Comme je n’ai, moi-même, pas de vacances, je pense particulièrement à celles et ceux qui n’en ont pas, ou pour qui cela ne veut plus dire grand-chose (chômeurs, retraités…). Mais, dans tous les cas, cela peut être l’occasion de ralentir le rythme ou de changer d’activité… Voyant notre rythme habituel, les novices me demandent souvent, par boutade, s’il y aura cours le jour où ils prononceront leurs vœux et je leur réponds que nous terminerons les cours le 32 août… Mais, la semaine qui vient, comme ils seront en retraite sous la houlette du Père Bien-Aimé (un des trois pères du noviciat), j’aurai donc l’occasion, tout en gardant la maison, de changer de rythme, de reprendre quelques dossiers en retard et peut-être de m’adonner un peu plus à la lecture…
Je souhaite donc, à chacun et chacune, de pouvoir changer de rythme en ces mois d’été (pour les régions du globe où c’est l’été) ou durant la trêve scolaire sous nos latitudes. Lecture, musique, jardinage, bricolage, rencontres familiales et/ou entre amis, halte spirituelle, marche, repos, coups de main solidaires… Que chacun en profite au mieux !
Fin de Ramadan !
Comme nous sommes en milieu musulman, nous vivons de près ce temps fort de l’Islam, et je suis assez admiratif de voir nos employés faire leur journée comme si de rien n’était, sans prendre une gorgée d’eau ou une bouchée durant la journée ! Notre pape François a innové, une fois de plus, puisque le traditionnel mot du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, à l’occasion de la fin du Ramadan, s’est transformé en une lettre personnelle du pape François à tous les musulmans du monde. Celle-ci, outre les vœux traditionnels, porte sur la promotion du respect mutuel à travers l’éducation. En voici quelques extraits :
« Cette année, la première de mon Pontificat, j’ai décidé de signer moi-même ce Message traditionnel et de vous l’envoyer, chers amis, comme expression d’estime et d’amitié envers tous les musulmans, spécialement envers leurs chefs religieux….
«Respect» signifie une attitude de gentillesse envers les personnes pour lesquelles nous avons de la considération et de l’estime…
Ce que nous sommes appelés à respecter dans chaque personne, c’est tout d’abord sa vie, son intégrité physique, sa dignité avec les droits qui en découlent, sa réputation, son patrimoine, son identité ethnique et culturelle, ses idées et ses choix politiques. C’est pourquoi nous sommes appelés à penser, à parler et à écrire de manière respectueuse de l’autre, non seulement en sa présence, mais toujours et partout, en évitant la critique injustifiée ou diffamatoire…
C’est pour cela que l’on réservera un respect particulier aux chefs religieux et aux lieux de culte. Quelles-sont douloureuses ces attaques perpétrées contre l’un ou l’autre de ceux-ci ! »
Bonne fête de l’ID AL-FITR à tous nos frères et sœurs musulmans !
Pour lire l’ensemble de la lettre, (une page et demie) cliquer ici !
La vie par ici
C’est maintenant que se tient le désormais traditionnel voyage d’intégration, mobilisant jeunes chrétiens et musulmans de différents pays de la sous-région… Il a lieu cette année au Togo, dans une version un peu plus modeste en raison de difficultés de financement… Souhaitons-leur bonne réussite et surtout de devenir des artisans du respect mutuel et de la construction d’une fraternité au-delà de toutes frontières !










Thésauriser ?
18ème dimanche, année C, Lc 12,13-21 /
Ce dimanche, la Parole de Dieu vient encore nous rappeler à l’essentiel : Quelle vanité que de vouloir amasser des biens périssables ! Revêtez l’homme nouveau ! Soyez riches en vue de Dieu ! Nous savons bien tout cela et pourtant nous nous laissons toujours reprendre par ce besoin de nous rassurer à travers ce que nous possédons, de mettre notre confiance et notre sécurité dans nos avoirs plutôt que dans notre relation à Dieu et aux autres… Faut-il attendre d’avoir un âge avancé pour prendre conscience de la vanité de certains soucis, pour revenir à l’essentiel, pour vraiment faire nôtre l’enseignement de la Parole de Dieu ? Comme nous ne sommes pas sûrs que la sagesse nous viendra avec l’âge, n’y a-t-il pas urgence à thésauriser au bon endroit dès maintenant ? Amassons donc un trésor dans notre cœur, dans le cœur des autres et dans le cœur de Dieu !
