pris le temps de nous dire le pourquoi de la guérison intérieure, puis s’est arrêté sur les différentes causes possibles de nos maladies intérieures et parfois aussi physiques : que ce soient la guérison de nos souvenirs, de notre arbre généalogique, ou les causes liées à l’univers occulte : envoûtements et sorcellerie si fréquents sous nos latitudes. Son exposé éclairant et équilibré fut d’un grand secours : il ne s’agit pas de voir le démon partout, mais il ne faut pas non plus ignorer son action, et celle des esprits impurs. La dernière partie de la session c’est donc intéressée aux remèdes à employer face à nos différentes « maladies » à l’aide d’un petit tableau fort éclairant, prônant la complémentarité des différentes approches :

Tableau

 

L’exposé du P. Toussaint était émaillé de nombreux exemples et témoignages personnels qui ont captivés l’auditoire. Finalement, deux célébrations marquantes ont couronné cette session, une célébration eucharistique où chacun a pu faire une démarche de pardon particulière envers les personnes qui l’avaient blessée (ou qu’elle avait blessées) au cours de sa vie… Et une eucharistie finale avec plusieurs guérisons intérieures et physiques… Souhaitons que chaque participant et participante poursuive ce chemin de guérison et de libération…

Vénérabilité et sainteté…

P. Marie-Clément STAUB, a.a.
P. Marie-Clément STAUB, a.a.

Le P. Marie-Clément Staub, assomptionniste, fondateur des Sœurs de Jeanne d’Arc vient d’être reconnu vénérable, et cela ouvre la voie vers une éventuelle béatification à venir… Nous nous réjouissons avec nos sœurs… C’est aussi Mgr François Montmorency de Laval (premier évêque de la Nouvelle France) et Marie Guyart de l’Incarnation (fondatrice des ursulines de Québec) qui ont été déclarés saints par le pape François : Grande joie pour nos frères et sœurs de Québec !

Publié dans Accueil | Un commentaire

Sors de ton tombeau !

6 avril 2014, 5ème dimanche de carême, année A, Jn 11,1-45 /

« Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. » (Jn 11,15) À travers cette remarque de Jésus, nous voyons clairement que la résurrection de Lazare est avant tout un signe pour les disciples, pour la foule présente et pour nous. Jésus n’est pas venu pour « revivifier » les morts, il n’y a que trois cas dans les évangiles ! Mais pour nous offrir la vie en plénitude ! Lazare devra bien mourir de nouveau pour passer de cette vie à la vie en Dieu… À travers ce signe, donc, Jésus nous indique qu’il est maître de la vie et de la mort, qu’il veut nous libérer de nos liens, nous faire sortir de nos tombeaux, c’est-à-dire de tout ce qui nous empêche de vivre pleinement selon la vie de Dieu ! Interrogeons-nous : quels sont ces tombeaux, ces liens dont le Seigneur veut nous libérer ?

Refus de pardonner !

Un des plus puissants liens qui nous empêche de vivre, c’est le refus de pardonner ! « Non, çà, je ne le pardonnerai jamais ! » Pourtant quand on y réfléchit un peu, on se rend compte que refuser de pardonner c’est permettre au mal qu’on nous a fait de poursuivre son emprise sur nous. C’est comme permettre au geste ou à la parole qui nous a blessés de se reproduire sans cesse et de nous maintenir sous son emprise. Alors oui, le plus grand cadeau que l’on puisse se faire c’est pardonner à celui qui nous a offensé. Pour y parvenir il faut bien sûr demander la grâce de Dieu, mais aussi changer notre regard sur nos « ennemis ». Car, finalement celui qui m’a blessé est lui-même blessé par la vie, il ne sait pas aimer, il n’arrive pas à aimer comme il le voudrait profondément… Prendre conscience de cela, n’excuse pas le geste commis mais permet de le comprendre et de susciter en moi plutôt de la compassion que l’esprit de rancune et de vengeance… Cela vous semble-t-il de belles paroles en l’air ? Pourtant ils sont nombreux à témoigner de cette véritable libération vécue suite à un pardon finalement offert… Nous étions la semaine écoulée en Internoviciat autour du thème de la relecture de son histoire affective et de la guérison intérieure, et les conditions ont permis à plusieurs de vivre ce genre de pardon, ce qui les a grandement libérés… Désirons-nous être nous aussi délivré de ce tombeau de la rancune et de la vengeance ?

