Église en marche !

Le collège des cardinaux réunis en consistoire le 12 février 2015

Le collège des cardinaux réunis en consistoire le 12 février 2015

Cette semaine, les cardinaux étaient réunis en consistoire et le pape a pu reprendre avec eux l’état d’avancement de la réforme de la curie. À cette occasion également 15 nouveaux cardinaux seront créés.

Le conseil des 9 cardinaux travaille maintenant sur une base régulière et pas mal de dossiers ont bien avancé, rappelons les grandes étapes de la chronologie de la réforme (source La Croix ) :

► 13 avril 2013  : Le pape François, élu un mois plus tôt, nomme huit cardinaux pour le conseiller dans la réforme de la Curie romaine. Ce « Conseil des cardinaux », surnommé « C8 », sera officiellement institué le 28 septembre suivant. Le cardinal hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga en est d’emblée le coordonnateur.

► 18 juillet 2013  : Le pape forme une commission d’études sur « la structure économico-administrative du Saint-Siège », la Cosea. Cette commission se met au travail dès août et commande à l’automne des audits externes à Ernst & Young, McKinsey et KPMG.

► Du 1 er au 3 octobre 2013  : Première réunion du « C8 ». Il deviendra « C9 » avec la participation du secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin.

► 21 décembre 2013 : Lors de ses vœux de Noël à la Curie, le pape demande davantage de « professionnalisme » et moins de « bavardages ».

► 24 février 2014 : À partir des propositions de la Cosea, le pape établit par motu proprio un Secrétariat pour l’économie, dirigé par le cardinal George Pell, membre du « C9 ». Il instaure aussi un Conseil pour l’économie, présidé par le cardinal Reinhard Marx, autre membre du « C9 », où cardinaux et laïcs ont même rang et responsabilité. Sa composition est dévoilée le 8 mars suivant.

► 22 mars 2014 : Création d’une commission pour la protection des mineurs. Aujourd’hui composée de 17 membres, avec parité homme femme, une majorité de laïcs 10 sur 17, dont deux anciennes victimes d’abus.

► 2 mai 2014 : Première réunion du Conseil pour l’économie, dont les statuts sont à élaborer.

► 8 juillet 2014  : Jean-Baptiste de Franssu devient le nouveau président de l’Institut pour les œuvres de religion (« banque du Vatican »). Une partie des compétences de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa) est transférée au Secrétariat pour l’économie.

► 11 novembre : Création d’une commission pour accélérer l’examen au Vatican des appels de prêtres condamnés dans leur diocèse pour des fautes graves, dont les crimes de pédophilie.

► 24 novembre 2014  : Le pape réunit tous les chefs de dicastère pour les consulter sur la réforme de la Curie en cours.

► 22 décembre 2014  : Pour ses deuxièmes vœux à la Curie, le pape François énumère quinze « maladies » à soigner. Il s’adresse ensuite au personnel du Vatican.

► 12 au 13 février 2015 : Consistoire sur la réforme de la Curie. Ont été notamment évoqué la question de la décentralisation ou de la subsidiarité, entre la curie et les Églises locales et la réforme des dicastères qui devraient être réduits en grand nombre (de l’ordre de 40 dicastères aujourd’hui à 20 dans le futur).

À cette réforme technique, il faut ajouter la réforme spirituelle qui tient particulièrement à cœur au pape François : que l’on pense à l’énumération des tentations (à l’issue du synode sur la famille), à celle des maladies de la curie (en décembre dernier) ou au choix de faire faire une vraie retraite au début du carême pour les membres de la curie, en dehors du Vatican… La première réforme, bien sûr, vient de la façon dont le pape François habite son ministère d’Evêque de Rome !

Enfin le choix des nouveaux cardinaux n’est pas banal.

« L’entrée de cardinaux venant de pays, qui n’y avaient encore jamais été représentés, accentue la dimension internationale du Sacré Collège, moins européen, moins curial et plus urbain.

Jusqu’aux îles Tonga ! Le consistoire de ces 14 et 15 février va créer des cardinaux provenant de pays, parfois petits et lointains, où nul jusqu’ici n’avait reçu ce titre qui les rapproche de Rome. Même nouveauté pour les cardinaux du Cap-Vert, de Birmanie et du Panama. Ils vont prendre place aux côtés de ceux choisis pour la première fois, l’an dernier, en Haïti ou au Burkina Faso. 

[…] Avec le pape François, une nouvelle étape a été franchie, qui signe la fin de l’eurocentrisme. Au conclave qui l’a élu, en mars 2013, un peu plus de la moitié des 115 cardinaux présents étaient alors des Européens.

En moins de deux ans, ceux-ci sont passés nettement sous le seuil des 50 %, à 45 %. Ils restent toutefois prépondérants dans le choix du prochain pape, avec 57 électeurs sur un total de 125.

Les autres continents font à peu près jeu égal, avec 21 électeurs d’Amérique latine et Caraïbes (Mexique compris), 15 d’Amérique du Nord, 17 d’Asie-Océanie et 15 d’Afrique. » (Extrait d’un article de Sébastien Maillard La Croix du 14 février 2015)

 L’Église est donc bien en marche. Prions pour que le Pape François puisse mener à bien, avec ses frères évêques, la mission que le Seigneur lui a confié ! Prions aussi pour que chacun, à notre niveau, entrions dans l’esprit de cette réforme pour une Eglise plus fidèle à la volonté du Seigneur !


La Vie par ici

La semaine passée fut marquée par un petit séjour à Lomé pour diverses courses et surtout pour accueillir le père Sébastien Antoni, a.a. venu donner une session sur la liturgie aux postulants et novices assomptionnistes et orantes. La session a bien débuté ce vendredi et se poursuivra la semaine à venir. Nous souhaitons donc une bonne session à chacun et une belle immersion en terre togolaise au père Sébastien !

Sur ces quelques nouvelles et réflexions, bonne semaine à chacune et chacun et bonne entrée en carême : ce temps favorable pour revenir à l’essentiel !

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Pour plus de vie ! 

