La vie par ici…

Dans notre chapelle, les mages sont arrivés...

Dans notre chapelle, les mages sont arrivés…

Comme par chez vous les jours de fêtes se succèdent nous permettant de faire le plein d’espérance pour l’année qui s’ouvre devant nous :

-La veillée de Noël à la paroisse, suivie d’une petite soirée au noviciat d’échange de cadeaux…

-Le jour de Noël à Adjorogo une de nos stations secondaires, suivie de l’accueil pour le repas de nos frères de la communauté de Komah… Pas de buche de Noël au programme mais une simple (et bonne) tarte aux pommes, la première depuis que je suis au Togo…

– Fête de la Sainte Famille à Sada, une de nos stations secondaires…

-Veillée du 31 décembre dans mon lit, mais les frères se retrouvaient avec les jeunes au Centre Culturel Saint Augustin…

– Célébration de la solennité du 1er janvier, Marie Mère de Dieu, à Adjorogo, suivie d’un repas de tout le noviciat « chez Bouba », la seule sortie restaurant de l’année…

– Fête de l’Epiphanie, à la paroisse où j’ai célébré la messe anticipée de la veille au soir… Notre soirée fut agrémentée par de belles photos de Terre Sainte, car la sœur Cécile, de la communauté du Puits de Jacob, est venue nous partager, avec passion et foi, le pèlerinage qu’elle vient de faire en Terre Sainte.

Au salon...

Au salon…

J’ai aussi eu la joie d’animer une petite session sur la relecture de son histoire affective pour le noviciat du Puits de Jacob, entre Noël et le Nouvel an. Le reste du temps fut principalement consacré à l’échange de vœux via internet et même à la réalisation de quelques biscuits de Noël adaptées aux produits locaux : tuiles aux amandes sans amandes, mais avec ce qu’on appelle du sésame par ici qui n’a rien à voir avec le petit sésame que l’on connaît chez nous mais qui sont les graines d’une variété de cucurbitacée…

Une création pas mal réussie...

Une création pas mal réussie…

 

 

 

 

 

 

Bon Temps de Noël et Belle Année !

Que la Joie du Verbe fait chair ranime votre espérance

et illumine chacune de vos journées de 2016 !

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Une humanité, une et plurielle, en quête de sens !

Fête de l’Epiphanie, année C, Mt 2,1-12 /

migrantsQuelle chance de méditer les textes de cette fête de l’Épiphanie à l’heure où certains peuples voudraient se replier sur eux-mêmes, où certaines tendances religieuses considèrent tous ceux qui ne pensent pas comme elles comme des ennemis, à l’heure encore où la science et la technologie semblent être le seul horizon pour certains… Les mages, qui ne sont ni trois, ni rois, ni Baltazar, ni Melchior, ni Gaspar – dans le texte du moins – nous parlent au contraire d’une humanité à la fois une et plurielle, d’une religiosité humble et curieuse des autres, d’une quête de sens qui n’oppose pas science et foi mais les conjoint dans une même recherche.

Une humanité une et plurielle…

« Les nations marcheront vers ta lumière… Des foules de chameaux t’envahiront, des dromadaires de Madiane et d’Epha », « Des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem… » Oui la fête de l’Épiphanie nous parle d’abord de voyage, de migration, de peuples qui vont à la rencontre d’autres peuples. N’est-ce pas saisissant lorsqu’on pense à ces flots de migrants, de réfugiés, non seulement vers l’Europe mais partout dans le monde. Fin 2013, bien avant donc les vagues de migrants de l’année 2015, on parlait de 51 millions de déplacés dans le monde et de 16,7 millions sur les routes de l’exil… L’Europe ayant accueilli 1 million de réfugiés en 2015, nous dit-on. Lorsque les européens envahissaient les Amériques, l’Afrique ou l’Asie et qu’ils se répartissaient allègrement les territoires comme s’ils n’appartenaient à personne avant eux, ils étaient beaucoup moins enclin à dire « chacun chez soi ! » Écoutons encore le prophète Isaïe : « Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations. » et pensons à ces rafiots déversant sur les côtes de Grèce des milliers de réfugiés : richesses des nations, manœuvres, médecins, artistes, etc… Comment se fait-il, à votre avis, que les terres traditionnelles de migration soient aujourd’hui parmi les nations les plus riches du monde : U.S.A., Canada, Australie, Brésil, Allemagne, France… Prenons donc acte d’abord que l’humanité est une et plurielle, que nos délimitations de territoires sont bien aléatoires et contingentes, que les déplacements de populations sont légitimes et que l’apport de cultures différentes est une richesse. Je ne dis pas qu’il ne faut pas organiser et encadrer ces déplacements, mais certainement pas sur la base du « chacun chez soi », la plupart de nos ancêtres ne sont-ils pas des migrants ?

