« Convertissez-vous et vivez ! »

Careme-1028 février 2016, 3e Dimanche carême année C, Lc 13,1-9 /

Dans notre monde de plus en plus sécularisé, peu se soucient de Dieu et de se préparer à leur vraie vie, c’est-à-dire à celle qui se poursuivra jusque dans le sein de Dieu. Les seules fois où certains se rappellent de Dieu, c’est pour l’accuser de tous les maux : « pourquoi Seigneur ? » L’évangile de ce jour vient donc bien à propos, au cœur de ce carême, nous rappeler plusieurs éléments essentiels : D’une part que la mort n’est pas voulue par Dieu, qu’il ne décide pas arbitrairement de la durée de vie de chacun et encore moins que celle-ci serait un châtiment de Dieu. D’autre part l’évangile nous rappelle l’urgence de la conversion ou, si vous préférez, l’urgence de faire place à la dimension spirituelle de notre vie, aux exigences d’une vie belle et bonne et à la perspective de notre rencontre avec notre Créateur et Sauveur. Il s’agit donc de convertir nos idées sur Dieu, de convertir le sens de notre vie et de convertir notre agir…

Convertir nos idées sur Dieu !

Je ne sais pas pourquoi nous avons tellement de mal à sortir de nos têtes que mourir signifierait que Dieu nous rappelle à lui ! Et de traîner alors ces questions : Pourquoi Dieu a-t-il voulu pour certains une vie comblée de jours et pour d’autres une vie misérablement éphémère ? Pourquoi certains meurt-ils dans la souffrance ou dans des conditions effroyables tandis que d’autres font leur passage tranquillement dans leur lit ? Pourquoi la mort d’un enfant ? Etc. Non, non et non ! Dieu n’a pas programmé la durée de nos jours, Dieu n’a pas fixé arbitrairement le sort de chacun. Il se trouve, tout simplement, que l’homme est fragile et mortel, que notre corps ici-bas est poussière et qu’il retournera à la poussière. Certes nous n’avons pas toutes les réponses à la question de la mort, mais la Parole de Dieu, dont le sommet est en Jésus Christ, nous livre quelques idées claires : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! » (Lc 13,1-2) donc, première certitude limpide : la mort n’est pas une punition pour les pécheurs… De plus : « Je ne prends pas plaisir à la mort de qui que ce soit, oracle du Seigneur. Convertissez-vous et vivez ! » (Ez 18,32) Deuxième certitude : Dieu ne se réjouis de la mort de personne, même pas du pécheur ou de son ennemi. Troisièmement : « Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. » (Lc 20,37-38) Troisième certitude donc : notre vie ne se limite pas à notre passage ici-bas, notre être ne se limite pas à notre corps de poussière, mais nous sommes appelés à une vie de Ressuscité. Enfin : « Le nombre de nos années ? Soixante-dix, quatre-vingts pour les plus vigoureux ! » (Ps 89,10) Encore une certitude : la durée de nos jours ne dépend pas du bon vouloir de Dieu mais de la robustesse de notre corps et des aléas de la vie ! Oui, convertissons notre regard sur Dieu ! Dieu, tel que révélé par Jésus Christ n’est donc pas un Dieu magicien, arbitraire, jouant avec nos vies comme avec des marionnettes. Il est un Dieu d’amour, laissant une grande autonomie à sa Création, accompagnant les hommes dans leur pèlerinage ici-bas pour leur ouvrir le chemin de la vraie vie.

Convertir le sens de notre vie !

Si nous sommes conscients de toute la dimension de notre être : un être fragile fait de poussière, mais aussi un être spirituel habité du souffle de Dieu et se préparant à la vie en plénitude alors nos priorités et l’orientation de notre vie devraient changer. Certaines personnes, qui ont frôlé la mort, ont compris que l’essentiel de la vie consistait à tisser des liens d’amour ici-bas et à entretenir sa vie spirituelle. Mais n’attendons pas de frôler la mort pour recentrer nos vies sur l’essentiel. Dans une certaine tradition monastique on déposait sur sa table de travail un crâne humain, de façon à se rappeler sans cesse sa condition de mortel, et de façon à être toujours prêt à faire son passage en Dieu. La vie est donc ce temps qui nous est donné, ici-bas, pour apprendre à vivre selon la vie de Dieu ou, si vous préférez, pour apprendre à mourir en Dieu. « ‘Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.’ » (Lc 13, 9) L’évangile de ce jour nous rappelle donc l’urgence de mener une vie belle et bonne, fructueuse en vue du Royaume. C’est bien ce que veut signifier le Carême lorsque nous sommes appelé au jeûne, à l’aumône, à la prière, aux œuvres de miséricordes, pour nous recentrer sur l’essentiel et le durable.

Convertir notre agir !

Finalement, ce n’est qu’après avoir converti notre regard sur Dieu et converti le sens de notre vie, que nous pourrons, avec justesse, convertir notre agir, nos mœurs, nos paroles et nos actes. Non pas pour faire plaisir à Dieu ou pour obtenir une récompense, mais pour vivre notre vie à sa véritable hauteur et non dans la futilité et l’éphémère.

« Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ! »

« Convertissez-vous et vivez ! »

 

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Des tentations toujours actuelles !