107C15 février 2015, 6e dimanche ordinaire, année B, Mc 1,40-45 /

Faut-il être pur pour s’approcher de Dieu ? Et, plus encore, Dieu a-t-il besoin que nous soyons purs pour s’approcher de nous ? Voilà bien les questions à l’arrière-plan de ce récit de guérison d’un lépreux… L’actualisation n’est guère difficile. Il suffit de penser au débat sur l’accueil en Église des personnes en situation matrimoniale irrégulière, une question largement évoquée lors du synode des évêques sur la famille. Certaines chrétiennes, certains chrétiens se sentent exclus par l’Église et l’interrogent : les sacrements sont-ils réservés aux purs ? Celle-ci, jusqu’à maintenant, essaie de dire que ne pas avoir accès aux sacrements, n’est pas à vivre comme une exclusion et qu’il existe d’autres modes d’appartenance possibles… Regardons donc, de plus près, ce que nous propose l’Évangile de ce dimanche : Pour plus de vie, transgresser l’interdit… Pour plus de vie, purifier nos idées sur Dieu… Pour plus de vie, se laisser purifier…

Pour plus de vie, transgresser l’interdit…

Dans la logique du livre du Lévitique, le peuple d’Israël est tenu à un très grand nombre de règles de pureté pour que le Très Saint puisse venir à la rencontre de son peuple. Remarquons d’emblée que cette pureté n’est, en général, pas de l’ordre d’une conduite morale pure, mais que, tout simplement, certains éléments de la vie humaine, considérés comme ayant à voir avec la mort ou la non-vie, sont incompatibles avec la présence de Celui qui est source de vie : pertes de sang, pertes séminales, contact avec un cadavre, lèpre des humains, « lèpre des maisons » ou « lèpre des vêtements » (cf. Lv 11-15) Le lépreux, se sachant impur, n’aurait jamais dû approcher Jésus. De même, Jésus, pour se prémunir de l’impureté, n’aurait jamais dû toucher le lépreux. Or, tous deux transgressent l’interdit et, étonnamment, au lieu que cela « produise » de la mort et de l’impureté, cela « produit » de la Vie ! N’oublions donc jamais que toutes les règles que nous nous donnons doivent être au service d’un surcroit de vie, non seulement pour moi, mais pour l’autre et pour la société. Lorsqu’elles ne remplissent plus leur rôle, ne doivent-elles pas être transgressées ?

Pour plus de vie, purifier nos idées sur Dieu…

S’il y a bien quelque chose à purifier ce sont nos fausses idées sur Dieu ! Jésus a passé sa vie à nous révéler le vrai visage de Dieu, au-delà de nos représentations. Or justement cette idée d’un Dieu de vie qui ne pourrait s’approcher de la mort, fut totalement battue en brèche par la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Dieu ne disparaît pas en présence de la mort ou de ce qui lui est apparenté, il n’a pas peur de s’approcher de l’impur ou du pécheur… Au contraire, sa puissance de vie va permettre de purifier, de libérer, de guérir celui que l’on tenait à distance. Il ne s’agit donc pas d’être pur pour approcher le Seigneur puisque c’est lui qui purifie. Une fois pour toutes, convertissons nos idées sur Dieu qui est un Dieu d’amour et non pas celui qui tiendrait le compte de nos bonnes ou mauvaises actions.

Pour plus de vie se laisser purifier…

Oui le Seigneur s’approche de l’impur, non pas pour le maintenir dans sa situation mais pour le libérer : « Je le veux, sois purifié. » Encore une fois, ne nous trompons pas de sens. Il ne s’agit pas de devenir des purs ou des parfaits en un sens moral – comme le signifiait le mot « cathare » – mais d’être remis sur le chemin de la vie, d’être rétablis dans notre relation à Dieu et aux autres. C’est bien ce qui est signifié dans tous les récits de guérison ou d’exorcisme au long des évangiles. Alors, si nous, chrétiens, participons vraiment à la vie du Christ, nous devrions être capables de nous approcher, comme lui, de tous les exclus, les parias, les impurs pour les faire entrer dans la vie. Je n’ose énumérer ici les exclus de nos sociétés ou de nos églises, mais cela va (suivant les lieux), des malades du sida aux personnes homosexuelles, en passant par les chrétiens divorcés remariés ou en union libre, les immigrants, les différents, les nomades et même les extrémistes… Comment s’approcher de tous, n’exclure personne -surtout pas au nom de Dieu- et replacer chacun sur le chemin de la vie ?

Sans perdre patience, le Seigneur veut nous purifier, c’est-à-dire, nous offrir sa vie !

Serons-nous les relais de ce surcroit de vie pour nos frères et sœurs ?

Pour cela, sommes-nous prêts à transgresser l’interdit,

à purifier nos idées sur Dieu,

à nous laisser purifier par lui,

…pour plus de vie !

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La vie par ici !

Je fus silencieux la semaine passée, pris par diverses activités… Voici donc quelques échos des deux semaines écoulées :

– Conclusion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens : nous avons eu une belle soirée le samedi 24 janvier avec nos frères presbytériens. Une conférence du P. Vincent Kambere sur l’histoire de nos divisions et de nous rapprochements ; la vidéo du Chemin neuf « Le miracle de l’unité est déjà en marche » dont je vous parlais dans ma dernière lettre. Et un concert de huit chorales presbytériennes, catholiques et œcuménique. Le lundi suivant, le 26 janvier, nous nous retrouvions pour une soirée conclusive de prière à la paroisse presbytérienne.

Conférence au Centre Culturel

Conférence au Centre Culturel

Visite du P. Vincent Cabanac : durant dix jours (une première !), nous avons eu la visite d’un de nos responsables, le P. Vincent Cabanac, économe de notre province d’Europe, mais aussi chargé du suivi de l’Afrique de l’Ouest au sein du conseil provincial. Il a pu rencontrer chacun des frères et chacun des jeunes en formation. Plusieurs rencontres de travail nous ont permis d’avancer, de nous donner des échéances et des pistes de travail concernant, notamment, l’autofinancement et les perspectives de développement apostolique en Afrique de l’Ouest. Le tout se concluant par une belle fête de la chandeleur avec une soirée crêpes grâce à l’initiative du P. Vincent qui avait mis la main à la pâte ! Cette visite nous a bien relancés dans les différents chantiers, en nous donnant de belles perspectives d’avenir : à nous de reprendre la balle au bond !