Une religiosité humble et curieuse des autres…

Comme ils sont fragiles ceux qui ont peur de la rencontre, ceux qui ont peur de voir chez l’autre ce qu’il y a de Bien, de Bon, de Vrai. Les mages nous parlent d’une autre attitude : « Ils demandèrent : ‘Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui’. » Humblement donc ces savants, ces chercheurs de vérité viennent demander à d’autres un éclairage pour leur quête et viennent se prosterner vers un sage d’une autre religion. Croyons-nous vraiment que Dieu est unique, et qu’il est la Vérité comme nous le dit Jésus ? Dans ce cas nous cheminons tous vers la Vérité, nous ne la possédons pas… Notre foi chrétienne nous dit que Jésus Christ est le chemin, la vérité et la vie, mais il n’a rien écrit, nous ne le connaissons qu’à travers ce que nous en ont dit les premiers disciples, avec leurs mots, avec leur culture… Restons donc très humbles dans notre façon de rendre compte de notre foi et reconnaissons que des éléments de la Vérité sont également présents dans les autres cultures et religions (comme l’affirment le concile Vatican II et bien d’autres textes de l’Église avant lui). « La Parole de Dieu qui se manifeste dans les différentes religions est bien la même Parole, mais exprimée de différentes manières… Dans notre dialogue avec les autres religions, nous découvrons également qu’elles peuvent avoir fait l’expérience d’aspects de la Parole que le christianisme n’a pas encore complètement saisis… Si Dieu a, en vérité, parlé aux autres peuples, alors cette Parole-là est pertinente aussi pour nous. » Michaël Amaldoss, S.J. (Consulteur au conseil pontifical pour le dialogue interreligieux)

Une quête de sens qui n’oppose pas science et foi…

Enfin, les mages qui étaient des savants, astrologues, scrutant les étoiles étaient en même temps des chercheurs de sens. Leur science leur permit de faire un bout du chemin, mais ils ont dû demander, une fois arrivés à Jérusalem, des précisions sur le lieu de la naissance du « roi des juifs » et cette précision c’est l’Écriture Sainte qui la leur donna : « car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. » Et humblement, à l’écoute de la Parole, ils reprennent leur route… Quelle belle illustration d’une complémentarité entre la science et la foi. Plusieurs grands chercheurs témoignent aujourd’hui des limites de leur science et de la place de la foi dans leur vie, mais d’autres témoignent aussi de leur arrogance et de leur obscurantisme religieux. Cultivons donc l’humilité de nos capacités humaines…

Quelle belle fête que celle de l’Épiphanie :

Elle nous parle d’une humanité une et plurielle, en pèlerinage sur la Terre…

D’une religiosité humble et curieuse des autres…

De chercheurs de sens ayant autant recours à leur savoir qu’à l’éclairage de la Parole de Dieu…

Un bel itinéraire pour nous aussi, non ?

 

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Meilleurs voeux !

En guise de vœux :

espéranceAprès une année 2015 assez éprouvante, heureusement que nous avons les yeux de la foi pour ne pas nous arrêter aux événements décourageants de notre monde mais pour être attentif aux signes d’espérance ici-bas et nous appuyer sur la Grande Espérance du Salut en Jésus-Christ. Il ne s’agit pas de se voiler les yeux sur les violences d’ici-bas et les actions à mener… Nous pensons particulièrement à la région du Moyen Orient (Lybie, Liban, Palestine, Israël, Irak, Syrie…) et à la région des Grands Lacs africains où les massacres se perpétuent, non pas dans l’indifférence générale comme certains nous le répètent, mais plutôt dans le découragement général après vingt ans de guerre et de violences. Mais pour agir, sachons aussi nous appuyer sur les signes d’espérance afin d’aller de l’avant et voir les avancées possibles.

Quelques signes d’espérance pour ici-bas :

  • Le nombre de personnes vivants dans l’extrême pauvreté devrait passer sous la barre des 10% de la population mondiale en 2015… Cette proportion était de 13% en 2012 et de 36% en 1990. Bien sûr il reste beaucoup à faire, mais ces chiffres nous disent qu’il est possible de changer les choses !
  • L’espérance de vie a augmenté de 6 ans dans le monde ces 20 dernières années, passant de 65,3 ans à 71,5 ans. Merci aux progrès de la médecine et à l’accès aux soins pour le plus grand nombre.
  • Après des années de monopole du pouvoir ou d’alternances dans la violence, des pays comme le Burkina-Faso, la Birmanie (le Myanmar), le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Mali… s’ouvrent à une alternance démocratique et pacifique et rejoignent le concert des nations démocratiques.
  • Après des années d’expansion, « l’état » islamique commence à perdre du terrain, grâce aux sursauts de mobilisation, aussi bien des états « occidentaux » que musulmans.
  • Des pays comme la Colombie s’avancent vers une paix durable, avec, en l’occurrence, le passage à une nouvelle étape dans les pourparlers entre les Farc et le gouvernement. Les deux parties ont en effet signé un accord inédit sur la mise en place d’un « système intégral » de réparation et de justice en faveur des victimes de ce conflit vieux d’un demi-siècle.
  • À la COP21, 195 pays se sont mis d’accord pour limiter le réchauffement de la planète et favoriser la transition vers des énergies renouvelables… Du jamais vu !

