Bonne relecture de l’année écoulée et bon lancement de la nouvelle année !

        Fête de Noël, Fête de la Sainte Famille, et bientôt Fête du Nouvel An ! On pourrait dire aussi : Fête des retrouvailles familiales, Fête pour renouer les liens avec ceux qui sont loin, Fête de relecture de l’année écoulée et de lancement de la nouvelle année !

Roch Hachana

Roch Hachana

        Cela me fait penser à la manière juive de fêter le nouvel an : La fête de Roch Hachana (Tête de l’année) qui est célébrée en septembre et se conclut par le Yom Kippour (Le Grand Pardon). Les juifs célèbrent cette fête dans l’austérité car elle fait partie de ce qu’on nomme les jours redoutables (les Yamim Noraïm). En effet, on y fête la création du monde par Dieu mais surtout la création de l’être humain. Or c’est à cette occasion que Dieu ouvre le grand livre : Dieu est censé juger ce jour-là les actes de l’année écoulée et disposer les événements de l’année qui débute. C’est donc le moment de faire pénitence, d’implorer le pardon pour le passé et le secours divin pour l’avenir, en invoquant les bienfaits de Dieu dans le passé.

         Cette fête est marquée par une grande célébration à la synagogue au cours de laquelle on sonne le chofar, trompette faite d’une corne de bélier sans défaut, et qui rappelle à Dieu l’obéissance d’Abraham et au peuple d’être obéissant comme Abraham. En même temps, cela incite le croyant à faire son examen de conscience. Au cours du repas célébré en famille, on trempera des fruits (souvent une pomme) dans du miel, afin de bien marquer l’espérance que l’année à venir soit douce et féconde.

          Roch Hachana sera suivie de dix jours importants consacrés au repentir, au cours desquels le croyant devra demander pardon à toutes les personnes qu’il aurait pu offenser durant l’année. Ces dix jours prendront fin avec une autre fête, une des plus importantes du calendrier juif : le jour du Grand Pardon, le Yom Kippour. Un jeûne général de 25 ou 24 heures est alors en vigueur et l’ensemble de la célébration se fait à la synagogue où l’on prie et supplie Dieu de pardonner les péchés. Le tout se termine par le son du chofar puis par un grand repas de fête qui célèbre le Pardon accordé par Dieu qui referme le Livre ouvert lors de Roch Hachana. Malgré le climat d’affliction et de crainte que crée la conscience de la gravité des fautes commises, la note joyeuse de la confiance, de la certitude de la miséricorde et du pardon divins, et l’esprit d’adoration, de louange et d’action de grâces restent constamment présents dans la liturgie du Yom Kippour.

            Finalement n’est-ce pas cela que nous avons à vivre, en pensant à l’année écoulée et à la nouvelle année qui s’ouvre : relecture de l’année écoulée, demande de pardon (ce que l’on a vécu normalement durant les célébrations pénitentielles de l’Avent), confiance dans le regard bienveillant de Dieu sur notre année écoulée – d’ailleurs dans la « Confession », on confesse d’abord l’amour de Dieu avant de confesser ses péchés  –, puis remise confiante de la nouvelle année entre les mains de Dieu. Et tout cela dans la Joie de célébrer Dieu parmi nous, l’Emmanuel !

           Je vous souhaite donc de pouvoir vivre un peu de tout cela au cours de ces fêtes, non pour en faire un temps pénible, mais plutôt pour alléger votre cœur et reprendre la marche de la nouvelle année avec une plus grande sérénité. La liturgie de ces jours, les fêtes familiales, les échanges de vœux permettent bien de vivre cela non ? Certains le manifestent plus particulièrement dans une célébration au soir du 31 décembre… Pourquoi pas ?


La Vie par ici

Les baptisés du 25 décembre et leurs familles

Les baptisés du 25 décembre et leurs familles

      Les fêtes de Noël se sont bien passées par ici. Comme chaque dimanche nous étions répartis dans les différentes chapelles de la paroisse, mais, étant un peu moins nombreux cette année, nous n’avons pas pu desservir toutes les stations secondaires. En effet le frère Bien Aimé est à Madagascar pour ses congés et les frères Vincent et Serge-Patrick au Cameroun pour les prémices du jeune prêtre. Le frère Bien Aimé vient de perdre son grand-père maternel à un bel âge : 92 ans ! Nous nous associons à la famille pour sa prière d’action de grâce !

Veillée du 24 au soir...

Veillée du 24 au soir…

        Les pré-postulants sont rentrés en famille pour les congés de Noël, les novices ont vécu leur premier Noël en communauté et ont eu la joie de découvrir notre petite tradition d’échange de cadeaux : chacun tirant au sort un des noms des membres de la communauté et lui offrant un cadeau de 2 000 FCFA (3€)… Vous voyez que nous ne tombons pas dans les folies commerciales… (Une française, dans un reportage télévisé sur les soldes du 26 décembre à Londres, était toute fière et toute heureuse de dire qu’elle avait 3 500 € (2 300 000 CFA) à dépenser pour s’acheter toutes les chaussures qu’elle pourrait !!!)

Le jour de Noël il y avait 20 baptêmes d’enfants à la paroisse… Nos deux communautés assomptionnistes se sont ensuite retrouvées au Noviciat pour célébrer ce grand jour. Quant à la saint Etienne, elle permit à chacun de se reposer, de lire, ou de rattraper ses travaux en retard…

Sur ces quelques nouvelles, bonne fête de la Sainte Famille, Bonne relecture de l’année passée, et Bonne entrée dans l’année 2015 !

Que cette nouvelle année vous soit douce comme le miel !

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Une Sainte Famille… des familles saintes ?