Vive la chandeleur

Vive la chandeleur

Accueil des nouveaux postulants : la visite du P. Vincent fut aussi l’occasion d’accueillir 8 nouveaux postulants. En effet les pré-postulants, accueillis à la communauté de Komah depuis septembre, avaient fait leur demande d’admission au postulat auprès du supérieur provincial et le P. Vincent a pu leur apporter la réponse positive du conseil provincial. Bonne route à Armel, Bernardin, David, Honoré, Jean-Paul, Jovic, Marius, Valère pour cette nouvelle étape, très importante dans un parcours vocationnel. Ils nous viennent du Burkina-Faso (1) du Cameroun (1) et du Togo (6).

Entrée officielle dans l’année de la vie consacrée : le diocèse avait choisi la date du 31 janvier (en raison de sa proximité avec le 2 février, journée de  la vie consacrée) pour marquer l’entrée officielle du diocèse dans cette année de la vie consacrée. C’est donc une célébration eucharistique à la cathédrale, présidée par notre évêque Mgr Ambroise Kotamba Joliba, qui rassembla consacrés et diocésains pour marquer l’évènement. Chaque congrégation a pu se présenter symboliquement, en venant saluer l’assemblée à tour de rôle… Un religieux-prêtre était de prédication, le P. Bertrand Lepesant, fondateur de la communauté du Puits de Jacob (présente à Sokodé où elle a développé un petit centre hospitalier)… Les traditionnelles agapes s’en suivirent !

Célébration à la cathédrale

Célébration à la cathédrale

Vie quotidienne perturbée : la semaine passée fut également marquée par quelques difficultés matérielles : pénurie d’essence dans la ville durant huit jours (quand notre électricité dépend d’un groupe électrogène à essence c’est un peu embêtant), coupures d’électricité dans la ville certaines journées entières, réseau de téléphone perturbé, connexion internet indisponible plusieurs jours… Bref nous étions revenus à la « vie du village » coupé du monde et des techniques modernes. Mais tout ceci semble rentré dans l’ordre.

Relance du groupe biblique : J’ai pu enfin relancer le groupe biblique à la paroisse. Vingt-cinq personnes à la première rencontre, mais nous verrons si la persévérance sera au rendez-vous…

Sur ces quelques images, belle semaine, que la présence du Seigneur à vos côtés vous soutienne sur la route de la vie…

 

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« Que là aussi j’annonce l’Évangile ! »

104A8 février 2015, 5e dimanche ordinaire, année B, Mc 1,29-39 /

Comment annoncer l’Évangile aujourd’hui ? Doit-on d’abord servir et soigner les misères humaines ou annoncer la Parole de Dieu ? Faut-il partir en mission hors de nos cercles habituels ou s’occuper de notre milieu de vie ? Faut-il s’en remettre à Dieu et simplement prier pour la conversion de nos frères ou déployer des stratégies ? Étonnamment il y a de tout cela dans le passage d’Evangile de ce dimanche… Que de mouvements ! Que de variété dans les façons de faire ! Que d’amour !

Que de mouvements !

Arrêtons-nous d’abord sur les lieux et les mouvements de Jésus : Au sortir de la synagogue de Capharnaüm, Jésus se rend dans la maison de Simon et André (remarquons, entre parenthèse, comme nous l’évoquions les semaines passées, que ceux-ci n’avaient pas tout quitté, d’un seul coup, pour suivre Jésus…) Puis Jésus s’approche de la belle-mère malade et la guérit… Ensuite, « la ville entière » se presse à la porte ! Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus sort dans un endroit désert pour prier… Tout le monde le cherche pour qu’il poursuive les guérisons, mais au lieu de répondre à leur demande, il décide de partir ailleurs : « Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues et expulsant les démons. » Remarquons donc l’alternance entre les temps de prière (à la synagogue de Capharnaüm, dans un endroit désert, dans les synagogues de Galilée) et les guérisons et exorcismes. Laissons-nous inspirer par les différentes façons de susciter la rencontre : soit Jésus sort vers ceux qui ont besoin de lui, soit on vient à lui. Notons encore qu’il agit aussi bien envers les proches, la famille de ses amis, qu’envers les plus lointains, les habitants d’autres villages qu’il prend l’initiative d’aller rencontrer ! Ne nous enfermons donc pas dans certains lieux, à destination d’un « public cible » et dans des idéologies, mais, comme Jésus, laissons-nous interpeller par les différents besoins de notre monde. Oui les périphéries nous attendent, mais nos proches aussi !

Que de variété dans les façons de faire !

Comment Jésus agit-il envers ces différentes catégories de personnes ? Non seulement il guérit et expulse les démons, mais il prie, également, avec elles (à la synagogue) ; il partage leur repas (dans la maison de Simon et André), il proclame la Bonne Nouvelle ; il se met également en retrait, pour cultiver son intimité avec le Père et discerner ce qu’il doit faire pour être conforme à la volonté de Celui-ci. Lorsque l’on parle de nouvelle évangélisation, il faut donc être capable de vivre tout cela… Il ne s’agit pas tant de proclamer l’Évangile sur les places publiques que de rejoindre les personnes dans leurs besoins, dans leurs attentes, dans leurs lieux de prière ou de quête de sens. Cela va de pair avec une libération et une guérison de ce qui fait obstacle au déploiement de leur vie : aussi bien libération des esprits mauvais (recherche de pouvoir, fascination de l’avoir, hédonisme, individualisme, méchanceté, injustice, exploitation de l’autre etc…) que guérison physique, mentale, spirituelle. Pour cela, ne pensons pas trop vite à la nécessité de miracles, mais mettons d’abord en œuvre notre intelligence et nos dons pour soigner, accompagner, écouter, compatir… Que de variété possible dans l’annonce de l’Évangile !

Que d’amour !