14 février 2016, 1e Dimanche carême année C, Lc 4,1-13 /

053CRevoici le fameux récit des tentations de Jésus au désert qui inaugure les dimanches de carême. Celui-ci nous parle, aux dires de l’évangéliste, de « toutes les formes de tentation » (Lc 4,13). Evidemment ces tentations concernent non seulement Jésus mais chacun d’entre nous. Quelles sont-elles finalement ?  Faut-il les aborder sous la trilogie de l’avoir, du pouvoir et du vouloir ; du jeûne, de la prière et de l’aumône ; de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance ? Tous ces angles d’approche sont possibles mais, il me semble, toujours un peu forcés. Essayons donc de voir de plus près le texte : qu’en est-il pour Jésus et qu’en est-il pour nous ?

« Es-tu vraiment le Fils de Dieu ? »

Je crois que le texte met en récit, finalement, l’unique question qui devait tarauder Jésus au seuil de son ministère publique : « Suis-je vraiment le Fils de Dieu… et comment vivre ma mission ? »  N’est-ce pas la parole qu’il venait d’entendre lors de son baptême dans le Jourdain : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » (Lc 3, 22) ? Et cette parole, pourrait-on dire, l’Esprit l’envoie la méditer dans le désert : « Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon. » (Lc 4,1) Alors le démon commence son travail de sape : « Si tu étais le Fils de Dieu, tu dirais à ces pierres de devenir des pains. Comment supportes-tu la faim alors que tu pourrais, d’un claquement de doigts, changer ces pierres en pain ? » Oui mais voilà, s’il faisait cela, le projet de l’incarnation serait réduit à néant. Car si la vie, la mort et la résurrection de Jésus sauvent l’humanité, c’est parce qu’il a accepté la condition humaine et qu’il s’est identifié à chaque être humain, dans sa fragilité et son péché. Face à cette tentation Jésus répond que, non, il ne sortira pas de la condition humaine tout en la libérant de ce qu’elle peut avoir d’aliénant : « l’homme ne vit pas seulement de pain. » Alors le démon poursuit son travail : « Mais si tu étais Fils de Dieu, tu posséderais tous les Royaumes d’ici-bas, alors que c’est à moi qu’ils appartiennent… Mais je peux te les offrir, si tu te prosternes devant moi. » Jésus répond « ce n’est pas en me prosternant à tes pieds que je deviendrai le Seigneur de l’univers, mais en faisant toujours la volonté de mon Père : ‘Devant lui seul tu te prosterneras.’ » Enfin le démon sort sa dernière cartouche, peut-être la plus redoutable : « Mais si tu étais le Fils de Dieu, tu n’aurais pas besoin de souffrir, les anges te porteraient sur leurs mains… Crois-tu vraiment que la persécution, la passion et la mort en croix que tu t’apprêtes à vivre sont nécessaires ? » Et Jésus de répondre : « Non pas ma volonté mais celle de mon Père : ‘Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.’ » Alors, « ayant épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé. » Nous voyons donc par-là que le diable avait voulu détourner Jésus de sa Mission : épouser la condition humaine ; vivre sa vie en humble serviteur et non en souverain dominateur ; et donner sa vie pour les hommes jusqu’à la croix !

Sommes-nous vraiment Fils de Dieu ?

Les formes de tentations sont donc les mêmes pour nous : « Sommes-nous vraiment des enfants chéris de Dieu… et comment vivre notre mission ici-bas ? » Première tentation : pourquoi la fragilité de notre condition humaine ? Dieu ne pourrait-il pas d’un coup de baguette magique nous donner tout ce dont nous avons besoin ? Eh bien non, répond Jésus, notre condition humaine est belle et bonne, voulue par Dieu, et nous pouvons la vivre en êtres libres, sachant maîtriser nos besoins. Deuxième tentation : pourquoi vivre en humbles serviteurs une vie modeste, alors que nous pourrions être puissants et riches moyennant quelques compromissions ? « Mais tu es fou, nous dit Jésus, tout ce que tu auras obtenu ici-bas en piétinant tes frères, d’une part, tu ne l’emporteras pas au ciel et, d’autre part, en vouant ton âme au diable, tu te prépares ‘aux pleurs et aux grincements de dents’ pour l’éternité… » Le chemin du service, de l’amour et du don de soi est le seul qui nous configurera à Jésus Christ. Troisième tentation : « Mais si Dieu existait, il n’y aurait pas de souffrance, pourquoi ne vient-il pas à mon aide, pourquoi le mal ? » Et Jésus ne répondra pas de façon théorique à cette question, mais par sa vie même : Dieu ne veut pas la souffrance ! Dieu est du côté des souffrants et souffre avec nous ! Dieu ne veut pas le mal et s’engage contre le mal ! Notre vie n’est pas à mesurer uniquement à l’horizon d’ici-bas… Le mal et la mort, malgré les apparences, n’ont pas le dernier mot et ils ont été vaincus ! Ce n’est, donc, qu’en se mettant humblement à l’écoute de la volonté de Dieu que nous serons sauvés et non pas en le mettant à l’épreuve et en portant des jugements bien trop humains à son encontre.

Alors, écouterons-nous le démon tentateur ou bien :

-Accepterons-nous de vivre notre condition humaine à la manière de Jésus de Nazareth ?

-Accepterons-nous d’être serviteurs et de gagner, comme le Christ, la véritable couronne ?

-Accepterons-nous de lutter contre le mal et d’accepter notre croix, pour participer, avec le Christ, au Salut du monde ?

 

 

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Et revoici le Carême !

Un temps favorable

Un temps favorable

            Je crois vous l’avoir déjà partagé, l’année liturgique passe trop vie, « il faudrait la vivre sur deux ans », aimait-à dire le père Christian Blanc. Toujours est-il que le Carême est de retour, comment allons-nous le vivre, comment allez-vous le vivre ?