Saint Famille

Saint Famille

28 décembre 2014, Fête de la Sainte Famille, année B, Lc 2,22-40 /

En ce temps où l’Église s’interroge sur la famille chrétienne, à travers une démarche synodale de longue haleine, il n’est pas anodin de célébrer la Sainte Famille ! Et quel contraste entre l’image idéalisée que nous avons de la Sainte Famille et les défis, relatifs aux familles d’aujourd’hui, relevés dans les documents de travail du synode : couples en union libre, unions entre des personnes du même sexe, couples séparés, divorcés remariés, familles recomposées, familles monoparentales,  mariages interconfessionnels ou interreligieux, polygamie, mariages arrangés, procréation médicalement assistée et enfants ballotés dans la complexité de ces situations familiales, etc. Alors que faire de ce « modèle » de la Sainte Famille ? Un modèle de perfection inatteignable ? Ou un modèle de sainteté ? Car, réaffirmons-le, d’emblée : la sainteté n’a pas grand-chose à voir avec la perfection !

Sortir de nos idéologies sur la famille !

Lorsque je vois de jeunes chrétiens plus royalistes que le roi, plus canonistes que le droit canon et plus intransigeant que le catéchisme de l’Église catholique, je m’interroge sérieusement sur leurs motivations… Car je constate depuis pas mal d’années, pour un certain nombre de jeunes chrétiens, parfois nouvellement convertis, un idéalisme intransigeant des plus surprenants : plus on vient d’une situation familiale complexe, plus on a eu un parcours chaotique et plus on idéalise la famille et la religion et moins on est ouvert à la complexité de ces réalités. Le psychologue ne manquerait pas de noter que les motivations de ces personnes consistent surtout, inconsciemment, à rechercher sans cesse un milieu rassurant, avec des références claires et solides, bref un cocon familial qui leur a manqué et qui renvoie immanquablement à la fusion dans le sein maternel. Xavier Thévenot[1], notamment, a bien montré combien la recherche de perfection renvoie à un monde fusionnel et de toute puissance, qui n’a rien à voir avec la sainteté et la chasteté, cette vertu chrétienne à laquelle nous sommes tous appelés. « Etre chaste c’est renoncer à un monder sans faille, à un monde sans différence, à un monde de toute puissance, à un monde de puristes. C’est être capable d’assumer la déception, et ce n’est point confondre sainteté et perfection. »

Ne pas confondre sainteté et perfection !

Je poursuis avec cette citation de Xavier Thévenot : « Car la sainteté ne consiste pas à être parfait, elle consiste à tenter de dépasser, par l’action de l’Esprit, nos failles, et quand celles-ci sont indépassables, à les situer pour laisser Dieu mener son combat en nous, dans la certitude qu’il nous aime tels que nous sommes. » Revenons donc à la Sainte Famille, était-elle parfaite et idéale ? Pas vraiment : une grossesse hors mariage, un mari qui envisage la répudiation, un jeune couple qui doit fuir la folie d’Hérode, un enfant fugueur lors du pèlerinage à Jérusalem, un jeune adulte qui ne se stabilise pas et que la famille tente de ramener à la raison « Sa famille, l’apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : ‘Il a perdu la tête.’ » (Mc 3,21), un père disparu très tôt (on ne parle plus de Joseph après les récits de l’enfance, la tradition évoque une grande différence d’âge entre Joseph et Marie…), un fils qui s’éloigne de plus en plus de sa famille et qui meurt comme un brigand sur une croix. Non, franchement, d’un point de vue humain, la famille de Jésus fut loin de ressembler à l’image idéalisée d’une famille parfaite ! Et pourtant elle est déclarée sainte, parce que, à travers ces épreuves, Joseph, Marie, Jésus ont su faire leur la volonté de Dieu et avancer vaille que vaille en se soutenant mutuellement jusqu’au bout !

Cheminer dans la confiance !

N’est-ce pas alors cela qui est demandé à nos familles d’aujourd’hui ? Avancer, vaille que vaille dans l’accueil des situations qui nous sont données de vivre en faisant confiance au Seigneur, en se soutenant mutuellement dans les épreuves et en se sachant aimés de Dieu tels que nous sommes ? Nos familles ne sont pas forcément des familles idéales et l’épreuve peut surgir sous de multiples formes : une grossesse avant le mariage, un conjoint ou en enfant qui meurt prématurément, une vie de famille rendue difficile par l’éloignement des conjoints pour des raisons de travail, un conjoint infidèle, une famille qui finit par éclater, un enfant qui annonce subitement qu’il est homosexuel, une nouvelle personne qui saisit notre cœur au point de vouloir refaire sa vie avec elle, un enfant incontrôlable et qui sombre dans la délinquance… Et alors, si notre famille devient « hors norme » et « hors des clous » n’y a-t-il plus d’espoir ? Au contraire, c’est à ce moment-là que l’on peut contempler la Sainte Famille, malmenée comme nos familles et rechercher, comme elle, un chemin de sainteté, à partir de ce qui nous est donné de vivre ! C’est bien pour cela que le pape François a convoqué ce synode sur la famille : non pas pour réaffirmer le dogme de l’Église -que l’on connaît !-, mais afin de trouver des moyens nouveaux pour accompagner les familles d’aujourd’hui, sur un chemin de sainteté…

Non, décidément, la sainte famille n’est pas le modèle d’une famille idéale, mais le modèle d’une famille sainte à travers les aléas et les épreuves de la vie :

Quelle bonne nouvelle en ce temps de Noël !

Une Sainte Famille… des familles saintes ?

[1] Xavier Thévenot, salésien de Don Bosco, était prêtre, professeur de théologie morale de l’Institut Catholique de Paris. Il est l’auteur de nombreuses œuvres publiées chez Savador, DDB et Cerf. Intervenant incontournable durant de nombreuses années à l’Internoviciat de Chevilly-la-rue, portant sur la Chasteté.

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Joyeux Noël !

