De vivants reposoirs !

Saint Sacrement, année B, Mc 14, 12-16.22-26 /

« La fête Dieu » de nos aïeux était marquée par les processions solennelles dans les rues de nos villes et de nos villages et par les reposoirs préparés avec minutie et générosité par les uns et les autres… Ce temps est passé, il n’y a pas à le regretter, mais peut être à en retenir quelques interrogations essentielles : Faut-il fixer son regard sur l’ostensoir d’antan ou oser dire comme le Christ : « Prenez, ceci est mon corps… Buvez, ceci est mon sang versé pour la multitude. » ? Où le Seigneur pourrait-il se reposer aujourd’hui sinon sur ses disciples ? Ne pourrions-nous être les vivants reposoirs dont le Seigneur à besoin ?

Oserons-nous dire « ceci est mon Corps » ?

Lorsque Jésus, à la veille de sa passion, institue l’Eucharistie, il ne le fait pas devant les foules mais dans l’intimité de la chambre haute avec ses disciples. Cela veut dire que son geste, à cet instant crucial, ne peut être compris qu’en cohérence avec l’ensemble de sa vie, de ses paroles et de ses gestes passés. Dans le « ceci est mon corps », il y a donc toute l’histoire de son compagnonnage avec ses disciples : « Ce que j’ai dit et fait et qui trouve son accomplissement dans ma vie donnée jusqu’à la croix, broyée comme le blé pour devenir votre nourriture en ce pain : ceci est mon Corps ! » Ce pain partagé, c’est celui de la multiplication des pains ; ce corps livré, c’est celui de Jésus se laissant « manger » par toutes les demandes de guérison et d’écoute tout au long de sa vie ; ce corps broyé, c’est celui du Fils de Dieu qui « ne retient pas comme un droit d’être traité à l’égal de Dieu » mais qui se laissa insulter, lapider, mépriser et mettre en croix : « Ceci est mon Corps… Prenez et mangez ! » C’est-à-dire : « vivez de la même manière !… Laissez-vous prendre par les sollicitations de vos frères, partagez en abondance ce que vous êtes et ce que vous avez, ne répondez pas à l’insulte par l’insulte, mais par le pardon et l’amour. » Oui, oserons-nous dire comme le Christ « Prenez, ceci est mon Corps ! »

Oserons-nous dire « ceci est mon Sang » ?

Le sang du Christ, celui qui coula dans ses veines, c’est celui de son peuple, de ses ancêtres, de sa culture. Au cours de sa vie terrestre, ce n’est qu’en Palestine qu’il put  prêcher, guérir, aimer. Mais aussitôt après sa mort/résurrection, dès la Pentecôte, c’est à travers ses disciples qu’il va de nouveau verser son sang pour la multitude -le sang des martyrs-, pour les peuples du bassin méditerranéen d’abord puis, au long des âges, le sang continuera d’être versé jusqu’aux confins de la Terre. Lorsque le Christ nous dit de boire son sang, il s’agit de puiser dans sa propre mort/résurrection pour pouvoir donner, à notre tour, notre sang. Faut-il aller jusqu’à donner sa vie ? Certainement ! Mais cela n’implique pas, habituellement, une mort dramatique. Le sang, c’est notre vie, ce sont nos racines, notre patrimoine génétique, nos faiblesses aussi. Sommes-nous capables d’offrir tout ce que nous sommes, avec notre histoire, nos atouts et nos fragilités pour faire advenir le Royaume de Dieu ? Oserons-nous dire comme le Christ : « Buvez, ceci est mon sang » ?

Serons-nous de vivants reposoirs pour le Seigneur ?

Alors oui, dans la fête Dieu, dans la fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, nous célébrons le Christ qui se rend présent dans le pain et le vin eucharistiques, mais n’oublions jamais que l’Eucharistie est un repas, que le pain et le vin sont faits pour être consommés et pour que nous-mêmes devenions le Corps du Christ : « Que la force de ton Esprit fasse de nous,    dès maintenant et pour toujours, les membres de ton Fils ressuscité, par notre communion à son Corps et à son Sang. » (Prière eucharistique pour des circonstances particulières) Le Christ nous dit de manger son Corps, de boire son Sang, et non pas de les contempler de l’extérieur. L’adoration n’a de sens que si elle nous aide à vivre encore plus en profondeur notre assimilation du Corps et du Sang du Christ dans toutes les dimensions de notre vie. Faut-il garder le regard fixé sur l’ostensoir des processions d’antan où faire de nous-mêmes de vivants reposoirs, des disciples sur qui le Christ pourra « se reposer » afin que le don de son Corps et de son Sang, pour la multitude, puisse se poursuivre, d’âge en âge, jusqu’aux confins de la Terre ?

Oserons-nous dire : « Prenez, ceci est mon corps. » ?

« Buvez, ceci est mon sang. » ?

Le Christ trouvera-t-il en nous de vivants reposoirs ?

