Ralentir le rythme !

 

Ralentir le rythme

Ralentir le rythme

Comme je n’ai, moi-même, pas de vacances, je pense particulièrement à celles et ceux qui n’en ont pas, ou pour qui cela ne veut plus dire grand-chose (chômeurs, retraités…). Mais, dans tous les cas, cela peut être l’occasion de ralentir le rythme ou de changer d’activité… Voyant notre rythme habituel, les novices me demandent souvent, par boutade, s’il y aura cours le jour où ils prononceront leurs vœux et je leur réponds que nous terminerons les cours le 32 août… Mais, la semaine qui vient, comme ils seront en retraite sous la houlette du Père Bien-Aimé (un des trois pères du noviciat), j’aurai donc l’occasion, tout en gardant la maison, de changer de rythme, de reprendre quelques dossiers en retard et peut-être de m’adonner un peu plus à la lecture…

Je souhaite donc, à chacun et chacune, de pouvoir changer de rythme en ces mois d’été (pour les régions du globe où c’est l’été) ou durant la trêve scolaire sous nos latitudes. Lecture, musique, jardinage, bricolage, rencontres familiales et/ou entre amis, halte spirituelle, marche, repos, coups de main solidaires… Que chacun en profite au mieux !

Fin de Ramadan !

Comme nous sommes en milieu musulman, nous vivons de près ce temps fort de l’Islam, et je suis assez admiratif de voir nos employés faire leur journée comme si de rien n’était, sans prendre une gorgée d’eau ou une bouchée durant la journée ! Notre pape François a innové, une fois de plus, puisque le traditionnel mot du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, à l’occasion de la fin du Ramadan, s’est transformé en une lettre personnelle du pape François à tous les musulmans du monde. Celle-ci, outre les vœux traditionnels, porte sur  la promotion du respect mutuel à travers l’éducation. En voici quelques extraits :

« Cette année, la première de mon Pontificat, j’ai décidé de signer moi-même ce Message traditionnel et de vous l’envoyer, chers amis, comme expression d’estime et d’amitié envers tous les musulmans, spécialement envers leurs chefs religieux….

«Respect» signifie une attitude de gentillesse envers les personnes  pour lesquelles nous avons de la considération et de l’estime…

Ce que nous sommes appelés à respecter dans chaque personne, c’est tout d’abord sa vie, son intégrité physique, sa dignité avec les droits qui en découlent, sa réputation, son patrimoine, son identité ethnique et culturelle, ses idées et ses choix politiques. C’est pourquoi nous sommes appelés à penser, à parler et à écrire de manière respectueuse de l’autre, non seulement en sa présence, mais toujours et partout, en évitant la critique injustifiée ou diffamatoire…

C’est pour cela que l’on réservera un respect particulier aux chefs religieux et aux lieux de culte. Quelles-sont douloureuses ces attaques perpétrées contre l’un ou l’autre de ceux-ci ! » 

Bonne fête de l’ID AL-FITR à tous nos frères et sœurs musulmans !

Pour lire l’ensemble de la lettre, (une page et demie) cliquer ici !


La vie par ici

C’est maintenant que se tient le désormais traditionnel voyage d’intégration, mobilisant jeunes chrétiens et musulmans de différents pays de la sous-région… Il a lieu cette année au Togo, dans une version un peu plus modeste en raison de difficultés de financement… Souhaitons-leur bonne réussite et surtout de devenir des artisans du respect mutuel et de la construction d’une fraternité au-delà de toutes frontières !

 

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Thésauriser ?

 

18ème dimanche, année C, Lc 12,13-21 /

Ce dimanche, la Parole de Dieu vient encore nous rappeler à l’essentiel : Quelle vanité que de vouloir amasser des biens périssables ! Revêtez l’homme nouveau ! Soyez riches en vue de Dieu ! Nous savons bien tout cela et pourtant nous nous laissons toujours reprendre par ce besoin de nous rassurer à travers ce que nous possédons, de mettre notre confiance et notre sécurité dans nos avoirs plutôt que dans notre relation à Dieu et aux autres… Faut-il attendre d’avoir un âge avancé pour prendre conscience de la vanité de certains soucis, pour revenir à l’essentiel, pour vraiment faire nôtre l’enseignement de la Parole de Dieu ? Comme nous ne sommes pas sûrs que la sagesse nous viendra avec l’âge, n’y a-t-il pas urgence à thésauriser au bon endroit dès maintenant ? Amassons donc un trésor dans notre cœur, dans le cœur des autres et dans le cœur de Dieu !

Un trésor dans notre cœur !

Cessons de vivre à la surface de nous-mêmes et faisons place à notre désir profond ! Ou plutôt, pour ne pas paraître trop utopiste, que ce qui occupe nos journées, ce qui apparaît à la surface de nos vies soit de plus en plus ordonné au service de notre être véritable… Je ne peux m’empêcher, ici, de retraduire à ma manière l’intuition de saint Ignace dans Principe et Fondement : « L’être humain est créé pour accueillir l’amour de Dieu, pour l’aimer en retour de toutes les fibres de son être, et pour que cette réciprocité d’amour serve la Vie… afin d’entrer dans la Vie en plénitude ! Les autres éléments du monde, les autres êtres vivants sont, eux aussi, tendus à leur manière, vers cette plénitude de Vie et permettent ainsi à l’humain d’avancer dans sa vocation propre. Il s’ensuit que l’humain doit faire Alliance avec les éléments du monde, dans la mesure où ils contribuent à augmenter sa capacité à aimer et à servir la Vie. Et qu’il doit se dégager de ceux qui l’empêchent d’aimer et l’emprisonnent dans des forces de mort et de destruction. » Alors oui, amassons des richesses dans le trésor de notre cœur, afin d’élargir sa capacité à aimer et à servir la Vie !