Alors que beaucoup viennent de terminer les cours et autres activités et s’engagent dans le temps des fêtes, je viens juste vous souhaiter un Joyeux Noël ! Comment faire pour souhaiter un Joyeux Noël qui ne se perde pas au milieu des « Joyeux Noël » de votre hyper marché, de votre chaîne de télévision préférée ou de vos sites de ventes en ligne ?

Pas de recette miracle, sinon, en tant que frère dans le Christ, vous redire que notre Joie de Noël et celle de savoir Dieu venu à nos côtés pour traverser notre pâte humaine et la conduire à sa plénitude ! Ainsi plus aucune souffrance, plus aucune mort, plus aucune fragilité, plus aucune guerre, plus aucune violence, plus aucune épreuve n’ont le dernier mot mais uniquement cet enfant plein de vie, né il y a deux mille vingt ans environ et dont la vie divine n’a été anéantie par aucun de nos maux !

Cette naissance nous parle de notre future renaissance en Dieu, avec le meilleur de notre vie et sans le pire. Oui, Joie de savoir que notre vie a un sens, que le malheur n’a pas le dernier mot, qu’une vie nouvelle nous attend… Cette joie profonde n’écarte pas les épreuves et les tristesses passagères mais elle est bien plus forte qu’elles ! Elle ne dépend ni de notre état de santé actuel, ni de nos moyens financiers, ni de la réussite de la fête familiale, ni même de la présence à nos côtés de ceux que nous aimons ou avons aimés, mais de cette immense lame de fond faite de foi, d’espérance, de confiance et de Joie qui ne vient pas de nous mais de Dieu !

Alors oui : Joyeux Noël, dans le Christ Jésus notre sauveur et notre frère, Amen !

La Vie par ici

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La semaine passée nous avons eu notre traditionnelle marche interreligieuse rassemblant quelques milliers de jeunes de Sokodé. Une belle expérience, j’en retiens surtout personnellement une nouvelle amitié nouée avec un jeune musulman, avec qui le dialogue fut bien réel… Une rencontre à l’image des centaines de rencontres qui ont pu avoir lieu ce jour-là… L’humanité est loin d’aller de mal en pis ! 10599587_740432166051119_6606925627979620088_n

(Pour voir les autres photos de cette belle journée, aller dans la section album photo,  à Terre des jeunes Sokodé 2014.)

 

 

 

Alors Joyeux Noël, et même pour nos frères musulmans qui peuvent aussi fêter Isha, ce grand prophète de l’Islam !

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Comme Marie, enfanter le Christ…

21 décembre 2014, 4ème dimanche de l’Avent, année B, Lc 1,26-38 /

MDSigne.06« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée… », et nous connaissons la suite que nous allons célébrer en grand d’ici quelques jours : le Oui de Marie, l’Incarnation du Verbe de Dieu en son sein, et la naissance de Jésus de Nazareth. Nous sommes, bien sûr, très heureux de célébrer cet évènement de l’Incarnation il y a deux mille ans et cette disponibilité de Marie qui permit le tournant de l’histoire… Mais pouvons-nous nous arrêter là, en rendant grâce à Dieu pour Marie et pour la naissance de Jésus ? Eh bien non : « Jésus Christ ne s’est pas contenté de s’incarner une fois dans le sein de la bienheureuse Vierge, il veut, ce semble, s’incarner tous les jours en nous ! » (Emmanuel d’Alzon, Ecrits spirituels p. 913) Quel mystère ! Comment enfanter le Christ en nous ? …

Enfanter le Christ en nous !

« Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ! » (Ga 2,20) Saint Paul, semble-t-il, a vraiment vécu cet enfantement du Christ en lui, mais, qui plus est, il veut le faire vivre à celles et ceux qu’il a enfanté à la vie en Jésus Christ : « Mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. » (Ga 4,19) Et on pourrait multiplier les citations qui nous parlent de cet enfantement du Christ en nous, ou de cette configuration de notre vie à celle du Christ… À Noël nous ne fêtons donc pas d’abord un bel anniversaire, mais nous nous rappelons que nous avons à enfanter le Christ en nous, en nos âmes et autour de nous chaque jour de notre vie. En contemplant la figure de Marie, demandons-nous comment cet enfantement a pu être possible ? D’abord par une initiative de Dieu et ensuite par le concours de Marie.

Une initiative de Dieu !

Avant d’être capable d’enfanter le Fils de Dieu en elle, il semble bien que Marie a dû se laisser enfanter de nouveau par la grâce de Dieu. L’ange la salue ainsi : « Réjouis-toi, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » (Lc 1, 28) Contrairement à la reprise de ce verset dans le « Je vous salue Marie », l’ange n’appelle pas Marie par son prénom, mais semble la rebaptiser : « Comblée-de-grâce »… Marie, ou plutôt Myriam, réalise en elle l’aboutissement de l’histoire d’Israël, l’aboutissement de la longue attente de la venue du Messie. On voit bien d’ailleurs, dans la suite du texte, que l’ange parle plus d’Israël que de Marie lorsqu’il lui dit : « Sois sans crainte, Myriam, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » (Lc 1,30) … comme si Marie était exaucée. Or elle n’avait pas à formuler de prière spéciale pour avoir un enfant, c’est, en fait, l’attente d’Israël qui est exaucée ! Bref Myriam est la figure d’Israël, du temps de l’Ancienne Alliance et de la Loi. On pourrait dire qu’elle est l’ultime enfant de la vieillesse d’Israël. Mais en recevant ce nouveau nom « Comblée-de-grâce », elle naît à une vie nouvelle. Cette fois nous sommes dans l’ordre de la grâce, de la Nouvelle Alliance, et elle devient la mère du nouveau peuple de Dieu. Pour être capable d’enfanter le Christ en nous, il nous faut, nous aussi, naître de nouveau. Ce qui a été inauguré à notre baptême ! Mais cela nécessite toute une vie pour que la grâce de notre baptême puisse se déployer pleinement en nous. Sommes-nous conscients d’être, nous aussi, comblés de grâce, depuis notre baptême et capables, non par nos propres forces mais par l’initiative de Dieu, de faire de grandes choses, comme Marie, comme tous les saints qui nous ont précédés ?

