Tuilage…

Tuilage à la cuisine

Tuilage à la cuisine

          Non je ne viens pas vous parler des techniques de couverture des toitures, mais de cette période de chevauchement ou de passage de relais dans la douceur… Il semblerait que ce soit devenu à la mode depuis la démission du pape Benoît XVI ! En effet, le pape François appelle de temps à autre, semble-t-il, son prédécesseur pour lui demander conseil, il a d’ailleurs dit publiquement : « avec lui, c’est comme avoir le grand-père à la maison, mais un grand-père sage ».

            Je ne sais pas trop ce qu’il en est du tuilage dans le monde du travail, mais j’y attache pas mal d’importance dans la vie ecclésiale. Trop souvent, en effet, nous fonctionnons en petit chef, en petit maître absolu, surtout en ce qui concerne la pastorale : un curé part sans rien transmettre, un autre arrive en faisant tabula rasa. Je me souviens de ce témoignage d’un nouveau jeune curé « tradi » arrivant dans une paroisse du sud de la France et qui, à l’issue de ses premiers mois en place, profite de la rencontre de fin d’année des catéchistes pour les remercier en bloc, en leur signifiant qu’il n’avait plus besoin de leur service pour la rentrée prochaine ! Et ceci à des mamans catéchistes dévouées parfois depuis pas mal d’années ! Dieu merci, il y a aussi de nombreux beaux témoignages de tuilage, où le responsable d’une activité, d’une charge pastorale initie son successeur et permet ainsi un passage de relais en douceur au grand bénéfice des personnes impliquées et de la continuité des activités pastorales…

            Si je vous parle de cela, c’est parce que nous sommes en pleine période de tuilage au noviciat ! Cela ne relève pas de grands enjeux pastoraux, mais c’est tout de même très intéressant que les novices sortants initient ainsi leurs « petits frères » à la liturgie, aux charges de la maison et aux us et coutumes du noviciat, et cela enlève pas mal de redites au maître des novices. La raison de base est purement canonique. Le noviciat, canoniquement, doit faire au moins une année jour pour jour, et le stage apostolique de trois semaines ne compte pas, si bien que le novice devrait faire, en principe, un an et trois semaines de noviciat. Mais, par ailleurs, le provincial peut devancer la date des vœux de deux semaines… ainsi le noviciat doit durer un an et une semaine ! De plus, vu que l’année prochaine nous voulons avancer la date des premiers vœux, car c’est toujours un peu court pour rejoindre sa nouvelle communauté, nous avons donc, cette année, deux semaines de tuilage, période au cours de laquelle nous nous retrouvons à 17 dans la maison !

            Ce tuilage, plus fondamentalement, me parle de notre passage sur Terre et me rappelle un texte d’Augustin sur le « Christ Total » et sur le sens de la prière :

« Depuis le temps où le corps du Christ a gémi dans l’oppression et jusqu’à la fin des temps où l’oppression prendra fin, l’homme ne cesse de crier vers Dieu ; et chacun de nous prend part à la clameur du corps entier.

            Tu as crié tant qu’ont duré tes jours, et voilà qu’ils ne sont plus. Un autre t’a succédé, et lui aussi a crié tant qu’ont duré ses jours. C’était un seul et même cri, ici le tien, d’un autre ailleurs.

            Tous les jours le corps du Christ crie tandis que ses membres meurent et se succèdent. C’est le même homme qui s’étend jusqu’à la fin du monde. Ce sont les membres du Christ qui appellent à haute voix, même si déjà certains reposent en lui, si d’autres crieront lorsque nous seront dans le repos, et si après eux d’autres encore crieront. »            

 Augustin, extrait du commentaire du psaume 85

     Alors, à quels tuilages sommes-nous invités, à quelles transmissions ? N’est-ce pas réconfortant et libérant de ne se savoir qu’une petite cellule, pourtant unique et irremplaçable, dans l’immense projet de la Création qui se déploie vers sa Christification ?


 La vie par ici

Les nouveaux novices...

Les nouveaux novices…

Comme je vous l’ai dit, nous sommes en plein tuilage : voici donc une photo de l’entrée des nouveaux novices, le 16 août, en attendant les premiers vœux, la semaine prochaine, des novices finissants.

Les nouveaux profès

Les nouveaux profès

Bonne fin de semaine,

Et bonne disponibilité à la grâce, pour que le Seigneur puisse bâtir, avec vous, une Création toujours plus belle !

Fraternellement,

Fr. Benoît

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Sous la grâce !

24 août 2014, 21ème Dimanche année A, Mt 16,13-20/

 Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »… « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » (Mt 16,16…18) Il me semble toujours difficile d’interpréter ce passage sans lire les versets qui suivent. Après que Jésus a annoncé sa mort prochaine, Pierre le prend à part et se met à lui faire de vifs reproches : « ‘Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas.’ Mais lui, se retournant, dit à Pierre : ‘Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.’ » (Mt 16,22-23) Comme quoi la grandeur de Pierre ne tient qu’en sa disponibilité à la grâce, dès qu’il écoute plutôt ses peurs et ses craintes, c’est la chute ! N’est-ce pas la même chose pour chacun de nous ?

Disponible à la grâce !

Pierre est vraiment un bon frère pour chacun d’entre nous ! Nous pouvons nous retrouver facilement dans ces élans généreux, mais aussi dans ses peurs et ses lâchetés… Il n’est vraiment pas un « super disciple » ni un saint trop parfait pour nous rejoindre. Non, il est de la même pâte humaine que nous ! Généreux : il quitte tout pour suivre Jésus, il se jette à l’eau pour marcher à sa suite… Peureux et peu courageux : il prend peur alors qu’il marche sur l’eau, il ne veut pas que Jésus souffre et se met à reprocher à Jésus ses propos ; il renie lui-même son maître par peur d’être condamné avec lui… Souvent, il ne comprend pas grand-chose et dit ce qui lui passe par la tête : « Dressons ici trois tentes ! » Mais aussi, par moment, il se rend disponible à la grâce : sous l’action de l’Esprit, il confesse sa foi en Jésus « le Messie, le Fils du Dieu vivant ! ». Malgré son reniement il réussira à proclamer, par trois fois, en guise de demande de pardon : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ! ». Après la Pentecôte, il haranguera les foules et des miracles s’accompliront par son intermédiaire. Enfin, à l’heure décisive, il donnera sa vie et mourra comme son maître sur une croix, mais la tête en bas par humilité… La grandeur de Pierre ne tient donc qu’en sa disponibilité à la grâce !