Abordons-le, d’abord, en nous disant que c’est un temps favorable, un temps privilégié pour faire un pas de plus vers une vie plus conforme à l’Évangile, et donc plus conforme au Bonheur que nous recherchons de façon diffuse au fond de nous. Repartons peut-être de là : quels sont les ingrédients d’une vie heureuse ? Interrogeons-nous en profondeur, interrogeons notre cœur, interrogeons notre intuition sans nous laisser troubler par les discours des vendeurs de bonheur de tout acabit…

Il me semble que nous devrions retrouver ces éléments :

– Une belle vie de famille avec des relations apaisées, des relations de tendresse…

– Une vie simple, proche de la nature, désencombrée  de tout un tas d’obligations superflues…

– Une vie où chacun, nous même y compris, aurions le nécessaire pour vivre décemment…

– Une vie où nous ne courrions pas sans cesse, mais où nous prendrions du temps pour savourer la vie…

– Une vie avec un autre horizon que notre vie insatisfaisante d’ici-bas, c’est-à-dire avec une place pour notre vie spirituelle et la construction de notre vie future…

– Une vie en bonne santé, ou, au moins, où nos soucis de santé demeuraient supportable et n’entraveraient pas trop les autres aspects de notre vie…

– Une vie où nos différences d’opinion, de religion ne serait pas source de violence mais de croissance et d’ouverture…

À vous d’allonger la liste… Et de voir quels moyens prendre pour avancer vers cette vie de bonheur souhaitée !

Ne serait-ce pas à partir de là que nous pourrions réentendre les trois pistes traditionnelles de carême, l’aumône, le jeûne, la prière ? Non pas tant comme des sacrifices, que comme des moyens pour avancer vers une vie plus heureuse et plus belle ? Une certaine ascèse ? Oui, pourquoi-pas, c’est bien cette nécessité que redécouvrent  aujourd’hui de nombreuses personnes qui cherchent une vie plus cohérente avec les ressources de notre planète, une vie plus solidaire, une vie plus sobre…

Je vous souhaite donc un bon carême 2016, c’est-à-dire une belle avancée vers la vie de bonheur que vous souhaitez et que le Seigneur souhaite pour vous. Un temps favorable à saisir…


La Vie par ici…

Au Tabor

Au Tabor

La semaine écoulée fut un peu plus paisible que les précédentes. Elle fut marquée par les activités habituelles et par une journée de sortie communautaire au Mont Tabor. Non, bien-sûr, ce n’est pas celui de Palestine, mais un très beau lieu aménagé par un père missionnaire alsacien, au sommet d’une montagne proche de Kara, à environ 2h de route de notre maison. (Il y a tout de même sur place, dans la chapelle, une véritable pierre du « vrai » Mont Tabor). Pensant aux origines du père Alphonse Kuntz, je me suis dit que le Mont Sainte Odile avait dû l’inspirer. Le Tabor, est donc un très beau lieu pour souffler et aller à la rencontre du Seigneur comme le nom l’indique bien. Notre petite escapade était plus modeste et n’avait la prétention que d’un temps de vie fraternelle « hors cadre » toujours nécessaire pour relancer la fraternité. Voir quelques photos ci-dessous…

Quant à la clôture de l’année de la vie consacrée, je vous en avais déjà parlé en ce qui concerne les festivités locales, mais je vous signale également une belle petite vidéo de présentation des assomptionnistes publiée à cette occasion, voir le lien suivant.

Sur ces quelques nouvelles, bonne entrée en Carême, bonne disponibilité à l’appel du Seigneur qui ne veut rien d’autre, pour nous, qu’une vie plus belle et plus heureuse !

 

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« Me voici : envoie-moi ! »

7 février 2016, 5e Dimanche ordinaire, année C, Lc 5,1-11 /

064D« ‘Qui enverrai-je ? Qui sera mon messager ?’ Et j’ai répondu : ‘Me voici : envoie-moi !’ » (Is 6,8) Que ce soit au temps d’Isaïe, au temps des Apôtres, aujourd’hui ou à chaque génération, le Seigneur a besoin d’aide pour accomplir son dessein de bonheur pour l’humanité. Réentendons cet appel qui ne s’adresse pas qu’à des personnes ayant des vocations particulières mais à tous les humains et en particulier à tous les baptisés. De plus, en contemplant l’évangile de la mise en route de Simon-Pierre, de Jacques et de Jean, à la suite de Jésus, redécouvrons la dynamique de cet appel de tous les temps : une attente, une aide, une solidarité.

Une attente !