Ce ne sont là que quelques signes qui peuvent s’ajouter à tous ceux dont vous êtes vous-mêmes témoins…

… Et ces signes sont relayés par la Grande Espérance de notre foi chrétienne :

  • Notre grande espérance n’est pas un espoir rêvé ou un opium pour le peuple, comme le pensent certains. Elle s’appuie sur le témoignage de milliers de croyants qui nous ont précédés, sur des signes et des miracles qui ont parsemé l’histoire du christianisme… Témoignages et signes passés au crible de la réflexion théologique et de la critique depuis 2000 ans.
  • Notre grande espérance et certitude repose sur l’assurance que le mal et la souffrance n’ont pas le dernier mot, qu’ils ont été vaincus par la Résurrection du Christ, qu’un nouveau monde est en train d’advenir, et que les souffrances d’ici-bas ne sont que les douleurs de l’enfantement de ce monde nouveau.
  • Notre grande espérance et certitude, c’est de savoir que tout ce que nous faisons pour un monde plus beau, de justice et de paix, n’est pas voué au néant mais contribue à l’avènement de ce monde nouveau.
  • Notre grande espérance et certitude c’est d’être conscient que le Seigneur marche à nos côtés sur le chemin de la vie et peut nous donner sa force pour affronter les épreuves de la vie si nous mettons notre confiance en Lui.
  • Notre grande espérance et certitude c’est que Dieu nous aime tels que nous sommes, sans avoir besoin d’acquérir son amour par notre mérite. Et cet amour qu’il nous porte nous permet de vivre mieux et de combattre le mal en nous !

Sur ces quelques convictions partagées, je vous souhaite donc un bon temps de Noël et une Belle Année 2016.

 Que l’espérance, ravivée par les fêtes de fin d’année, éclaire chacune de vos journées de 2016 !

 Que votre regard soit toujours plus attentif aux petites flammes d’espérance d’ici-bas !

Que ces modestes signes vous donnent plus d’assurance et de confiance pour agir et vous engager au service d’un monde plus beau !

Et que ces étoiles d’espérance vous renvoient à la Grande Espérance du Verbe venu en notre monde, pour partager notre condition humaine, pour vaincre le mal et pour nous conduire à la plénitude de la Joie en Dieu !

Fraternellement…

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Bonne dernière ligne droite vers Noël !

Bonne retrouvailles familiales

Bonne retrouvailles familiales

           « J’espère que les Fêtes s’annoncent fraternelles et joyeuses dans ton coin de la planète.  Je me dis qu’il faut bien en profiter pour répandre sur notre planète bouleversée une grande dose d’amour et de fraternité pour compenser un peu. Il me semble que cela fera du bien.» Ces souhaits d’une amie me semblent forts à propos pour bien négocier cette dernière ligne droite vers Noël. Parfois on se demande ce que l’on peut faire face à tous les drames de notre monde et bien il en va, dans le propos de cette amie de la communion des saints, me semble-t-il. Je m’explique, chaque fois que nous semons de l’amour, de la fraternité, de la joie nous contribuons à la beauté du monde, et cela a des répercussions bien au-delà de nos cercles habituels. Donc, bien-sûr on peut s’engager concrètement pour un monde plus fraternel : en gaspillant moins, en respectant la nature, en achetant de préférence des produits équitables, en faisant un geste pour telle ou telle ONG où association, en rendant visite à une personne isolée ou malade etc. ; mais il est tout aussi important et utile de semer de l’amour, de la joie, de la communion, de la paix au sein de sa famille, de ses proches, de son quartier : cela aussi fera avancer le Royaume de justice et de paix voulu par le Seigneur !

Alors, bonne messe de minuit, bonnes retrouvailles familiales, bons repas en famille, bon échange de cadeaux (ils n’ont pas besoin d’être cher, au noviciat le montant fixé – où chacun a tiré au sort le nom d’un frère –  est de 2000 CFA soit 3,05 euros !), bon échange de souhaits et pourquoi pas bonnes réconciliations familiales, les grâces de l’année de la miséricorde peuvent nous y aider !