Un concours libre de Marie à l’action de la grâce en elle !

Regardons maintenant comment Marie participe à cette action de la grâce en elle. Premièrement puisque sa vie était façonnée par sa foi elle n’est pas saisie de crainte, ni surprise outre mesure, lorsqu’un ange de Dieu vient à sa rencontre (contrairement à ce que l’on mentionne pour Zacharie par exemple), et elle entre dans un dialogue confiant avec l’ange. Sommes-nous suffisamment en communion avec Dieu pour être disponible à l’imprévu de Dieu dans nos vies, aux interpellations qu’il nous lance, à la visite d’un ange ? Deuxièmement, Marie cherche à comprendre « Elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation […] Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » Dieu ne nous demande pas une soumission bête ou d’écervelés, ce n’est qu’en comprenant à notre mesure le dessein de Dieu qu’on peut y acquiescer librement. Dieu cherche toujours à établir avec nous une véritable relation d’amour, et cela demande toutes les capacités et toute la liberté de notre être. Il n’a pas besoin de serviteurs serviles, peureux ou bêtes. Enfin, Marie donne son assentiment à la volonté de Dieu : « Que tout se passe pour moi selon ta parole. » Sommes-nous désireux de prononcer, nous aussi, cette parole, en étant sûr que ce que Dieu veut pour moi et le meilleur et qu’Il sait mieux que moi-même ce qui est bon pour moi ?

Oui, nous allons fêter  un bel anniversaire et contempler la belle et unique figure de Marie…

Mais l’essentiel est ailleurs…

Désirons-nous, à notre tour enfanter le Christ en nous et autour de nous ?

Le Seigneur le désire, mais il ne pourra pas le faire sans nous !

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La vie par ici…

Ordination du frère Serge-Patrick

Ordination du frère Serge-Patrick

Juste quelques nouvelles pour accompagner la méditation de ce dimanche…

-L’ordination presbytérale du frère Serge-Patrick Mabou Simo s’est bien déroulée vous pouvez retrouver quelques photos de la célébration et des prémices en cliquant ici. Il rejoindra dans quelques jours le Cameroun pour célébrer aussi cet événement avec les siens…

– Le P. Bien-Aimé, notre frère malgache du noviciat est rentré au pays pour quelques mois de vacance, après deux ans et demi de présence à Sokodé. Nous lui souhaitons de bonne retrouvailles et un bon séjour en famille.

– Ce samedi a lieu la cinquième édition (je crois) de la marche inter-religieuse inaugurée par le père Jean-Paul Sagadou il y a déjà plusieurs années. Elle rassemble habituellement environ deux mille jeunes de Sokodé de différentes confessions chrétiennes et de différentes religions. Nous lui souhaitons, de nouveau, un franc succès, sous la houlette du nouveau prêtre !

À part cela nous nous préparons, comme vous, à la fête de Noël, mais par ici, sans neige, sans sapins, sans bûche, sans décorations dans la ville etc… Mais toujours avec l’appel du muezzin, cinq fois par jours… Il est parfois difficile, pour un occidental, de se sentir à Noël…

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Toujours dans la joie ?

joie rire bachoux14 décembre 2014, 3ème dimanche de l’Avent, année B, Jn 1,6…28 /

         « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. » (1 Th 5,16) Voilà un drôle d’impératif, voire de commandement, au nom de la volonté de Dieu, s’il vous plait ! Comment peut-on demander à quelqu’un d’être toujours dans la joie ? La liturgie de ce 3ème dimanche de l’Avent, surnommé « Gaudete » (Soyez dans la joie), interpelle nos sociétés souvent maussades, tristes et désenchantées… En fait, il y est question de la joie de Noël… Certains nous disent que, pour eux, le temps des fêtes est loin d’être un temps de joie, mais qu’il leur renvoie plutôt leurs échecs familiaux, leur solitude, la nostalgie d’un temps révolu ou encore le manque d’un être cher… À fortiori, lorsqu’on vit les épreuves de la maladie, de la guerre, de la violence, du manque d’amour, de la vie qui s’en va… comment être dans la joie ? Et finalement de quelle joie s’agit-il ?

Une joie que nous n’avons pas à créer.

              Premièrement, il faut se dire que c’est joie n’est pas d’abord la nôtre, mais celle de Dieu. La veille de sa passion, à cette heure si tragique de sa vie, Jésus dit : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. » (Jn 15,11) et encore : « Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne pourra vous la ravir. » (Jn 17,22) C’est Dieu lui-même qui veut nous communiquer sa joie, une joie issue de son amour, de son projet d’amour pour l’humanité qui se déploie, malgré les soubresauts de l’histoire. La joie dont nous parlons n’est donc pas d’abord le sentiment superficiel qui peut nous habiter, de temps à autre, mais cette vie, cet amour, cette énergie, cette joie qui, venant de Dieu, irrigue tous les éléments et tous les êtres de la Création. Cela demande donc d’abord un décentrement de nous-mêmes, de nos soucis, de notre époque, de notre coin de planète pour contempler et faire nôtre la joie de la Création qui se déploie. L’impératif de Paul ne consiste pas à nous inviter à créer des sentiments de joie, à l’aide de la méthode Coué : « Je suis joyeux, je suis joyeux, je suis joyeux… », mais à accueillir une autre joie, celle de Dieu.

Une joie sereine !