Bousculé par la grâce !

Cette disponibilité à la grâce doit s’exprimer à la fois au niveau intellectuel, au niveau spirituel et au niveau de l’agir. « Pour vous qui suis-je ? » (Mt 16,15) Cette question n’interpelle pas simplement notre compréhension intellectuelle de l’identité de Jésus, résumée en une belle formule à la manière de celle de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! ». La suite du passage nous révèle que, malgré sa belle formule, Pierre n’avait pas vraiment compris ce que cela impliquait… L’expression « Fils de Dieu » existait déjà dans les livres de l’Ancienne Alliance, ou dans les mythologies grecques ou romaines, mais n’avait rien à voir avec une compréhension du Dieu Trinitaire. Le titre de « Messie » demeurait lui-même ambigu et multiforme : un messie guerrier ? Un messie libérateur ? Un messie serviteur ? Non, la question est plus existentielle : pour vous qui suis-je, c’est-à-dire non seulement que comprenez-vous de mon identité, mais qu’est-ce que cela change dans votre vie ? La figure des nouveaux convertis peut nous aider à mieux comprendre cela. Un chrétien par habitude, s’il n’a pas fait une vraie expérience personnelle du Christ,  peut bien avoir les bonnes formules sur les lèvres sans que cela change quelque chose dans sa vie… Par contre, un nouveau converti, ou un chrétien engagé, n’aura peut-être pas forcément la bonne formule sur les lèvres, mais sa foi au Christ bouleversera toute sa vie !

Instrument de la grâce !

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ! » Pierre qui finalement sera disponible à la grâce, et qui laissera sa vie être chamboulée par celle-ci, deviendra un instrument privilégié  entre les mains de Dieu. Notons bien l’expression, Jésus ne dis pas « tu bâtiras mon Église », mais « je bâtirai mon Église » en m’appuyant sur toi ! Or, pour bâtir une église, il faut toutes sortes de pierres : une pierre angulaire (le Christ), des pierres de fondations (les apôtres), des pierres solides pour les colonnes (apôtres, martyrs…), des pierres plus légères pour la voûte, des pierres décoratives, parfois inutiles pour la structure, mais très nécessaires pour la beauté de l’édifice… Quelle pierre serons-nous entre les mains de Dieu ? Sommes-nous suffisamment disponibles, humbles, malléables ? Si nous voulons à tout prix être à la fondation alors que celle-ci est déjà en place, nous ne serons pas très utiles… Si nous voulons être une belle pierre décorative alors que le Seigneur a besoin d’une pierre solide sur laquelle appuyer sa construction, à quoi servirons-nous ?…

Voulons-nous finalement vivre sous la grâce ?

Etre disponible à la grâce…

Nous laisser bousculer par la grâce…

Etre un instrument efficace de la grâce de Dieu… ?

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En avant !

Visite du Pape en Corée du Sud

Visite du Pape en Corée du Sud

Pour changer, exerçons notre regard à voir, aussi, ce qui va bien dans le monde !

Quelques nouvelles glanées de-ci de-là :

–          Le grand Mufti d’Egypte condamne l’EI (Etat Islamique). Le point de vue du grand mufti représente celui de l’Université Al-Azhar, au Caire, une institution grandement respectée dans le monde sunnite. L’imam de la mosquée du même nom, Ahmad al-Tayyeb a également fustigé l’EI, la veille de la déclaration de Shawqi Allam. (La Croix du 14 août). C’est ainsi une réponse au Vatican qui demandait que les leaders musulmans condamnent clairement ce groupe de dangereux fanatiques… Je note également la mobilisation active, enfin, de plusieurs nations pour intervenir en Irak !

–          Chikungunya, un nouveau vaccin prometteur a été testé chez l’homme (Le Parisien du 15 août)

–          L’Asie l’espoir du Christianisme du troisième millénaire. À l’occasion de la visite du Pape en Corée du Sud, plusieurs articles intéressants sur le christianisme en Asie et en particulier en Corée. Où l’on nous redit que le christianisme est perçu, par beaucoup, comme La religion de la modernité et de l’avenir !

–          Église verte, poursuit son travail de sensibilisation, d’action et de spiritualité pour des communautés chrétiennes plus écologiques…

–          La solidarité ne prend pas de vacances : Organiser des vacances, rompre la solitude, apporter de l’aide alimentaire… Parce que les difficultés ne disparaissent pas au soleil, de nombreuses personnes se mobilisent pour faire rimer été avec solidarité. (Pèlerin d’août)

–          Et au Togo, les travaux routiers avancent

Ce n’est qu’une petite liste que je vous invite à compléter…


La vie par ici

L'Assomption de la Vierge, Arcabas, maison provinciale des AA à Paris

L’Assomption de la Vierge, Arcabas, maison provinciale des AA à Paris

Nous sommes dans le temps des fêtes :

Hier, nous fêtions l’Assomption, non seulement une fête mariale, mais aussi une fête de notre famille religieuse… Hier également, nous étions en fête avec nos sœurs orantes pour le renouvellement des vœux de sœur Monica et de sœur Georgette… Aujourd’hui, noces d’or d’un couple de la paroisse, la famille Dosseh, ce n’est pas si fréquent sous nos latitudes équatoriales… Et ce soir, fête d’accueil des huit nouveaux novices qui feront leur entrée dans leur année de noviciat !

De nombreuses occasions pour rendre grâce !

Sur ces quelques nouvelles, belles vacances (à ceux qui en ont),

Et n’hésitez pas à cultivez un regard contemplatif sur le monde !

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Pour tous les peuples…

17 août 2014, 20ème Dimanche année A, Mt 15,21-28/

À l’heure où certains veulent dresser les peuples, les religions, les nations, les uns contre les autres, il est essentiel de réentendre le projet de Dieu pour sa Création : un projet de Salut, de Communion, de Paix, de Bonheur pour tous les peuples de la Terre, sans exclusive !

Un projet de Salut pour tous !