La vie par ici…

La semaine fut marquée par plusieurs événements…

D’abord le marathon des confessions dans les diverses paroisses de  la ville : chaque soir la plupart des prêtres de la ville, une vingtaine, se sont rendus dans une des quatre paroisses de Sokodé pour deux heures de confessions. Les pénitents ne manquent pas contrairement à nos paroisses occidentales. De belles rencontres qui aident chacun à accueillir la miséricorde de Dieu et à repartir du bon pied…

Comme annoncé, nous avons également ouvert la porte de la miséricorde à notre paroisse Notre-Dame de Komah dimanche dernier… Trois événements ont marqué notre troisième dimanche de l’Avent : l’ouverture de la porte sainte proprement dite, une présentation de Misericordiae vultus et de l’année jubilaire à nos paroissiens par votre serviteur et la célébration dominicale présidée par notre Evêque venu manifester sa proximité avec la paroisse à l’occasion du décès d’un de ses piliers fondateurs M. Louis Dossey qui avait célébré ses noces d’or l’année passée…

Enfin, ce samedi 19 était jour d’ordinations presbytérales dans plusieurs diocèses du Togo : Lomé, Kara, Sokodé. Nous avons donc célébré, à la cathédrale, l’ordination d’Abel LONGAH et de Patrice MOROU, deux nouveaux prêtres qui portent le nombre des prêtres diocésains de Sokodé à 54. Nous leur souhaitons un fructueux ministère qui puisse manifester la proximité bienveillante de Dieu pour son peuple !

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Abel et Patrice

Bonne dernière ligne droite vers Noël,

Et que la paix, l’amour, la joie, répandus autour de vous fleurissent bien au-delà de vos cercles familiaux !

Joyeux Noël !

 

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Entrailles vivantes…

visitation4e dimanche de l’Avent, année C, Lc 1,39-45 /

Cette scène de la visitation nous parle de la rencontre de deux mamans, de deux femmes enceintes porteuses de vie, de deux femmes à qui l’on a fait miséricorde et qui sont devenues à leur tour miséricordieuses… Pourquoi, me direz-vous, parler de miséricorde dans ce contexte ? N’est-ce pas abuser que de parler de miséricorde à tout bout de champ sous prétexte d’année jubilaire ? Et pourtant… Savez-vous d’où vient le mot miséricorde en hébreux ? D’une racine hébraïque qui signifie le sein maternel, la matrice, les entrailles d’une mère. Dans sa traduction de la Bible, Chouraki qui a cherché à traduire l’hébreu au plus près, traduit ‘pardonner’ par ‘matricier’ ! Contemplons donc ces deux ‘misericordiées’, ces deux miséricordieuses aux entrailles vivantes et laissons-les nous inspirer…

Deux ‘miséricordiées’…

Elisabeth d’abord a bénéficié amplement de la miséricorde du Père. Elle que la stérilité mettait au ban de la société -à l’époque- ; elle qui pourtant, avec son époux Zacharie, « suivaient tous les commandements et observances du Seigneur d’une manière irréprochable » (Lc 1,6) ; elle qui devait s’interroger sur le pourquoi de sa stérilité et dont la confiance en Dieu était éprouvée ; elle enfin, déjà âgée, qui n’avait plus aucune espérance d’enfanter un jour… Voilà que Dieu se penche sur son humble servante et lui fait miséricorde. C’est-à-dire que, de ses entrailles maternelles, Dieu vient en aide aux entrailles stériles d’Elisabeth ! Et d’elle ne naîtra pas n’importe quel enfant, mais celui dont Jésus a dit : « Parmi les hommes, aucun n’est plus grand que Jean ! » (Lc 7,28) En ce qui concerne Marie, c’est en tant qu’aboutissement de l’humanité, en tant que nouvelle Eve, qu’il lui est fait miséricorde, puisqu’elle fut conçue sans péché. Le pape François fait bien ce lien en expliquant pourquoi le choix du 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, pour l’ouverture de l’année jubilaire de la miséricorde : « Après qu’Adam et Eve eurent péché, Dieu n’a pas voulu que l’humanité demeure seule et en proie au mal. C’est pourquoi Marie a été pensée et voulue sainte et immaculée dans l’amour (cf. Ep 1,4), pour qu’elle devienne la Mère du Rédempteur de l’homme. Face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne. » (Misericordiae Vultus n° 3) Contemplons donc en Elisabeth et Marie la miséricorde de Dieu personnifiée pour chacun de ses enfants, mais aussi sa miséricorde à l’œuvre pour l’humanité entière.