Jésus avait-il une stratégie pour l’annonce de l’Évangile ? Pas vraiment, mais des principes, oui : disponibilité, discernement dans la prière, ouverture au plus grand nombre, respect de la liberté de chacun, proclamation de la vérité et de la volonté de Dieu à temps et à contretemps… Et surtout un amour de  Dieu et des Hommes inconditionnel et sans mesure ! Ne nous posons donc pas trop de question pour l’annonce de l’Évangile mais faisons nôtre le précepte de saint Augustin : « AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX ; si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour ; aie au fond du cœur la racine de l’amour : de cette racine il ne peut rien sortir que du bon » (Commentaire de la première épitre de Jean 1 Jn 7.8)

Oui, laissons-nous toujours plus inspirer par la façon dont Jésus vécut l’annonce de l’Évangile :

Que de mouvements !

Que de variété dans les façons de faire !

Que d’amour !

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Et pourquoi pas une semaine du dialogue interreligieux ?

Pas que des hommes, hein !

Pas que des hommes, hein !

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, je me disais que nous aurions bien besoin d’une semblable initiative en faveur du dialogue interreligieux…

Mais d’abord je voudrais insister sur l’urgence à poursuivre le travail pour l’unité des chrétiens. Le chemin parcouru est formidable en ce domaine : les grands obstacles doctrinaux ont été levés que ce soit avec les anciennes Églises d’Orient ou avec les réformés. Nous prions ensemble chaque année, au cours de cette semaine de janvier,  depuis 1908 ! Des communautés œcuméniques témoignent de l’unité possible au quotidien : Chevetogne (Belgique 1925), Taizé (France 1940), Grandchamp (Suisse 1952), Bose (Italie 1965), Chemin Neuf (France 1973)… Des chrétiens de différentes confessions travaillent ensemble pour un monde plus juste (par exemple avec l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture 1974)) ; des théologiens de différentes confessions réfléchissent ensemble depuis des années, que ce soit dans le domaine de l’exégèse ou au service de l’œcuménisme avec, par exemple, le formidable travail du groupe des Dombes. Nous nous invitons mutuellement lors des grands rassemblements d’Église (conciles, assemblées…) Mais nous ne vivons pas encore une pleine communion, nous ne prenons pas part à la même table eucharistique, et dans certains pays l’œcuménisme semble plutôt régresser… Il ne faudrait pas, si proche du but, baisser les bras ! Le but étant une pleine communion dans l’acceptation de nos différences, une Église chrétienne communion d’Églises particulières (comme ce fut le cas durant les premiers siècles du christianisme)…

Les chantiers de l’œcuménisme sont toujours devant nous :

  • La connaissance et l’enrichissement mutuels (exemple : Importance de la Parole de Dieu dans le protestantisme / Icônes des Églises d’Orient / Unité de l’Église catholique…)
  • La prière ensemble… en recherchant l’unité visible en une seule foi et une seule communauté eucharistique ;
  • Le témoignage de notre foi commune au Christ… en renforçant notre témoignage commun par des activités de mission et d’évangélisation ;
  • L’action ensemble pour l’avènement du Royaume de Dieu … en pratiquant le service chrétien en réponse aux besoins de l’humanité, en brisant les barrières entre les individus, en recherchant la justice et la paix et en sauvegardant l’intégrité de la Création.

Je vous recommande enfin cette belle vidéo du Chemin Neuf : « Le miracle de l’unité est déjà en marche », d’après une expression du Pape François qui nous dit que quand Dieu a commencé un miracle il l’achève !

Que le Seigneur nous soutienne dans cette marche vers l’unité de tous ses disciples !

Rencontre d'Assise de 2011

Rencontre d’Assise de 2011

Par analogie, donc, les chrétiens ne pourraient-ils pas mettre en place une semaine du dialogue interreligieux (à moins que cela existe et que je ne sois pas au courant). Dans le contexte actuel, cela semble des plus urgents, car je ne crois pas que la réponse laïcisante soit la seule possible. Ce n’est pas en fêtant l’anniversaire de la séparation de l’Église et de l’État en 1905, qui s’est faite contre les religions, que l’on avancera beaucoup me semble-t-il. Plutôt que d’affirmer que la religion n’a rien à faire dans nos écoles, il faudrait au contraire lui donner plus de place, si on veut l’intégrer et ne pas en faire un lieu hors société… Faudrait-il rappeler à nos dirigeants que la laïcité à la française n’est pas la seule possible, si tant est qu’il y ait « une » laïcité à la française car, entre « laïcité positive » et « laïcisme anti-religions » (qui vient de la révolution et des combats du XIXe) le champ est vaste. Plutôt qu’une journée de la laïcité, j’eus préféré une journée du dialogue interreligieux ! Et en ce domaine, les chantiers sont semblables à ceux de l’œcuménisme : connaissance et enrichissement mutuels, prière côte à côte (cf les rencontres d’Assise) ; le témoignage de notre foi en un Dieu unique (pour les monothéismes), Créateur, qui a un projet de Vie pour notre monde et  qui demande une réponse de notre part ; et bien sûr, l’action ensemble pour un monde plus juste et fraternel.

Unité des chrétiens, dialogue interreligieux… Soyons toujours plus des hommes et des femmes de communion !

 

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Ne gaspillez pas votre temps en peccadilles !

101C25 janvier 2015, 3e dimanche ordinaire, année B, Mc 1,14-20 /

Quel empressement dans les textes de ce dimanche ! : « Aussitôt les habitant de Ninive crurent en Dieu… » (Jonas 3, 5) ; « Le temps est limité… Car il passe, ce monde tel que nous le voyons. » (1Co 7,29…31) ; « Le Règne de Dieu est tout proche (…) aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. » (Mc 1,15…18) Cela me rappelle un beau témoignage entendu au journal télévisé ces jours-ci : un homme, suite à un double AVC (accident vasculaire cérébral), s’est retrouvé pendant dix jours « prisonnier dans son corps », c’est-à-dire qu’il était tout à fait conscient de ce qui se passait autour de lui, mais seules son ouïe et sa vue fonctionnaient. Il raconte comment il essayait, par l’intensité de son regard, de dire à ses proches qu’il était bien là, dans ce corps inerte. Et il commençait à se demander si cela valait la peine de vivre ainsi… Puis, au bout d’une dizaine de jours, son corps se remit à fonctionner. Et cet homme de déclarer : « Cet AVC, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie ! Car cela m’a fait prendre conscience de l’immense chance que l’on a d’être vivant et cela m’a donné la passion de savourer et de vivre intensément chaque instant de ma vie… Ceux qui gagnent le gros lot à la loterie, c’est vraiment rien du tout, à côté de ce que j’ai gagné avec ce retour à la vie. » N’est-ce pas là ce dont essaient de nous faire prendre conscience les textes de ce dimanche : le temps est court, ce monde passe, vivez intensément, et à sa vraie profondeur, votre vie. Ne gaspillez pas votre temps en peccadilles !