« La foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. » (Lc 5,1) Cette petite phrase qui peut paraître anodine est loin de l’être en réalité. Habituellement les évangiles nous parlent de la foule qui se presse autour de Jésus pour obtenir des miracles, des guérisons, des exorcismes ; mais ici Luc évoque un désir plus profond, celui d’entendre la Parole de Dieu. Sommes-nous conscients de cela ? C’est-à-dire, d’une part, que la Parole de Dieu est une Parole puissante, source de vie, qui relève, qui réconforte, qui redonne espérance et, d’autre part, que les hommes et les femmes de notre temps ont, au fond de leur cœur, soif d’entendre la Parole de Dieu. Éric-Emmanuel Schmitt, écrivain et dramaturge, raconte qu’un jour, alors qu’il était un jeune et brillant philosophe athée, il fit une marche dans le désert du Hoggar avec des amis et voilà qu’il se retrouva égaré et tout seul. Il s’enterra dans le sable pour passer la nuit froide : «  Alors que j’aurais dû avoir peur, cette nuit de solitude sous la voûte étoilée a été extraordinaire. J’ai éprouvé le sentiment de l’Absolu et, avec la certitude qu’un Ordre, une intelligence, veille sur nous, et que, dans cet ordre, j’ai été créé, voulu. Et puis la même phrase occupait mes pensées : Tout est justifié. » De retour chez lui, il se mit à étudier les grandes religions à la recherche d’éclairage sur son expérience mystique et, finalement, il lut les quatre évangiles d’une traite et c’est là qu’il découvrit ce qu’il cherchait. La figure de Jésus Christ, homme-Dieu, illumina son attente et sa vie… Sommes-nous donc convaincus qu’au fond d’eux-mêmes, sans en avoir nécessairement conscience, nos proches, nos amis, toutes celles et tous ceux que nous croisons sur le chemin de la vie, ont soif de cette Parole qui illuminera leur vie, et que nous avons le devoir de leur offrir comme nous l’avons reçue ?

Une aide !

«  Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’éloigner un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait la foule. » (Lc 5,3) Notons d’abord que Jésus va demander à Simon une aide tout à fait à sa portée, à partir de ses compétences : Simon est pêcheur et sait manier une barque et Jésus le sollicite dans sa compétence, afin de pouvoir enseigner sans être écrasé par la foule. Cela devrait nous rassurer… Quand Jésus fait appel à nous, il ne nous demande pas d’abord des choses extraordinaires ou hors de nos compétences mais, nous connaissant bien, il fait appel à ce que nous sommes et à ce que nous savons faire pour l’aider à annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. Un menuisier pourra offrir ses compétences pour le mobilier de l’Église, un enseignant pour s’engager pour la catéchèse, une dame à la retraite pourra offrir de son temps pour visiter les malades, etc… Demandons-nous : quelles sont nos compétences, de quoi est-ce que nous disposons en moyens, en temps, en talents et, enfin, comment pouvons-nous répondre à l’appel de Jésus qui a besoin de nos mains, de notre bouche, de nos pieds, de nos yeux et de notre cœur pour rejoindre l’attente des hommes d’aujourd’hui ? De la barque, il enseignait les foules, c’est-à-dire qu’à partir de ce que nous offrons au Seigneur comme compétences, il peut enseigner les foules. Et la barque, nous le savons, c’est aussi une figure de l’Église. Donc, plus précisément, c’est à partir de nos engagements individuels et collectifs, en tant que baptisés, membres de l’Église que Jésus peut enseigner les foules.

Une solidarité !

« Ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques… » (Lc 5, 7) Voici encore des détails forts intéressants. D’une part, en se rendant disponibles à Jésus, les disciples recueillent les fruits de leur labeur en abondance. D’autre part, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent à eux seuls prendre en charge tout ce que le Seigneur fait surgir et ils font appel à une autre barque, c’est-à-dire à une autre Église. Puisque nous étions, il y a peu, dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, prenons conscience de cela : si nous travaillons chacun de notre côté, nous n’aurons que de piètres résultats, mais si nous nous mettons ensemble, si nous nous épaulons, si nous sommes solidaires, alors nous pourrons honorer la pêche abondante que le Seigneur veut nous offrir, et il y en aura pour tous, car chaque barque fut pleine au point de s’enfoncer… Je pense par exemple ici, une fois encore, à la communauté de Taizé et à ces milliers de jeunes qui ont retrouvé la foi grâce à elle. Ou, plus proche de nous, à une marche interreligieuse qui dynamise les jeunes pour s’engager dans leurs Églises ou Mosquées respectives… Chacun remplissant sa barque…

Oui le Seigneur veut rejoindre les attentes de bonheur et d’absolu de chaque homme !

Oui, le Seigneur a besoin, pour cela, de notre aide !

Oui, c’est avec nos frères d’autres Églises et même d’autres religions que nous pourrons recueillir la pêche miraculeuse que le Seigneur veut réaliser grâce à nous !

Sommes-nous prêts à répondre : « Me voici, envoie-moi ! » ?

 

 

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Clôture de l’année de la Vie Consacrée

Procession d'entrée

Procession d’entrée

C’est à Aledjo, que nous nous sommes retrouvés pour clôturer l’année de la vie consacrée dans le diocèse de Sokodé. Nous avons fait d’une pierre deux coups, puisque nous avons célébré dans un même mouvement la fin des funérailles du P. Léon Marcel, fondateur du foyer d’Aledjo et la clôture de l’année de la vie consacrée.

Mgr Ambroise Kotamba Djoliba n’a pas manqué de souligner que nous fêtons en 2016 :

-La Clôture de l’année de la Vie Consacrée

– L’année de la Miséricorde

– Les funérailles du P. Léon Marcel

– Le Jubilé des soixante ans du diocèse de Sokodé

– La nomination d’un nouveau pasteur pour ce diocèse : Mgr Célestin Marie Gaoua

et les 10 ans de présence des Augustins de l’Assomption dans le diocèse…

Voici donc quelques photos pour partager avec vous ce jour mémorable :

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Aller son chemin !