Un trésor dans le cœur des autres !

Humainement, déjà, on peut comprendre que nous existons par l’amour que nous recevons et que nous donnons. C’est d’abord un amour, celui de nos parents, qui nous a permis d’advenir à l’existence. Et c’est par ce regard d’amour des parents sur leur petit enfant que celui-ci va pouvoir se développer et grandir sereinement… Le reste de la vie, avant d’atteindre une maturité suffisante, consistera bien souvent, inconsciemment, à rechercher des palliatifs à l’amour de nos parents afin de se sentir, de nouveau, aimés… Nous-mêmes sommes donc en quête d’amour, de reconnaissance et chaque être humain est dans la même situation… L’amour que nous donnons et que nous recevons nous fait exister… Alors n’hésitons pas à amasser un trésor dans le cœur des autres : plus nous leur donnons de nous-mêmes, plus nous existons !

Un trésor dans le cœur de Dieu !

Mais allons plus loin : tout ce que nous avons donné de nous-mêmes aux autres, et en particulier aux plus petits, nous sera rendu au centuple, nous dit l’Évangile ! Mais, ne comprenons surtout pas cela en termes comptables ! En fait, tout ce qui est de l’ordre de l’amour, de la fraternité, de la solidarité, de la qualité relationnelle… participe déjà de la vie de Dieu, fait de nous déjà, en quelque sorte, des ressuscités : « Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut… Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. » (Col 3,1-3) Ce sont donc toutes ces « choses d’en haut », ces étincelles, en nous, de vie divine qui sont déposées, cachées dans le cœur de Dieu, et à partir desquelles il nous redonnera vie. Mais attention encore à une méprise possible : rechercher les réalités d’en haut ne consiste surtout pas à fuir notre condition humaine, mais, au contraire, à vivre celle-ci sur le plan de l’essentiel évoqué ci-dessus ; c’est-à-dire, celui d’une qualité relationnelle qui nous fasse déjà entrer dans la communion plénière à laquelle nous sommes appelés en Dieu !

Alors faut-il thésauriser ? Oui, mais au bon endroit :

dans notre propre cœur,

dans le cœur des autres,

…c’est-à-dire…

dans le cœur de Dieu !

 

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Gros titres et réalité du Royaume !

 

Du fond de notre brousse togolaise, nous avons tout de même accès à plusieurs médias, la fracture pour l’accès à l’information ne passe pas par chez nous… Téléphones portables, Internet, chaînes satellites, journaux… pour la radio c’est plus difficile… Nous suivons donc l’actualité internationale, notamment à travers TV5 Monde ou France24… Puisque l’Assomptionniste se veut être homme de Dieu et homme de son temps, il ne peut vivre déconnecté des événements qui marquent notre humanité… La Bible dans une main, le journal dans l’autre…

Le problème, toujours le même, consiste à savoir prendre de la distance avec certaines informations sur lesquelles se focalisent les médias durant quelques jours (je déteste l’expression « qui font le buzz » !) et à savoir rechercher les infos dont peu de gens nous parlent et qui nous intéressent vraiment… Ici, par exemple, nous avons beaucoup de mal à avoir des informations sur ce qui se passe au Togo en bien ou en moins bien, par contre nous pouvons connaître aisément le poids du bébé de Kate et William !

Un autre exemple : les accidents de train en France et en Espagne sont des évènements dramatiques certes, mais surtout qui mobilisent car ils créent de fortes émotions. Je rappelle que les accidents routiers sont eux responsables de 3 645 morts par an en France (chiffres de 2012) et de 75 636 blessés (il faut dire que l’on revient de loin, dans les années 80 nous en étions à 10 000 morts par an) ; en comparaison des 80 morts en raison des accidents de train en France en  2009 ou des 896 morts par avion pour le monde entier en 2010 ! Si l’on ramène tout cela au nombre de personnes transportées, les chiffres mondiaux sont encore plus éloquents : savez-vous quels sont les moyens de transport les plus dangereux ? Les motos (200 fois plus de morts qu’en train) ; les bicyclettes (37 fois plus) ; les déplacements à pied  ou en voiture (12 fois plus) ; les déplacements en avion (8 fois plus) et finalement les trains qui sont les moyens de transport les plus sûrs ! Je rappelle aussi que, chaque année, le paludisme est la cause de 400 à 900 millions de cas de fièvres, et entre un et deux millions de morts dans le monde… Mais la couverture médiatique n’est pas la même…

Retour à l'essentiel

Retour à l’essentiel

Qu’est-ce qui nous intéresse vraiment, et qu’allons-nous chercher comme informations ?  En tant que chrétiens, je dirais que le critère devrait être de savoir repérer, soutenir, relayer tout ce qui contribue à construire le Royaume de Dieu, et à savoir s’opposer, combattre, freiner tout ce qui s’y oppose…