Goûter l’instant présent !

Avec l’influence des religions orientales, et la mode des séminaires sur le développement personnel (la nouvelle religion des sociétés sécularisées), on nous rabâche à longueur de temps que seul l’instant présent est important, que seul l’instant présent existe : le passé n’existe plus et le futur n’existe pas encore. Je ne suis pas vraiment d’accord avec ces affirmations ! Oui, il s’agit de goûter l’instant présent, de le vivre à sa juste profondeur, non pas parce que le passé n’existerait plus et que le futur n’existerait pas encore, mais, au contraire, parce que l’instant présent doit se construire en s’appuyant sur notre passé et en vue de notre avenir. Notre vie s’inscrit dans un projet d’amour de Dieu pour chacun de nous. Le passé, le présent et l’avenir existent en Dieu, qui transcende le temps ! Nous savons d’où nous venons et où nous allons, et cela nous permet de vivre à sa juste profondeur ce que nous avons à vivre à chaque instant. La perspective n’est pas du tout la même que celle de la pensée bouddhiste, qui nous dit que rien n’est permanent et que seul l’instant présent existe… Mais l’on se rejoint sur le « convertissez-vous », « ne vivez pas à la surface de vos vies », « goûtez l’instant présent »… C’est bien ce qu’a découvert l’homme dont je parlais plus haut, mais n’attendons pas l’AVC pour en prendre conscience !

Réenchantez le monde !

À partir de ce constat, de l’importance de chaque instant et du temps qui passe vite, une mauvaise interprétation consisterait à ne vouloir perdre aucun instant, à profiter au maximum de la vie et à être efficace aussi bien dans son travail que dans l’organisation de ses loisirs ou de sa vie de famille. Vu d’Afrique en particulier, la société occidentale, notamment urbaine, donne le tournis et on se demande ce qu’ils ont tous à courir ces occidentaux, et vers quoi ils courent ? Il s’agirait au contraire de réenchanter le monde, de ne plus se laisser manipuler par une société du consumérisme, de l’efficacité, de la rentabilité, mais de retrouver le sens de la gratuité, de la lenteur (comme nous y invitent certains mouvements à la mode), de la poésie, de la spiritualité et même de la mystique ! N’est-ce pas ce dont nous parle Jésus lorsqu’il proclame : « Cherchez d’abord le Royaume, et le reste vous sera donné ! » ; « Le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Ne gaspillez pas votre temps en peccadilles !

Vous comprenez alors que les peccadilles, ce ne sont pas les petits bonheurs de la vie, bien au contraire, mais ce temps perdu à se combattre les uns les autres ; à semer la haine et la division ; à vouloir défendre à tout prix une liberté d’expression sans mesure ; à cultiver nos particularismes entre Églises chrétiennes ; à dénier, à ceux qui ne pensent pas comme moi, le droit d’exister ; etc. Quelle fut la première demande de l’homme sortant de sa paralysie ? De défendre la vérité ? De se venger de l’existence ? De régler son compte avec le personnel soignant ?… Bien sûr que non, ce fut de voir sa fille de cinq ans et de pouvoir la serrer dans ses bras, car l’émotion était trop forte pour qu’une parole puisse surgir… C’est-à-dire d’exprimer son amour et sa joie de vivre ! N’est-ce pas ce à quoi nous invite l’Évangile à longueur de page ? « Je vous ai dit tout cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie ! » (Jn 15,11)

Oui, le temps est limité…

Goûtez l’instant présent !

Réenchantez le monde !

Et ne perdez pas votre temps en peccadilles !

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Qu’est-ce qui construira un monde meilleur ?

ciric_271196     Eh oui, je ne peux me dérober plus longtemps… Il me semble que quelques mots s’imposent, même si chacun y va de son couplet, à propos de la situation d’hystérie actuelle. Je ne reviendrai pas sur la condamnation de la violence des extrémistes, qui va de soi, et sur la peine des milliers de familles, de par le monde, endeuillées par leur sauvagerie et qui implorent notre compassion. Mais, ce qui me fait réagir, c’est surtout la contre réaction dans un certain nombre de pays musulmans à la nouvelle caricature publiée dans ce journal satirique dont je préfère taire le nom.

    Qu’est-ce qui construira un monde meilleur ? La provocation ou le respect de l’autre ? Répondre à la violence par la violence, me semble une attitude très adolescente : « Je ne cèderai pas, c’est moi le plus fort, c’est moi qui ai raison ! » Car, quoi que l’on dise, une parole, un dessin peut être très violent et semer tellement de haine que les mots tuent… La preuve c’est qu’on nous parle, par exemple, de 4 morts, de 45 blessés, du centre culturel français ainsi que de trois églises, brûlés au Niger.  On nous répète partout que plier serait faire gagner les djihadistes… Et si, au contraire, plier permettait une plus grande tolérance vis-à-vis de ces presque deux milliards de musulmans qui n’ont rien à voir avec le terrorisme et qui demandent le respect de leur foi. Et si plier était signe d’intelligence face à la situation actuelle… Oserai-je dire que « plier » fut l’attitude de Jésus lors de la passion, celle qui, justement, a permis la victoire sur toute haine, sur tout mal et sur toute mort ! –Alors qu’innocent, il aurait pu réclamer son bon droit et se défendre… « Et voilà qu’un des compagnons de Jésus, portant la main à son glaive, le dégaina, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille. Alors Jésus lui dit: « Rengaine ton glaive; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père, qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d’anges ? » (Mt 26,51-53)

