Faire exister un humain !

Ce que vous avez fait à l'un de ces petits...

Ce que vous avez fait à l’un de ces petits…

      Désolé pour le silence des semaines passées, mais je fus bien occupé par la prédication d’une retraite, par un saut à Lomé pour des formalités administratives, par le rattrapage des accompagnements spirituels différés, par la participation à des premières professions samedi dernier et par une session d’Internoviciat cette semaine. La plupart de ces activités pourraient être rassemblées autour d’un leitmotiv : « Faire exister un humain ! »… Je m’explique, en partant d’une citation de Jean Gouvernaire, jésuite, ayant une grande expérience de l’accompagnement :

« S’il m’est arrivé d’aider quelqu’un, ce fut toujours en le ramenant à son fond personnel ; en repartant du désir de vivre qu’il ressentait à nouveau […] ; en reprenant les choses à partir de son besoin d’agir, de se dépenser, de communiquer avec autrui, enfin de son besoin d’aimer et de se savoir aimé, tous désirs que son intuition percevait comme la part la plus authentique de lui-même. Appuyé sur ce moi véritable, il fallait alors lui faire découvrir sa relation à Dieu, sa manière personnelle de prier, ses possibilités d’expression avec autrui. […] C’est bien là le premier souci que doit avoir le directeur spirituel : faire exister un homme ; sinon il bâtira sur le sable son édifice spirituel. »[1]

       Dans la retraite prêchée à des sœurs, c’était bien là le premier travail : faire exister une femme, capable d’assumer son histoire, les forces puissantes qui travaillent ses désirs, ses réactions, ses émotions… La vie communautaire n’est pas facile, car nous sommes obligés de nous frotter les uns aux autres sans tellement de possibilité de fuite, à moins de prendre la tangente et de s’éloigner de plus en plus du projet pour lequel on a, pourtant, donné sa vie ! De comprendre les mécanismes de la jalousie, des blessures, de son passé qui peut ressurgir à chaque instant, semble vital et nécessaire pour une vie humaine plus libre et plus sereine. Mais la vie communautaire est aussi une immense chance, car elle nous apprend, à travers ces difficultés, à devenir de plus en plus humains et elle nous offre un cadre et des ressources pour avancer sur le chemin de la vie. Quelle chance, en effet, de pouvoir vivre dans un cadre porteur marqué par la prière, par l’échange fraternel, par l’accompagnement spirituel, par la vie partagée au quotidien avec des frères et sœurs d’origine, d’âge, de sensibilité différents des miennes. Quelle chance de pouvoir prendre régulièrement un temps de retraite, de session, de récollection pour se relancer dans une vie plus conforme à ce que nous voudrions vivre !

        Mais il nous faut découvrir aussi de plus en plus que, certes nous sommes façonnés par notre passé et par notre histoire, mais encore plus par notre avenir, par l’œuvre que le Seigneur est en train de façonner en nous : « La figure existe déjà dans le bloc de marbre » affirmait Michel Ange, « il suffit de savoir l’en détacher. » L’être humain est créé à l’image de Dieu, nous dit la Genèse, mais nous avons à cheminer vers cette ressemblance, à dégager tout ce qui masque notre véritable nature. Comment se laisser attirer, aimanter par cette œuvre unique que nous sommes en train de devenir, façonnée par l’amour de Dieu ? Cela ne passe pas par l’oubli ou la négation de notre passé, mais par le fait d’assumer notre passé de façon à pouvoir être suffisamment libre pour aller de l’avant et ne pas se laisser retenir dans les liens du passé. Il s’agit de faire de notre passé un marchepied pour devenir l’être unique, l’œuvre unique désirée par Dieu à partir de notre histoire. Lorsque Michel-Ange parle de la figure qui existe déjà dans le marbre, celle-ci dépend des nervures, de la structure du marbre, de son passé, même très lointain qui a permis qu’advienne cette matière si belle !

        Bref, voilà un peu ce qui marque mes journées ces temps-ci, à travers les différentes activités d’accompagnement : faire advenir l’être humain, le ramener à son propre fond et si possible dégager ce qui fait obstacle à la révélation de ce qui est inscrit en lui ! N’est-ce pas ce que nous avons de plus en plus à vivre dans toutes nos relations ?


 La vie par ici

     Comme évoqué ci-dessus, les semaines passées furent bien occupées et j’ai hâte de retrouver un rythme plus calme afin de pouvoir avancer sereinement dans les cours et les activités régulières du noviciat.