         Nous avons la chance d’avoir un pape qui illustre bien cette joie à laquelle il nous invite sans cesse. Dans sa lettre aux consacrés, sa première attente est ‘Que soit toujours vrai ce que j’ai dit un jour: « Là où il y a les religieux il y a la joie ». Que nous soyons appelés à expérimenter et à montrer que Dieu est capable de combler notre cœur et de nous rendre heureux, sans avoir besoin de chercher ailleurs notre bonheur.’ Mais cette joie n’est pas béate, ni superficielle. Elle est plutôt cette joie sereine de celui qui se sait sauvé par Dieu, aimé de lui et promis à une vie de plénitude. C’est ainsi qu’elle peut être présente même au sein de nos épreuves : « Savoir que Dieu est proche, attentif et plein de compassion, non indifférent, qu’il est un père miséricordieux qui s’intéresse à nous dans le respect de notre liberté, est motif d’une joie profonde que les aléas du quotidien ne peuvent atténuer. […] La caractéristique unique de la joie chrétienne est qu’elle peut être partagée avec la souffrance puisqu’elle est entièrement basée sur l’amour. En effet, le Seigneur qui nous est proche au point de se faire homme vient pour communiquer sa joie, la joie d’aimer. C’est seulement ainsi que l’on comprend l’allégresse sereine des martyrs jusque dans l’épreuve, ou bien le sourire des saints de la charité face à qui souffre. C’est un sourire sans offense, qui console… » (Jean Paul II, Angelus du 3e dimanche de l’Avent 2003)

Une joie « que nul ne pourra vous ravir » !

      On comprend alors, que la joie de Noël, pour qui n’a pas la foi, peut être bien superficielle et ce temps des fêtes même pénible pour certains. Mais pour nous qui sommes chrétiens, même si nous traversons des épreuves, nous devrions témoigner de cette joie sereine, de cette joie profonde que nul ne peut nous ravir. Ce ne sont ni les cadeaux, ni même l’anniversaire de naissance de Jésus, ni les retrouvailles familiales et encore moins les bons gueuletons au programme qui peuvent nourrir notre vraie joie. Mais uniquement cette foi profonde que le Royaume de Dieu est en train de se déployer, de se réaliser et que nous y avons toute notre place, dans l’assurance d’une vie de plénitude avec tous ceux que nous avons aimés et tous ceux que nous devrons encore apprendre à aimer. Cette joie-là, nul ne pourra nous la ravir : «  ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. » (Rm 8,38-39)

Alors peut-on être toujours dans la joie ?

Non, en ce qui concerne nos sentiments et nos affects… Mais…

… Oui, si notre joie est celle de Dieu !

… Oui, si notre joie est cette joie sereine, ancrée sur notre foi !

… Oui, même dans l’épreuve, cette joie-là, nul ne pourra nous la ravir !

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Lettre aux consacrés

Rencontre avec des Clarisses

Rencontre avec des Clarisses

     Pour celles et ceux qui n’auraient pas l’occasion d’aller lire la lettre apostolique du pape François envoyée à tous les consacrés, je me propose de vous faire un résumé… D’autant plus que cette lettre ne s’adresse pas qu’aux consacrés mais aussi aux laïcs engagés en « alliance » avec les diverses familles religieuses ; à tout le peuple chrétien ; aux personnes consacrées d’autres confessions chrétiennes ; aux moines, moniales et autres formes de fraternités religieuses présentes dans toutes les grandes religions ; et finalement aux évêques…

     Dans une première partie, le pape rappelle les 3 objectifs de cette Année de la Vie Consacrée. Il s’agit d’abord de « regarder le passé avec reconnaissance », que chaque institut se rappelle l’élan de sa fondation et de son histoire, afin de garder vivante son identité, de raffermir son unité, le sens d’appartenance de ses membres et de tirer les leçons du passé. Le deuxième objectif consiste à nous inviter à « vivre le présent avec passion » : Jésus est-il au  cœur de notre vie ? Nos œuvres, nos implantations, répondent-elles à la tradition de notre institut et aux défis de l’Église et de la société aujourd’hui ? Troisièmement,  il nous faut « embrasser l’avenir avec espérance. » Ne pas trop se fier aux chiffres, à nos réussites ou à nos échecs, mais uniquement en Celui en qui nous avons mis notre confiance.

      Dans la seconde partie, le pape identifie 5 attentes pour cette année de la vie consacrée : Premièrement, que les consacrés rayonnent de joie et témoignent que Dieu est capable de combler nos cœurs et d’épanouir nos vies. Deuxièmement, que les consacrés soient des prophètes, qu’ils réveillent le monde et se tiennent près des pauvres en inventant toujours de nouveaux lieux où puisse se vivre la logique évangélique. Troisièmement, qu’ils soient des experts en communion, et qu’à partir de ce qu’ils vivent en communauté, par cercles concentriques, l’idéal de fraternité se répande autour d’eux. Il s’agit d’être artisans de communion particulièrement là où la cohabitation est difficile entre des cultures différentes, et pourquoi ne pas développer des œuvres communes à plusieurs instituts plutôt que de ne compter que sur ses propres forces. Quatrièmement, comme à tous les membres de l’Église, le pape demande aux consacrés d’aller aux « périphéries existentielles » : « C’est une humanité entière qui attend […] Ne vous repliez pas sur vous-mêmes, ne vous laissez pas asphyxier par les petites disputes de maison, ne restez pas prisonniers de vos problèmes. Ils se résoudront si vous allez dehors aider les autres à résoudre leurs problèmes et annoncer la bonne nouvelle. Vous trouverez la vie en donnant la vie, l’espérance en donnant l’espérance, l’amour en aimant. » Enfin, cinquième attente : « Que toute forme de vie consacrée s’interroge sur ce que Dieu et l’humanité d’aujourd’hui demande » : « Personne, cette Année, ne devrait se soustraire à une vérification sérieuse concernant sa présence dans la vie de l’Église et sur la manière de répondre aux demandes nouvelles continuelles qui se lèvent autour de nous, au cri des pauvres. »