       Qu’est-ce qui construira un monde meilleur ? Le jugement ou la bienveillance ? À propos des contre-manifestations, chacun y va de son couplet : « ce sont des barbares »… « …des propos du moyen-âge »… « des incultes »… Mais ces jugements à l’emporte-pièce à quoi servent-ils ? Vouloir construire un monde meilleur demande une toute autre attitude, une bienveillance foncière. Sur toute la surface de la terre, il y a le ciel et la terre, et entre les deux des hommes et des femmes, comme vous et moi, qui cherchent à vivre au mieux, à gagner leur pain quotidien, à prendre soin de leur famille, à se conduire avec justesse. La plus grande partie d’entre eux croient en Dieu, en un projet de Dieu pour notre monde, en une destinée après la mort, en des commandements de Dieu pour apprendre à vivre. Et combien de croyants furent les plus grands témoins d’une humanité exemplaire ! Alors arrêtons de juger telle ou telle religion sur la base de quelques illuminés isolés et cultivons au contraire la bienveillance envers les milliards de croyants du monde qui, aujourd’hui comme par le passé, sont parmi les plus belles figures d’êtres humains.

      Qu’est-ce qui construira un monde meilleur ? La haine ou l’amour ? La violence ou le dialogue ? L’amour de la vérité ou l’amour de l’autre ? Le fait de rire de l’autre et de sa foi ou de rire avec l’autre ? Un djihadiste, un caricaturiste provocateur ou un Christian de Chergé ? En guise de conclusion, je ne peux m’empêcher de vous redonner le testament spirituel de ce grand homme, tellement plein d’enseignements dans le climat actuel. Prenez la peine de le relire même si vous le connaissez déjà… Il prend encore un nouveau relief aujourd’hui ! :

Testament de Christian de Chergé

****Quand un A-Dieu s’envisage****

chergéS’il m’arrivait un jour – et ça pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était donnée à Dieu et à ce pays. Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi: comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat. Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus.

En tous cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglement. J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité en même temps que de pardonner de tout coeur à qui m’aurait atteint.

Je ne saurais souhaiter une telle mort. Il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’Islam.

Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’Islam, qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes. L’Algérie et l’Islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Eglise, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans.

Ma mort, évidemment paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf ou d’idéaliste: « Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! »

Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui ses enfants de l’Islam tels qu’Il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le Don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette Joie-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis !

Et !toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’auras pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je veux ce merci, et cet A-DIEU en-visagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux.

Amen ! Inch’Allah !

– – – – – – – – – –

      Bien sûr ne manquez pas, non plus, les propos récents du pape François sur le sujet…  « On ne peut pas insulter la foi des autres… »


La Vie par ici

       Vous aviez compris que j’étais pas mal occupé la fin de semaine dernière, puisque nous avions une rencontre de notre « Commission de formation » d’Afrique d l’Ouest de samedi matin à dimanche soir (pas très catholique comme horaire)… Que vous partager du travail de cette commission, sinon les sujets qui nous préoccupent ces temps-ci : notre politique de recrutement et d’accompagnement des candidats (90 jeunes demandent à entrer chez nous, sans compter les contacts du côté du Burkina-Faso), il faut donc voir les critères, la façon de faire, le discernement… L’étape du pré-postulat et de postulat, sommes-nous satisfaits de notre façon de faire, comment aller plus loin… La question des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), comment leur donner leur juste place dans notre vie religieuse et en particulier dans les années de formation… La mise en place des communautés internationales de formation (Nairobi, Kinshasa) et l’évaluation des différents lieux de formation où sont envoyés les jeunes de la région…

 COULEURS    À part cela, les semaines écoulées furent plutôt classiques, les novices ont terminé le petit bulletin des « Couleurs du Noviciat », toujours en retard, qui donne quelques nouvelles sur leurs parcours et la vie du noviciat. Il est disponible au lien suivant

      Comme chaque année la semaine de prière pour l’unité des chrétiens à Sokodé se fera surtout avec l’Église presbytérienne du Togo, une des premières églises chrétienne d’ici. L’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo est née de l’œuvre d’évangélisation des missionnaires luthériens et calvinistes envoyés principalement d’Allemagne et de Suisse par la Mission de Brême (1847-1921) puis de France et de Suisse par la Société des Missions Evangéliques de Paris (1929-1959). Temps de prière ensemble dans leur paroisse et la nôtre, conférence, concert de différentes chorales de nos Églises, seront nos rendez-vous de la semaine.

visuel_UC_2015      Sur ces quelques nouvelles, je vous souhaite une belle semaine, de poursuivre votre marche à la suite du Christ dans la sérénité et la bienveillance envers tous… Bonne semaine de prière pour l’unité des chrétiens ! Ce n’est pas un élément facultatif de notre foi, mais il en va de la communion en Dieu à laquelle nous sommes tous appelés…

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« Jésus posa son regard sur lui… »

102B18 janvier 2015, 2e dimanche ordinaire, année B, Jn 1,35-42 /

Pour commencer ce temps ordinaire, l’Église nous propose le récit de l’appel des premiers disciples. Les récits varient sensiblement d’un évangéliste à l’autre. Chez Marc et Mathieu, Jésus appelle les pêcheurs dans leurs barques : Simon et André, puis Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Chez Luc, cela se passe toujours au lac de Génésareth où Simon, Jacques et Jean se mettent à la suite de Jésus. Enfin chez Jean, proposé à notre méditation ce dimanche, c’est André et un autre disciple qui se mettent à la suite de Jésus suite à l’invitation de Jean-Baptiste,  puis c’est au tour de Simon, par l’intermédiaire de son frère André qui le conduit à Jésus. Par ailleurs la première lecture nous parle de l’appel de Samuel qui ne s’éclairera qu’à la parole d’Élie. Dans tous ces cas, la réponse à l’appel du Seigneur n’est pas une affaire de seul à seul avec lui, mais passe par un frère, un ami ou un aîné dans la foi. Regardons-y de plus près !