 « Ma maison s’appellera ‘Maison de prière pour tous les peuples’. » (Is 56,7) Comment ne pas penser aux rassemblements d’Assise, en 1986, autour de Jean-Paul II et, en 2011, 25 ans plus tard, autour de Benoît XVI, où des représentants des grandes religions du monde et même des agnostiques se sont retrouvés  pour prier côte à côte et/ou dialoguer, tout simplement. Songeons encore à ce passage de la première épitre à Timothée : « Je recommande donc, avant tout, qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et tous les dépositaires de l’autorité, afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité. Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1Tm 1,2-4) Ou encore, à propos du centurion romain, un païen, comme la cananéenne de l’évangile de ce jour : « Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient: ‘En vérité, je vous le dis, chez personne je n’ai trouvé une telle foi en Israël. Eh bien ! Je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux.’ » (Mt 8,1-11) Alors que le passage de ce jour pourrait sembler ambigu, c’est bien dans cette logique de l’ensemble de la Parole de Dieu qu’il faut le lire. Comme chrétiens, il est de plus en plus urgent d’être convaincus de ce projet de communion, de salut, de dialogue entre tous les peuples et toutes les religions et d’en être de fervents acteurs envers et contre tous les diviseurs, les semeurs de haine et les théoriciens du conflit de civilisations.

Hors de l’Église, plein de Salut !

J’emprunte cette expression à l’ouvrage de Richard Bergeron[1]. L’histoire est un peu longue, mais en résumé, l’adage « Hors de l’Église, point de Salut » fut utilisée au départ par saint Cyprien (III° siècle), non pas à propos des non-chrétiens, mais à propos de ceux qui quittaient l’Église. Cette maxime est donc d’abord à usage interne. Elle rappelle, à juste titre, qu’on ne peut pas être chrétien tout seul. Le salut chrétien implique une participation à la vie du Corps entier qu’est l’Église. Par ailleurs tout au long de l’histoire de l’Église, celle-ci a affirmé que tout être humain peut obtenir le Salut, du moment qu’il suit sa conscience et a une conduite droite et bonne. La nouveauté, depuis le concile Vatican II, même si l’on trouvait cela déjà chez certains pères de l’Église, tient en ce que l’Église reconnaît que non seulement tout être humain peut, individuellement, obtenir le Salut, mais que, de plus, les grandes religions peuvent aider leurs membres à cheminer vers une conduite droite et bonne et donc les aider sur ce chemin du Salut. Les non-chrétiens ne sont plus sauvés malgré leur religion mais aussi grâce à leur religion ! Hors de l’Église, il y a donc plein de Salut !

L’Église, sacrement du Salut !

Cela veut-il dire que toutes les religions se valent ? Non ! Mais, qu’on ne peut pas dire que les autres religions ne valent rien ! Pour résumer ici une question complexe, on doit tenir plusieurs choses : D’abord que, pour nous chrétiens, le Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, donc quelle que soit l’appartenance des uns et des autres, ils passeront, d’une manière ou d’une autre, par le Christ pour être sauvés. Car le Christ n’est pas un fondateur de religion parmi d’autres, il est Dieu, une des trois personnes de la Trinité, celui qui peut incorporer les hommes à lui pour les mener en Dieu. Ainsi, tout homme qui vit l’amour du prochain, participe mystérieusement à la vie du Christ : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Mt 25) Deuxièmement, nous devons dire que l’Église, n’est pas le seul lieu de Salut, mais qu’elle est « sacrement du Salut », c’est-à-dire un moyen efficace pour nous incorporer à la vie du Christ et donc pour être sauvé, même s’il y a d’autres moyens pour cela. Enfin, chaque religion est à la fois le lieu de la recherche des hommes pour connaître Dieu et répondre à ses attentes et un lieu où Dieu cherche à se faire connaître. Ainsi, chaque religion tâtonne et répond imparfaitement aux attentes de Dieu, le seul lieu où la recherche des hommes et le désir de Dieu se rencontrent parfaitement, c’est en Jésus Christ ! Tout n’est donc pas vrai, ni faux dans les religions, tout n’y est pas bon ou mauvais mais tout doit être évalué selon l’Évangile, selon la vie du Christ ! À priori, le christianisme devrait avoir une longueur d’avance sur les autres religions, puisqu’il bénéficie de la plénitude de la révélation en Jésus Christ, mais encore faut-il que la façon dont il vit et incarne cette révélation corresponde au plus près à l’Évangile. L’histoire de l’Église nous a laissé voir des hauts et des bas dans cette mise en œuvre de la vie des disciples du Christ.

Oui, Dieu veut que tous les hommes et tous les peuples soient sauvés !

Ainsi hors de l’Église il y a plein de Salut…

Mais la plénitude de la révélation en Jésus Christ,

fait de l’Église le moyen privilégié pour accueillir le Salut de Dieu !

Sommes-nous prêt à l’offrir, à tous les peuples ?

À l’offrir… et non à l’imposer !…

[1] Richard Bergeron, Hors de l’Église, plein de salut. Pour une théologie dialogale et une spiritualité interreligieuse. Collection « Spiritualités en dialogue »,  Montréal/Paris, Médiaspaul, 2004. 221 p.

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Le temps des barbares !

Nos trois frères seraient morts martyrs...

Nos trois frères seraient morts martyrs…

D’abord cette triste nouvelle que nous redoutions… D’après radio Kivu1, nos trois frères assomptionnistes, Anselme WASUKUNDI, Jean-Pierre NDULANI et Edmond KISUGHU, kidnappés le vendredi 19 octobre 2012,  par les rebelles Ougandais de l’ADF/NALU, auraient été tués il y a quelques semaines. Ils avaient refusé de se convertir à l’Islam intégriste des terroristes des ADF/NALU c’est pourquoi ils auraient été exécutés. (source Radio Kivu 1 du 5 août 2014). Nous n’avons pas eu de confirmation de la part de nos frères du Congo pour l’instant, mais comme plusieurs otages ont été libérés ou ont pu fuir dernièrement, des témoins, nous dit-on, « viennent de confirmer ces informations sur radio Kivu 1 »…

Nous avions eu quelques espoirs dernièrement car, d’après l’administrateur du territoire de Béni, 280 otages ont été libérés des mains des ADF/NALU depuis le début des opérations militaires et on estime à 150 les otages encore prisonniers des ADF sur un total de 600 à 800  otages ces dernières années ! (source Radio Okapi du 4 août)

Prions pour le repos de leurs âmes, pour leurs familles, pour nos frères du Congo et pour les populations victimes de tous ces groupes rebelles ou terroristes ! Et mobilisons-nous pour parler de ce conflit de l’est du Congo qui dure depuis 20 ans et qui est trop souvent passé sous silence !