         Dans une dernière partie, le pape François élargit son propos à d’autres catégories de personnes. Premièrement « aux laïcs qui, avec les personnes consacrées, partagent idéaux, esprit, missions », ce qu’on appelle les laïcs associés où les laïcs de l’Alliance (dans notre jargon assomptionniste). Il les encourage à vivre eux aussi cette année comme une année de grâce, à se rassembler à l’occasion entre laïcs associés à différentes familles religieuses et à se soutenir mutuellement. Le pape s’adresse ensuite à tout le peuple de Dieu. Pour que les chrétiens prennent toujours davantage conscience du don qu’est la présence de tant de consacrés, pour qu’ils se retrouvent autour d’eux, qu’ils se réjouissent avec eux et qu’ils partagent leurs difficultés… La coïncidence entre l’Année de la Vie Consacrée et le Synode sur la famille  est aussi l’occasion de mieux vivre la complémentarité de nos vocations respectives. Le pape invite ensuite à la rencontre avec les personnes consacrées des autres Églises chrétiennes : que grandissent la connaissance mutuelle, l’estime, la collaboration réciproque, de manière à ce que l’œcuménisme de la vie consacrée soit une aide à la marche plus large vers l’unité entre toutes les Églises. Le pape appelle aussi à s’enrichir des formes de consécration, de monachisme, de vie fraternelle présentes dans les grandes traditions religieuses. Et d’apprendre à se connaître et à collaborer ensemble. Il s’adresse enfin à ses frères évêques pour qu’ils fassent preuve d’une sollicitude particulière pour les différentes formes de vie consacrée et aident le peuple chrétien à mieux apprécier la valeur et la beauté de la vie consacrée.

       Évidemment ces beaux propos du pape sonnent d’autant plus juste qu’il n’oublie pas qu’il est lui-même un consacré : « Je vous écris comme Successeur de Pierre… et je vous écris comme votre frère, consacré à Dieu comme vous. »

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« Consolez, consolez mon peuple ! »

consolation7 décembre 2014, 2ème dimanche de l’Avent, année B, Mc 1,1-8 /

       « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. » C’est par cette très belle invitation que débute ce qu’on appelle ‘le livre de la consolation d’Israël’ (cf. première lecture de ce dimanche), au sein du grand livre du prophète Isaïe ! Je trouve qu’elle résume très bien la tâche des chrétiens pour aujourd’hui et en particulier en ce temps de l’Avent. Reprenons d’abord conscience que l’humanité est le peuple de Dieu, c’est-à-dire son héritage, sa descendance, sa passion, sa raison d’être ! En conséquence que l’humanité n’avance pas au hasard mais qu’elle s’inscrit dans le grand projet d’amour de Dieu pour son peuple, avec une origine et une fin, un sens, une destinée ! Enfin que, malgré les apparences, le Royaume se déploie, le Seigneur vient à notre rencontre, la Bonne Nouvelle est en marche ! La voix qui crie dans le désert, aujourd’hui, doit être une voix de consolation et non de condamnation, une voix qui redonne espérance, qui redonne sens, qui remet en route et donc permet la conversion. Ne nous trompons pas sur les propos de Jean Baptiste, si les foules viennent à lui, ce n’est pas d’abord parce qu’il les invective sèchement, mais bien parce qu’il réveille l’espérance de la venue du Messie, un  temps de consolation, de libération, de joie et de paix ! N’est-ce pas le message de Noël que nous avons à faire de nouveau entendre dans un monde désabusé, désenchanté et déprimé ?

Consolez, consolez mon peuple !

      Le pape François ne cesse de traduire avec ses mots cette tâche qui est la nôtre. Ecoutons par exemple un extrait de sa récente lettre apostolique aux consacrés, pour lancer l’année de la vie consacrée : « C’est une humanité entière qui attend : personnes qui ont perdu toute espérance, familles en difficulté, enfants abandonnés, jeunes auxquels tout avenir est fermé par avance, malades et personnes âgées abandonnées, riches rassasiés de biens et qui ont le cœur vide, hommes et femmes en recherche de sens de la vie, assoiffés de divin… Ne vous repliez pas sur vous-mêmes, ne vous laissez pas asphyxier par les petites disputes de maison, ne restez pas prisonniers de vos problèmes. Ils se résoudront si vous allez dehors aider les autres à résoudre leurs problèmes et annoncer la bonne nouvelle. Vous trouverez la vie en donnant la vie, l’espérance en donnant l’espérance, l’amour en aimant. » Chacun à notre mesure, dans notre contexte, avec nos propres forces, voyons comment nous pouvons être des consolateurs, des témoins d’espérance, des hérauts de la Bonne Nouvelle !

Consolez, en hâtant la venue du jour de Dieu !

       La nouvelle traduction liturgique nous redonne quelques pistes intéressantes de lecture. Dans la seconde lecture, nous lisions précédemment « Vous qui attendez avec tant d’impatience la venue du jour de Dieu. » (2P 3,12), or la nouvelle traduction, plus proche du texte original transcrit : « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu. » C’est ce que nous disions la semaine dernière : l’Avent (cf. l’avènement), consiste notamment à travailler à ce que le Royaume de Dieu advienne en nous et autour de nous. Lorsque nous évoquons la consolation, il ne s’agit donc pas d’une consolation mièvre qui consisterait à fuir dans des bondieuseries les réalités du monde. Non, il s’agit bien de consoler en hâtant la venue du jour de Dieu : « Vous trouverez la vie en donnant la vie, l’espérance en donnant l’espérance, l’amour en aimant » et on pourrait ajouter le bonheur en rendant heureux !

Consolez, en transmettant la Bonne Nouvelle de l’Évangile !

       « Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu » ou « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. » (nouvelle traduction liturgique). Voilà tout le programme de Marc contenu dans ce premier verset, c’est-à-dire que ce qu’il nous annonce est une Bonne Nouvelle : ce Jésus de Nazareth est le Christ, l’Oint, le Messie et plus encore il est le Fils de Dieu.  Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! Il est venu, Il vient, Il viendra ! Non, décidément, la consolation dont nous parle l’Évangile n’est pas une consolation superficielle. La Bonne Nouvelle de Jésus Christ consiste à annoncer que les aspirations profondes de l’homme à une vie de plénitude, à un monde de paix, à un bonheur, à une vie éternelle, à un amour absolu, ne sont pas des illusions à combattre, des projections de notre inconscient ou le résultat de la complexe alchimie de notre cerveau -comme l’affirment certains-. Mais elles sont plutôt des parcelles du divin déposées en nous, cette image et cette ressemblance à Dieu qui nous travaille de l’intérieur. Et plus encore, la Bonne Nouvelle, c’est qu’en Jésus Christ, la vie humaine est libérée de ses entraves, du mal, de toute mort et peut avancer librement vers sa plénitude en Dieu !

« Consolez, consolez mon peuple,

en hâtant la venue de mon jour,

en transmettant la Bonne Nouvelle de l’Évangile

et vous trouverez la consolation ! »

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Bonne Année !

     Eh oui, c’est ce dimanche que nous débutons notre nouvelle année liturgique, alors pourquoi ne pas se souhaiter une bonne année pour notre vie de foi ? Quelques traits marquants de cette nouvelle année :

Mgr Aubertin, évêque de Tour, présente le nouveau lectionnaire !

Mgr Aubertin, évêque de Tour, présente le nouveau lectionnaire !

– Du côté liturgique, durant cette année « B » c’est l’évangéliste Marc qui conduira notre méditation dominicale. L’évangile selon saint Marc est le plus ancien des évangiles, c’est-à-dire le premier exemple connu de ce genre littéraire appelé évangile (rappelons que les lettres de Paul sont antérieures aux évangiles). On le date habituellement entre 65 et 70 après Jésus Christ (avant la destruction du Temple de Jérusalem en 70). Jugé un peu gauche dans sa qualité littéraire, Marc témoigne des formulations des premières communautés chrétiennes en vue de la prédication, de la catéchèse, de la liturgie ou de la polémique. Le plus bref des quatre évangiles, il se prête aisément à une lecture continue et à une synthèse simple et épurée de la vie de Jésus.

– Toujours du côté de la liturgie, dans le monde francophone c’est ce dimanche qu’entre en vigueur la nouvelle traduction liturgique élaborée par la Commission Épiscopale Francophone pour les Traductions Liturgiques (CEFTL). Elle est composée d’évêques et de secrétaires nationaux d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye), de Belgique, du Canada, de France, du Luxembourg et de Suisse. La Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO), la Conférence Episcopale du Pacifique (CEPAC), et l’Archidiocèse de Monaco sont membres associés. De nouveaux lectionnaires sont disponibles et entreront en vigueur petit à petit au cours des années à venir. Pour ceux qui utilisent « Prions en Église », vous avez déjà accès à cette nouvelle traduction liturgique. Cette traduction n’est pas meilleurs que les autres (Bible de Jérusalem, TOB…), mais elle poursuit un autre objectif. Ce n’est pas une bible pour l’étude, mais pour la proclamation en assemblée. Elle doit donc être suffisamment simple et compréhensible ; faire des choix de traduction conformes à la foi de l’Église et surtout être audible et compréhensible sans avoir le texte sous les yeux. L’actualisation de cette traduction se fait régulièrement de façon à ce que le langage utilisé ne soit pas trop en décalage avec le langage utilisé couramment.

– C’est également ce samedi soir, 29 novembre, au cours d’une veillée de prière à Rome, que débute l’année de la vie consacrée. Le lancement plus officiel aura lieu ce dimanche 30 novembre, lors d’une célébration à la basilique vaticane présidée par le cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostoliques.

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Les trois principaux objectifs de l’Année de la vie consacrée sont de « faire mémoire avec gratitude » du passé récent, depuis le Concile, d’« embrasser l’avenir avec espérance », et de « vivre le présent avec passion » dans le sillage des fondateurs, explique le cardinal Braz qui reprend une expression du pape François, de façon à « réveiller le monde ». Des rencontres internationales, des congrès de théologie, une exposition, marqueront cette année. À la demande du pape François, des documents seront même révisés, comme Mutuae relationes sur les rapports entre les évêques et les religieux dans l’Eglise ou encore Verbi sponsa, un texte sur l’autonomie et le choix des religieuses contemplatives de vivre cloitrées. Voir le détail du calendrier de cette année de la vie consacrée au lien suivant. Pour lancer cette année de la vie consacrée le pape vient de rendre publique ce 28 novembre, une lettre apostolique destinée à tous les consacrés, disponible au lien suivant.

– La vie de l’Église sera marquée par la suite des travaux relatifs au synode sur la famille. Je constatais récemment dans le courrier des lecteurs de La Croix, beaucoup de déception : « rien ne change » et « beaucoup de bruit pour rien »… Mais il faut respecter le rythme que s’est donné l’Église. Ce premier synode n’était qu’une mise en jambe, d’ailleurs dans le rapport final on précise les questions à creuser. Et les conclusions de ce premier synode serviront de base de travail pour le second synode qui se tiendra en octobre 2015. Entre temps il y aura un travail au niveau des diocèses et des épiscopats, et tout ceci devrait se conclure par une exhortation apostolique post-synodale, vraisemblablement en 2016… Gardons confiance que cette longue démarche synodale produira de bons fruits. Je suis d’ailleurs admiratif du processus choisi par le pape, car, comme nous l’avons constaté, traiter ces questions de façon trop rapide n’aurait pas permis les changements souhaitables… Ce long processus sert aussi à préparer les cœurs et à dépasser les résistances.

Il y aura bien sûr de nombreux autres rendez-vous pour cette année liturgique 2014-2015, alors, de nouveau, belle année à tous et à chacun !