Deux miséricordieuses…

Contemplons maintenant ces deux miséricordieuses, c’est-à-dire ces deux femmes dont les entrailles frémissent, dont la tendresse maternelle s’ouvre à celles et ceux qui croisent leur route. « Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint… » (Lc 1,41) Le ventre d’Elisabeth est plein de vie et cette vie se propage à tout l’être d’Elisabeth. Nous comprenons par là combien la miséricorde qui fait frémir nos entrailles face à telle situation heureuse ou dramatique, ne doit pas rester au niveau des sentiments mais doit mettre en route tout notre être. C’est encore plus vrai pour Marie, la « bénie entre toutes les femmes, et dont le fruit des entrailles est béni ». N’est-ce pas cette miséricorde qui l’anime qui lui fait courir les collines à la rencontre de sa parente Elisabeth, afin de lui venir en aide pour la fin de sa grossesse : « Marie partit en hâte pour se rendre dans le haut pays. […] Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle retourna chez elle. » (Lc 1,39.56) On se souvient que l’ange lui avait annoncé qu’Elisabeth en était à son sixième mois, cela signifie que Marie est demeurée avec sa cousine jusqu’à la naissance de Jean. Evidemment cette attitude de disponibilité et de service auprès de sa parente était un signe précurseur de sa miséricorde, de sa tendresse pour tous les hommes et en particulier pour les plus petits. Ses entrailles de mère frémissent aujourd’hui encore pour se réjouir avec ceux qui sont dans la joie et pour consoler ceux qui pleurent. Ce n’est pas pour rien qu’une des plus célèbres hymnes mariales, le Salve Regina, la salue comme Mère de miséricorde.

Et nous ?…

Les figures d’Elisabeth et de Marie nous invitent à reconnaître qu’à nous aussi Dieu fait miséricorde et que nous aussi pouvons avoir des entrailles vivantes, des entrailles miséricordieuses. Et ce qui est encore plus beau dans cette scène de la Visitation, c’est que cette miséricorde se vit à l’occasion d’un évènement joyeux… Comme quoi vivre de la miséricorde de Dieu, la laisser nous traverser n’a rien de dramatique ou de compliqué, cela peut se vivre avec beaucoup de simplicité, dans des situations toutes humaines, comme celle de la rencontre de ces deux cousines….

Deux ‘miséricordiées’…

Deux miséricordieuses…

Et nous… Nos entrailles sont-elles vivantes ?…

 

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Jubilé de la miséricorde à Sokodé

C’est ce 12 décembre 2015 que Mgr Ambroise Kotamba Djoliba a ouvert la porte sainte de la cathédrale de Sokodé :

 

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Gaudete !

Ouverture de la porte sainte, le 8 décembre 2015

Ouverture de la porte sainte, le 8 décembre 2015

« Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous ! » (Ph 4,4) C’est cette citation de l’épitre de saint Paul aux Philippiens qui donne son nom à ce troisième dimanche de l’Avent : Gaudete (Réjouissez-vous) ! N’est-ce pas une belle mission qui nous est confiée en ce temps de l’Avent et en ce temps des fêtes qui approche : apporter la joie, non seulement par les préparatifs des fêtes mais surtout en témoignant de la Joie de l’Évangile ! D’autant plus que cet Avent 2015 est marqué par une autre occasion de se réjouir : l’entrée dans l’année jubilaire de la miséricorde. Si vous n’en avez pas encore eu l’occasion n’hésitez pas à relire la bulle d’indiction de cette année jubilaire, Misericordiae vultus, c’est un très beau texte du pape François. Je vous en redonne quelques extraits :

« Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. »

« Nous confierons la vie de l’Eglise, l’humanité entière et tout le cosmos à la Seigneurie du Christ, pour qu’il répande sa miséricorde telle la rosée du matin, pour une histoire féconde à construire moyennant l’engagement de tous au service de notre proche avenir. Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu! Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous. »

« ‘La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde’. Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu. »

« La miséricorde de Dieu est sa responsabilité envers nous. Il se sent responsable, c’est-à-dire qu’il veut notre bien et nous voir heureux, remplis de joie et de paix. »

« La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux-mêmes par leur fils. »

« Là où l’Eglise est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde. »

« Miséricordieux comme le Père, c’est donc la “devise” de l’Année Sainte. »

« Au cours de ce Jubilé, l’Eglise sera encore davantage appelée à soigner ces blessures, à les soulager avec l’huile de la consolation, à les panser avec la miséricorde et à les soigner par la solidarité et l’attention. Ne tombons pas dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur. Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. »

« Redécouvrons les œuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. »

Voir l’ensemble du texte Misericordiae Vultus sur le site du Vatican


La vie par ici…

Nous sommes donc nous aussi dans le lancement de l’année de la miséricorde. Ce samedi nous célébrons à la cathédrale de Sokodé l’ouverture de l’année sainte. Ce troisième dimanche la célébration, à la paroisse, sera précédée d’une présentation, par votre serviteur, de cette année jubilaire et surtout de la bulle d’indiction Misericordiae vultus (Le visage de la miséricorde). Toujours dans cette même logique, et comme chaque année, la semaine prochaine sera marquée par des soirées de réconciliation, à tour de rôle, dans chacune des paroisses de la ville.