       Ce 21 novembre, nous avons célébré avec nos frères de la communauté de Komah la fête de notre fondateur, le P. Emmanuel d’Alzon. Dans la continuité nous nous associons à nos frères de la province qui feront leur profession perpétuelle ces jours-ci : les frères Viktors Jermakovics et Geoffrey-Kamen Defebvre ce samedi 22 novembre à Cachan ; le frère André Đoàn Hiếu Minh Tuấn ce dimanche 23 novembre à Vinh (Vietnam)… Bonne route à eux et grand merci de leur engagement !

      Dimanche prochain, le 30 novembre, nous proposons, à l’issue de la messe dominicale, une rencontre avec les laïcs qui veulent nous découvrir un peu plus : projection d’un film sur l’alliance laïcs-religieux et échange sur les attentes éventuelles des laïcs de Sokodé par rapport à notre congrégation…

Fr. Serge-Patrick

Fr. Serge-Patrick

    Le 6 décembre, nous célébrerons l’ordination presbytérale de notre frère Serge-Patrick Mabou Simo qui recevra l’ordination des mains de l’évêque de Sokodé, Mgr Ambroise Djoliba, en compagnie de 5 futurs prêtres diocésains. Nous nous réjouissons pour cette étape importante dans la vie de notre frère au service de l’Église et du monde… Le 7 il célèbrera sa première messe dans notre paroisse…

    Enfin le 13 décembre, se tiendra la désormais traditionnelle marche inter-religieuse qui devrait rassembler plusieurs milliers de jeunes de Sokodé – musulmans, protestants, catholiques, animistes – sous la houlette du frère Serge-Patrick, tout nouveau prêtre… Nous souhaitons d’ors et déjà bonne réussite à ce rassemblement !

     Sur ces quelques nouvelles, je vous souhaite une bonne fête du Christ Roi, pour marquer la fin de cette année liturgique et que le Seigneur vous donne de toujours travailler à faire exister des hommes et des femmes debout, et à être au service de la Vie sous toutes ses formes…

[1] Jean Gouvernaire, Lettre à un père spirituel, in  Christus n° 153, p. 75

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Respecter la Vie !

saintvincent23 novembre 2014, Christ Roi, année A, Mt 25,31-46 /

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40) Je ne sais pas si vous réagissez comme moi, mais cela me pose toujours un problème, si l’on a besoin, pour aider une personne, de voir en lui un enfant de Dieu ou une figure du Christ. Ne peut-on pas aider quelqu’un, tout simplement, parce qu’il est un être humain, et en tant que tel, digne de respect ? Et allons même plus loin : ne peut-on pas respecter un animal, parce qu’en tant qu’animal, il est digne de considération, selon un degré qui lui est propre ? Finalement, ne peut-on pas respecter la Création pour elle-même, et pas simplement parce qu’en la respectant nous protégeons notre environnement de vie ? Beaucoup de non-croyants nous donnent des leçons sur le respect de l’être humain, de l’animal, de la Création, sans avoir besoin de faire référence à Dieu ! Quelle est donc, alors, la leçon de cette page d’évangile ?

Sortir de l’alternative punition ou récompense.

Le roi de la parabole nous dit-il : « Puisqu’en aidant les petits et les malheureux, c’est moi que vous avez aidé alors je vais vous récompenser… » et « puisqu’en refusant d’aider les petits et les malheureux, vous ne m’avez pas aidé, alors je vais vous punir… » ? Non, ce n’est pas cela qui nous est dit ! D’abord, rappelons-nous toujours qu’il s’agit d’une parabole, donc en partie correspondant à ce dont elle veut parler, mais aussi en partie en décalage : elle ne nous décrit pas Dieu tel qu’il est ! D’autre part, il faut avoir une compréhension toujours plus existentielle du jugement : « En aidant ces pauvres et ces petits, vous avez participé à déployer l’amour de Dieu dans le monde, à faire advenir le Royaume de Dieu, vous avez fait un pas de plus pour entrer dans la vie de Dieu, dans la logique de son Royaume, poursuivez donc la route et entrez pleinement dans ce Royaume. » : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. »(Mt 25,34) Mais « en refusant d’aider vos frères dans le besoin, vous vous êtes éloignés de Dieu dans le pays de la dissemblance, vous n’avez pas participé à déployer son amour dans le monde, ni à faire advenir son Royaume, poursuivez donc votre logique et votre route loin de Dieu. » : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. » (Mt 25, 41) Il n’est pas question ici d’une récompense ou d’une punition, mais de la logique de notre vie qui a des conséquences dès maintenant et jusque dans la vie éternelle…