 

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Inter-noviciat


La semaine fut bien remplie, car j’animais cette semaine l’Inter-noviciat à Kara sur la vie fraternelle et sur l’accompagnement spirituel. Prenant appui sur mon année de formation, j’ai essayé de transmettre, non pas des recettes, mais les fondamentaux de ce qui se joue là : faire exister chacun, lui permettre de grandir humainement et spirituellement, se mettre en obéissance à la Vie, à l’Esprit qui m’anime et qui anime celui que je veux rencontrer etc. Ne voulant pas vous faire un résumé de la session, je n’en ai pas le courage, je vous renvoie à l’article d’un des novices assomptionnistes ci-dessous… Car il faut dire que nous étions 70 à cette session, que j’étais le seul prêtre, donc en plus de l’animation de la session elle-même, il me fallait être disponible pour l’écoute des un(e)s et des autres venant avec toutes les difficultés de leur maisons de formation et leurs questionnements personnels ! Bien sûr il fallait encore présider et prêcher chaque eucharistie quotidienne… Mais je rends grâce au Seigneur pour ce qu’il a pu réaliser au cours de cette semaine.


 Échos de l’Inter-noviciat

« La vie communautaire et l’accompagnement spirituel ! » C’est sur ce thème qu’une soixantaine de jeunes en formation se sont retrouvés cette semaine à Kara, pour le 3ème inter-noviciat de cette année. Cet inter-noviciat venait après un premier portant sur la guérison intérieure et un deuxième sur le vécu des trois vœux.

Cette fois-ci, c’est le maître des novices assomptionnistes qui était aux commandes. Nous avons vu le père Benoit Bigard s’apprêter activement depuis que les responsables de l’inter-noviciat lui ont demandé d’animer cette session. Déjà, il a veillé à ce que la liste de tous les participants soit disponible avant notre arrivée ; les chambres étaient déjà réparties, le programme journalier et les groupes déjà au point. Il a travaillé comme quatre on dirait, et au début de la session il nous confiait : « le thème de la session c’est donc la vie communautaire et l’accompagnement spirituel ; mais on l’abordera surtout à partir d’un travail d’écoute et de dialogue, de vie de groupe ; l’intérêt c’est de rendre les uns et les autres attentifs à ce travail d’écoute, de dialogue, de vie en groupe et de pouvoir prendre conscience de certains rôles que l’on joue dans le groupe, certains phénomènes dont on est pas conscient spontanément ! »

Effectivement à Kara, nous avons vécu une semaine riche d’une forte expérience de la vie communautaire en passant de la théorie à la pratique. Emile, novice a.a le disait si bien au début : « pour moi, revenir à Kara c’est toujours un plaisir, un rendez vous de grandes rencontres et d’amitiés et c’est déjà la vie communautaire à laquelle je m’attends et le thème s’y prête bien ; j’attends donc beaucoup de choses». En passant de la théorie à la pratique, par des projections de films, des mises en scène d’accompagnement ou de vie en groupe, le père Benoit a pu séduire tous les jeunes et même les formateurs qui y ont trouvé aussi leur compte. Beaucoup de jeunes étaient soulagés de comprendre enfin que l’accompagnement spirituel par exemple n’est pas une recherche de solutions à nos problèmes, mais un moyen de trouver des pistes, de prendre nos responsabilités. L’image même qu’a donnée le père Benoit à tous, c’est que la formation n’est pas une épreuve, mais un plaisir ; il nous a fait comprendre dans ce sens que l’enjeu n’est donc pas de réussir à devenir religieux ou religieuse mais de trouver sa voie en Dieu.

De l’avis de plusieurs d’entre nous, cette session était tout simplement un don de Dieu. « Le père Benoit nous a donné des repères et non des solutions toutes faites, pour la vie en groupe et pour la gestion des conflits, des éléments très importants pour notre vie communautaire, pour notre vie religieuse à venir » (Julienne, Marianiste)

« Nous avons compris que la formation n’est pas d’abord une question de transmission d’une connaissance ; il s’agit plutôt d’une expérience personnelle vécue ensemble au sein d’une communauté ; le meilleur moyen pour y arriver, c’est l’accompagnement spirituel et les accompagnateurs ont une responsabilité spéciale dans la formation des jeunes, une responsabilité basée sur la confiance et la sincérité » (Sœur Christine, formatrice)

A la fin de la session, nous étions tous heureux d’avoir appris quelque chose d’essentiel. Tous, nous sommes reconnaissants à Dieu et à nos formateurs qui, tout au long de cette année ont toujours su trouver des thèmes qui nous ont intéressés et qui continuent de nous construire.

Bernard BAMOGO, novice a.a

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« Présence absente » !

Trinité, année B, Mt 28,16-20 /

En fêtant la Sainte Trinité, c’est le mystère même de Dieu que nous célébrons. Un Dieu unique en trois personnes, en trois « hypostases » : que de débats théologiques, que d’anathèmes autour de cette identité mystérieuse de Dieu. Aussi, dès que l’on se risque à une parole sur la Trinité, ne risque-t-on pas de tomber dans une des nombreuses hérésies du passé ? Mais prenons ce risque, en nous laissant guider par l’Écriture… Un élément retient particulièrement mon attention : alors que l’on pourrait considérer la réalité trinitaire comme quelque chose, ou plutôt quelqu’un, de lointain, les textes nous parlent au contraire de la grande proximité du Fils, de l’Esprit et même du Père… « Tous les jours » le Fils est avec nous, l’Esprit est avec nous, le Père est avec nous ! Quel est donc ce mode de « présence absente » de Dieu dans nos vies ?