Dans notre entourage d’abord, qu’est-ce qui contribue à construire le Royaume de Dieu ? Tel geste de fraternité ; telle initiative pour des relations plus humaines ; telle bonne pratique au service d’une économie solidaire, juste, durable ; tel sourire ; telle mamie, non médiatique, mais au combien aimante, etc… Et, au-delà de nos cercles familiers, quelles informations rechercher en ce sens ? Tel lieu de ressourcement spirituel, telle avancée pour plus de justice et de paix à l’autre bout du monde, telle vie donnée au service des plus pauvres… Et quelles informations rechercher pour combattre les forces de mort ? Des informations sur les conséquences liées à la consommation de tel ou tel produit, que l’on veut nous faire acheter à grand coup de publicité alors qu’il engendre misère à l’autre bout du monde ou destruction de notre planète… Tels silences coupables sur des situations d’injustice, de souffrance, de détresse… Ou encore tels éclaircissements pour savoir ce que financent nos petites économies placées en banque ?…

Qu’en ce temps plus paisible, pour la plupart d’entre-nous, le Seigneur nous aide à revenir à l’essentiel et à nous défier des gros titres qui ne sont souvent que poudre aux yeux…

 


 

La vie par ici

 

Premiers contacts avec l’habit religieux

Premiers contacts avec l’habit religieux

Quelle nouvelles vous partager ? Quelques odeurs : notre quotidien est marqué par les effluves du sésame en décomposition afin de pouvoir en récolter les graines… Les élections législatives semblent s’être bien passées, en espérant que la proclamation des résultats se passera bien également… Préparation des prochaines étapes pour le noviciat : organisation de notre session Jeune Assomption sur ‘Développement durable’ et écologie ; passage chez le couturier pour la réalisation des habits pour les futurs religieux et pour compléter leurs trousseaux ; démarches pour les visas nécessaires à ceux qui s’envoleront sous d’autres cieux, etc… Et puis toujours la vie communautaire, les quatre temps de prière quotidiens, les cours, l’accompagnement, les exercices spirituels…

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Apprends-nous à prier !

 

17ème dimanche, année C, Lc 11,11-13 /

La prière existe de tout temps et dans toute religion,  et la façon dont on prie révèle notre conception de Dieu… Vous conviendrez ainsi, avec moi, que la prière au « dieu volcan », auquel on offre des sacrifices humains pour le calmer, n’a rien d’une prière évangélique ! Et pourtant, cet arrière-fond archaïque, ce marchandage avec Dieu, demeure bien souvent présent dans nos façons de prier… D’où la question des disciples : « Apprends-nous à prier ! » Sommes-nous conscient que notre prière, et particulièrement notre prière de demande, a besoin  d’être évangélisée ? Si oui, laissons-nous enseigner par la Parole de Dieu et méditons les deux textes proposés : l’intercession d’Abraham pour la ville de Sodome et la réponse de Jésus à la question des disciples sur la prière.

Accorder sa volonté à celle de Dieu !

Je suis toujours surpris de voir que les commentaires du texte de l’intercession d’Abraham présentent ce texte comme un exemple d’intercession, et ne mentionnent jamais que le « résultat » de l’intercession d’Abraham, c’est finalement la destruction totale de Sodome ! Cela devrait nous inciter à réfléchir un peu plus… Cette prière d’intercession a-t-elle finalement servi à infléchir la décision de Dieu ou à convertir Abraham à la volonté de Dieu ? Car l’intercession d’Abraham révèle sa méconnaissance de Dieu, elle laisse entendre que Dieu pourrait être injuste en faisant périr le juste avec le pécheur… Or, la suite de l’histoire révèle que la décision de Dieu n’était nullement arbitraire et qu’effectivement il n’y avait même pas dix justes, peut-être pas même un seul ! Et, d’autre part, nous apprenons que Dieu s’est souvenu de son Alliance avec Abraham, indépendamment de l’intercession de celui-ci, puisqu’il sauva Lot, le neveu d’Abraham, non parce qu’il était juste, mais en raison de sa parenté avec Abraham, et non pas en épargnant Sodome, mais en faisant sortir Lot et les siens de la zone de destruction… Bref, Dieu, dans sa façon d’agir, n’a rien à voir avec ce que supposait Abraham ! N’avons-nous donc pas besoin, nous aussi, de prier d’abord pour nous convertir à la façon d’être et d’agir de Dieu ? Puisque Dieu s’est révélé comme un Dieu d’amour qui se donne entièrement jusqu’à mourir en croix, sommes-nous sûr que nos prières correspondent toujours à cette révélation ? Lorsqu’on accuse Dieu de nous envoyer des maux et des épreuves, d’être sourd et absent, lorsqu’on suppose sa volonté mauvaise, n’est-il pas urgent de nous convertir et d’accorder notre volonté à celle de Dieu : « Que ta volonté soit faite » ?

Sortir d’une prière magique !