Convertir nos motivations…

Si nous sommes bien conscients de cela, alors nous n’allons plus aider nos frères en vue d’une récompense, ni même parce qu’ils sont à l’image de Dieu, mais parce qu’ils sont aimables et méritent secours pour eux-mêmes, en tant qu’êtres humains. Ce qui me gêne dans tout cela c’est l’idée, finalement, que nous utiliserions les pauvres pour « gagner notre ciel »… Je me rappelle toujours cette réflexion choquante d’un de nos pères qui se plaignait de ne pas avoir assez de malades pour le groupe régional du Pèlerinage National à Lourdes, comparé au nombre d’hospitaliers disponibles dans la région. En résumé, il n’y avait pas assez de malades pour que chacun puisse faire sa bonne action ! En nous indiquant que la solidarité avec nos frères dans le besoin est le critère ultime pour entrer dans le Royaume, le Seigneur nous ramène toujours plus à la qualité humaine de notre vie : « ce ne sont pas vos prières, ni vos longues heures à la chapelle qui vous obtiendront le Royaume de Dieu. Ce ne sont pas, non plus, vos bonnes actions comptabilisées en vue d’une récompense, mais uniquement la qualité de votre amour : gratuit, généreux, désintéressé ! »

Se libérer d’une trop grande subjectivité…

J’évoquais plus haut que beaucoup de non-croyants manifestent un grand respect pour l’être humain, l’animal, la Création… Mais beaucoup d’autres sont loin d’être exemplaires… Et finalement il en va de même parmi les croyants ou les mal-croyants. Cette page d’évangile vient peut-être nous aider à sortir, alors, de notre trop grande subjectivité dans l’appréciation de la mesure de notre respect –respect du début de la vie, de la fin de la vie, de la personne handicapée… Est-ce à nous de déterminer quelle vie en vaut la peine ? La Parole de Dieu affirme de façon objective la dignité du plus petit des êtres humains, habité du souffle de Dieu ; elle affirme également, dans une moindre mesure, la dignité des animaux ; elle affirme enfin la dignité de la Création en attente de plénitude ! La parole de Dieu nous aide donc à nous décentrer de nous-mêmes. Je ne suis pas la référence ultime lorsqu’il s’agit d’apprécier la vie de mon frère, de l’autre être vivant, ou même de la Nature… Ils s’inscrivent dans le projet de Dieu de faire advenir « un monde nouveau, une terre nouvelle » (Ap 21,1) où tout être vivant sera mené à sa plénitude !

Ce n’est donc pas par crainte de Dieu que nous devons respecter la Vie,

Mais en sortant de l’alternative punition ou récompense,

En convertissant nos motivations au service des plus petits de nos frères

Et en nous libérant d’une trop grande subjectivité dans l’appréciation de la valeur d’une Vie !

 

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Pause…

Prêchant une retraite cette semaine, je me mets en pause du côté du blog… En cadeau de consolation voici un lien vers le commentaire, en vidéo, de l’ensemble des lectures de dimanche par Marie-Noëlle Thabut !

MNThabu

Bonne semaine à vous !

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Transition dans la douleur…

1,2,3,...25,26,27 ! Ouf !

1,2,3,…25,26,27 ! Ouf !

    Mon titre, vous l’aurez compris, fait référence à la situation du Burkina Faso. Pour enfanter une nouvelle réalité, on peut difficilement faire l’impasse sur les douleurs de l’enfantement ! Je sais bien que l’histoire n’est pas obligée de se répéter, mais la coïncidence veut que je vienne de présenter aux novices, cette semaine, l’histoire politique de la France au XIX°, le siècle de notre fondation. Or vous savez certainement que de la révolution française (1789) à une stabilité républicaine (1875), il aura fallu attendre 86 ans ! Entre temps nous sommes passés par 4 périodes révolutionnaires, 2 périodes de restauration monarchique, 2 périodes impériales et trois républiques… et de nombreuses guerres civiles et européennes sans oublier les centaines de milliers de morts durant cette période. Quelle leçon en tirer ? Je dirais simplement, qu’il n’y a rien d’inéluctable, que chaque peuple à sa propre dynamique mais que les douleurs de l’enfantement, plus ou moins longues et plus ou moins violentes ne semblent guère évitables. Je salue en tout cas le peuple du Burkina Faso qui a pris en main son avenir, en espérant que la transition vers un régime plus démocratique aboutira le plus rapidement possible !