Le Fils est avec nous !

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20) Comment le Christ est-il présent avec nous ? Faut-il s’échauffer spirituellement, à grand renfort de chants extatiques, à la manière de certains groupes de prière pour sentir le Christ présent à nos côtés ? Je ne le crois pas… Sa présence est en partie mystérieuse et insaisissable, en partie sacramentelle (à travers tous les sacrements), en partie fraternelle (en chacun de nos frères), mais elle est surtout très concrète dans son histoire et ses paroles recueillies par ses disciples. Le Verbe s’est incarné une fois pour toute, il y a de cela 2000 ans en Palestine, sa façon de vivre, ses enseignements, sa mort et sa résurrection nous ont été rapportés et transmis de générations en générations… Dès que nous avons besoin de la présence du Christ à nos côtés pour savoir comment affronter telle ou telle situation, nous pouvons avoir recours à lui en revenant à l’Évangile, au témoignage des premiers chrétiens, à la tradition de l’Église… Tout ce dépôt de la foi, n’est-ce pas le Christ présent avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde ? Une « présence absente » très tangible non ?

L’Esprit est avec nous !

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. » (Jn 14, 16.17) L’Esprit, un autre mode de présence du Dieu trinitaire à nos côtés ! Est-il tangible celui-là ? Malgré les apparences, c’est certainement ce souffle de Dieu dans nos vies qui est le plus proche de nous. N’est-ce-pas lui qui fait de nous des êtres spirituels ? Si nous sommes des humains et non pas des animaux, c’est bien parce que l’Esprit de Dieu habite en nous et que nous sommes les temples de l’Esprit… N’est-il pas notre Maître intérieur ? Chaque fois que je sors de mes soucis matériels pour entrer en relation avec un autre que moi, pour élever mon âme, pour contempler le monde, je fais une expérience de l’Esprit… Chaque fois que je cherche à penser l’unité de ma vie, le sens de l’histoire, la logique de la Création, je fais une expérience de l’Esprit, lui qui est le « fil rouge de l’aventure humaine » ! Chaque fois que la Vie qui se manifeste autour de moi –dans une rencontre, dans une lecture, dans une musique etc. – trouve écho en moi, je fais une expérience de l’Esprit : ce « bruit de fin silence » dans lequel Elie reconnaît la présence du Seigneur (cf. 1 Rois 19,11-12). Ce « bruit de fin silence » n’est-ce pas une « présence absente » de l’Esprit bien réelle ?

Le Père est avec nous !

« Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint ! Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière… Mais l’amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent, est de toujours à toujours. » (Ps 102,14-17) L’amour du Père est toujours avec nous, c’est de lui que nous tenons notre existence. Or qu’est-ce qu’un amour éternel, sinon un désir de l’autre jamais éteint ? Le mode de présence du Père à nos côtés ne réside-t-il pas, particulièrement, dans ce désir inassouvi qui nous fait vivre, qui attire notre existence vers un absolu jamais atteint ? De la même manière qu’un être cher qui nous a quitté, laisse un vide en nous et que ce vide, si l’on accepte de ne pas le combler, est justement ce qui rend présent l’être aimé à notre quotidien, « Dieu ne comble pas le cœur qui se donne à lui : il le laisse vide, et ce vide est justement sa présence en creux au fond de nous ! » (Henri Boulad, Chasteté et consécration, p.16) Cette « présence en creux au fond de nous », en faites-vous l’expérience ? N’est-elle pas la plus belle illustration de la « présence absente » du Père dans nos vies ?

Le Fils est avec nous, l’Esprit est avec nous, le Père est avec nous,

Mais dans une « présence absente » qui nous donne d’exister !

N’y a-t-il pas en cela un des mystères de l’être même d’un Dieu trinitaire,

où chaque personne divine existe grâce à la présence, en retrait, des deux autres ?

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Pentecôte… et retour au temps ordinaire…

Certains d’entre vous le savent, j’apprécie toujours, dans nos rythmes liturgiques,  le retour au temps ordinaire. Réfléchissant sur la raison de cela, j’interprète les choses ainsi : les temps liturgiques particuliers me paraissent toujours un peu superficiels… À Noël, il faut faire comme si nous étions au temps de la venue de Jésus et dans une joie immense… Au carême, il faut faire comme si nous vivions au désert, accablés par les épreuves… À Pâques, il faut faire comme si nous côtoyons le Ressuscité au quotidien… Alors qu’au temps ordinaire, nous sommes de plein pied dans la réalité que nous célébrons : une présence/absence du Seigneur dans nos vies ; un quotidien auquel il nous faut donner une saveur évangélique, jour après jour ; des joies et des peines à partager, jour après jour ; une espérance finalement, au-delà de toute espérance, que notre humble vie quotidienne est le lieu où se déploie, jour après jour, notre vie divine, notre vie essentielle, celle vers laquelle nous tendons ! Je vous souhaite donc un excellent retour au temps ordinaire, sous la mouvance de l’Esprit, lui qui est comme le fil rouge de l’aventure humaine depuis la Création du monde jusqu’à sa plénitude en Dieu, à travers l’humble quotidien de nos jours.