056F31 janvier 2016, 4e Dimanche ordinaire, année C, Lc 4,21-30 /

« Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. » Lc 4,30. La conclusion de l’évangile de ce dimanche n’est pas banale et peut susciter en nous une grande consolation, face à toutes les adversités de notre quotidien. Le récit se passe à Nazareth et Jésus, loin d’adoucir son discours envers ses propres compatriotes, leur donne deux leçons un peu dures à avaler… Il leur laisse entendre que les gens de Capharnaüm ont plus de foi qu’eux car, là-bas, il a pu faire beaucoup de miracles contrairement à Nazareth ; et, d’autre part, il leur affirme que les étrangers et les païens les précèdent, car, eux, ont été capables de reconnaître les prophètes au temps de leur visite, comme ce fut le cas avec Élie et Élisée… Alors qu’il y a ici bien plus qu’Élie ou Élisée ! Du coup la réaction ne manque pas : colère, violence, tentative d’élimination… « mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. » Saurons-nous, comme le Christ, aller notre chemin : dire ce que nous avons à dire, faire ce que nous avons à faire, ne nous laisser troubler ni par les modes de notre temps, ni par les critiques de nos détracteurs, ni par les louanges de nos admirateurs, mais ne suivre que sa conscience éclairée par le Maître intérieur ? Cela demande de l’audace, du discernement et de l’amour !

Aller son chemin avec audace !

            Jésus de Nazareth n’a jamais manqué d’audace mais cela est particulièrement frappant ici. Lors de sa prise de parole à la synagogue, ses compatriotes semblaient assez admiratifs : « Tous lui rendaient témoignage ; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. » (Lc 4,22) Dans l’évangile de Luc, ces expressions sont connotées positivement et on les trouve souvent après une parole édifiante  ou un miracle. Et pourtant, Jésus, connaissant le cœur de ses semblables, et loin de se laisser prendre au jeu du thaumaturge admiré dont on espère plus de miracles ici que chez des étrangers, dit ce qu’il a à leur dire : « vous croyez que je ne suis que le fils de Joseph et que je devrais favoriser mon clan, eh bien non, je suis un prophète et bien plus qu’un prophète, le fils de Dieu, le Messie envoyé à toutes les nations ! » Nous avons ici un résumé de l’ensemble du drame de l’Évangile « Le Verbe de Dieu est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli ! » (cf. Jn 1) Qu’en est-il pour nous, dans notre famille, dans notre milieu professionnel, parmi nos amis, qu’est-ce qui motive nos paroles et nos actions ? Cherchons-nous à plaire, à séduire, à favoriser ou suivons-nous notre chemin avec audace ? C’est-à-dire vivons-nous notre baptême, notre vocation chrétienne à temps et à contretemps, afin de servir la paix, la justice, la vérité, bref le Royaume de Dieu ?

Aller son chemin avec discernement !

            Mais attention, audace ne signifie pas fanatisme, autoréférence ou violence pour imposer sa façon de voir. Jésus de Nazareth ne mène pas son chemin seul, mais il recherche sans cesse comment faire la volonté du Père : « Je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé ! » (Jn 6,38) Il s’agit donc de mettre le discernement au cœur de notre vie. L’art du discernement a été abondamment travaillé par nos prédécesseurs dans la foi, que ce soit chez les pères du désert, chez saint Augustin ou, particulièrement, dans la tradition ignacienne. Il s’agit de discerner les désirs multiples qui nous habitent, les esprits qui nous influencent afin d’entendre la voix du Maître intérieur qui vient éclairer notre conscience. Pour s’initier à cet art du discernement, pas d’autre solution que de s’en remettre à un ainé, à une tradition spirituelle, à un accompagnateur… Le but de tout discernement n’est-il pas d’aller son chemin avec droiture, selon la volonté de Dieu, libre de toute influence contraire ?

Aller son chemin avec amour !

       Enfin, n’oublions pas l’essentiel : le chemin que le Seigneur souhaite pour chacun d’entre nous est un chemin au service de l’amour. Si Jésus de Nazareth ne fut pas tué ce jour-là à Nazareth et s’il poursuivit son chemin, ce n’était pas pour « sauver sa peau », c’est que son heure n’était pas encore venue. Par amour de l’humanité et pour lui ouvrir le chemin du Salut, il fallait que Jésus vive tout ce qu’il a vécu : ses prédications, ses miracles, son compagnonnage avec ses disciples, sa passion, sa mort en croix et sa Résurrection ! Oui c’est l’amour de Dieu pour l’humanité qui est le moteur de toute l’histoire du Salut : la Création, l’Ancienne Alliance, l’Incarnation, la Rédemption, la Nouvelle Alliance ! C’est ce que nous redit merveilleusement saint Paul dans son hymne à l’amour : «  J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes… J’aurais beau me faire brûler vif… s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (1 Co 13) Notre chemin sur cette Terre ne sera fructueux que s’il est réellement au service de l’amour.

Oui Jésus a suivi sa voie sans se laisser détourner,

 ni par le diable, ni par les hommes, ni par ses peurs légitimes…

Qu’en sera-t-il pour nous ?

Saurons-nous aller notre chemin,

avec audace, avec discernement et avec amour ?

 

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Petite semaine…

François et Bartholomée

François et Bartholomée

            Vous savez, il y a des semaines où vous êtes plein d’élan et d’autres où vous traînez les pieds… La semaine écoulée fut donc plutôt une petite semaine, où, Dieu merci, le cadre de la vie religieuse nous a porté comme d’habitude.

Petite semaine bien occupée tout de même :

– Samedi : récollection (déjà évoquée dans la lettre de la semaine passée) pour les consacrés du diocèse. Vous pouvez retrouver un article plus détaillé sur cette récollection sur le site des AA en Afrique de l’Ouest.