    Comme non-africain, je n’ose pas trop parler, mais j’ai parfois l’impression qu’une monarchie constitutionnelle (comme celle de l’Angleterre par exemple) conviendrait mieux à la tradition africaine qu’un régime présidentiel… Il y aurait ainsi un chef stable et des gouvernements qui pourraient évoluer selon le bon vouloir des urnes… Le problème, évidement, tient dans le fait que les royaumes ou chefferies traditionnelles ne correspondent pas vraiment aux frontières imposées par « les blancs » ! De toute façon, ce n’est pas à moi de décider ou de donner des leçons… Je pense que notre parcours français vers la démocratie fut l’un des pires ! Et puis, dernière remarque, l’appel à la communauté internationale me fait toujours sourire : si elle intervient on lui dit « De quoi se mêle-t-elle ? » ; si elle n’intervient pas « Mais que fait-elle ? » Il est clair, en tout cas qu’une démocratisation ne pourra jamais être imposée de l’extérieur ! Les exemples récents ne manquent, malheureusement, pas : Lybie ? Syrie ? Afghanistan ? Irak ? etc.etc.

     Courage mes frères, même après 27 ans, le changement est en marche !

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Jour des morts ou des « très-vivants » ?

2 novembre 202novembre14, Commémoration de tous les fidèles défunts, année A, Lc 12,35-38.40 /

     Dans la tradition monastique, on avait l’habitude d’avoir un crâne sur son bureau afin d’orienter ses pensées vers les « fins dernières » et ne jamais oublier que sa vie sur terre n’est qu’un bref pèlerinage en vue de sa véritable demeure en Dieu. Cela  me rappelle également cette inscription que l’on trouve à l’entrée de certains ossuaires ou cimetières : « Ce que vous êtes, nous l’avons été… Ce que nous sommes, vous le serez ! » Alors, faut-il vivre en pensant sans cesse à sa mort ? En chassant, au contraire, toute pensée relative à la mort ? Ou encore, en apprivoisant, petit à petit, ce chemin inéluctable ? Ce jour du 2 novembre, où la liturgie nous invite à faire mémoire de ceux qui nous ont précédés, nous renvoie, en tout cas, à notre propre mort ! Mais peut-être posons-nous mal la question ? Notre vocabulaire habituel ne nous trompe-t-il pas ? Car mourir, finalement, n’est qu’un moment très bref de notre parcours. Le substantif : le mort -celui qui meurt-, ne devrait qualifier que celui qui est en train de faire son passage. Car, de deux choses l’une : soit il n’y a rien après la mort et donc les morts n’existent pas ! Soit il y a une autre forme de vie après la mort et alors il n’y a plus de morts mais des vivants, ou si vous préférez des « très-vivants » ! Dans les deux cas, les morts n’existent pas !

Une destinée divine !

     Plusieurs de nos contemporains pensent que les hommes ont inventé Dieu, pour répondre à leurs angoisses face à la mort et s’imaginer, ainsi, une vie après la mort. J’aime bien la réponse d’Adolphe Gesché à cette idée fausse, fort répandue. Dans la tradition judéo-chrétienne, la relation à un Dieu qui interagit avec son peuple, est bien antérieure à la foi en la résurrection des morts. Celle-ci en effet ne date que du troisième siècle avant Jésus Christ, alors que la libération d’Egypte date du treizième siècle avant Jésus Christ ! Nous avons d’ailleurs la trace de ce débat tardif (entre saducéens et pharisiens), sur la foi ou la non-foi en la résurrection des morts, dans les évangiles. Historiquement c’est, au contraire, l’approfondissement de la connaissance du Dieu d’amour qui permit de comprendre la destinée divine de l’homme… Comme le formule le livre de la Sagesse (une des premières lectures proposées pour ce dimanche) que l’on date, justement, du premier siècle avant Jésus Christ : « Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même. » (Sg 2,23) C’est donc Dieu lui-même, par sa Parole, qui nous révèle cette destinée divine de l’homme ! Jésus Christ, la Parole de Dieu faite chair, confirmera bien sûr, à de multiples reprises, cette promesse, par exemple avec cette réponse aux Sadducéens : « Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. » (Lc 20,37-38) Et dans les versions de Marc et Matthieu, Jésus conclut, envers ceux qui ne croient pas en la résurrection des morts : « Vous êtes complétement dans l’erreur ! »

Un renversement de perspective !

     Si nous croyons vraiment à cette destinée divine de l’homme, quel renversement de perspective ! Il ne s’agit plus de bien vivre ici-bas en se disant que, dans le doute, nous aurons au moins vécu une vie qui en valait la peine… Mais de prendre acte que notre vie ici-bas n’est qu’un tout petit bout de notre existence humaine ; et que, si nous nous sentons vivants ici-bas, dans cette vie pourtant pleine de fragilité et de limites, nous serons, a fortiori, des « très-vivants » suite à notre passage en Dieu ! C’est ce qu’exprime Paul, lorsqu’il nous parle du corps spirituel qui sera bien plus merveilleux que notre corps terrestre, de la même manière que l’arbre est incomparable avec la graine qui est morte pour l’engendrer. (cf. 1Co 15 ,35-58) De nombreux saints ont témoigné de cela, je pense par exemple à ces milliers de missionnaires  qui, à une époque, savaient que partir évangéliser certains pays c’était courir au martyre. Et pourtant, ils avaient soif de cet enfantement, comme le Christ lui-même : « Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli ! » (Lc 12,50) Nous en revenons au crâne posé sur le bureau de nos ancêtres dans la vie monastique !