Bénédiction du Noviciat « Saint Augustin »

Il y a quelques mois nous envisagions comme lointain l’éventualité de la bénédiction de notre maison, mais voilà que c’est chose faite… Évidemment nous pensions que cette bénédiction marquerait la fin des travaux, malheureusement il n’en fut rien (même si cela a permis une petite accélération de ceux-ci durant quelques semaines)… C’est, en fait, la visite canonique de notre supérieur général assisté de son premier assistant qui créa l’occasion. Une soixantaine d’invités étaient présents pour une liturgie de la parole, suivie de la bénédiction proprement dite et d’un repas fraternel. Une nouvelle étape donc dans la longue marche de l’installation des Assomptionnistes au Togo : 2003 premières prospectives ; 2005 première communauté (installée dans une maison des Religieuses de l’Assomption) ; 2010 ouverture du noviciat (dans une maison en location) ; 2011 premières professions de six jeunes togolais et 2012 bénédiction de notre première maison au Togo ! Nous avons bien sûr le souci de fonder d’abord l’Assomption humaine, mais celle-ci va de pair avec la mise en place des moyens nécessaires à son développement.

Visite canonique du supérieur général

Le général et son assistant parmi les novices

La visite des supérieurs, et des frères de l’extérieur en général, est toujours un moment très agréable lorsqu’on est un peu isolé. C’est donc d’abord sur le mode de la visite fraternelle, que nous avons vécu celle-ci. Un temps toujours trop bref, mais qui a permis aux uns et aux autres de rencontrer personnellement, dans un bon temps de dialogue, nos supérieurs. Le père général nous a encouragés à poursuivre la route, en rappelant que nous sommes toujours en temps de fondation et que cela demandait des efforts particuliers : de la patience, de la persévérance, de la stabilité, de la souplesse, de la foi, de la fraternité, etc. Cependant, le gouvernement de notre congrégation étant très décentralisé, le supérieur général ne peut que porter certaines antiennes auprès des provinciaux en charge de notre mission au Togo, car c’est d’eux dont dépendent nos moyens humains et financiers… C’est un peu la limite de l’exercice…

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Le fil rouge de l’aventure humaine !

Pentecôte, année B, Jn 15,26… 16,15 /

Fête de la Pentecôte : fête de la naissance de l’Église, fête de la venue de l’Esprit, fête de l’unité rétablie entre tous les peuples, fête de la communion avec Dieu enfin réalisée ! Nous pourrions méditer les textes de ce jour à partir de l’une ou l’autre de ces clefs de lecture, mais c’est surtout la contemplation de l’unité réalisée par l’Esprit qui a retenu mon attention. Depuis la fondation du monde, l’Esprit de Dieu est le fil rouge de l’aventure humaine ! L’Esprit de Dieu planait sur le chaos primordial ; l’Esprit de Dieu saisit les patriarches, les héros sauveurs, les grands rois et les prophètes de l’histoire d’Israël ; c’est encore ce même Esprit qui présida au baptême de Jésus et le guida au désert ; c’est enfin ce même Esprit qui s’empara des apôtres au jour de la Pentecôte, du païen Corneille et de tant d’autres disciples des premiers temps, jusqu’à chacun des baptisés et confirmés d’hier et d’aujourd’hui ; c’est enfin le même Esprit qui demeure au plus profond de chaque être humain, qu’il se dise chrétien ou non.

Le fil rouge de notre histoire…

Pourquoi une telle plénitude au jour de la Pentecôte si ce n’est en raison d’un désir profond enfin comblé ? « Tous, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. » (Ac 2,11) Une triple attente est ici comblée : une reconnaissance de sa propre histoire, de sa propre culture, de ses propres soucis (« dans nos langues ») ; un désir de communion entre les humains qui peuvent enfin communiquer sans obstacle (« nous les entendons », nous les comprenons) ; une histoire humaine qui a du sens et qui est mue par le projet de Dieu qui se déploie (« les merveilles de Dieu »)… Ce triple désir qui habite en nous : une vie personnelle unifiée et reconnue, une communauté humaine unie dans le respect des différences, et une histoire qui a du sens et qui chemine vers sa plénitude en Dieu, tout cela n’est-il pas la trace tangible qu’un unique fil rouge conduit notre histoire personnelle, collective et « cosmique » : l’Esprit de Dieu ?