À part cela le noviciat poursuit son bonhomme de chemin dans la joie de notre marche vers Noël…

Bonne marche à vous aussi, que cette double fête de Noël et de l’année jubilaire de la miséricorde soit l’occasion de vous laisser renouveler par l’amour prévenant de Dieu pour chacun d’entre nous !

 

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« Il te renouvellera par son amour ! »

3e dimanche de l’Avent, année C, Lc 3,10-18 /

       gaudete  « Le Seigneur aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie. » (Sophonie 3,17) Ces paroles du prophète Sophonie nous disent de façon concise le cœur de l’espérance chrétienne : Dieu met en nous sa joie et nous renouvelle par son amour. Vous le savez, ce 3ème  dimanche de l’Avent est traditionnellement nommé le dimanche de Gaudete (Réjouissez-vous) et c’est l’un des deux dimanches de l’année où, pour signifier cette joie, l’on peut employer les ornements roses pour la célébration. Cette joie n’est pas superficielle, comme celle que l’on essaie de créer pour les fêtes à grand renfort de boissons, de cadeaux, de bons repas. Non, cette joie est plus profonde et c’est elle que nous avons à partager : « Sur la bouche du catéchiste revient toujours la première annonce : “Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer”. » (Evangelii Gaudium n°164) En fait ce petit passage de Sophonie est bien au cœur de ce que nous sommes en train de vivre et de ce que le pape François met en avant depuis le début de son pontificat : Joie et Miséricorde. En effet l’année jubilaire de la miséricorde que nous inaugurons dans les diocèses aujourd’hui même, est justement un temps privilégié pour se laisser renouveler par l’amour de Dieu. Une des façons d’exprimer la joie profonde qui nous habite, malgré tous les soubresauts de notre monde, consiste à proclamer à temps et à contre temps que notre vie peut être renouvelée, que la vie de l’Église peut être renouvelée, que la vie du monde peut être renouvelée, si nous nous rendons disponibles à la grâce miséricordieuse de Dieu.

Se laisser renouveler personnellement…

       Se laisser renouveler, je dirais que cela ne consiste pas d’abord en une conversion des mœurs, non, mais à laisser naître en nous du nouveau : à retrouver la joie de l’Évangile, la joie d’une vie simple et belle, la joie d’une vie qui est promise à un bonheur en plénitude. Il s’agit donc d’abord de se laisser renouveler dans notre foi, dans notre espérance, dans la qualité de notre vie intérieure et, ensuite, de façon seconde (mais non pas secondaire), cette qualité de vie intérieure rejaillira sur la qualité de nos mœurs, de notre fraternité, de notre solidarité, de notre amour. Comme l’écrivait notre supérieur général dans sa dernière lettre : « Cette lettre [sur l’intériorité] n’est pas une invitation à la fuite du monde, bien au contraire. Il s’agit pour moi de réveiller les sources profondes de notre amour et de nous aider à revenir vers Celui qui est à l’origine de tout bien. Sans vie intérieure solide, il n’y a pas d’apostolat conséquent. » (P. Benoît Grière, « Fortifiez en vous l’homme intérieur ») Dans l’évangile de ce jour, les proches de Jean Baptiste lui demandent ce qu’ils doivent faire, et celui-ci les renvoie d’abord à leur devoir d’état, c’est-à-dire à bien faire ce qu’ils ont à faire. Posons-nous donc tout simplement cette question : de quoi ai-je besoin pour me laisser renouveler, dans ce que j’ai à vivre, par l’amour de Dieu ?

Laisser l’Église être renouvelée…

         Une deuxième dimension de ce renouvellement, consiste à nous interroger collectivement, en tant que communauté de disciples du Christ. Comment, en Église, se laisser renouveler par l’amour de Dieu ? C’est bien ce à quoi s’attèle avec beaucoup d’énergie le pape François. Il désire conduire l’Église vers une Église beaucoup plus fidèle à l’Évangile, beaucoup plus miséricordieuse, qui ne met pas en avant un discours moralisateur mais qui chemine avec tous dans la joie, dans l’épreuve, dans l’espérance : « La miséricorde est le pilier qui soutient la vie de l’Eglise. Dans son action pastorale, tout devrait être enveloppé de la tendresse par laquelle on s’adresse aux croyants. […]Il est temps de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance. » (Misericodiae vultus) Posons-nous donc cette question : de quoi mon Église, c’est-à-dire ma paroisse, ma communauté chrétienne de base, mon diocèse et l’Église universelle, a-t-elle besoin pour se laisser renouveler par l’amour de Dieu ? Être plus ouverte, plus missionnaire, plus miséricordieuse, plus fraternelle, plus au service de la vie spirituelle, plus servante…?