La prière magique consiste à demander à Dieu d’agir indépendamment de nous… « Il y a la guerre à tel endroit : fais que la paix advienne ! » Si Dieu, qui est amour et infiniment plus compatissant que nous, pouvait imposer la paix à coup de baguette magique, il y a longtemps qu’il l’aurait fait ! Nous n’avons ni besoin de l’en informer ni d’infléchir sa volonté en ce sens ! Dans toute demande, il nous faut, au contraire, rechercher notre façon de contribuer à la réalisation de ce que nous demandons. Par exemple, en nous interrogeant sur notre façon de vivre : si nous achetons des produits au coût le plus bas,  nous savons très bien que nous engendrons de l’injustice, de la pauvreté et que nous entretenons des sources de conflits, à l’autre bout de la planète… Mais encore, de façon plus indirecte, prenons conscience que tout ce que nous accomplissons à notre niveau pour faire advenir le Royaume de Dieu a des répercussions sur l’ensemble du Royaume de Dieu en devenir. Et à l’inverse, tout ce qui s’oppose dans nos vies à l’avènement du Royaume de Dieu entrave l’avènement global de ce Royaume de justice et de paix ! N’est-il pas urgent de sortir d’une prière magique et de demander au Seigneur de se servir de nous pour réaliser ce que nous demandons : « Pardonne-nous nos offense comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

Ouvrir ses préoccupations à celles de Dieu !

Un troisième aspect de la prière de demande consiste à ouvrir notre champ de conscience à l’ensemble des préoccupations de l’humanité en recherche de plénitude… Il s’agit de voir le monde avec les yeux de Dieu et de comprendre que ce que le Seigneur veut pour nous et pour le monde ce n’est pas un bonheur éphémère, mais durable : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »… « Que ton Règne vienne ! »

Oui, Seigneur, apprends-nous à prier !

À accorder notre volonté à la tienne !

À sortir d’une relation magique à la prière !

À ouvrir nos préoccupations aux tiennes !

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Nouvelle étape !

 

Comme vous le savez, le noviciat est une étape unique et bien délimitée dans le temps -une année pour la plupart des congrégations masculines- afin que le candidat à la vie religieuse puisse approfondir son projet de vie évangélique et le confronter à celui d’une famille religieuse. L’actuelle promotion de six novices, à Sokodé, a donc débuté son parcours le 25 août dernier, au terme duquel les uns et les autres ont demandé librement à prononcer leurs premiers vœux dans notre congrégation religieuse… et nous avons appris la semaine dernière qu’ils sont tous admis à prononcer leurs vœux ! Je suis le premier à me réjouir de cette nouvelle étape si importante pour leur vie et qui marquera le début « officiel » de leur vie religieuse… Que le Seigneur poursuive en eux ce qu’il a commencé !

Vous savez peut-être que notre province de France, présente dans 13 pays, comporte trois noviciats : à Juvisy (Essonne), à Ba Ria (Vietnam) et à Sokodé (Togo), ce sont donc, au total, 17 nouveaux religieux qui prononceront leurs vœux, dans notre Province, au cours des semaines à venir… Par ailleurs, 6 jeunes s’engageront le 6 août prochain, à Worcester (USA), pour la province d’Amérique du Nord… Pour la Province d’Afrique de l’Est, nous avons également 17 novices au noviciat francophone de Butembo et 5 novices au noviciat anglophone de Tanzanie… et encore 9 novices à Madagascar… Je n’ai pas de précisions pour nos provinces du Brésil et de Chili-Argentine mais, au total, cela fait donc au moins 54 novices pour cette année… L’occasion d’une belle action de grâce pour le Seigneur !

C’est donc le 31 août que les six novices de Sokodé (cinq Togolais et un Burkinabé) prononceront leurs premiers vœux… Cette période sera également marquée par l’entrée de la nouvelle promotion de novices, le 24 août ; ils seront sept à s’engager dans cette année décisive (cinq Togolais, un Béninois et un Camerounais)

Il est vrai que nos pays de vieille chrétienté semblent parfois plus fragiles en vocations, bien que cela soit à relativiser, car plusieurs communautés attirent de nombreux jeunes. Mais puisque notre pape argentin nous incite à nous décentrer de notre regard trop occidental, réjouissons-nous sincèrement de la foi qui se développe et grandit dans de nombreux pays, ne soyons pas amères ou cyniques mais cultivons la joie du Royaume qui se déploie au-delà de toutes frontières !

Séjour à Lomé

Visite dans la famille de Pierre-Paul (novice)

Visite dans la famille de Pierre-Paul (novice)

Comme chaque année, le noviciat a pris une semaine à Lomé pour diverses démarches administratives, courses et visites des familles des novices. Ce fut une belle semaine, marquée par l’accueil chaleureux dans les familles… Alors que nous méditons, ce dimanche, l’accueil de Jésus chez Marthe et Marie, il ne fut pas difficile pour nous de faire le lien entre la Parole de Dieu et la réalité : Des familles qui ont su tout préparer pour nous offrir de bons repas, tout en étant disponibles à leurs hôtes : la riche tradition de l’accueil africain ne se dément pas !

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Hôte ou hôte ?

 

16ème dimanche, année C, Lc 10, 38-42 /

La liturgie de ce dimanche nous permet de rapprocher deux scènes, celle que l’on nomme l’hospitalité d’Abraham, aux chênes de Mambré, envers trois – ou un !? – visiteurs, et celle de l’hospitalité de Marthe envers Jésus de Nazareth… Le rapprochement des deux scènes est fort instructif puisque, des deux côtés, on s’agite pour bien accueillir. Mais alors qu’Abraham est encouragé dans son service : « C’est bien. Fais ce que tu as dit ! », Marthe, elle, est gentiment gourmandée : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses… » L’hospitalité est en fait tout un art : il s’agit à la fois d’en faire suffisamment, mais de ne pas en faire trop ; d’être effectivement disponible à celui que l’on accueille ; de ne pas confondre la fin et les moyens… Mais, au-delà de ce savoir-faire, développé de manières différentes dans chaque culture, il s’agit de percevoir l’essentiel qui se joue au-delà de l’hospitalité : Ne s’agit-il pas de se laisser accueillir par Dieu lui-même au sein de la vie trinitaire ? D’accueillir en bon hôte, ne nous permet-il pas de nous laisser accueillir, à notre tour, en bon hôte ?