Le fil rouge de notre vie…

« Chacun d’eux les entendait parler sa propre langue » (Ac 2,6) L’Esprit Saint permet donc de rejoindre chacun dans son intimité la plus profonde, dans sa langue maternelle… Mais plus encore, ces gens de tous les horizons, venus à Jérusalem pour la fête juive de la Pentecôte, n’avaient aucun désir conscient d’entendre parler de Jésus Christ… or l’Esprit Saint va répondre à leur désir enfoui, inconscient, et pourtant bien réel… Saint Augustin dit cela dans une célèbre formule : « Mais toi [Seigneur], tu étais plus intime que l’intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même. » (Conf. III, 6 ,11) : c’est-à-dire que l’Esprit de Dieu qui habite en nous, connaît mieux nos désirs et notre identité profonde que nous-même… Il s’agira donc, pour cheminer vers la connaissance de nous-même, pour nous réaliser pleinement de suivre la voie(x) de l’Esprit en nous : au-delà de l’incohérence apparente de notre vie, au-delà de nos désirs multiples et contradictoires, au-delà de l’image que nous nous faisons de nous-même, nous pouvons conduire notre vie grâce à ce fil rouge, cette petite musique au fond de nous qui nous permettra, si nous l’écoutons, d’unifier notre vie ! Désirons-nous écouter et suivre le fil rouge de notre vie ?

Le fil rouge de chaque vie humaine…

Si nous sommes convaincus que l’Esprit demeure au fond de chacun de nous, et puisqu’il ne s’agit que d’un seul et même Esprit, nous pouvons comprendre aisément la communion vécue au jour de la Pentecôte ! Ce ne fut pas une unité passagère, où les auditeurs auraient mis de côté, pour un temps, leurs différents, à la manière d’un consensus obtenu après de longues heures de négociation, mais une communion fondée sur « le plus intime à nous-même que nous-même » que nous avons tous en partage ! Ne trouvez-vous pas vertigineux et ô combien apaisant de reconnaître que le désir profond qui anime chaque être humain, quelle que soit sa culture, ses idées, son histoire, est identique ?  Ne trouvez-vous pas une immense confiance et espérance de savoir que l’Esprit nous précède dans chaque rencontre, dans chaque initiative au service de l’humain, dans chaque geste posé en vue d’un déploiement durable de la Création ?

Je ne puis que terminer avec cette reprise de l’Évangile du jour :

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. » (Jn 15,13)

La vérité tout entière…

Le fil rouge de l’aventure humaine…

Désirons-nous le découvrir, l’écouter et le suivre ?

 

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La vie ici…

Quelques nouvelles de notre vie au Togo…

Depuis le début du temps pascal nous sommes dans les baptêmes et confirmations… Je vous avais déjà parlé du baptême de vingt petits enfants le jour de Pâques, il fut suivi du baptême d’une trentaine de jeunes et adultes dimanche dernier, toujours à la paroisse de Komah, puis de la confirmation d’une cinquantaine de jeunes et adultes le jeudi de l’Ascension. Ce dimanche, ce sera le tour des baptêmes de jeunes et adultes à notre station secondaire d’Adjorogo : la communauté chrétienne s’agrandit, consciente de ses responsabilités, mais aussi marquée par son manque de ressources…

Baptêmes pascal

Également, la semaine dernière s’est tenue à la paroisse, « la Pâque des jeunes », un temps festif et de ressourcement pour les jeunes : film, chant choral, match de foot…

Les rites funéraires dans l'Islam

Mercredi dernier, nous avons eu une nouvelle conférence, dans le cadre de notre cycle de l’Espace d’Alzon au Centre Culturel Saint Augustin. Elle portait sur les rites funéraires dans l’Islam, quatre intervenants musulmans se sont relayés pour nous présenter cela. La rencontre fut fort intéressante et instructive ! Par exemple, j’ai appris la raison de l’empressement de notre frères musulmans pour mettre en terre leurs défunts (quelques heures après son décès) : si celui-ci est promis au paradis, c’est lui-même qui demande à ses frères de le mettre en terre au plus tôt pour pouvoir bénéficier le plus vite possible des délices promis ; par contre si le défunts est promis à l’enfer, là encore il faut se hâter de le mettre en terre pour qu’il n’importune pas les vivants et subisse sa juste sentence. Dans les deux cas il faut donc se hâter… Une autre découverte, pour moi, fut le fait que les lamentations et les pleurs aggravent la sentence du défunt – peut-être parce qu’ils sont le signe d’un manque de confiance en Dieu et d’acceptation de son heure – … Toujours est-il que cela explique pas mal d’éléments des rites funéraires : une fois encore l’empressement à enterrer les morts, mais aussi  le fait d’écarter les femmes de la mise en terre, car plus susceptibles de pleurer et de se lamenter (sic.)… Bref, tout fut passé en revue depuis l’accompagnement du mourant jusqu’à sa mise en terre en passant par la toilette funéraire… Très instructif…

Dernière nouvelle, nous nous apprêtons à accueillir notre supérieur général, le P. Benoît Grière, et un de ses assistants, le P. Emmanuel Kahindo, en espérant que leur visite nous permettra de redynamiser notre mission ici, mais je vous en dirai plus la semaine prochaine…

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Dans le monde… mais pas du monde!