Se soutenir dans l’aventure de la foi !

N’oublions pas que nous parlons ici des premiers appelés. Ne trouvez-vous pas éminemment humain la façon dont se passe ce premier appel ? Voici un inconnu envers lequel des hommes ressentent un attrait singulier et qui invite à marcher à sa suite… Vont-ils tout quitter pour une aventure incertaine ? Que signifie cet attrait ? Quelle garantie ont-ils ?… Alors les frères s’encouragent mutuellement « N’as-tu pas ressenti la même chose que moi ? Ne penses-tu pas qu’il vaut la peine de s’engager ? Allez ! Allons-y, je veillerai sur toi et si jamais cela se passe mal, nous rentrerons à la maison… »  Bien sûr pour nous, aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile de nous engager à la suite du Christ, car nous avons deux-mille ans de christianisme et de témoins qui nous ont précédés, mais c’est toujours l’engagement dans une aventure inconnue et sans garantie ! Alors oui, nous avons besoin de frères, d’amis, de sœurs pour nous encourager sur la route. Dans notre congrégation nous avons eu, ainsi, pas mal de fratries qui se sont engagées au cours de nos 170 années d’existence. Tâchons donc d’être toujours aussi humains que le Christ, que nous soyons du côté des appelés ou du côté des appelants, respectons les limites humaines et les besoins de sécurité de ceux qui veulent donner leur vie au Christ. Le Christ ne s’en offusque pas…

Mieux comprendre l’appel ressenti !

Samuel, pourtant très disponible, ne comprend pas l’appel dont il est l’objet, et Élie, lui-même, aura besoin d’un certain temps pour comprendre ce que vivait Samuel et lui indiquer la bonne attitude. André et « l’autre disciple » étaient en recherche d’absolu et de vérité puisqu’ils s’étaient mis à la suite de Jean-Baptiste, mais voici que Jean laisse entendre que ce n’est plus lui qu’il faut suivre mais « l’Agneau de Dieu », et « les deux disciples entendant ce qu’il disait » se mettent à suivre Jésus. Ne percevez-vous pas tout ce travail de recherche et de dialogue pour comprendre l’appel ressenti ? Voilà encore un bel enseignement pour nous aujourd’hui. Souvent nous avons tel ou tel élan intérieur, mais comment le vérifier : cela vient-il de Dieu ? Il n’y a pas d’autre solution que de partager son intuition avec un frère aîné, un accompagnateur, un ami dans la foi… La prière, pourtant nécessaire, ne suffit pas ! Un discernement, surtout vocationnel, se fait toujours en Église !

Faire confiance au Seigneur !

« Que cherchez-vous ? » Il me semble que spontanément nous nous attendrions, suite à cette question de Jésus, à une réponse profonde, existentielle de l’ordre de : « Un sens à notre vie… Un bonheur durable… À faire la volonté de Dieu… Un Maître spirituel… » Or, la réponse des disciples tombe à plat : « Maître, où demeures-tu ? » Un peu comme s’ils étaient pris au dépourvu et ne savaient pas quoi dire. -Cela me fait penser à Pierre encore, lors de la Transfiguration : « dressons trois tentes », et le texte précise « il ne savait pas ce qu’il disait. »- Jésus, lui, ne semble pas surpris de la question et leur dit « Venez et voyez » et, un peu plus loin, il posera sur Pierre son regard d’amour. Oui, l’appel ressenti en nous n’est pas toujours très clair, certains admirent les beaux habits du prêtre, d’autres la belle maison des religieux, d’autres encore voudraient se rendre utiles

… Ne nous soucions pas trop d’être au clair sur nos motivations pour marcher à la suite du Christ, mais mettons-nous en route et faisons confiance au Seigneur qui veut le meilleur pour nous. Il nous accueille, là où nous en sommes, et se chargera, par la suite et avec la médiation de nos accompagnateurs, de purifier nos intentions et nos motivations.

Le Seigneur appelle toujours à marcher à sa suite…

L’autre disciple, compagnon d’André, dont nous parle l’évangéliste Jean, ne serait-ce pas nous ?

Alors n’hésitons pas à nous lancer plus avant à la suite du Christ :

des frères sont là pour nous soutenir dans l’aventure de la foi,

pour chercher à comprendre avec nous cet appel,

et pour nous placer face au regard d’amour du Christ !

 

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« Les cieux se déchirèrent ! »

048E11 janvier 2015, Baptême du Seigneur, année B, Mc 1,7-11 /

« Les cieux se déchirèrent… » Cette simple expression résume, à merveille, ce dont il est question dans la scène du baptême de Jésus, ce dont il est question en ce temps de Noël, ce dont il est question dans chaque baptême, et finalement ce à quoi l’humanité aspire secrètement : les retrouvailles entre Dieu et l’humanité ! Mais qui a fermé les cieux ? L’homme ? Dieu ? Et les cieux sont-ils réellement fermés ? Qu’en est-il de cette communion entre le monde de Dieu et le monde des hommes qui semble de nouveau possible au moment de cette scène du baptême de Jésus ?

Est-ce l’homme qui s’est fermé au monde de Dieu ?

Oui, certainement, en partie… Car, sans penser la chose de façon chronologique, le « péché originel » nous parle effectivement de cette fermeture de l’être humain à une vie selon le projet de Dieu : fermeture à la vie de Dieu, fermeture à la vie en l’autre, fermeture à la vie en nous, fermeture à la vie agissante dans la Création ! L’homme marqué par le péché voit en Dieu un rival ou l’ignore et veut faire sa vie loin de la face de Dieu… « L’homme et la femme se cachèrent loin de la face de Dieu au milieu des arbres du jardin… » (Gn 3,8) N’est-ce pas ce qu’illustre, encore tout récemment, Michel Houellebecq en disant que l’on ne peut pas être intelligent et croire à l’existence de Dieu ! Oui, l’homme, se prenant pour unique référence, a tendance à se fermer à toute communication avec Dieu et, à ce moment-là, Dieu, respectant infiniment la liberté de l’homme, ne peut pas faire grand-chose… En Jésus de Nazareth, au contraire, homme pleinement accompli, la communication avec le Père  est incessante : le ciel est déchiré ! Avant de se plaindre du silence ou de l’éloignement de Dieu, interrogeons-nous sur notre manière de barrer à Dieu l’accès à notre vie !