Replis sur nous même !

Un autre tombeau dans lequel on s’emmure nous-même, c’est le repli sur soi, la carapace que l’on cultive, la recherche de son bonheur sans les autres. Que d’énergie déployée pour construire son petit bonheur de façon égoïste alors que le seul moyen de trouver le véritable bonheur c’est de rendre les autres heureux autour de soi ! Voici encore un tombeau dont le Seigneur veut nous sortir… Ouvrez les portes, sortez de votre confort, faites-vous violence pour rejoindre vos frères : vous n’y perdrez rien, vous y gagnerez tout ! Le beau message du pape François pour le 1er janvier 2014, nous redisait combien « la fraternité est une dimension essentielle de l’homme qui est un être relationnel. » Et que seul Dieu peut nous aider à grandir en fraternité : « La fraternité a besoin d’être découverte, aimée, expérimentée, annoncée, et témoignée. Mais c’est seulement l’amour donné par Dieu qui nous permet d’accueillir et de vivre pleinement la fraternité. » Lazare était enfermé seul dans son tombeau, le voici rendu à la fraternité de Marthe, de Marie, de Jésus… Désirons-nous, nous aussi être rendus à la fraternité qui nous est essentielle ?

Manque de confiance et d’espérance dans le Seigneur !

La troisième dimension qui nous empêche de vivre, c’est cette désespérance quotidienne qui anéantit notre élan de vie et nous fait baisser les bras. Ce que nous allons vivre les jours à venir lors du triduum pascal, c’est, au contraire, la célébration de la victoire du Seigneur sur tout mal, sur toute haine, sur toute mort ! Croyons-nous vraiment que le Seigneur est maître de la vie et de la mort, qu’il est plus fort que tout esprit de malfaisance, qu’il peut nous libérer de tout ce qui est source de mort en nous ? Si oui alors avançons joyeux sur le chemin de la vie, profitons de chaque instant pour donner du bonheur autour de nous, pour consoler, pour redonner confiance… Ne nous laissons pas arrêter par toutes sortes d’épreuves, elles font partie de notre chemin d’apprentissage d’une vie toujours plus configurée à celle du Christ. En ce temps de carême, demandons au Seigneur de raviver notre confiance et notre espérance, en l’autre, en l’humanité, au projet de Dieu pour notre monde et en sa victoire sur toute force du mal ! Marthe et Marie avait une confiance mitigée dans le Seigneur : « Si tu avais été là… » qui se déploie, cependant, en une confiance plus grande : « Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas. » Oui demandons à Dieu de nous sortir de nos tombeaux de désespérance…

Reconnaissons les forces de mort qui nous habitent :

Refus de pardonner, replis sur nous même, manque d’espérance…

Et accueillons la parole du Seigneur pour nous aujourd’hui :

… « Sors de ton tombeau et reviens à la Vie » !

 

 

 

 

Publié dans Commentaires de l'évangile dominical | Un commentaire

Science et foi… Détente et ascétisme…

Renaud (novice) et El Hadj Bako

Renaud (novice) et El Hadj Bako

            Mercredi dernier, 26 mars, une nouvelle conférence s’est tenue dans le cadre de l’Espace d’Alzon, au Centre Culturel Saint Augustin, le sujet en était le suivant : « Science et foi sont-elles en opposition ou convergent-elles pour une meilleure compréhension de la religion ? » Le sujet était proposé et présenté par El Hadj BAKO, un ami musulman familier du Centre Culturel. Le conférencier nous a dit avec insistance que l’Islam favorise la science et la réflexion et qu’un musulman éclairé vit mieux sa foi qu’un illettré.  Il a donc plaidé pour que science et foi s’épaulent : la science s’appuyant sur des vérités expérimentales et la foi sur des vérités révélées, mais toutes deux cheminant vers une même vérité. Le débat a fait apparaître certaine différences, notamment une recherche de concordisme, au sein de l’Islam qui cherche à faire correspondre les dits du Coran avec les découvertes de la science, alors que du côté chrétien on insiste plutôt aujourd’hui sur la différence de statut entre une affirmation issue de la science et une affirmation issue de la foi. Ainsi, les textes bibliques sur la Création sont de type mythologique et cherche à répondre à des questions existentielles, sur le sens de la vie : D’où vient la vie ? Pourquoi le mal ? Pourquoi la mort ? Dieu existe-t-il ? Pourquoi l’être humain est-il sexué ? Quel rapport au monde ? etc… Ces textes nous disent donc des vérités existentielles et non pas des vérités scientifiques sur le comment de la Création, il n’y a donc pas à chercher à faire correspondre ces mythes, ces contes, avec des vérités scientifiques (c’est cela que l’on appelle le concordisme)…