7eme dimanche de Pâques, année B, Jn 17,11b-19 /

« Je ne te demande pas que tu les retires du monde… Ils ne sont pas du monde… » (Jn 15,16) À partir de cette double affirmation de notre rapport au monde, le champ d’interprétation et de mise en œuvre est très varié suivant que l’on mette l’accent d’un côté ou de l’autre. Au cours des siècles, de nombreux disciples du Christ ont, en effet, choisi de marquer fortement leur rupture avec le monde : depuis les pères du désert suivis par toute la tradition monastique, jusqu’à la condamnation du modernisme et de ses erreurs par l’Église du XIXème et du début XXème. Sur l’autre versant, d’autres disciples, plus nombreux encore, engagèrent toutes leurs énergies à travailler dans et pour la croissance du monde. On peut noter en ce sens la naissance des ordres mendiants, suivis par toutes les congrégations apostoliques, hospitalières, éducatrices, missionnaires… et jusqu’à la reconnaissance, par le Concile Vatican II, de tout ce qui est bon dans le monde moderne : « Pour les croyants, une chose est certaine : considérée en elle-même, l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu. » (Gaudium et Spes n°34) Comment alors se situer ? Dans le monde… Pas du monde ? Où nous faut-il mettre l’accent ?

Annoncer l’Évangile à temps et à contre-temps !

Plutôt que de relire l’histoire de l’Église, ou de la vie religieuse, en condamnant certains choix du passé relatifs au rapport au monde, du haut de notre problématique contemporaine, ne s’agit-il pas plutôt de contempler ce que l’Esprit à fait surgir pour répondre aux défis de telle ou telle époque ? Dans le contexte d’une religion chrétienne s’installant dans la société, après les persécutions, ne fallait-il pas affirmer une certaine rupture avec le monde et prendre la voie radicale de la vie érémitique ? Ou encore, à une époque où l’Église institutionnelle était marquée par un faste certain, et où les villes commencèrent à se développer, ne fallait-il pas un saint François et un saint Dominique pour s’engager dans le monde des villes et auprès des pauvres ? La relecture de l’histoire de l’Église, sous l’angle des initiatives suscitées par l’Esprit, peut vraiment libérer notre façon d’assumer le passé. Il en va donc de même pour nous aujourd’hui : dans le contexte qui est le nôtre, à une époque donnée, dans une culture particulière : que suscite l’Esprit en chacun de nous ? Dans un monde sécularisé ayant oublié sa foi, n’est-il pas urgent de signifier que nous ne sommes pas de ce monde, mais en pèlerinage vers la « Cité de Dieu » ? Dans un monde où l’être humain est souvent passé au laminoir des principes économiques, ne s’agit-il pas de nous engager dans le monde pour lutter auprès des plus pauvres et contre les structures injustes ? Bref, notre défi sera toujours d’annoncer l’Évangile à temps et à contre-temps.

Annoncer, ensemble, l’Évangile à temps et à contre-temps !

Par ailleurs, les ordres mendiants ont-ils fait disparaître la vie monastique ? Les groupes d’action catholique ont-ils fait disparaître les groupes de prière ? Aucunement… Ainsi, pour tenir cette double mission de travailler au cœur du monde et de signifier que nous ne sommes pas dans le monde, n’est-il pas nécessaire et libérateur de s’appuyer sur nos vocations complémentaires ? C’est ensemble, comme membres du Corps du Christ, que nous pourrons donner toutes les harmoniques de la vie des disciples… Il n’y a pas à se mettre martel en tête pour faire des choses qui ne nous correspondent pas du tout, mais à mettre en œuvre nos propres dons au service de l’ensemble du témoignage chrétien. Celui qui s’engage auprès des pauvres, dans un mouvement favorisant le commerce équitable, ou dans la promotion de la démocratie dans les pays en déficit de ce côté-là, n’a pas à se surestimer ou sous-estimer par rapport à un ermite reclus dans la prière… Ce n’est qu’ensemble, en faisant corps les unes avec les autres, que les différentes vocations des disciples pourront réaliser la mission confiée par le Christ !

Annoncer, de façon différentiée, l’Évangile à temps et à contre temps !

Dernière remarque, pour ne pas paraître caricatural : certes il faut se situer dans son rapport au monde suivant les défis du moment et suivant sa vocation propre, mais les frontières ne sont pas si marquées que cela pour chacun d’entre nous. Il n’y a pas les professionnels de l’action « dans le monde » et les professionnels du témoignage « hors du monde »… Chacun est confronté à cette double exigence, mais avec des accents différentiés, suivant sa vocation, mais aussi l’étape où il en est de sa vie, ou le contexte de son quotidien… Le Christ a passé trente années incognito, pour trois années de vie publique…. Il se laissait prendre par les nombreuses sollicitations du moment, mais il aimait aussi se retirer dans la prière… Il invitait à œuvrer pour plus de justice, mais il n’a mené aucune action politique pour renverser l’occupant romain… Ne cessons donc pas de contempler le Christ dans toutes ses nuances pour savoir comment vivre dans le monde sans être du monde, de façon différenciée suivant les temps les lieux et les circonstances…