– Dimanche : présidence de l’eucharistie à l’église paroissiale, jardinage dans l’après-midi, cours de musique pour quelques jeunes, adoration hebdomadaire à l’aide de quelques chants de Taizé et film du dimanche soir : « Braveheart »…

– Lundi : Cours sur la vie religieuse avec les 18 participants habituels (nous sommes dans le parcours sur la chasteté et plus particulièrement « la chasteté de Jésus Christ », à partir d’un article de Jacques Guillet, s.j.) ; cours avec les pré-postulants, nous avons terminé le parcours de présentation générale du père d’Alzon ; soirée d’ouverture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec nos frères presbytériens à notre paroisse.

– Mardi : Cours de musique (3h) avec les pré-postulants ; après-midi rencontre d’accompagnement avec quelques novices ; en soirée suite de notre émission de Radio sur la « Relatio synodi », le document final des évêques lors du synode sur la famille.

– Mercredi : Cours sur l’histoire de la congrégation (nous en sommes aux années fondatrices1840-45) ; après-midi travail au bureau et arrosage (il fallait notamment vider le château d’eau pour une réparation)

– Jeudi : Matinée consacrée à la méditation dominicale ; après-midi travail de comptabilité et arrosage (suite) ; en soirée réunion communautaire avec une Lectio divina de Mt 9,1-17 (À vin nouveau outres neuves) en vue de la préparation de nos chapitres provinciaux et généraux.

– Vendredi : Cours sur la règle de vie ; classe de chants avec les novices ; groupe biblique à la paroisse avec les pré-postulants et quelques paroissiens sur le récit de Genèse 2

– Samedi : grâce matinée jusque 7h (le reste de la semaine je me lève à 5h – ou 5h30 quand je manque de courage-) et me voici sur mon clavier…

       Voilà en gros les nouvelles de la semaine… À part cela nous prions bien sûr pour l’unité des chrétiens avec deux rendez-vous encore au programme (ce soir au Centre Culturel et lundi au Temple presbytérien). Nous avons hâte que nos responsables fassent un pas de plus vers l’intercommunion, car pour un bon nombre d’Églises catholiques, orthodoxes et protestantes historiques il n’y a plus vraiment de raisons d’entretenir nos divisions et de ne pas pratiquer l’intercommunion. C’est l’Eucharistie qui constitue le Corps du Christ et fait notre unité. Comment pouvons-nous penser avancer en nous privant de la grâce de l’Eucharistie et en voulant faire l’unité par nous-mêmes avant de communier ensemble… Je pense que c’est de l’ordre du péché…

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La Parole de Dieu tient-elle toute sa place dans nos vies ?

Bible0224 janvier 2016, 3e Dimanche ordinaire, année C, Lc 1,1-4 ; 4,14-21 /

Quel est notre lien à la Parole de Dieu ? C’est la question qui me vient spontanément à l’esprit en écoutant les textes de ce jour. Face aux défis de notre quotidien, faisons-nous appel à la Parole de Dieu ? La première lecture nous rapporte un beau passage d’écoute de la Parole du Seigneur. L’événement se situe au retour de l’exil à Babylone, le peuple d’Israël, comme un seul homme, dit à Esdras d’apporter le livre de la Loi de Moïse -la Torah- et d’en faire une longue lecture publique.  À l’écoute de cette Parole, tout le peuple se mit à pleurer, se rendant compte que ce sont ses infidélités à la Loi qui lui valurent l’exil à Babylone. Mais Néhémie, Esdras et les Lévites exhortent le peuple : « Ne pleurez pas car ce jour est consacré au Seigneur : la Joie du Seigneur est votre rempart ! » Qu’en est-il pour nous aujourd’hui, la Parole de Dieu a-t-elle la même puissance d’interpellation ? L’accueillons-nous comme une Parole exigeante, mais aussi comme une Parole consolante, et comme une Parole efficace, source de vie et de Joie ? Nos frères protestants ont mis l’accent sur les Saintes Écritures, Sola Scriptura disait Luther, pour dégager la foi chrétienne d’un certain nombre de surcharges… N’est-ce pas l’occasion, en cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens. de rendre grâce pour cette insistance de nos frères à mettre l’Écriture au cœur de la vie chrétienne ? Tout en sachant que la nuance catholique précise que la Parole de Dieu n’est pas contenue simplement dans les Écritures, mais qu’elle est d’abord en Jésus Christ, Parole faite chair, et donc aussi dans le livre de la Nature, dans l’histoire du Salut, dans la prédication des apôtres et de leurs successeurs et dans la tradition vivante de l’Église ; autant de lieux où le Verbe de Dieu se rend présent.

Une Parole exigeante !

En évoquant l’exigence de la Parole de Dieu, il ne s’agit surtout pas d’aller brandir des versets sortis de leur contexte pour juger, condamner, diaboliser les autres. Il s’agit bien plutôt d’une écoute amoureuse qui nous interpelle nous-mêmes. Son exigence est toujours de l’ordre de l’amour, de l’ordre d’une parole de vie. Comme un papa, ou une maman, qui veut le meilleur pour son enfant et doit lui donner des repères, des limites, des exigences ; ainsi la Parole du Seigneur nous indique ce qui nous place sur un chemin de vie ou sur un chemin de mort. Cela demande une longue fréquentation de la Parole de Dieu, pour ne pas plaquer des versets de-ci de-là mais pour nous laisser façonner par les manières de faire de Dieu, révélées en plénitude en Jésus Christ. L’exigence de la Parole de Dieu pourrait se résumer à cette question : où en suis-je de ma ressemblance à Jésus Christ ? Suis-je sur le chemin de la dissemblance ou de la ressemblance ?