Une petite partie de l'assemblée

Une petite partie de l’assemblée

Les conflits surgissent entre science et foi quand chacun empiète sur son domaine : lorsque les croyants prétendent dire le vrai ou le faux des découvertes scientifiques ou lorsque les scientifiques prétendent dire le vrai ou le faux sur les questions existentielles… Le lieu de contact qui peut porter du fruit aujourd’hui est celui de l’éthique, la foi en dialogue avec les philosophies humanistes, peut interroger les bienfaits de telle ou telle découverte scientifique : peut-on tout se permettre du moment que cela est possible ?  Bref, le débat, s’est poursuivi sur bien d’autres points : une soirée encore fructueuse pour se mettre à l’écoute les uns des autres et en particulier entre chrétiens et musulmans.

 ________________

Détente et ascétisme…

Sur le barrage

Sur le barrage

     Pourquoi ce titre bizarre, tout simplement parce que nous avions programmé, en communauté, une journée de détente en plein vendredi de carême… Cela pourrait sembler incongru et pourtant… Se mettre d’accord déjà pour se donner du temps ensemble, accepter quelques concessions pour faire plaisir aux uns et aux autres, passer une journée ensemble où l’on se découvre sur un autre mode, tout cela n’est-il pas foncièrement au service de l’amour fraternel et donc tout à fait dans l’ordre des « efforts » de carême ?

Visite des installations

Visite des installations

Vendredi dernier nous nous sommes donc déplacés à Nangbeto, où se trouve le barrage hydroélectrique, géré par le Togo et le Bénin sur le fleuve Mono. Après quatre heures de route nous avons donc pu visiter, en détail, les installations de cette centrale hydroélectrique. Nous avons mieux compris les problèmes de « délestage » de courant dont nous souffrons régulièrement. En effet, la capacité de production dépend du niveau du lac artificiel, qui lui-même dépend des pluies de l’année… Chaque année, vers la fin de la saison sèche, le niveau est trop bas pour permettre l’exploitation, à ce moment, nous dépendons des importations du Nigeria et du Ghana, qui sont elles-mêmes de source hydroélectrique, et donc avec la même baisse de régime à la même période que nous…

Vue d'ensemble

Vue d’ensemble

Je crois savoir, par ailleurs, qu’une centrale thermique à Lomé, pouvant fonctionner au gaz, au fioul lourd et au diesel, complète également le dispositif… On nous annonce une nouvelle centrale hydroélectrique, toujours sur le fleuve Mono, dont les travaux devraient débuter en 2015 et la mise en service en 2018… mais, évidemment, avec la même période creuse de mi-mars à mi-juin environ. Enfin nous avons appris que les deux dernières années furent plutôt mauvaises en termes de quantité de précipitations, le barrage n’ayant pas atteint sa capacité maximale…

Novices en natation

Novices en natation

La suite de la journée, s’est passée à la piscine, du côté des résidences des cadres de la centrale hydroélectrique. Ce fut un très bon temps de fraternité, où les formateurs, tous nageurs, ont cherché à transmettre leurs connaissances aux novices, tous novices en natation… Et c’est là où revient l’ascétisme, car, imprudemment, nous n’avions pas prévu de crème solaire, et nous voici marqués au fer rouge de la brûlure du soleil pour quelques jours pénibles… Mais cette journée valait bien ce prix à payer…

Quelques uns se débrouillent...

Quelques uns se débrouillent…

Publié dans Accueil | Un commentaire

La lumière de la foi

30 mars 2014, 4ème dimanche de carême, année A, Jn 9,1-41 /

Ce long passage d’évangile qui relate la guérison d’un aveugle de naissance met en scène, en fait, la question d’une vie éclairée par la lumière de la foi ou d’une vie guidée par de faibles lueurs, voire par les ténèbres… Ceux qui croient être éclairés ne le sont pas toujours, alors que ceux qui reconnaissent leurs manques de clairvoyance et la nécessité de se laisser guider par l’Esprit de Dieu, avancent avec sûreté : «  Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » (Jn 9,39) La question est : croyons-nous pouvoir mener notre vie seul, avec notre seule capacité intellectuelle ou sommes-nous conscient d’avoir besoin d’être guidé par Dieu lui-même pour une vie bonne et réussie ? Mais arrêtons-nous d’abord sur la figure de cet aveugle né, prototype du croyant.