Est-ce Dieu qui a fermé l’accès à son monde ?

La Genèse semble bien nous dire cela. «  Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré. Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les chérubins, armés d’un glaive fulgurant, pour interdire l’accès de l’arbre de vie. » (Gn 3,23) Mais quel est le sens de cette expulsion ? Pour punir l’homme ? Certainement pas, cela ne correspond pas à ce que nous connaissons du Dieu Père et plein d’amour révélé en Jésus Christ. Il s’agit, bien plutôt d’une mise au monde, de l’envoi de l’homme dans le monde pour qu’il remplisse sa tâche de co-créateur, pour qu’il apprenne à vivre comme Dieu et se prépare à partager la vie divine… Pour le dire autrement, le récit de la Genèse, qui n’est pas à prendre dans un sens historique ou chronologique, mais plutôt en un sens existentiel, nous révèle que la vie terrestre est ce temps donné à l’homme pour participer à la Création et pour apprendre à vivre de la vie de Dieu. Cela implique une juste autonomie, une juste distance entre le monde de Dieu et le monde de l’homme, car il ne s’agit pas de saisir comme un voleur la vie divine mais bien plutôt de prendre le temps de réaliser cette ressemblance à laquelle nous sommes promis. L’incarnation de Jésus Christ manifeste, d’une certaine manière, que l’humanité était suffisamment mûre pour rouvrir l’accès du ciel aux hommes : et les cieux se déchirent. Avant de se plaindre de la fermeture des cieux, réfléchissons à ce que signifient notre vie humaine et ce temps qui nous est donné pour apprendre à vivre !

Et les cieux se déchirèrent…

Depuis l’incarnation, le baptême, la mort et la résurrection de Jésus Christ, non seulement les cieux se sont ouverts de nouveau, mais ils ne se sont jamais plus refermés ! Non seulement le Seigneur est venu à nous, mais il vient à nous chaque jour, notamment par les sacrements. Le texte précise que Jésus « vit » les cieux se déchirer : non seulement les cieux sont ouverts mais, encore faut-il le voir, le percevoir et s’engager dans la brèche. Sommes-nous bien conscients que, depuis l’incarnation de Jésus Christ, depuis cet instant qui marque le tournant du monde, les cieux nous sont ouverts, la communication avec Dieu est possible, le partage de la vie même de Dieu, en Jésus Christ, par la vie sacramentelle, est possible ? Avant de se plaindre du silence de Dieu, prenons-nous les moyens de nourrir notre vie spirituelle, de cultiver notre intimité avec le Seigneur, de communier à sa vie ?

Oui, non seulement les cieux se déchirèrent il y a deux mille ans,

Mais les cieux nous sont ouverts depuis…

Désirons-nous vivre pleinement notre baptême

qui nous ouvre, de nouveau, à la vie de Dieu ?

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Bon temps de Noël et Sainte Année 2015 !

christmas_bulb_Africa     Comme chaque année, je me bats contre des moulins à vents, en disant que la crèche, le sapin et le temps de Noël, ce n’est pas en décembre (ou même fin novembre !), comme veulent nous le faire croire les vendeurs de rêve… Mais, liturgiquement, le temps de Noël commence le 24 décembre au soir et se termine avec la fête du baptême du Seigneur, c’est-à-dire, cette année, le 11 janvier. Nous sommes donc au plein cœur du temps de Noël : d’où mon titre ! J’espère donc que vous garderez vos décorations de Noël jusqu’à cette date…

Voici venu le temps de formuler formellement mes bons vœux pour la nouvelle année :

Belle et Sainte année 2015 !

Je ne suis pas très enclin à vous souhaiter des choses merveilleuses  qui ne se réaliseront pas mais plutôt : qu’à travers les joies et les peines,  les réussites et les échecs,  la confiance et les doutes,  le Seigneur vous donne de grandir en humanité,  en sérénité et en qualité relationnelle !  Qu’une joie toujours plus profonde puisse s’installer au fond de votre cœur  et être un rempart contre toutes les tempêtes de surface !  Cette joie profonde ne peut que se fonder sur notre foi dans le projet d’amour,  de la part de Dieu, pour notre monde ! Un projet qui se déploie, mais que nous avons du mal à percevoir, à moins de cultiver un regard semblable à celui que Dieu pose sur notre monde !

Sachons donc nous émerveiller de tous les petits bourgeons de vie et cherchons encore à contribuer, chacun selon notre mesure, au déploiement de ce projet d’amour !

« Nous vous y engageons, frères, reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous. Veillez à ce que personne ne rende le mal pour le mal, mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous soit envers tous. Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute condition soyez dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit,  ne dépréciez pas les dons de prophétie;  mais vérifiez tout: ce qui est bon, retenez-le; gardez-vous de toute espèce de mal. Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier, l’esprit, l’âme et le corps, soit gardé sans reproche à l’Avènement de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, celui qui vous appelle: c’est encore lui qui fera cela. Frères, priez vous aussi pour nous.. » (1Th 5,14-25)

 


mages

Méditation sur l’évangile dominical

Trêve de Noël exige, je vous propose, pour cette fête de l’épiphanie, de revisiter, au choix, l’une ou l’autre des méditations des années passées… Ce n’est pas que nous ne pourrions pas dire du neuf, mais l’approfondissement de l’ancien n’est pas, non-plus, une mauvaise chose, n’est-ce pas ?

Voici donc trois méditations des années passées sur différents aspects de cette fête de l’épiphanie :

– Sur la quête de sens : Où chercher ? (Nouvellement publiée sur le blog… 2010)

– Sur le rapport science et foi : Science et foi… (2011)

– Sur la prétention à être des témoins pour notre monde : Etoile des nations ! (2012)

 

 Belle fête de l’Épiphanie !

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