La vie par ici

Sr Rosalie

Sr Rosalie

La semaine passée, nous étions en Internoviciat avec une soixantaine de jeunes issus de diverses congrégations. Il s’agissait, une fois de plus, de prendre du temps pour la connaissance de soi. C’est la sœur Rosalie, des sœurs de la charité du sacré cœur de Jésus, qui a introduit les participants à une meilleure connaissance d’eux même, surtout sur le plan des émotions et de l’intelligence émotionnelle. Chacun, je crois, a pu tirer parti de ce temps, malgré une animation moins structurée que les fois passées…

Comme annoncé précédemment, la semaine prochaine, le 6 décembre nous célébreront l’ordination presbytérale de notre frère Serge-Patrick (le premier camerounais de la congrégation)… Retrouvez un entretien avec le frère Serge au lien suivant. Et surtout joignez-vous à notre prière en ce jour de fête.

invitation ordination

Bonne entrée en Avent, bonne entrée dans l’année de la vie consacrée, bonne préparation à Noël… Ne nous laissons pas voler la Joie de l’Évangile !

Fraternellement,

Fr. Benoît

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« Veillez ! »… Mais en vue de quoi ?

Veillez !

Veillez !

30 novembre 2014, 1er dimanche de l’Avent, année B, Mc 13,33-35 /

      Et voici, déjà, une nouvelle année liturgique qui commence avec ce temps de l’Avent, le temps de l’attente ! Nous voici tendus vers Noël et la naissance de l’enfant Jésus, mais la liturgie ne consiste pas à mimer les différentes étapes de la vie du Christ : chaque temps liturgique nous renvoie à une dimension particulière de notre foi. Le temps de l’Avent est donc le temps de l’attente et de la veille : « Veillez ! » nous dit Jésus, mais en vue de quoi ? S’agit-il de préparer notre cœur à la fête de Noël ? S’agit-il d’attendre l’avènement de Dieu dans notre monde, la parousie? S’agit-il d’attendre le Royaume de Dieu ? Ou encore de veiller en vue du jour de notre propre rencontre avec Dieu ? En fait, toutes ces dimensions entrent en jeu car Il est venu, Il vient et  Il viendra !

Il est venu : préparons notre cœur à Noël !

       Avant de nous torturer pour savoir ce que nous devons faire pour hâter la venue du Seigneur, savourons d’abord la joie de Noël, c’est-à-dire la joie de savoir que notre Créateur s’est fait chair, qu’il a vécu notre condition humaine, qu’il est mort et ressuscité, que le tournant de l’histoire a déjà eu lieu avec la venue du Fils de Dieu dans notre monde. Oui réjouissons-nous : le monde est déjà sauvé ! Ne nous laissons pas voler la joie de l’Évangile par les cyniques, par les commerçants, par les terroristes, par les prophètes de malheur… Et cela, déjà, demande d’être vigilant : comment préparer Noël avec une joie authentique, non faite de paillettes et d’artifices ? Un cadeau modeste fait main… des retrouvailles en famille sans grandes dépenses… une crèche simple et belle pour « ennoëller » notre demeure… une présence fraternelle auprès de celui qui traverse une épreuve, etc. « Ne nous laissons pas voler l’Évangile » (Evangelii Gaudium n°97)

Il vient : travaillons à son avènement dans notre monde !

       Le temps de l’Avent consiste également à travailler à l’avènement de Dieu dans notre monde. Certes, le Verbe de Dieu s’est incarné dans le sein de Marie, mais Il veut encore s’incarner en chacun de nous, tous les jours. « Mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. » (Ga 4,19) Il s’agit donc, pour permettre à Dieu d’advenir dans notre monde, de le laisser prendre chair en nous, de faire de nous d’autres christs, afin que nos gestes, nos paroles, notre amour permettent au Règne de Dieu de se répandre autour de nous. Faire advenir le Règne de Dieu en nous et autour de nous, tel est l’héritage spirituel de notre fondateur, le père Emmanuel d’Alzon. Cette veille, active dès maintenant, est évoquée dans l’évangile de ce dimanche à travers l’allusion au reniement de Pierre, au chant du coq : « Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. » (Mc 13,35) On peut également penser à l’épisode du jardin de Gethsémani : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Mt 26,40) Veiller au retour du maître, ce n’est donc pas forcément se préparer à la parousie ou à notre mort… Mais il s’agit de veiller dans l’épreuve, dans la souffrance, dans la fatigue des jours, de façon à ne pas se laisser prendre par le découragement, le cynisme, la peur, mais à agir avec patience, confiance et persévérance en union avec le Christ, pour l’avènement de son Règne dans notre monde. « Ne nous laissons pas voler l’enthousiasme missionnaire ! » (Evangelii Gaudium n°80)

Il viendra : cultivons l’espérance d’un bonheur à venir !

      Le temps de l’Avent, c’est surtout le temps de l’espérance, du désir, de l’attente… Comment creuser en nous le désir d’un bonheur plénier pour tous ? La naissance d’un enfant nous dit tout le potentiel d’une vie nouvelle : le possible, l’inouï, l’incroyable d’une nouveauté, là où nous pensions la fin d’un monde ! Comment déceler, dans les soubresauts de notre monde, non pas l’agonie d’un âge d’or mais le bourgeonnement d’un monde nouveau : « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Dès qu’ils bourgeonnent, vous n’avez qu’à les regarder pour savoir que l’été est déjà proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. » (Lc 21,29-31) Prenons le temps durant ce temps d’Avent de laisser grandir en nous le désir de bonheur, de paix et de joie ; de veiller sur notre espérance ! Cela demande du silence, du retrait, du temps pour notre intériorité. « Ne nous laissons pas voler l’espérance ! » (Evangelii Gaudium n°86)

En ce temps d’Avent, un seul mot d’ordre : Veillez !

Oui, veillons à une joie de Noël authentique !

Veillons à faire advenir le Royaume de Dieu en nous et autour de nous !

Veillons sur notre espérance d’un bonheur plénier pour tous !

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