Une agitation mesurée…

Abraham ne manque pas d’agitation : il court à la rencontre de ses hôtes mais, fait notable, il leur propose de les accueillir en leur précisant les modalités de l’accueil. Ce détail n’est pas anodin, car on y devine que l’accueil proposé est vraiment au service de ses hôtes et non pas en vue de remplir une obligation ! Il y a parfois des façons d’accueillir qui semblent plutôt vouloir satisfaire celui qui accueille, que celui qui est accueilli : on veut montrer qu’on est un bon hôte ou une bonne hôtesse ! C’est peut-être déjà ce qui est reproché à Marthe : elle se donne des obligations alors que son visiteur n’en demande pas tant ! Après s’être assuré du désir de ses visiteurs, Abraham se hâte pour aller trouver Sarah et lui dire de préparer des galettes ; il court au troupeau et choisit un veau gras et tendre qu’il donne à préparer à un serviteur ; il se charge encore de fromage et de lait pour apporter le tout à ses hôtes ! Mais on nous dit qu’ensuite il se tenait debout près d’eux pendant qu’ils mangeaient. C’est-à-dire qu’il est disponible à leur présence, à la manière de Marie. Ce qui lui permettra d’entrer en dialogue avec eux et de recevoir cette promesse : « Ta femme aura un fils ! » La première leçon de ce texte consiste donc à savoir s’agiter modérément, pour accueillir nos hôtes selon leur désir (et non pas le nôtre) et pour se ménager du temps afin d’être disponible pour la rencontre et le dialogue.

Un accueil de Dieu lui-même…

Le texte de l’hospitalité d’Abraham est admirable de finesse, pour laisser entendre qu’à travers ces trois hommes, c’est Dieu lui-même qu’accueille Abraham ! Si l’on y regarde de près, le texte nous parle alternativement du Seigneur qui apparut à Abraham, de trois hommes, d’un visiteur, de deux anges… tout en alternant les singuliers et les pluriels : « Mon Seigneur… Je vais vous apporter… Ils répondirent… Ils mangèrent et lui dirent… Le Seigneur reprit… » Bref, c’est la belle icône d’Andrei Roublev, dite « De la Trinité », mais qui, en réalité, se nomme l’icône de « l’Hospitalité d’Abraham », qui nous relate le mieux ce qui se joue dans cette scène, soit l’accueil de Dieu lui-même, un et trine, à travers ces visiteurs ! Car, finalement, lorsqu’on accueille, un parent, un ami, un étranger et plus encore un délaissé, n’est-ce pas toujours Dieu lui-même que l’on accueille ? –« Ce que vous avez fait à l’un de ces petits… »- Or si nous sommes conscient de cela, les modalités d’accueil ne sont-elles pas à relativiser ? Ce n’est pas quelqu’un d’important (qui nécessiterait que l’on mette les petits plats dans les grands) ou quelqu’un d’insignifiant (que l’on accueillerait moins bien) ou un simple ami (sans formalité)… Dans tous les cas, c’est un frère, une sœur, un fils de Dieu, Dieu lui-même qui a surtout besoin de notre amour ! Marthe avait-elle compris cela, en voulant mettre sa sœur, apparemment oisive, au service ?

Un accueil par Dieu lui-même…

Finalement, le Christ nous parle de la meilleure part choisie par Marie. Évoque-t-il l’oisiveté, l’écoute, la contemplation ? Ou tout simplement le fait de se laisser accueillir par le Christ lui-même ? En accueillant un hôte, particulièrement celui qui ne pourra pas nous rendre l’invitation, nous entrons un peu plus dans la communion, voulue par Dieu, de tous les êtres, en Lui… Nous mettons un pied de plus  dans la vie Trinitaire… Ici encore, l’icône de Roublev le dit admirablement : la table où sont assis les trois anges ouvre son quatrième côté à celui qui contemple l’icône (ceci étant renforcé par la perspective inversée, commune aux icônes, où le point de fuite se trouve être du côté du spectateur), et ainsi chacun se trouve invité à la table du Seigneur, incorporé à la vie Trinitaire… Ce n’est peut-être pas pour rien que l’on trouve cette ambigüité de la langue française où l’hôte désigne aussi bien celui qui accueille que celui qui est accueilli !

Pour nous aussi, goûter cette meilleure part, cet essentiel,

Soyons de bons hôtes :

Sachons nous agiter modérément,

Reconnaître Dieu dans chacun de nos visiteurs,

Et nous laisser accueillir par Dieu lui-même :

Le meilleur des hôtes, aux deux sens du terme !

 

 

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La lumière de la foi !