Pour vivre dans le monde… sans être du monde…

Annonçons l’Évangile à temps et à contre-temps, ensemble, et de façon différenciée…

 

 

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Des tensions nécessaires…

Des démarches en vue de la réintégration des intégristes, à la reprise en main des religieuses américaines qui sont allées trop loin – « plus loin que Vatican II »-, en passant par les associations de laïcs ou de prêtres sur le bord de la scission ou par ces nouveaux jeunes catholiques aux revendications identitaires marquées et/ou adeptes de la pop-louange… Il y a des moments où l’actualité de l’Église ne me fait guère rêver…

Cependant j’ai appris, par ailleurs, en m’attardant à ce qui résiste dans les textes bibliques, à ce qui pose question, à ce qui choque, que l’on peut dépasser les apparentes contradictions de l’Écriture et découvrir une vérité plus profonde, plus nourrissante… Ne pourrait-on pas employer la même approche pour ce qui nous gêne dans l’Église, car l’Écriture, comme l’Église, sont animées par l’Esprit Saint, non ? Pour certains, l’Église semble plutôt régresser vers les siècles passés que d’avancer vers les siècles à venir… Pour d’autres, elle n’est jamais assez intransigeante et beaucoup trop permissive à l’air du temps…

Quelles que soient notre position de départ et l’histoire de notre foi, nous avons tous à nous convertir à l’Évangile et à nous laisser guider par le souffle de l’Esprit. J’aime bien m’inspirer de la démarche de l’assemblée de Jérusalem pour réfléchir à notre façon de faire Église. Nous méditions ce texte des Actes des Apôtres au cours des liturgies de la semaine : fallait-il, ou non, imposer la circoncision au pagano-chrétiens convertis par Paul et Barnabé ?… Nous pouvons tirer deux enseignements majeurs de cette situation :

-D’une part, l’Église n’a jamais été un tronc unique qui se serait divisé ensuite en plusieurs branches. Mais, dès le début, les apôtres ont fondé des Églises diverses et variées, avec des façons de faire différentes, et seulement ensuite il a fallu assurer l’unité de ces Églises, comme, par exemple, avec cette assemblée de Jérusalem.

-D’autre part, le résultat de l’assemblée de Jérusalem n’a pas été de se mettre d’accord sur une unique façon de faire pour tous les chrétiens, mais de permettre aux pagano-chrétiens d’entrer dans l’Église sans suivre toutes les prescriptions du Judaïsme (circoncision et règles alimentaires), tandis que les judéo-chrétiens continuaient de vivre selon ces prescriptions !

Convertissons donc notre approche : l’Église ne fut jamais une réalité simple et uniforme, et la communion est possible tout en laissant place à certaines différences de sensibilités. Le rôle de l’évêque de Rome est de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour assurer la communion, au risque d’une certaine uniformité, le rôle des communautés chrétiennes et de défendre leur façon de faire, leur histoire, leur sensibilité, au risque de la séparation : cette tension est nécessaire, elle évite, d’une part, à chaque groupe d’Église de se prendre pour le nombril du monde, et elle évite, d’autre part, à la hiérarchie de tomber dans l’uniformisation et le légalisme… Accueillons donc ces combats, ces tensions comme des manifestations de l’Esprit Saint qui ne se laisse ni enfermer dans l’uniformité, ni ne se satisfait de la division des chrétiens… À travers toutes ses tensions, le Corps du Christ se construit, non ?

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Farandole d’amour et de joie !

6eme dimanche de Pâques, année B, Jn 15, 9-17 /

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.» (Jn 15,11) Voilà un résumé, fort heureux, du but de la prédication de Jésus Christ : Dieu est joie et veut que nous soyons comblés de joie ! Mais quel est donc le secret de cette joie : L’insouciance ? Le culte du plaisir ? L’art de faire la fête ? Tous ces moyens sophistiqués déployés pour vendre du divertissement ? Pas vraiment : « Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! » (Lc 6, 25) Le Christ nous propose une joie profonde, une joie durable, une joie à recevoir !

Une joie profonde !

« Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 15,12) Nous en avons tous fait l’expérience, ce qui nous donne le plus de joie dans la vie, ce sont ces moments précieux où nous mettons en œuvre notre amour, où nous donnons gratuitement de nous-même sans rien attendre en retour : un service rendu, une visite à un malade, la préparation d’un bon repas, l’organisation réussie d’une activité… Dans tous ces cas, notre vie prend pleinement sens, nous nous sentons utile, nous nous sentons vivant ! Remarquez que cet amour n’a pas grand-chose à voir avec un amour passionnel, une affinité naturelle, un sentiment amoureux, il relève plutôt d’un engagement personnel, d’un choix volontaire, d’un don gratuit de soi… Cette remarque est importante pour comprendre le mot « commandement » dans le contexte de l’amour : un amour passionnel, une affinité naturelle, personne ne peut les commander, mais un choix volontaire, un amour oblatif, oui ! Relisons donc notre histoire à partir de ces moments précieux où nous nous sommes sentis pleinement exister et osons faire les pas en avant nécessaires pour vivre de nouveau ce don de nous-même qui fera grandir, en nous, une joie profonde !