 – – – – – – –

Autre front, celui de l’Irak…

Restons mobilisés

Restons mobilisés

Une nouvelle étape a été franchie par les djihadistes de « l’Etat Islamique », ce nouveau groupuscule fanatique, avec la prise de la plus grande ville chrétienne d’Irak, Qaraqosh, dans la nuit du 6 au 7 août, et le départ forcé des chrétiens… Que dire, que faire, sinon ne pas relâcher la pression par tous les moyens possibles pour que ces fous dangereux soient arrêtés au plus tôt ! Ils ne sont pas des menaces que pour les chrétiens, mais aussi pour les vrais musulmans et tous ceux qui ne pensent pas comme eux ! Je vous envoie donc quelques liens sur le sujet :

–          Le pape François renouvelle son appel pressant pour les chrétiens irakiens en fuite (La Croix du 7 août)

–          La mobilisation spirituelle s’amplifie autour des chrétiens d’Irak, avec plusieurs propositions de prière et d’action (La Croix du 5 août) Voie encore le site Hozana.com avec proposition de prière et signature de pétition…

–          Un appel de Jean d’Ormesson pour les chrétiens d’Irak (Le figaro du 2 août)

–          Pour l’instant ce sont les Kurdes d’Irak épaulés par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) qui combattent… (Actukurde du 7 août)

–          Et les Etats-Unis semblent se mobiliser. (RFI du 8 août) en fait sont déjà en action…

Le symbole de cette mobilisation, sur les réseaux sociaux, c’est le noun,nunppp  – la lettre apposée par les djihadistes de l’État islamique sur les maisons des chrétiens à Mossoul, devenue le symbole de ralliement autour de leur cause –

Par ailleurs, un mouvement lancé par le Cardinal Barbarin consiste à prier chaque jour le Notre Père, en Chaldéen si possible, la langue liturgique des chrétiens d’Irak à l’intention des victimes de ce conflit et pour la paix. En voici la transcription dans notre alphabet :

 Notre Père

             À chacun de se mobiliser à sa manière, contre ce temps des barbares !

 – – – – – – – – –

La vie par ici

Rassurez-vous, nous ne sommes pas (encore) touchés par l’épidémie d’Ebola, même si l’on sent une certaine fébrilité dans la société togolaise…

Nous poursuivons sereinement notre route vers les vœux, les différents préparatifs, la fête de l’Assomption cette semaine et l’accueil de la nouvelle promotion de novices… Nos champs commencent à produire, nous avons déjà récolté les arachides et les tournesols et bientôt le maïs…

Sur ces quelques nouvelles,

Bonne fin de semaine, bonne fête de l’Assomption,

Et restons mobilisés, même si nous aimerions, parfois, profiter de la vie de façon insouciante …

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Humilité !

10 août 2014, 19ème Dimanche année A, Mt 14,22-33/

Nous ne le dirons jamais assez, l’humilité est une très grande vertu chrétienne ! Comment vivre la foi, l’espérance et la charité sans humilité ? Comment accueillir les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance sans humilité ? Comment respecter l’autre dans sa différence et dans sa dignité sans humilité ? Contemplons, avec les textes de ce jour, comment la Parole de Dieu nous parle de l’humilité de Dieu, de l’humilité de la foi et de l’humilité dans nos actions !

Humilité de Dieu !

« Le murmure d’une brise légère. » ; « Le bruissement d’un souffle ténu. » ; « La voix d’un fin silence » (1 R 19,12) Quelles belles expressions pour nous parler du passage de Dieu sur la montagne de l’Horeb ! Non, Dieu n’était pas présent dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans la voix d’un fin silence ! Cela ne nous donne-t-il pas un excellent critère de discernement face à tous ceux qui prétendent agir et parler au nom de Dieu ? Ceux qui en appellent aux armes et à la violence, n’ont pas grand-chose à voir avec le murmure d’une brise légère… Ceux qui prétendent réduire au silence ceux qui ne pensent pas comme eux, n’ont rien à voir avec le bruissement d’un souffle ténu… Ceux qui crachent des paroles de haine et de domination, sont bien loin de la voix d’un fin silence. Mais les larmes de celui qui ne supporte plus la violence, nous parlent, elles, de Dieu ! La prière confiante et fragile de ceux qui se tiennent sur la montagne, participe, elle, de ce souffle ténu ! Les mains du secouriste qui ne compte pas ses heures pour aller ramasser les corps mutilés par la guerre, ou du visiteur de malades qui ose quelques paroles de réconfort, apportent, elles, cette brise légère… Comment peut-on se tromper à ce point sur Dieu ? Fuyons tous les éclats de voix et soyons porteur de l’humilité de Dieu !

Humilité de la foi !

« Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » (Mt 13,28) Nous connaissons la suite : après quelques pas, Pierre coule ! Qu’est-ce qui fait la grandeur de Pierre ? Ses paroles enflammées, sa foi zélée, ses « moi, je ne te renierai pas » ? Ou bien son humilité qui va lui permettre, malgré ses bravades et ses trahisons, de revenir sans cesse au Seigneur et d’être relevé par lui ? Encore une fois, ne nous trompons pas dans notre adhésion au Christ. Elle n’a rien à voir avec cette foi qui rend fort, qui évite les épreuves, qui apporte le succès, la santé et l’argent comme le prêchent les tenants de la théologie de la prospérité… Non, la foi chrétienne est humble et fragile… Elle ne nous fait pas marcher sur les eaux de la tempête, mais plutôt plonger dans la misère humaine et nous salir les mains pour venir en aide à nos frères. Notre foi au Christ ne peut qu’être humble. Comment peut-on prétendre : « moi j’ai la foi et rien ne me troublera », alors que le Seigneur Jésus lui-même fut troublé quand l’heure de l’épreuve eut sonné ! La foi du Seigneur l’a-t-elle incité à faire déplacer des montagnes ou à dire aux arbres d’aller se jeter dans la mer ? Non, elle l’a soutenu dans les discernements qu’il a eu à opérer pour se tenir sur l’humble chemin du serviteur, jusqu’à la croix. Avant tous les moments importants de sa vie, on le voit en prière, se replonger dans la confiance en son Père pour avancer sur le chemin. Voilà où se trouve la force de notre foi, une foi humble, et nulle part ailleurs !