Une vigilance de tout instant !

      « Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées ! » (Lc 12,35) Pour revenir à la question de départ, faut-il vivre en ayant sans cesse devant nos yeux la perspective de la mort ? Si la mort évoque pour nous la souffrance et l’angoisse, certainement pas ! Mais, s’il s’agit de vivre sans cesse tendus vers ce surcroît de vie auquel nous sommes appelés, vers cette vie divinisée qui nous est promise, vers cette perspective de ne pas être simplement des vivants mais des « très-vivants » alors oui, ayons cette perspective sans cesse sous nos yeux, qui loin de nous faire fuir notre vie d’ici-bas, nous incitera toujours plus à la vivre à un degré plus intense, sans en gaspiller un instant !

Que ce 2 novembre soit un jour de communion

avec les « très-vivants » qui nous précèdent auprès de Dieu !

Afin de désirer, nous-mêmes, d’être déjà des « très-vivants » en attendant de les rejoindre !

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« Et pourtant elle tourne ! »

     Ce célèbre mot de Galilée pourrait nous inspirer pour contempler la marche du monde et de l’Eglise aujourd’hui ! Nos journaux télévisés déprimants pourraient, en effet, nous laisser penser que le monde va de mal en pis. Il n’en est rien ! Mais, une fois de plus, la lorgnette déformante de nos écrans focalise notre attention sur certains événements au détriment de la vraie vie, et au risque de faire le jeu de ceux qui veulent semer la haine.

Malala Yousafzai et Kailash Satyarthi, les deux récents récipiendaires du prix Nobel de la paix, nous parlent, eux, des milliers d’anonymes, enfants ou adultes à leurs côtés, qui travaillent jour après jour à un plus bel avenir pour les enfants. Le prix fut remis à Malala et Kailash « pour leur lutte contre l’oppression des enfants et des jeunes et pour le droit à l’éducation de tous les enfants »  (À 17 ans, Malala devient la plus jeune lauréate du Prix Nobel.) « Et pourtant elle tourne ! »

Alors qu’on voyait s’affuter, avec crainte, les arguments des uns et des autres à l’approche de l’assemblée synodale sur la famille, il semblerait que ce soit, au contraire, un véritable petit concile vatican II qui soit en marche. Il y eut un véritable débat, les vieux grincheux étaient au rendez-vous, en particulier le cardinal américain Raymond L. Burke, leur chef de file, mais il suffit de rechercher quelques photos de ce cardinal sur Internet, pour se rendre compte que sa façon de vivre la suite du Christ, n’est pas vraiment la même que celle du pape François. (Je vous mets quelques-unes de ces photos en clin d’œil).

Il s’est permis de dire que le pape « a fait beaucoup de mal au synode » en ne donnant pas sa position durant les débats… Quand on voit le personnage, on est plutôt rassuré de son positionnement. Cette petite parenthèse mise à part, le synode fut au contraire un bon temps d’échange et de débat, où les tenants de l’immobilisme ont pu gesticuler avant leur « mise à mort » prochaine. Je vous conseille le discours du pape à la fin des travaux du synode. « Et pourtant elle tourne ! »

Une autre image d’Église que ce que nous en donne les média ? Le frère Dominique Lang nous signale que le 27-29 octobre se déroulera la Rencontre mondiale des mouvements populaires, organisée par le Conseil pontifical Justice et Paix et l’Académie pontificale des sciences sociales. Des dirigeants des divers continents prendront part à la Rencontre pour représenter les travailleurs précaires, saisonniers et émigrés, les chômeurs organisés en auto-gestion, sans protection sociale, médicale ou syndicale, les paysans expulsés de leurs terres par la spéculation ou la violence, les victimes de l’exode rural contraints de vivres aux périphéries urbaines sans services. Les participants entendent partager la pensée sociale du Pape, débattre d’une exclusion sociale croissante, échanger leurs expériences et les solutions qu’ils prônent en matière d’agriculture et d’alimentation notamment. Le rôle de ces mouvements populaires est fondamental pour gagner la paix ou respecter l’environnement, surtout dans les régions en guerre, en guerre des ressources tout particulièrement. Ils doivent aussi discuter de leurs rapports avec l’Eglise et tendre à créer un organisme permanent d’initiative et de coordination. La rencontre aboutira à une déclaration qui, on l’espère, aura un écho dans l’opinion, mais aussi à la création d’un Conseil des mouvements populaires. (source Églises et Ecologies) « Et pourtant elle tourne ! »


La vie par ici

Les santés se rétablissent et tout le monde se porte bien. David, pré-postulant, prend toujours son mal en patience avec sa jambe dans le plâtre.