 

Le pape François signe sa première encyclique

Le pape François signe sa première encyclique

Lumen fidei, tel est le titre de la première encyclique du pape François… Finalement elle n’est pas cosignée par le pape émérite Benoît XVI, même si elle est effectivement une œuvre à quatre mains. François précise lui-même dans l’encyclique : « Ces considérations sur la foi — en continuité avec tout ce que le Magistère de l’Église a énoncé au sujet de cette vertu théologale — entendent s’ajouter à tout ce que Benoît XVI a écrit dans les encycliques sur la charité et sur l’espérance. Il avait déjà pratiquement achevé une première rédaction d’une Lettre encyclique sur la foi. Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j’assume son précieux travail, ajoutant au texte quelques contributions ultérieures. » (n°7)

Je n’ai pas encore lu dans son intégralité l’encyclique, et ne vous en ferai donc pas un résumé que vous trouverez de toute façon certainement sous d’autres plumes. Je vous invite plutôt à lire par vous-même ce texte, les expériences passées, que nous avons faites, de lecture en groupe des textes du magistère ont toujours été fort riches, et les lecteurs étaient souvent surpris de découvrir la profondeur et l’accessibilité de ces textes, bien loin des présentations caricaturales qui en sont, habituellement, faites.

En voici juste un extrait :

« La conviction d’une foi qui rend la vie grande et pleine, centrée sur le Christ et sur la force de sa grâce, animait la mission des premiers chrétiens. Dans les Actes des martyrs, nous lisons ce dialogue entre le préfet romain Rusticus et le chrétien Hiérax : « Où sont tes parents ? » demandait le juge au martyr, et celui-ci répondit : « Notre vrai père est le Christ, et notre mère la foi en lui ». Pour ces chrétiens la foi, en tant que rencontre avec le Dieu vivant manifesté dans le Christ, était une « mère », parce qu’elle les faisait venir à la lumière, engendrait en eux la vie divine, une nouvelle expérience, une vision lumineuse de l’existence pour laquelle on était prêt à rendre un témoignage public jusqu’au bout. » (n°5) 

Voici donc le lien vers le texte dans son intégralité.

 

 


La vie par ici…

Des activités variées :

Réflexives

Nous avons abordé en début de semaine un parcours sur le vœu d’obéissance, où il s’agit de comprendre que l’obéissance à la volonté du Père, sur nous, rend toujours plus libre ! Car le Père sait mieux que nous- même ce qui est bon pour nous !

Pratiques

Ma semaine fut bien occupée par la plongée dans la comptabilité de notre communauté, l’économe étant en congés pour quelques mois, j’ai dû m’y mettre et tenter de m’y retrouver dans sa façon de faire…

Terriennes

Préparation du charbon, et récolte du sésame (au premier plan)

Préparation du charbon, et récolte du sésame (au premier plan)

Nous avions deux grands arbres sur le terrain, nous apportant quelques soucis et notamment des serpents, il fut donc décidé de les abattre… Pour en faire des planches et du charbon… Mais, rassurez-vous, nous avons planté plus d’une centaine d’arbres sur notre terrain depuis que nous sommes ici : fruitiers (manguiers, orangers, citronniers, avocatiers, pamplemoussiers, goyaviers, papayers), décoratifs (flamboyants, palmiers, « arbres de noël »), tecks, acacias… Sans parler de nos deux anacardiers qui nous précédaient…

Exploratoires

La semaine prochaine, nous devrions faire une escapade à Lomé, pour des démarches administratives, pour des courses, pour rencontrer les familles des novices… On appellera cela les vacances du noviciat !… Je ne suis donc pas sûr d’être au rendez-vous du blog la fin de semaine prochaine…

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Évangéliser avec des moyens évangéliques !

 

14ème dimanche, année C, Lc 10, 1…20 /

La semaine dernière, nous lisions que Jésus s’était mis résolument en route vers Jérusalem, plus littéralement qu’il avait « durci sa face » pour avancer vers sa Passion, comme l’annonçait Isaïe à propos du Serviteur souffrant : « Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats… j’ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. » (Is 50,6…7). Aussi précisait-il que celui, qui veut marcher à sa suite, devra suivre le même chemin, celui des renoncements et de la croix, afin de s’ouvrir à un amour plus grand. Conscient de son départ proche, Jésus prépare donc ses disciples à prendre le relais pour annoncer le Royaume de Dieu. Il les envoie deux par deux, à la manière de serviteurs souffrants et non pas de conquérants dominateurs. À l’heure de la Nouvelle Évangélisation, les consignes de ce passage nous sont précieuses : nous ne toucherons pas les cœurs par les moyens coûteux de la propagande moderne, mais uniquement par une actualisation de la figure du serviteur souffrant. On ne peut évangéliser qu’avec des moyens évangéliques, c’est-à-dire modestes, humbles et apparemment inefficaces ; avec trois accents : une pauvreté de moyens, une confiance à toute épreuve, un amour indéfectible !

Une pauvreté de moyens !