Humilité dans nos actions !

Je voudrais ici surtout développer la dimension ecclésiale de notre foi. Il ne s’agit jamais de vouloir travailler seul mais en Église ! Vous le savez, la barque est une figure de l’Église. Pierre, qui veut jouer au plus malin, pourrait-on dire, quitte la barque au nom de sa foi zélée… et il coule ! Par contre le texte précise bien : « Quand ils furent montés dans la barque [Jésus et Pierre], le vent tomba. » (Mt 14, 32). Non, en ce qui concerne un travail apostolique, nous ne devons jamais agir seul ! Ni au nom d’une recherche d’efficacité, ni au nom d’un zèle plus grand, ni au nom d’une intuition juste… Car alors nous risquons fort de n’agir que pour nous-même, de ne renvoyer qu’à nous-même, et de mettre en place une activité apostolique fondée sur le sable et qui s’écroulera dès que nous serons envoyé ailleurs ! Mais plus fondamentalement encore, le but de la vie chrétienne est de construire la communion entre les hommes et avec Dieu. Comment pouvons-nous prétendre construire cette communion si nous quittons la barque, si nous agissons seul, si nous semons la division ? Cela demande une grande humilité dans nos actions, nous ne devons jamais agir en notre nom, mais au nom des disciples du Christ et parfois aussi accepter l’échec… comme le Christ.

Oui, apprenons de la Parole de Dieu à ne pas nous tromper de Dieu, de Foi ou d’action à mener :

N’oublions jamais l’humilité !

L’humilité de Dieu, l’humilité de la foi, l’humilité dans nos actions !

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Chaud et froid…

Vive la pagaille !

Vive la pagaille !

             Les dernières nouvelles de Rome me laissent songeur… Il est sûr que le pape François ne dirige pas tout, tout seul, même s’il a, semble-t-il, une bonne poigne. Il faut laisser place aux diverses sensibilités…

            Le premier thème, celui des divorcés remariés, laisse apparaître que deux camps affûtent leurs arguments avant le Synode. (Cf. l’article de Loup Besmond de Senneville, La Croix du 30/07/2014) :

 Suite aux ouvertures du Cardinal Walter Kasper qui,  en février, invité par le pape à introduire le consistoire, avait plaidé pour que les divorcés remariés puissent être réadmis à la communion, « dans certains cas », et après « un chemin de pénitence », le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Müller, pourfend avec fermeté, dans son nouveau livre, ceux qui souhaiteraient voir évoluer la doctrine de l’Église sur les divorcés remariés.

L’indissolubilité du mariage est « absolue », insiste le cardinal allemand, qui rappelle la règle édictée par l’Église selon laquelle « le second mariage est possible uniquement lorsque le conjoint légitime est mort ». « Lorsque l’on se trouve en présence d’un mariage valide, il n’est possible en aucune manière de dissoudre ce lien : ni le pape ni aucun évêque n’ont l’autorité pour le faire, parce qu’il s’agit d’une réalité qui appartient à Dieu. » Pour l’Église, c’est bien au nom de cette indissolubilité que les divorcés remariés ne peuvent accéder ni à la communion eucharistique, ni au sacrement de réconciliation. […] Pas question, non plus, pour le cardinal Müller, de se servir de la « miséricorde » pour justifier l’admission des divorcés remariés aux sacrements. Il s’agirait là, juge-t-il, d’une « référence erronée à la miséricorde (qui) comporte le risque grave de banaliser l’image de Dieu, en donnant à penser que Dieu ne serait pas libre, mais qu’il serait obligé de nous pardonner ». […]

Autre expression chère au pape François, celle de l’adaptation de la doctrine à la « réalité pastorale », fermement repoussée par le cardinal Müller. Cela consisterait à « transformer la doctrine catholique en une sorte de musée des théories chrétiennes », estime-t-il. […]

Vous me direz il est logique que chacun défende sa position, on verra ce qu’il en sortira au synode…

Le second thème me laisse encore plus songeur… Alors que l’on voit le pape François, à chaque apparition publique, prendre le temps de saluer, d’embrasser, de rencontrer en vérité ses interlocuteurs, voici que la Congrégation pour le culte divin entend corriger certains abus lors du geste de paix durant l’eucharistie ! (cf. article de Nicolas Senèze dans La Croix, 01/08/2014 ) C’est ici, en fait, un souci de Benoît XVI qui reparaît :

« […] Souhaitant « modérer ce geste, qui peut prendre des expressions excessives, suscitant un peu de confusion dans l’assemblée juste avant la communion », Benoît XVI avait donc demandé dans l’exhortation apostolique Sacramentum caritatis  « d’étudier la possibilité de placer le geste de paix à un autre moment, par exemple avant la présentation des dons à l’autel ».

La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a consulté les conférences épiscopales du monde entier sur le sujet qui, à une large majorité, ont souhaité que le geste de paix ne soit pas déplacé un autre moment de la messe.

[…] Néanmoins, dans une circulaire signée le 8 juin dernier par le cardinal Antonio Canizares Llovera, son préfet, et Mgr Arthur Roche, son secrétaire, et approuvée la veille par le pape François, la Congrégation pour le culte a pris quelques dispositions en vue « d’une meilleure expression du signe de la paix et pour en modérer les excès ».

La congrégation rappelle d’abord que le geste de paix n’est pas « mécanique » et que le célébrant peut tout à fait se dispenser d’inviter les fidèles à échanger la paix.

Plus profondément, la Congrégation pour le culte divin insiste sur le sens profond du geste de paix par lequel l’Église « implore la paix et l’unité pour elle-même et toute la famille humaine et par lequel les fidèles expriment leur communion ecclésiale et leur charité mutuelle ». En clair : il ne s’agit pas de se dire bonjour mais de manifester que « Christ est notre paix, la paix divine ».