Un trésor dans notre cœur !
Cessons de vivre à la surface de nous-mêmes et faisons place à notre désir profond ! Ou plutôt, pour ne pas paraître trop utopiste, que ce qui occupe nos journées, ce qui apparaît à la surface de nos vies soit de plus en plus ordonné au service de notre être véritable… Je ne peux m’empêcher, ici, de retraduire à ma manière l’intuition de saint Ignace dans Principe et Fondement : « L’être humain est créé pour accueillir l’amour de Dieu, pour l’aimer en retour de toutes les fibres de son être, et pour que cette réciprocité d’amour serve la Vie… afin d’entrer dans la Vie en plénitude ! Les autres éléments du monde, les autres êtres vivants sont, eux aussi, tendus à leur manière, vers cette plénitude de Vie et permettent ainsi à l’humain d’avancer dans sa vocation propre. Il s’ensuit que l’humain doit faire Alliance avec les éléments du monde, dans la mesure où ils contribuent à augmenter sa capacité à aimer et à servir la Vie. Et qu’il doit se dégager de ceux qui l’empêchent d’aimer et l’emprisonnent dans des forces de mort et de destruction. » Alors oui, amassons des richesses dans le trésor de notre cœur, afin d’élargir sa capacité à aimer et à servir la Vie !
Un trésor dans le cœur des autres !
Humainement, déjà, on peut comprendre que nous existons par l’amour que nous recevons et que nous donnons. C’est d’abord un amour, celui de nos parents, qui nous a permis d’advenir à l’existence. Et c’est par ce regard d’amour des parents sur leur petit enfant que celui-ci va pouvoir se développer et grandir sereinement… Le reste de la vie, avant d’atteindre une maturité suffisante, consistera bien souvent, inconsciemment, à rechercher des palliatifs à l’amour de nos parents afin de se sentir, de nouveau, aimés… Nous-mêmes sommes donc en quête d’amour, de reconnaissance et chaque être humain est dans la même situation… L’amour que nous donnons et que nous recevons nous fait exister… Alors n’hésitons pas à amasser un trésor dans le cœur des autres : plus nous leur donnons de nous-mêmes, plus nous existons !
Un trésor dans le cœur de Dieu !
Mais allons plus loin : tout ce que nous avons donné de nous-mêmes aux autres, et en particulier aux plus petits, nous sera rendu au centuple, nous dit l’Évangile ! Mais, ne comprenons surtout pas cela en termes comptables ! En fait, tout ce qui est de l’ordre de l’amour, de la fraternité, de la solidarité, de la qualité relationnelle… participe déjà de la vie de Dieu, fait de nous déjà, en quelque sorte, des ressuscités : « Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut… Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. » (Col 3,1-3) Ce sont donc toutes ces « choses d’en haut », ces étincelles, en nous, de vie divine qui sont déposées, cachées dans le cœur de Dieu, et à partir desquelles il nous redonnera vie. Mais attention encore à une méprise possible : rechercher les réalités d’en haut ne consiste surtout pas à fuir notre condition humaine, mais, au contraire, à vivre celle-ci sur le plan de l’essentiel évoqué ci-dessus ; c’est-à-dire, celui d’une qualité relationnelle qui nous fasse déjà entrer dans la communion plénière à laquelle nous sommes appelés en Dieu !
Alors faut-il thésauriser ? Oui, mais au bon endroit :
dans notre propre cœur,
dans le cœur des autres,
…c’est-à-dire…
dans le cœur de Dieu !