Les rencontres de lancement d’année, se sont achevées par une rencontre de travail de nos deux communautés de Sokodé. L’occasion d’envisager les chantiers de l’année qui s’ouvre et de se répartir le travail. Cette rencontre fut aussi l’occasion d’une soirée de détente fraternelle entre religieux, pré-postulants et novices…

Ce vendredi, toute la communauté du noviciat était en sortie communautaire. L’occasion de découvrir quelques coins un peu plus reculés du diocèse. Nous sommes allés à Kaboli, rendre visite à l’équipe presbytérale de cette paroisse toute proche de la frontière du Bénin ; nous avons aussi découvert le dispensaire des Sœurs de St André de Peltre, qui sont en train de construire également un grand centre pour la pédiatrie ; nous en avons également profité pour faire un petit saut au Bénin et saluer le vicaire de Prékété ; enfin nous sommes passés saluer les sœurs de Kolware, où chaque année des novices font leur stage auprès, notamment, des malades du sida.

Belle semaine à chacune et chacun…

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Défendre les droits de l’homme et défendre les droits de Dieu !

121C26 octobre 2014, 30ème Dimanche année A, Mt 22,34-40 /

Voilà un passage de l’Évangile qui nous est bien connu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22,37-39) Que dire de plus ? Rien, mais cependant trois interrogations surgissent à mon esprit. Que signifie, pour moi, aimer ? Ces deux commandements sont-ils identiques ? Pourquoi Jésus nous donnera-t-il un commandement nouveau ?

Que signifie aimer ?

Quand j’étais jeune, en entendant ces commandements, je me disais : « Mais j’aime Dieu, et j’aime tout le monde – ou, pour le moins, je ne veux de mal à personne –, que m’est-il demandé de plus ? » Jusqu’au jour où je me suis traduit ces commandements par : « Tu feras exister Dieu (dans ta vie et dans la vie du monde) et tu feras exister ton prochain ! » Cela m’a paru beaucoup plus exigeant et beaucoup plus clair. Aimer Dieu et son prochain ne consiste pas à cultiver de bons sentiments, mais à s’engager au service de Dieu et de son prochain. Notre fondateur, le P. Emmanuel d’Alzon, dans le contexte du XIXème siècle postrévolutionnaire, parlait de défendre les droits de Dieu ! La révolution française, en effet, avait promulgué les droits de l’Homme et du citoyen en combattant la religion jusqu’à faire disparaître le jour du Seigneur, en massacrant le patrimoine religieux et en offrant le martyre à plusieurs centaines de  milliers de chrétiens ! Défendre les droits de Dieu et défendre les droits de l’Homme, voilà encore une autre façon – plus virile, peut-être–  de traduire ces commandements de l’amour ! Aujourd’hui notre règle de vie formule cela de façon moins belliqueuse mais tout aussi chevaleresque en nous invitant à nous porter là où Dieu est menacé en l’Homme et là où l’Homme est menacé comme image de Dieu ! Et vous, comment vous traduisez-vous ces deux commandements de l’amour ?

Ces deux commandements sont-ils identiques ?

Tous les commentateurs bibliques nous disent que Jésus n’invente rien en citant ces deux commandements, mais que son originalité tient dans leur rapprochement. Cependant il n’en fait pas un unique commandement, ni ne dit qu’ils sont identiques, mais plutôt semblables : « Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable. » (Mt 22,38-39) Si je fais cette remarque c’est pour souligner qu’on ne peut, comme le font pourtant bon nombre de nos contemporains, nous dédouaner de l’un ou de l’autre de ces deux commandement. On ne peut, en effet, dire qu’il suffit d’aimer son prochain, sans se soucier de savoir si Dieu existe… Car Dieu est la source d’un amour vrai et authentique. Et l’homme, aussi bon soit-il, ne peut vivre uniquement sur le mode de la charité… Il a, aussi, besoin d’espérance et de foi pour nourrir son agir. À l’opposé, on ne peut, bien sûr, prétendre aimer Dieu sans aimer son prochain, mais de cela tout le monde aujourd’hui en est conscient.

Pourquoi un commandement nouveau ?