Aussi les conférences épiscopales pourront-elles, lors de la publication de la troisième édition typique du Missel romain sur leur territoire, modifier le mode d’échange de la paix, pour « y substituer d’autres gestes » que « les gestes familiers et profanes du salut ».

Surtout, la Congrégation pour le culte divin en profite pour corriger « quelques abus », mettant ainsi en garde contre « l’introduction d’un « chant pour la paix », inexistant pour le rite Romain », le chant étant celui de la fraction (Agnus Dei) qui vient après l’échange du geste de paix. […] »

 Il me semble que l’on a d’autres chats à fouetter et que nos assemblées dominicales ne pèchent pas par leur dynamisme exacerbé… Nous sommes loin des célébrations des « Assemblées de Dieu » et autres Églises du Réveil… Nous sommes bien loin également des propos du pape invitant la jeunesse catholique, aux JMJ et en d’autres occasions, à ne pas hésiter à mettre la « pagaille » pour sortir l’Eglise de sa torpeur.

Heureusement, nous avons foi que tout ceci n’empêche pas l’Esprit de souffler…


La vie par ici

C’est la saison des vœux qui commence, des vœux religieux j’entends, et non des bons vœux du nouvel an… Dès aujourd’hui nous serons chez les sœurs de Sainte Catherine, avec trois jeunes femmes qui prononceront leur premier engagement… Nous avons reçu de nombreux faireparts de premiers vœux ou de profession solennelle, mais aussi d’ordinations diaconales ou presbytérales, autant d’occasions de rendre grâce à Dieu !

En Assomption, nous avons également la joie d’accueillir de nombreux jeunes même s’ils ne sont pas répartis équitablement dans les différents pays. Par exemple le conseil provincial, de notre province d’Europe, qui s’est tenu début juillet a dû étudier pas moins de 70 dossiers d’admission au noviciat, aux premiers vœux, au renouvellement  des vœux ou à la profession perpétuelle.

Parfois je m’inquiète de l’accueil que nous réservons à tous ces jeunes qui veulent consacrer leur vie au Christ. Nos communautés religieuses, nos communautés chrétiennes sont-elles vraiment-là pour les soutenir sur leur chemin à la suite du Christ ou pour les décourager ? Nous voudrions parfois que ces jeunes chrétiens soient parfaits ou à notre image, ces deux prétentions n’ont vraiment rien d’évangéliques ! Ouvrons nos cœurs au souffle de l’Esprit !

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Echange de services ?

3 août 2014, 18ème Dimanche année A, Mt 14,13-21/

«  Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. » (Is 55,1) Voilà une devise biblique qui correspondrait bien aux différents groupes d’échange de services ou de troc qui fleurissent à grande vitesse via Internet. Vous connaissez le principe : vous avez une compétence, un savoir-faire dans un domaine, alors, plutôt que de payer très cher un plombier, un site vous met en lien avec une personne ayant des compétences en plomberie et en échange vous pouvez lui donner un cours de musique, une heure de jardinage… Vous avez de belles pommes ou de belles fraises pourquoi ne pas les échanger contre une bouteille de vin ou de lait… Il me semble que les textes de ce jour nous invitent à quelque chose de cet ordre-là dans nos relations avec le Seigneur, même si la mesure donnée nous sera rendue débordante ! Nous sommes invités à un échange non-proportionnel, à un échange qui fait vivre, à un échange existentiel…

Un échange non-proportionnel !

« Jésus prit les cinq pains et les deux poissons… les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins. » (Mt 14,19…20) D’abord le Seigneur a besoin de notre générosité, de nos mains, de notre cœur, de nos quelques pains et poissons et, de ce peu que nous offrons, le Seigneur peut faire des merveilles ! Qu’avons-nous à offrir au Seigneur, c’est-à-dire à nos frères et sœurs, et particulièrement celles et ceux qui traversent des épreuves : une oreille attentive… un peu de temps… un peu de nourriture à partager… un endroit où passer la nuit… ? C’est un peu convenu direz-vous… mais nous pouvons également offrir un cours de français, des courses à rapporter, quelques plantes à repiquer, que sais-je encore ? Nous avons tous quelque chose à offrir, à échanger avec nos frères et sœurs, peut-être que ce qu’ils nous rendront en échange n’aura pas de prix : un sourire, un merci, une histoire, un coup de main, un kilo de tomates… Si nous pouvions quitter l’unique mode d’échange monétaire et proportionnel, et entrer avec nos frères et sœurs et avec le Seigneur dans un échange gratuit et non-calculé !…

Un échange qui fait vivre !

«  Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? » (Is 55,2) Le deuxième aspect de cet échange gratuit, c’est que, contrairement aux habituels échanges commerciaux, cela est source de vie ! On peut d’abord le vérifier au plan humain : un échange de services dans la gratuité et la générosité nous donne un surcroit d’être, nous nous sentons alors pleinement vivre, nous retrouvons un sens à notre existence… Le pape François nous le rappelle dans ses dix conseils pour être heureux. Les deux premiers sont « vivre et laisser vivre » et « se donner aux autres »… J’évoquais plus haut les échanges de services et de compétences, au départ ce n’est peut-être que dans un but matériel, afin de faire des économies, mais, par ces simples gestes, nous expérimentons une autre qualité relationnelle, une autre qualité de vie.

Un échange existentiel !

« Prenez et mangez, ceci est mon Corps, livré pour vous ! » Nous le savons bien, la multiplication des pains est un récit eucharistique. En fait, ce que le Christ donne à manger c’est son Corps, c’est sa vie ! Et, ainsi, il nous incorpore à sa propre vie et nous permet d’accéder à la vie Trinitaire, à la vie de Dieu, au Royaume. Or nous le savons aussi, chez Jean, le récit de l’institution de l’Eucharistie est remplacé par le récit du lavement des pieds : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13,14) Ainsi donc, cet échange de services, dont j’ai parlé plus haut, nous permet, ni plus ni moins, de participer à la vie du Christ et d’entrer, par-là, dans la vie même de Dieu. Ce n’est donc pas qu’un simple échange de services, c’est un échange existentiel, une communion avec la vie qui est en l’autre et donc avec le Tout-Autre !