Une Parole consolante !

« Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ! » (Ps 18,9) La méditation de la Parole de Dieu a ce formidable pouvoir de nous mettre face à nos manquements tout en apportant une grande consolation. Il suffit de le voir dans chaque rencontre de Jésus avec les pécheurs : il relève, console, remet debout avant d’inviter à une vie plus belle. Du coup nous ne sommes plus accablés par nos fautes, mais nous puisons dans son amour, dans son pardon, dans sa miséricorde la force nécessaire pour reprendre la route de plus belle à sa suite. C’est ce qu’évoque encore notre première lecture, en invitant le peuple à la fête et à la joie : « certes vous avez péché, mais le Seigneur vous a relevés et vous pouvez de nouveau reprendre le chemin d’une vie belle. » Ceux qui ne connaissent la foi chrétienne que de loin, de façon plus ou moins culturelle, ne peuvent pas faire cette expérience de consolation, et risquent de percevoir la vie chrétienne comme moralisante, culpabilisante, aliénante. Nous aurions tellement envie de les inviter à puiser aux sources de nos belles traditions spirituelles : à faire un séjour dans un monastère, à prendre un temps de retraite, à s’initier à l’art de l’iconographie, que sais-je encore… pour vivre vraiment un temps d’intimité avec la Parole de Dieu. Je suis sûr qu’alors leur vie en serait changée… Je suis tellement triste parfois de voir nos contemporains chercher consolation dans toutes sortes de spiritualités orientales, souvent affadies d’ailleurs, ou auprès de gourous modernes promettant un « bonheur New Age », alors qu’ils ignorent les formidables ressources de leur propre tradition chrétienne.

Une Parole efficace !

 « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » (Lc 4,21) Enfin la Parole de Dieu, ce ne sont pas de beaux contes, ni même un opium pour le peuple, mais c’est une Parole vivante qui s’accomplit aujourd’hui et maintenant ! Bien sûr, le mal lui fait toujours obstacle, mais le mal et la mort ont été vaincus. Dieu n’est pas du côté du mal mais du côté des victimes, il a donné sa vie pour nous et ouvert un avenir au-delà du mal qui semble, mais en apparence seulement, gagner la partie. C’est ce que nous dit la mort de Jésus Christ en croix et sa résurrection ! Scrutons le Royaume de Dieu en marche au-delà des soubresauts de notre histoire. Oui, la Parole de Dieu est efficace, elle est à l’œuvre… Y croyons-nous, en avons-nous fait l’expérience ?

Alors, cette Parole de Dieu à la fois exigeante, consolante et efficace,

tient-elle toute sa place dans nos vies ?

 

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Juste quelques échos…

     Comme vous l’avez remarqué, je suis un peu en retard, et pas très réguliers dans mes publications… Les activités se sont en effet bousculées ces derniers temps… Je vous en donne juste quelques échos via l’une ou l’autre photo…

– La semaine passée j’étais à Ouagadougou pour une rencontre de notre commission formation, juste avant les attentats qui ont eu lieu à quelques pas de notre communauté.  Nous sommes tous dans la même barque face à la lutte contre le terrorisme : Courage à nos frères de Ouaga, union de prière, condoléances et persévérance pour tisser des ponts entre les religions, éduquer les jeunes et ne pas les laisser entre les mains de ceux qui leur lavent le cerveau, leur faisant prendre le mal pour le bien !

– La commission formation s’est tenue en présence de notre supérieur provincial, le père Benoît Gschwind, elle fut très fructueuse non seulement sur la relecture de notre façon d’accompagner les jeunes, après bientôt 10 ans de fondation, mais aussi en ce qui concerne les prochaines étapes de notre présence en Afrique de l’Ouest. Nous sommes revenus de la commission, confiant que les choses avancent et que des projets que nous portons depuis plusieurs années vont bientôt se concrétiser : construction du théologat de Ouagadougou (voir les photos), projet de l’Église de Komah qui avance bien, prochaine fondation dans la région…

– La journée du samedi 16 janvier fut marquée par une journée de récollection des consacrés du diocèse au sanctuaire Notre Dame de la Merci de Sotouboua. Les religieuses, religieux et consacrés avaient bien répondus à l’invitation et nous étions environ 90 pour cette journée de récollection/pèlerinage sur le thème « Consacrés, témoins de la miséricorde », animé par votre serviteur. Nous avons notamment, par un enseignement, un temps personnel et un partage en groupes chercher à repérer les défis de notre société où nous devrions être particulièrement présents pour témoigner de la miséricorde du Seigneur : c’est-à-dire apporter la consolation, lutter pour un monde plus juste et fraternel, redonner de l’espérance…

Bonne semaine de prière pour l’unité des chrétiens… Combien est-il urgent de promouvoir l’unité, la communion, le dialogue tout azimuts à l’heure où certains cherchent à semer la division, la haine, la violence entre les peuples ! L’horizon du banquet des noces, évoqué par l’évangile du miracle de Cana ce dimanche, où nous nous retrouverons de tous les horizons, peut bien nous dynamiser et nous consoler dans notre marche ici-bas…

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Des noces ? Pas mieux pour se révéler…

17 janvier 2016, 2e Dimanche ordinaire, année C, Jn 2,1-11 /

noces_de_CanaQuel curieux premier miracle ! Nous sommes certainement trop habitués aux récits évangéliques et nous ne nous rendons plus compte des incroyables surprises qu’ils nous réservent. Dieu prend la peine de venir à la rencontre de l’humanité, de passer de sa condition divine à la simple condition d’un homme de Galilée… et quel est le premier signe accompli par l’Homme-Dieu ?… Il change de l’eau en vin au cours d’une noce ordinaire, et pas seulement quelques verres mais carrément 600 litres. Vous avouerez tout de même que personne ne l’avait vu venir ce premier miracle ! Que Dieu extermine ses ennemis, qu’il envoie le tonnerre et la foudre ou qu’il ressuscite les morts, voilà de beaux grands miracles dignes de Dieu, mais qu’il change 600 litres d’eau en vin, qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?… Et pourtant… Et s’il n’y avait pas mieux que les noces pour nous parler du projet de Dieu pour l’humanité ?