Contrairement à ce que nous avons parfois en tête, ces deux commandements ne résument pas l’Évangile, mais la Loi de l’Ancienne Alliance ! Le commandement nouveau donné par le Christ c’est : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » La grande différence tient dans la référence au Christ, et non plus à un Dieu lointain. Non pas un Dieu qui réclamerait son dû, mais un Dieu qui, en Jésus Christ, nous a manifesté jusqu’où pouvait aller son amour : jusqu’à se laisser juger par les hommes et tuer sur une croix ! L’amour de tous les humains, et même de nos ennemis, devient possible, non seulement parce que le Christ nous en a montré l’exemple, mais parce que c’est alimentés à son amour que nous pouvons alors aimer à notre tour. Le nouveau commandement n’est plus un ordre impossible, donné de l’extérieur, mais un encouragement à réaliser ce qui est déjà à l’œuvre en nous, par l’action de Jésus Christ et de son Esprit !

Oui, ces deux commandements, nous les connaissons bien.

Mais comment nous les traduisons-nous ?

Et en qui puisons-nous la force de les mettre en œuvre ?

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A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !

Un séjour à Lomé suivi d’une crise de paludisme ne m’ont pas permis de préparer la méditation dominicale… Je vous renvoie donc à la méditation d’il y a trois ans… Pour l’instant j’essaie de me soigner…

Bonne semaine à vous,

Fr. Benoît

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Semaine de travail…

Le synode à la tâcheLe synode a bien commencé sa tâche, la parole y est libre, nous dit-on, comme l’avait souhaité le pape François, parmi bien d’autres questions, l’attitude pastorale à faire évoluer pour les personnes divorcées remariées est bien une question centrale de cette première semaine de travail.

On y retrouve les deux approches : La première privilégie la défense de l’impossibilité d’accès aux sacrements au profit d’une exigence mieux présentée en amont de l’engagement du mariage. L’autre école favorise une « miséricorde conditionnée », « une gradualité ». Ces deux approches sont hantées par « deux inquiétudes » : la première, que « l’édifice de l’institution du mariage en soit ébranlé » par une solution trop conciliante ; la seconde, que « le fossé entre l’Église et la société ne se creuse encore davantage » en l’absence d’une telle réponse. (cf L’article de Sebastien Maillard sur La Croix)

Espérons que les pères synodaux ne seront pas trop timides… Mais de toute façon la démarche prendra du temps, il ne faut pas trop attendre de cette première étape… Contrairement à ce que j’avais évoqué la semaine dernière, la seconde assemblée du Synode des évêques sur le sujet ne se tiendra pas en début d’année 2015 mais en octobre 2015… Les conclusions et une éventuelle exhortation post-synodale, ne seront que pour 2016. D’ici là, le travail devrait se poursuivre au niveau des diocèses et des conférences épiscopales…


 

La vie par ici

Semaine de travail également à Sokodé, avec notamment l’accompagnement du chapitre local de la communauté de Komah… La poursuite des cours, quelques petits soucis de santé chez les uns et les autres…

Et aussi, petit miracle d’Internet, la reprise de contact avec un ami de Côte d’Ivoire après 23 années, via facebook… Je l’avais accompagné dans le groupe des confirmands de la paroisse, mais l’Esprit Saint souffle où il veut, il est aujourd’hui devenu pasteur pentecôtiste !

Sinon rien de spécial à vous signaler…

Belle semaine à chacun d’entre vous,

Que le Seigneur vous soutienne sur l’humble chemin du quotidien,

Fraternellement,

Fr. Benoît

 

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Revêtir le Christ !

083B12 octobre 2014, 28ème Dimanche année A, Mt 22,1-14 /

« Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Ga 3,27) Voici la clef de lecture de la parabole du Royaume proposée à notre méditation ce dimanche. On nous y parle de noces, d’invités qui ne viennent pas, remplacés par le tout-venant et d’un homme, n’ayant pas revêtu le vêtement de noces qui est jeté, pieds et poings liés, au dehors dans les pleurs et les grincements de dents. Si on fait une lecture purement affective ou « psychologisante » de ce texte, on risque fort de qualifier le maître des noces de curieux personnage, qui force ses invités à venir, qui extermine ceux qui ont tué ses serviteurs, qui invite des vagabonds et s’étonne ensuite qu’ils ne portent pas de vêtement de noces… Sauf que ce texte ne nous parle pas d’une jolie fête de mariage, mais du drame qui se joue entre Dieu et l’humanité ! Du drame du peuple de l’Alliance qui ne reconnaît pas le temps de la venue du Messie tant attendu ! Et d’une nouvelle Alliance qui n’a rien à voir avec un salut automatique ! Comme pour chaque évangile demandons-nous où est la Bonne Nouvelle du texte ?