Laisser nos sociétés être renouvelées…

        L’Esprit souffle fort ces temps-ci, et ils sont nombreux à réfléchir à un autre type de vie commune : plus respectueuse de la nature, plus sobre, plus naturelle, plus simple, plus solidaire, plus communautaire, plus intergénérationnelle… Regardez bien autour de vous les formidables initiatives qui naissent : des maisons qui produisent de l’énergie, des béguinages réinventés, du recyclage intelligent, du covoiturage, des cultures moins dépendantes des apports chimiques… Mais encore de nouveaux lieux pour apprendre à méditer, de nouvelles façons de célébrer ensemble, des initiatives interreligieuses à différents niveaux, des initiatives internationales pour prendre à bras le corps nos difficultés communes… Sommes-nous disponibles à ce que l’Esprit suscite de nouveau, ou y faisons-nous obstacle ?

Oui Dieu veut nous renouveler par son amour et danser de joie avec nous,

c’est ce que nous célébrerons à Noël !

Sommes-nous prêts à nous laisser renouveler personnellement,

en Église et comme société humaine fraternelle ?

 

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En Avent !

Derrière les nuages, le Soleil nous attend...

Derrière les nuages, le Soleil nous attend…

Rassurez-vous ce n’est pas une faute d’orthographe… Juste une dimension de ce temps de l’Avent que je voudrais mettre en exergue. Ce temps de l’Avent, ce temps de l’attente, ce temps du désir n’est-il pas une formidable occasion pour reprendre élan, pour aller de l’avant, pour dépasser les nuages sombres qui semblent parfois s’accumuler sur nos têtes ? Derrières les nuages il y a le soleil ; après le temps de l’attente il y a le temps de la rencontre ; à travers la naissance d’un enfant il y a l’assurance d’une vie pleine de promesse. Yalla -en avant-, comme disait sœur Emmanuelle… N’est-ce pas ce dont, nous, chrétiens, avons à témoigner : une espérance en l’avenir, une espérance en l’être humain, une espérance en Dieu ! Car fondamentalement notre monde avance vers sa plénitude, vers le projet de communion d’amour voulu par Dieu, vers son Royaume de justice et de paix :

« En ce temps-là : Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l’enfant étendra la main. Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »

            Puissions-nous être, en ce temps d’Avent, des témoins d’espérance ; des relais de tout ce qui se fait de Bien, de Bon et de Beau dans le monde ; des artisans, à notre mesure, de son Royaume en marche : temps de solidarité et de partage, temps de communion dans les familles, temps d’espérance et de repos en Dieu ! En Avent allons de l’avant, le meilleur est devant nous ! Yalla !

 


La vie par ici…

Sortie à Bassar

Sortie à Bassar

La semaine écoulée fut marquée par plusieurs événements :

Mercredi passé nous avons relancé notre cycle de conférences mensuelles. La première portait sur l’année jubilaire extraordinaire de la miséricorde  et la présentation de la bulle d’indiction du pape : Misericordiae Vultus. Un petit nombre de participants pour cette relance, mais petit à petit les conférences vont monter en puissance…

Vendredi nous avons eu une petite journée de sortie à Bassar, non loin de Sokodé. Journée où nous fument bien accueilli par les Sœurs de Saint André de Peltre…

Ce samedi, grande marche de la fraternité interreligieuse à Sokodé et rencontre de l’Union des Consacrés du diocèse… Je dois vite filer à ces rencontres…

Je vous laisse donc sur ces quelques mots rapides,

Bonne deuxième semaine d’Avent,

Que l’espérance, le désir, l’attente et l’assurance du Royaume de Dieu en marche stimule votre agir et vous marche vers Noël… En av(e)ant !