Le prototype du croyant

J’admire la pédagogie de ce texte qui nous montre l’évolution de cet aveugle guéri ! Au premier interrogatoire, il répond timidement : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue… ‘Où est-il ?’… ‘Je ne sais pas.’». Au second interrogatoire, il est beaucoup moins neutre : « C’est un prophète ! ».  Au troisième interrogatoire, il s’engage avec hardiesse : « Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? ». Enfin, lors de son ultime rencontre avec Jésus, il passe de son statut d’homme guéri à celui d’homme croyant : « ‘Crois-tu au Fils de l’homme …lui qui te parle ? ’ : ‘Je crois, Seigneur !’ et il se prosterna devant lui. » Oui, admirons cette figure de croyant, elle nous interpelle : ne bénéficions-nous pas, nous aussi, de nombreux bienfaits de la part du Seigneur ? Peut-être qu’au départ, nous n’y voyons que des bienfaits de la nature ou du hasard, sans remonter à leur Auteur… Mais une rencontre avec le Seigneur peut bousculer notre vie, éclairer notre regard, et nous permettre de voir, au-delà des créatures, le Créateur. Le monde n’est plus, alors, une matière qui se déploie au gré du hasard, mais le Royaume de Dieu en train de se déployer, un projet de bonheur et de plénitude pour notre Monde.… Cet enracinement, dans la foi, ne doit-il pas nous rendre hardi pour témoigner de cette grande joie qui éclaire notre vie ?

Une lumière à redécouvrir

En fait, le meilleur commentaire de ce texte serait certainement l’encyclique, à quatre mains, du pape François : Lumen Fidei – « La lumière de la foi »-. Au tout début de ce texte, le pape nous dit : « Aussi il est urgent de récupérer le caractère particulier de lumière de la foi parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède, en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclairer toute l’existence de l’homme. Pour qu’une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous-mêmes, elle doit venir d’une source plus originaire, elle doit venir, en définitive, de Dieu. » (n°4) Cela n’illustre-t-il pas merveilleusement notre passage d’évangile ? : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’ votre péché demeure. » Autrement dit, si vous reconnaissiez votre aveuglement, vous pourriez accueillir la lumière de Dieu (comme on s’empresse de trouver une source d’éclairage lorsqu’il y a coupure de courant et que nous sommes plongés dans les ténèbres), mais si vous dites que vous voyez, alors que vous êtes dans les ténèbres, vous risquez fort de vous taper la tête dans le mur en croyant qu’il y avait une porte à cet endroit. C’est bien le drame de nos sociétés modernes qui semblent parfois foncer tête baissée dans un mur !

« Vivez en fils de la lumière ! »

«  Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière – or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité -» (Ep 5,8-9) Voici donc l’itinéraire du croyant : une rencontre qui change tout (la foi), une lumière qui éclaire notre vie (l’espérance) et, finalement, un agir transformé (la charité). Le texte d’évangile ne nous dit pas ce qu’est devenu l’aveugle guéri, mais c’est à travers l’itinéraire des premiers disciples qu’on peut le deviner. Paul, un des plus éminents d’entre eux, nous dit ce que cette lumière de la foi doit changer dans nos vies : nous devons produire ce qui est bon, juste et vrai. Nous voyons bien là le dialogue incessant que Paul instaure avec la sagesse des hommes, puisqu’on y retrouve quasiment les trois tamis de Socrate.  Nous voyons donc qu’être porteurs de la lumière de la foi, ce n’est pas croire que nous sommes les seuls détenteurs de la vérité et se placer en donneurs de leçon, mais reconnaître aussi tout ce qui est bon chez les non-croyants ou les autres croyants et travailler avec eux à un monde plus beau, comme le pape François nous y invite sans cesse.

Oui, nous qui avons la chance d’avoir deux yeux qui fonctionnent bien,

Croyons-nous que cela est suffisant pour guider nos pas dans la vie,

 Ou accepterons-nous d’avancer grâce à la puissante lumière de la foi ?

Publié dans Commentaires de l'évangile dominical | Laisser un commentaire