Une joie durable !

« Vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne pourra vous la ravir. » (Jn 16,22) Nous le disions la semaine passée, demeurer en Dieu consiste essentiellement à poser des gestes de paix, d’amour, de solidarité, de fraternité, de pardon… Or, tous ces gestes d’amour oblatif, non seulement nous ont déjà apporté une joie profonde ici-bas, mais encore ils nous ont enracinés dans la vie de Dieu, dans son amour, dans sa joie et cette joie-là nul ne pourra nous la ravir ! Voilà encore une Bonne Nouvelle pour notre vie : l’Évangile ne nous invite pas à faire des sacrifices en vue d’une récompense dans l’au-delà, mais à emprunter, jour après jour, le chemin de la joie profonde, de la joie durable, celle que nous vivrons en plénitude à la fin des temps ! D’ailleurs, le concept de « développement durable », fort à la mode ces temps-ci, nous donne un bel éclairage sur la « joie durable », à laquelle nous invite l’Évangile : non pas une joie éphémère, non pas ma joie contre celle des autres, non pas la joie d’un groupe humain au détriment des autres ou des générations à venir, mais une joie qui ne trouvera son aboutissement que lorsque tous seront dans la joie !

Une joie à recevoir !

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés… Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous… » (Jn 15,9.11) Nous ne le répéterons jamais assez, Dieu ne pose aucune condition pour nous aimer, nous n’avons pas à nous rendre aimable à ses yeux et « même si notre cœur nous condamne : Dieu est plus grand que notre cœur ! » (1Jn 3,20) Voilà encore une Bonne Nouvelle ! Nous n’avons pas à bâtir notre joie à partir de rien, ni à aimer à partir de nos propres forces, mais à accueillir, en nous, l’amour et la joie de Dieu qui dilatent notre cœur ! Dieu trouve sa joie dans l’amour qu’il nous porte, en accueillant sa joie, en la faisant nôtre, nous sommes conduit à une même logique : trouver notre joie dans l’amour que nous semons autour de nous ! Et un cercle vertueux, une farandole de bonheur, se met en place permettant à l’amour et à la joie de Dieu de s’épanouir à la mesure du développement de notre propre amour et notre propre joie qui s’alimentent eux-mêmes, jour après jour, à l’amour et à la joie de Dieu ! Joie et amour donnés, joie et amour à recevoir !

Savourons  donc simplement cette farandole des mots « amour » et « joie » dans les textes de ce dimanche, elle nous conduira à la véritable joie :

Une joie profonde !

Une joie durable !

Une joie à recevoir !

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Travaux… et fruits ?

Nous voici en pleine saison de travaux : travaux des champs et travaux à la maison…

Au moment où je vous écris, en effet, je rentre tout juste d’une petite séance de quelques

Travaux des champs

heures de travail avec les novices dans notre champ voisin pour essayer de préparer la terre pour les semailles ! Nous ne sommes pas des experts, nos outils sont plus ou moins adaptés et la terre pas vraiment malléable car la pluie fait défaut… Mais nous espérons pouvoir semer sous peu quelques graines de sésame (très apprécié pour les sauces) et éventuellement d’arachides en attendant la deuxième saison pour y mettre du maïs et surtout dans l’espoir de récolter quelques fruits de notre travail d’ici quelque temps. Cela nous prépare bien à l’écoute de l’évangile de ce dimanche sur la vigne, les sarments et les fruits… Notre travail consiste bien à préparer la terre, à permettre aux plantes de s’alimenter en eau et en nutriments, quant aux fruits ils dépendent surtout de la providence du Seigneur… L’évangile ne nous dis pas « portez beaucoup de fruits » mais « demeurez en moi » et vous porterez beaucoup de fruit…

Construction du poulailler

Par ailleurs après plusieurs semaines où les travaux n’avançaient guère dans la maison, nous voici de nouveau au milieu des coups de marteau, bruits de planches et autres radios des ouvriers… Maçons, peintres, plombiers, couvreurs, soudeur, s’en donnent à cœur joie, il y a même quatre tas de bois, sous dôme de terre, en train de se consumer à petit feu dans le but d’obtenir du charbon… La maison semble s’être transformée rapidement d’un ermitage paisible et silencieux en une fourmilière forte active… Il faut dire que nous attendons d’ici deux semaines la visite de notre supérieur général, et c’est l’occasion de programmer une bénédiction de la maison avec des travaux censés être terminés. Je n’y crois guère, mais cela permet, au moins, de mettre la pression sur notre entrepreneur qui semblait se désintéresser un peu trop de tous les travaux de finition encore nombreux… Et je ne vous parle pas de l’électrification toujours en attente… En ce domaine aussi, nous espérons que les travaux d’aménagement de la maison porteront de bons fruits, c’est-à-dire permettront à de nombreuses générations de novices et de religieux d’avancer sur le chemin de l’évangile.

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