Le Seigneur, le premier, a pris les devants pour cet échange de vie…

Retrouverons-nous, à travers de simples échanges de services,

Cet échange non-proportionnel,

Cet échange qui fait vivre,

Cet échange existentiel ?

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Jusques à quand ?

Les chrétiens ont quitté Mossoul

Les chrétiens ont quitté Mossoul

          Les regains de violence entre peuples, l’utilisation de la religion à des fins politiques, l’endoctrinement de jeunes, la volonté farouche de croire que pour exister il faut détruire l’autre… Jusques à quand Seigneur ? Peut-on rester silencieux face aux épurations ethniques ou religieuses ? Que faire ? Nous essayons, à notre mesure, de créer des occasions de rencontre et de dialogue, de proposer des lieux de réflexion et de connaissance de l’autre en vérité. Ce sont de petites gouttes d’eau, mais nous n’avons pas d’autres choix pour alimenter des fleuves de paix, de compréhension mutuelle, d’humanité…

Je ne peux m’empêcher de vous partager ce courrier d’un dominicain irakien, que j’avais connu durant mes années strasbourgeoises (transmis par Marie-Thérèse) :

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 Reçu le 18/07/2014 du père dominicain irakien Anis Hanna, o.p. (France)

 De tristes nouvelles de Mossoul

 Mardi 15 juillet 2014 : l’État islamique a décrété que les maisons des chrétiens appartiennent désormais à l’État islamique de l’Irak. Les maisons des chrétiens ont été marquées à l’extérieur par une signalisation : « propriété de l’État islamique. »

Jeudi 17 juillet : le dirigeant de l’État islamique a convoqué les dirigeants de la communauté chrétienne de Mossoul, dans le but de définir le statut des chrétiens dans l’État islamique. Aucun dirigeant de la communauté chrétienne n’était présent à cette convocation. Finalement un décret a été promulgué de la part de l’État islamique.

Voici le décret :

Nous avons informé les dirigeants des chrétiens de venir prendre connaissance de leur statut sous le régime de l’État du califat dans la province de Ninive. Ils ne se sont pas présentés au rendez-vous fixé.

Nous avons prévu pour eux les trois choix suivants :

1- se convertir à l’islam;

2- accepter le statut de dhimmi;

3- en cas de refus du premier ou du deuxième choix ils seront exécutés par l’épée.

Le prince des croyants, le calife Ibrahim a généreusement laissé aux chrétiens le choix de s’exiler par eux-mêmes à l’extérieur des frontières de l’État islamique. Cela doit être fait avant le dernier délai prévu pour le samedi 19 juillet 2014 à midi. Après ce délai, il n’y aura que l’épée.

Ce décret a été diffusé à Mossoul et remis à toutes les familles chrétiennes qui restaient encore à Mossoul. Il y avait à peu près 65 familles encore attachées à leur ville. Depuis jeudi après-midi, les familles chrétiennes commençaient à quitter la ville de Mossoul. Elles ont pris avec elles tout ce qu’elles pouvaient emporter : des objets de valeurs comme argent, bijoux, des documents, etc. Mais en quittant la ville, au point de contrôle, ces familles ont été complètement dépouillées de tout ce qu’elles avaient. Elles sont parties les mains vides ! La plupart de ces familles se sont trouvées, de nouveaux, réfugiées à Qaracoche. D’autres familles se sont dirigées vers Érbil, la capitale du Kurdistan.

Actuellement aucune famille, aucun chrétien ne se trouve à Mossoul. Tous ont abandonné la ville.

En outre, l’État islamique a coupé l’approvisionnement en eau potable des villes chrétiennes de Telkeif, Tellesqif, Batnaya. La peur et la panique ravagent le cœur des habitants de ces trois villes. Déjà, il y a un mois, la ville de Qaracoche (ville chrétienne de 45 milles habitants) a été sanctionnée pareillement par l’État Islamique.

Les habitants de Quaracoche ont trouvé une solution provisoire en creusant des puits d’eau potable. Le premier puits a été creusé et mis en fonction le samedi 12 juillet. On attend encore trois autres puits d’eau potable à creuser et à mettre en fonction.

Lundi 14 juillet : les cinq personnes kidnappées à Mossoul ont été libérées. Deux religieuses chaldéennes et trois jeunes orphelins restés quarante-cinq jours entre les mains des ravisseurs, ont été libérés. Le Patriarche Chaldéen a déclaré : « aucune rançon n’a été versée pour leur libération. »

En général, la situation des chrétiens irakiens reste très fragile en cette période dramatique où l’État islamique désire absolument appliquer sa feuille de route pour aller conquérir Bagdad et s’emparer du pouvoir dans la capitale irakienne.

Père Anis Hanna, o.p.

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 Par ailleurs je vous recommande cet article du journal La Croix :

 Que faire pour les chrétiens d’Orient ?

 Face à la situation difficile des chrétiens d’Irak, les chrétiens de France sont invités à se mobiliser, par la prière et la solidarité, mais aussi en demandant aux autorités de faire avancer la paix. Pour lire la suite cliquer ici...

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Je vous partage également ce petit mot du pape François à l’issue de l’Angélus du dimanche 20 juillet :

Chers frères et sœurs,

J’ai appris avec préoccupation les nouvelles qui parviennent des communautés chrétiennes à Mossoul (Irak) et d’autres parties du Moyen-Orient, où celles-ci, depuis le début du christianisme, ont vécu avec leurs concitoyens en offrant une contribution significative au bien de la société. Aujourd’hui, elles sont persécutées; nos frères sont persécutés, ils sont chassés, ils doivent abandonner leurs maisons sans avoir la possibilité de rien emporter avec eux. A ces familles et à ces personnes, je veux exprimer ma proximité et ma prière constante. Très chers frères et sœurs qui êtes si persécutés, je sais combien vous souffrez, je sais que vous êtes dépouillés de tout. Je suis avec vous dans la foi en Celui qui a vaincu le mal! Et à vous, ici sur la place et à ceux qui nous suivent à la télévision, j’adresse l’invitation à rappeler ces communautés chrétiennes dans la prière. Je vous exhorte, en outre, à persévérer dans la prière pour les situations de tension et de conflit qui persistent dans les diverses régions du monde, en particulier au Moyen-Orient et en Ukraine. Que le Dieu de la paix suscite en tous un authentique désir de dialogue et de réconciliation. La violence ne se vainc pas par la violence. La violence se vainc avec la paix! Prions en silence, en demandant la paix; tous, en silence… Marie, Reine de la paix, prie pour nous!