Toutes les consignes, que donne Jésus-Christ à ses disciples, ne sont que la transmission de ce que lui-même a vécu. Ne vous êtes-vous jamais étonnés du fait que Dieu, venant sur Terre pour sauver l’humanité, prenne des moyens apparemment si dérisoires ? Il aurait pu embraser le ciel, faire trembler les montagnes, abattre des armées, etc… mais cela n’aurait certainement pas permis de révéler vraiment qui il est ! C’est donc à travers Jésus de Nazareth, sans ressources, accompagné de quelques pêcheurs galiléens que Dieu a agi et s’est révélé : « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales… » Et pourtant, lorsqu’on voit les moyens déployés parfois pour organiser des grands rassemblements, pour posséder des chaînes de télévisions –surtout chez certains de nos frères protestants–, pour utiliser tous les moyens modernes et chers de publicité, ne peut-on pas s’interroger ? Si Jésus s’était incarné à notre époque, aurait-il pris des moyens si différents de ceux qu’il prit il y a deux mille ans ? Ce n’est pas si sûr… Car, ce que le Christ a surtout favorisé, c’est la rencontre personnelle, authentique, vraie, la seule capable de sauver ! Croyez-vous que lorsque Mère Theresa de Calcutta s’est mise à soigner les plus miséreux, les mourants, les intouchables, elle se soit inquiétée de sa publicité ? Et pourtant, n’est-elle pas aujourd’hui mondialement connue ? Et l’on pourrait prendre bien d’autres exemples parmi les saints. Méfions-nous toujours des moyens excessifs et prenons à cœur le souhait de notre pape François : « Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! »[1]

Une confiance à toute épreuve !

Là encore Jésus dit à ses amis : « Le disciple doit se contenter d’être comme son maître, et le serviteur d’être comme son seigneur. Si le maître de maison s’est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison. » (Mt 10,25). « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »(Lc 10,3) L’annonce de l’Évangile essuiera forcément, de tout temps, des refus, des oppositions. Notre ardeur pour l’annonce de l’Évangile ne doit donc pas être troublée par les échecs ou les souffrances, il s’agit pour nous de remplir notre tâche avec sérénité : « Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche. » (Lc 10,11) L’apparente inefficacité de l’annonce de l’Évangile nous configure à la croix du Christ car, d’un point de vue humain, finir crucifié après trois petites années de prédication c’est vraiment un échec… Mais « si le grain ne meurt il ne peut porter du fruit » (cf. Jn 12,24)… Il s’agit donc bien de semer la graine de l’Évangile et de la laisser féconder notre monde de l’intérieur… Ne nous soucions donc pas trop de prendre des moyens efficaces pour la Nouvelle Évangélisation, car l’efficacité ne se mesure pas à vue humaine !

Un amour indéfectible !

Enfin, le critère ultime pour l’annonce de l’Évangile, et pour ne pas devenir des fanatiques ne se souciant nullement des moyens pour atteindre leur but, est bien celui de l’amour qui doit motiver toutes nos actions. Voulons-nous annoncer l’Évangile pour remplir notre mission, pour faire grandir l’Église, pour obtenir une récompense ? Non, non et non ! Nous voulons annoncer l’Évangile par amour de celles et ceux à qui l’on s’adresse : pour les libérer, pour les guérir, pour les restaurer dans leur pleine dignité humaine… « Je vous envoie comme des agneaux… Guérissez les malades… Dites Paix à cette maison… » Le critère de l’amour doit vraiment être au-dessus de tous nos choix… C’est bien ce qui conduisit Jésus jusqu’à la croix !

Oui, à l’heure de la Nouvelle Évangélisation, rappelons-nous que nous ne pouvons véritablement évangéliser qu’avec des moyens évangéliques :

la pauvreté, la confiance et l’amour,

au risque de l’inefficacité apparente !

 



[1] Pape François, discours lors de l’audience du samedi 16 mars 2013 accordée aux représentants des moyens de Communication.

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Toujours en fête !

 

Nous avons célébré ce samedi, 29 juin 2013, l’engagement de quatre de nos jeunes sœursIMG_2500 dans la congrégation des Orantes de l’Assomption. La célébration fut belle -et longue-, dans l’église paroissiale du quartier Kulunde de Komah, le quartier où est établi leur noviciat. Une célébration marquée par l’internationalité puisque Marie-Reine est togolaise, Léonie burkinabée, Lucie et Marie-Madeleine congolaises de RDC. Nous fêtions, en ce jour, St Pierre et St Paul, et votre serviteur, qui présidait la  célébration, s’est efforcé de faire le lien entre les deux événements du jour !

IMG_2543Le texte de la libération miraculeuse de Pierre de sa prison (1ère lecture) nous parle de la liberté des enfants de Dieu et du vœu d’obéissance qui nous rend plus libre que de faire n’importe quoi d’autre de sa vie, car correspondre à ce qui est inscrit en nous est libérateur ! La seconde lecture, où Paul parle de sa force en Jésus Christ, nous parle du vœu de pauvreté qui nous rend plus fort, car celui qui est prisonnier de ce qu’il possède, est rendu faible par ses possessions : il doit les protéger, les surveiller, les faire fructifier ;  mais celui qui n’a rien est fort de ce qu’il est et non de ce qu’il possède ! Enfin, l’évangile qui évoquait le pouvoir des clefs et la mission qui est remise à tout disciple de délier ses frères et sœurs de leur entraves, de leur péché, nous parle du vœu de chasteté et du plus grand amour dont il nous rend capable : non pas un amour pour soi, pour instrumentaliser l’autre, ou même un amour fusionnel, mais un amour ouvert, qui fait grandir l’autre dans ce qu’il est appelé à devenir : un amour qui libère !

À travers les vœux d’obéissance, de pauvreté, de chasteté,

Elles se sont donné les moyens

D’une plus grande liberté…

D’une plus grande force…

D’un plus grand amour…

 Or, ces trois conseils évangéliques s’adressent, avec différentes mises en œuvre, à tout chrétien…

Qu’en pensez-vous ?