Des noces ? Pas mieux pour parler de sa venue…

Nous le savons, l’évangile de Jean est le plus tardif des quatre récits évangéliques. Cela signifie que Jean a pris le soin de construire son évangile en choisissant les évènements les plus significatifs, complémentaires des autres récits évangéliques pour susciter la foi et l’adhésion chez ses lecteurs. Il ne rapporte pas des faits bruts, mais il construit ses récits en les truffant de détails significatifs. Alors nous comprenons que Jean ne vient pas nous parler d’abord d’une noce quelconque ayant eu lieu il y a deux mille ans au fin fond de la Galilée, mais qu’il utilise cet événement pour nous parler de la Nouvelle Alliance entre Dieu et l’humanité. Les détails allusifs ne manquent pas : le troisième jour qui fait allusion à la résurrection ; l’Heure qui n’est pas encore venue renvoie à la croix ; les jarres d’eau pour les ablutions rituelles qui renvoient à l’Ancienne Alliance imparfaite avec une purification extérieure ; le manque de vin qui évoque la fin de l’Ancienne Alliance (À vin nouveau, outres neuves) ; les disciples invités au festin et finalement la mariée totalement absente du récit puisqu’il s’agit, en fait, des noces entre Jésus et l’humanité. Noces scellées par son sang, le sang et vin de la Nouvelle Alliance, la mariée étant le nouveau peuple de Dieu, la Jérusalem nouvelle, l’Église comme tête de pont de l’humanité entière. Ce qu’évoque la première lecture de ce dimanche : « Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. » (Is 62,5) Pouvait-on mieux parler de la Nouvelle Alliance qu’à travers un repas de noces ?

Des noces ? Pas mieux pour ouvrir un avenir…

Mais allons plus loin : pourquoi Dieu, pour parler de sa relation avec l’humanité, emploie-t-il le langage de l’alliance, des noces, de l’époux et de l’épouse ? Les noces, qui célèbrent la fondation d’une nouvelle famille, ne sont-elles pas une des plus belles réalités humaines pour nous parler d’un avenir prometteur ? Les noces nous parlent d’abord d’un lien fondé sur l’amour et sur le libre engagement des conjoints. Dieu ne veut pas s’imposer à nous mais il veut nous séduire par son amour : «  C’est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. » (Os 2, 16) Tout le projet de Dieu se résume dans son désir de créer les conditions nécessaires à l’émergence d’êtres capables d’un amour réciproque avec lui. Par ailleurs, les quatre biens du mariage nous parlent justement de la beauté de l’amour de Dieu pour l’humanité : l’union, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité. L’union d’abord. Comme l’époux se donne corps et âme à son épouse, pour ne faire qu’une seule chair, ainsi le Seigneur se donne totalement pour s’unir à l’humanité entière et à chacun d’entre nous en particulier. De plus, le cœur humain étant en recherche d’un amour fidèle, indéfectible et éternel, trouve en Dieu l’objet ultime de son amour. Car, contrairement à nos amours humaines imparfaites et marquées par notre finitude, l’amour de Dieu est sans limite ni dans l’intensité, ni dans la fidélité, ni dans la durée. Enfin, comme l’amour du couple qui est source de vie et fécond, l’amour de Dieu avec son peuple est, bien plus encore, source de vie et fécond. Celui qui fait alliance avec le Seigneur qui est la source de la vie, aura une vie oh combien féconde, quelle que soit sa situation humaine (marié, célibataire, stérile physiquement, etc.) ! Des noces, pas mieux, donc, pour nous ouvrir un avenir…

Des noces ? Pas mieux pour nous parler du Royaume

Enfin le banquet des noces est l’image la plus employée dans la Bible pour nous parler du Royaume de Dieu : un lieu de fête et de joie, un lieu d’échange et de partage, un lieu où nos différents sens sont comblés par la beauté, la musique, la qualité des mets et du bon vin… Le banquet des noces nous parle aussi d’une connivence, d’une communion entre des invités qui ne se connaissaient pas nécessairement avant la fête. Ce n’est pas du même ordre qu’un repas entre amis, c’est un repas où la joie des époux est offerte à tous. Par exemple à Cana, c’est d’abord Marie qui était invitée, mais elle est venue avec son fils Jésus qui, lui-même, a embarqué ses disciples à la noce… Évidement l’Eucharistie préfigure ce banquet des noces que nous vivrons en Dieu, ce repas de communion de tous les disciples du Christ. Bref, pas mieux pour nous parler du Royaume !

Alors, oui, le premier miracle de Jésus rapporté par Jean est au service de noces…

Pas si étonnant que cela finalement…

Le Seigneur a pris chair de notre chair pour nous inviter au banquet…

Quelle sera notre réponse, nous laisserons-nous séduire ?

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