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Une voix crie… en nous !

arcabas_le_songe_de_joseph2e dimanche de l’Avent, année C, Lc 3,1-6 /

Avec le début de l’évangile du jour et l’énumération des empereurs, rois, princes et prêtres en fonction en ce temps-là, nous avons l’impression que le monde tournait tranquillement tandis qu’une voix se met à crier dans le désert : celle de Jean le précurseur. Et nous sommes étrangement renvoyés à la situation de notre monde actuel : un monde qui tourne – pas vraiment rond d’ailleurs – et une voix qui crie… en nous. Saurons-nous entendre cette voix ? En ce moment, particulièrement, où notre petite vie est chamboulée par la violence terroriste, en ce temps de préparation à Noël, en ce temps des fêtes qui approchent où les valeurs familiales reprennent leur droit, interrogeons-nous : quelle est donc cette voix qui crie ou chuchote en nous pour nous ramener à l’essentiel ? Comment la reconnaître ? Quels moyens prendre pour l’entendre ?

Quelle est donc cette voix ?

Face au brouhaha de notre monde, aux multiples discours des hommes politiques, des publicitaires, des médias, des divertisseurs en tout genre, des coaches à la mode, des chantres du développement personnel, des attiseurs de haine mais aussi face aux prophètes de notre temps : le pape François, un Yann Arthus-Bertrand, tel artiste, tel écrivain, tel penseur, tel poète, tel réalisateur … N’y a-t-il pas une voix, en nous, qui nous demande de revenir à l’essentiel ; qui nous permette de faire le tri ; qui nous éclaire sur ce qui est Bon, Vrai et Juste ; qui nous appelle à la conversion ? On peut l’appeler conscience, loi naturelle ou mieux, selon saint Augustin : le Maître intérieur, qui sait mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous… « plus intime à moi-même que moi-même ». C’est tout simplement la voix de Dieu qui veut le meilleur pour nous. Croyons-nous vraiment que nous ne sommes pas seuls sur la route ? Que Celui qui nous a créés nous accompagne ? Qu’il nous envoie des signes, des amis, des « prophètes », pour nous aider à avancer sur un chemin de vie, de bonheur, de plénitude ?

Comment reconnaître la Voix ?

Jean Baptiste crie dans le désert et des foules viennent l’entendre… Pourquoi ? Tout simplement parce que sa voix sonnait juste, parce qu’elle faisait écho à ce que ces hommes et femmes percevaient en eux de façon cachée. St Augustin nous explique cela très bien… Pour éclairer notre route, nous avons un discernement à trois partenaires : Premièrement, le JE… Il s’agit de voir clair dans ma vie, chacun étant aux prises avec ce qui l’agite intérieurement, qu’il s’agisse de s’y retrouver dans  les « remous de l’âme » ou de faire un choix de vie, ou encore de prendre une décision qui engage l’avenir des autres. Ce qui est en jeu, dans ce travail de discernement, c’est la vérité de chacun avec soi-même, son vrai désir, lequel se signale d’abord par un sentiment d’absence, de manque. Deuxièmement, le Tu : Ce sont les avertissements (admonitiones), les interpellations de Dieu à travers des signes extérieurs : un évènement, une lecture, des amis et même l’Écriture. Autant de signes par lesquels Dieu bouscule chacun pour qu’il revienne à lui-même. Si ces interpellations s’avèrent nécessaires, c’est que l’homme, en s’extériorisant, perd le contact avec la vérité intérieure. Enfin troisièmement, il en va du Maître intérieur : c’est le plus important, l’unique maître qui me parle à « l’oreille intérieure ». Comment puis-je savoir, en effet, que ce qui m’est dit à l’extérieur est vrai, sinon parce que j’ai en moi le critère de la vérité. La vérité n’est pas au dehors (foris) mais au plus intime de l’âme (intus), grâce à la présence en nous du Maître intérieur, ‘plus intime à moi-même que moi-même’. Dieu avertit au dehors mais il enseigne au-dedans. D’où l’invitation incessante d’Augustin de se mettre à l’écoute du Maître intérieur, de la voix qui parle à mon oreille intérieure.

Quels moyens prendre pour l’entendre vraiment ?

Jean crie dans le désert. Il faut donc d’abord consentir à s’arrêter dans le rythme effréné de nos vies, à trouver son petit lieu de désert, de silence, de contemplation pour réentendre la voix du Maître intérieur, pour laisser résonner en moi ce que j’entends de-ci de-là, pour faire le tri… C’est, somme toute, assez simple : une promenade dans la nature, un temps de méditation, une écoute contemplative d’une musique qui me parle, une lecture qui puisse éclairer mon discernement, etc… Oui, dans cette course vers Noël sachons prendre nos haltes spirituelles, nos temps d’arrêts, nos temps de contemplation… Et alors, certainement, notre vie reprendra sens, éclairée par le Maître intérieur !

Une voix a crié à travers Jean Baptiste,

Cette voix continue de crier ou de chuchoter à travers bien des médiations,

Quelle est donc cette voix ?

Comment la reconnaître ?

Quels moyens prendre pour l’entendre vraiment ?

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