 

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Des racines et des ailes !

    

13ème dimanche, année C, Lc 9,51-62 /

Encore une page d’évangile pas facile à digérer : « Si tu marches à ma suite, dit le Christ, tu n’auras pas de lieu où reposer la tête, tu devras laisser tes obligations familiales et tu ne devras pas regarder en arrière ! » Si l’on part de ces renoncements, on aura du mal à comprendre quoi que ce soit… Ne faut-il pas, au contraire, interpréter ce texte à partir du but recherché, des motifs qui nous mettent en route, et du plus grand amour vers lequel le disciple veut cheminer ? Le chemin proposé par le Christ est celui d’une libération, d’un plus grand amour, d’une vie plus féconde… Permettez-moi de parler de mon expérience de « missionnaire » : Pas un lieu, mais des lieux… Pas une culture, mais des cultures… Pas une famille, mais des familles…

Pas un lieu, mais des lieux…

« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête ! » Venant d’une famille rurale, terrienne, il est vrai que d’avoir un chez soi, une terre, un lieu où reposer sa tête est un élément très important pour me sentir à l’aise. Mais j’ai pu découvrir, avec surprise, que cet enracinement de départ, loin d’être une entrave, peut au contraire être un atout primordial pour se rendre disponible pour la mission. Je m’explique : quelqu’un qui n’a pas de racines, va habituellement rechercher le lieu de repos qu’il n’a jamais eu, et j’ai plusieurs fois constaté cela chez des jeunes, un peu déboussolés par la vie, qui vont parfois être tentés par la stabilité de la vie monastique ou par une vie communautaire idéalisée, mais sans vraiment réussir à se maintenir dans leur choix. Par contre, celui qui connaît ses racines, son lieu, n’est pas hanté par cette quête et pourra facilement parcourir les routes de la mission sans s’y perdre. De plus, il n’aura peut-être pas un lieu pour reposer sa tête mais bien des lieux… Nous en faisons l’expérience dans la vie religieuse : je suis toujours impressionné de prendre conscience que j’ai « ma maison » dans trente-et-un pays sur cette planète… Et que ces maisons me parlent toutes de la « cité céleste » où nous aurons notre demeure définitive !

Pas une culture, mais des cultures…

« Laisse les morts enterrer leurs morts ! » Dans la culture juive, comme dans bien des cultures, les obligations liées aux funérailles sont très importantes… Mais les raisons liées à ces obligations ne sont pas toujours les bonnes… Bien sûr il y a le respect dû à ses parents, mais souvent traîne aussi une peur des morts qui, si l’on ne fait pas les choses comme il faut, ne vont pas nous laisser tranquilles… On connaît bien cela sous nos latitudes africaines… Mais s’occuper d’eux alors qu’ils sont encore vivants serait certainement la preuve d’un respect plus grand envers ses parents que de ne s’occuper que de leur dépouille !  Mais plus encore, nous dit le Christ, Dieu « n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Lc 20,38)… Ne vous souciez donc pas trop de leur dépouille, mais plutôt de votre relation vivante avec eux, au-delà de la mort… Sainte Monique, la mère d’Augustin, qui pourtant avait pratiqué les mensae (repas) sur les tombes des défunts, ne dira-t-elle pas au soir de sa vie à ses fils : «  Enterrez ce corps en quelque lieu que ce soit, et ne vous en mettez nullement en peine ; tout ce que je vous demande, c’est que partout où vous serez, vous vous souveniez de moi à l’autel du Seigneur. » (Conf. Livre IX, chap.11) Nos traditions culturelles, autour des funérailles, sont en général bonnes mais ne nous laissons pas enfermer par celles-ci, ouvrons-nous à d’autres cultures et surtout à la culture de l’Évangile ! Ici encore, le missionnaire peut témoigner que, lorsqu’on quitte les rivages familiers, on prend de la distance par rapport à sa culture, et même à ses obligations familiales, mais c’est pour s’enrichir de bien d’autres cultures et tisser un lien différent avec sa famille…

Pas une famille, mais des familles…

« Laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison »… « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » Un de nos frères témoignait de l’opposition de sa mère lorsqu’il avait décidé d’entrer dans la vie religieuse… Mais, bien des années plus tard, la maman témoignait qu’en fait, c’était lui maintenant qui était le plus proche de sa mère, même s’il n’était pas proche géographiquement… Et plusieurs religieux témoignent de cette expérience : la suite du Christ, la distance géographique avec la famille, n’est pas une rupture ou une trahison, mais une autre façon de vivre les liens avec ses proches… Et puis, le missionnaire fait l’expérience qu’il n’a plus une seule famille mais bien des familles sous plusieurs latitudes… Le cercle familial s’élargit, pourrait-on dire, aux dimensions de l’universalité sans renier le lien privilégié avec sa famille naturelle. L’expérience de Jésus de Nazareth ne fut-elle pas celle-là, dans son rapport à sa propre famille ?

Alors n’oublions jamais le but de la suite du Christ :

L’ouverture à un amour plus grand…

Les renoncements évoqués ne sont-ils pas les moyens de dépasser

nos attaches géographiques, culturelles, familiales…

Pour les retrouver…mais autrement ?

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