Un Dieu qui invite à temps et à contre temps !

D’abord ce texte, comme celui de la semaine passée avec l’image de la vigne, nous parle d’un Dieu qui invite à temps et à contre temps et qui ne ménage pas ses efforts pour nous offrir sa vie. Car de quoi s’agit-il dans cette invitation à des noces, sinon d’entrer dans la joie de Dieu ? Depuis le début du monde, Dieu, qui est à l’origine de toute vie, invite l’être humain à puiser en lui la vie dont il a besoin pour cheminer ici-bas. À se maintenir dans le projet de vie, d’alliance que le Seigneur a prévu pour nous dans sa grande bonté. Et pour faire connaître son amour et ce projet de vie, Dieu s’est choisi un peuple, le peuple d’Israël qui, à travers un long cheminement, va petit à petit découvrir un Dieu d’amour et affiner sa façon de vivre, jusqu’à être capable d’enfanter Marie, le fruit de ce long apprentissage, elle-même toute disponible à la grâce de Dieu et capable d’enfanter le Verbe de Dieu. Les obstacles n’ont pas manqué pour arriver jusque-là, mais, sans se lasser, Dieu a envoyé des prophètes, des sages, des guides, plus ou moins accueillis et parfois rejetés. Tirons une première leçon de cette histoire : l’ancien testament témoigne de cette persévérance de Dieu qui est toujours d’actualité. Sans se lasser le Seigneur propose à chacun de nous d’entrer dans son projet de vie, et il met sur notre route des grands frères, des sages, des prophètes pour nous y accompagner…

Un Dieu qui sait tirer du mal un plus grand bien !

Mais voilà, le drame c’est que le peuple d’Israël n’a pas reconnu le temps où il fut visité (cf. Lc 19,44). Au moment de célébrer la noce, pourtant attendue et préparée depuis des siècles, le peuple d’Israël se dérobe… Alors le Seigneur invite d’autres personnes à son banquet, et le refus d’Israël accélère l’universalisation du projet de Dieu. Au lieu qu’Israël soit le relais de l’amour de Dieu pour tous les peuples : « En toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12), c’est directement que la Nouvelle Alliance est scellée avec les païens. Et c’est ce que l’on constate dans la mission d’évangélisation des premières communautés chrétiennes. Quand Paul arrive dans une nouvelle ville, il se rend à la synagogue pour annoncer l’Évangile, quelques-uns l’écoutent, mais finalement le grand nombre le rejette et il se tourne vers les païens : « C’était à vous d’abord qu’il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien! nous nous tournons vers les païens. » (Ac 13,46) Et c’est ainsi que nait le Nouveau Peuple de Dieu : le tout-venant, invité au banquet des noces. Deuxième leçon donc, le mal, le refus des hommes, ne font pas définitivement obstacle au projet de Dieu, mais étonnamment, Dieu tire de ce mal un plus grand bien.

Un Dieu qui ne s’arrête pas aux étiquettes !

Le dernier passage du texte nous surprend, avec cet invité jeté dehors… Il nous faut faire appel aux pères de l’Église pour voir dans ce vêtement des noces, le baptême en Jésus Christ. : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Ga 3,27) Cela voudrait-il dire que seul les baptisés seraient sauvés ? Non ! Bien au contraire, mais plutôt, qu’étant baptisé ou pas, il nous faut revêtir le Christ. Et donc, même si le Seigneur invite largement, ce n’est qu’en laissant la vie du Christ irriguer notre propre vie que nous pouvons vraiment participer à la joie de Dieu. Il ne s’agit pas de mérites, mais de laisser la grâce de Dieu agir à travers-nous. Nos actes, nos paroles, notre façon de vivre peuvent soit attester que la vie du Christ se déploie à travers nous, soit, au contraire, contredire ce que nous prétendons être : des chrétiens. Ainsi ce n’est ni le titre de juif, ni le titre de chrétien qui nous permet de nous maintenir au banquet du Royaume, où nous sommes tous conviés, mais uniquement une vie revêtue de la vie même du Christ ! Voici donc la troisième leçon à tirer : ne faisons pas de notre baptême un passeport magique vers le Salut, ni une prétention pour rejeter les non-chrétiens, mais cherchons toujours à conformer notre vie à celle du Christ, c’est-à-dire à revêtir le Christ et à découvrir chez nos frères non-chrétiens ceux qui vivent de cette vie du Christ sans nécessairement le savoir !

Dieu invite à temps et à contre temps,

Dieu sait tirer du mal un plus grand bien,

Dieu ne s’arrête pas aux étiquettes,

Mais trouvera-t-il en nous d’autres christs ?

 

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