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Prions donc, soyons solidaires et faisons pression sur nos responsables… Faut-il rappeler que le christianisme est présent en Irak depuis les temps apostoliques, c’est-à-dire depuis la fin du premier siècle !

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La vie par ici

Au monastère bénédictin de Dzobégan

Au monastère bénédictin de Dzobégan

Rien de spécial cette semaine, sinon que nous sommes bien rentrés de notre escapade à Lomé et Kpalimé, le séjour annuel du noviciat à la rencontre des familles des novices, pour fournir également un trousseau aux novices finissants, et pour quelques visites. Nous avons pu cette année nous promener vers une cascade non loin de Kpalimé (qui n’était pas tout à fait facile d’accès), et visiter le monastère de Dzobégan, une abbaye bénédictine fondée par En Calcat….

Cette semaine les novices sont en retraite, sous la houlette du P. Vincent Kambere, au monastère d’Agban.

Bonne semaine, que le Seigneur vous soutienne dans vos choix, et n’oublions pas les chrétiens et les hommes de bonne volonté du Moyen Orient !

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Que recherchons-nous ?

27 juillet 2014, 17ème Dimanche année A, Mt 13,44-52/

« Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. » (Mt 13,45-46) Que recherchons-nous… et avec quelle énergie ? Les textes de ce jour nous présentent plusieurs chercheurs de Dieu, ou, pour le moins, sachant faire les bons choix en vue d’une vie belle et réussie : Salomon qui demande la sagesse du discernement, le découvreur de trésor, le négociant en perle, le pêcheur triant ses prises et le scribe qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien… Tous ces hommes, et chacun d’entre nous, nous dit saint Paul dans son épitre aux Romains, nous sommes appelés, destinés à être l’image de son Fils. (cf. Rm 8,29-30) Pas simplement quelques choisis, mais vraiment tous les humains comme le précise saint Paul dans son épitre aux Ephésiens : « Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement : réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. » (Ep 1,9-10) Sommes-nous convaincus que ce dessein de Dieu est un dessein bienveillant, que là est notre bonheur et notre avenir ? Si oui, reprenons cette question de départ : Que recherchons-nous et avec quelle énergie ?

La sagesse du discernement !

La prière de Salomon nous interpelle ! Elle nous fait penser à la lampe d’Aladin et à ces contes populaires où les génies peuvent exercer trois vœux : « Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai. » (1R 3,5) dit le Seigneur à Salomon. Alors, à la place de Salomon que demanderions-nous ? La richesse, la santé, le pouvoir, la mort de nos ennemis ? Ou bien, comme lui, un cœur attentif pour savoir gouverner notre vie et discerner le bien et le mal ? Nous parlons de la Sagesse de Salomon, mais la formulation de Salomon est bien plus belle : un cœur attentif ! Et puis, notons aussi un autre aspect très important : Salomon est loin d’être un saint, il vient d’accéder au pouvoir en évinçant, avec l’aide de sa mère Bethsabée, ses trois frères aînés en ayant recours à des moyens peu vertueux, y compris des assassinats… Il ne brillait pas vraiment par sa sagesse et sa bonté de cœur ! Et cependant, par sa prière juste et humble, Salomon est exaucé, comme le publicain pécheur et contrit comparé au pharisien qui se croyait juste. Ce passage de l’Écriture nous révèle donc que chacun de nous, quel que soit son péché, peut prier de façon juste et humble, demander ce qui est vraiment bon pour lui et être exaucé ! Alors n’hésitons pas, demandons la Sagesse du discernement, l’intelligence du cœur, c’est-à-dire un cœur attentif pour marcher avec paix et joie sur le chemin du véritable bonheur !

L’intelligence de faire les bons choix !

Que ce soit le découvreur de trésor ou le négociant en perles, tous deux ont compris qu’il leur fallait tout quitter pour acquérir un trésor bien plus important… Si cela est vrai dans nos veules calculs financiers, cela n’est-il pas plus vrai encore lorsqu’il s’agit d’acquérir le Royaume de Dieu ? « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. » (Mt 19,21-22) Voulons-nous acquérir la joie du Royaume ou nous accrocher tristement à nos biens ? Oui nous avons besoin d’un certain nombre de biens ici-bas, au service de notre famille… Tout le monde n’est pas appelé à se dépouiller de tout, mais toujours est-il que pour entrer dans le Royaume nous serons dépouillés de tous nos biens en vue d’un trésor bien plus grand… Alors il faut nous y préparer : pour acquérir le trésor inestimable du Royaume de Dieu que faut-il sacrifier ? Pour nous attacher aux seules valeurs du Royaume quels choix avons-nous à opérer ? Demandons au Seigneur l’intelligence de faire les bons choix !

Le courage de faire le tri !

Enfin les deux derniers personnages, nous parlent du tri à opérer. « On ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. […] Tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. » (Mt 13,48.52) Comme êtres humains, nous venons tous d’une culture qui nous a façonnés, d’une quête de spiritualité et du divin qui a marqué nos aïeux, mais devenus chrétiens il nous faut opérer un tri. Qu’est-ce qui est bon dans la sagesse humaine qui nous a été transmise et qu’est-ce qui est mauvais et s’oppose à l’Évangile… Ce tri sera opéré à la fin des temps nous dit l’évangile, aussi ne nous laissons pas surprendre, il faut dès maintenant opérer nous-même le tri, afin que seul le bon façonne nos vies… À chacun de voir ce qui est bon et à retenir de sa culture familiale, sociale, etc… et ce qui est mauvais et à mettre à distance.

Que recherchons-nous, finalement ?

Si c’est le Royaume de Dieu, avec quels moyens et quelle énergie le cherchons-nous ? Demandons donc :

La sagesse du discernement…

L’intelligence pour faire les bons choix…

Et le courage de faire le tri !

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