Heureux les cœurs purs !

     Juste un mot pour accompagner la méditation dominicale, un peu tardive… La semaine fut marquée par la suite des rencontres dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens… À savoir, après la célébration d’ouverture à la cathédrale, une soirée de concert spirituel au Centre Culturel, une célébration à Komah et la célébration finale à la paroisse presbytérienne « Bethléem »… De beaux rendez-vous qui relancent notre fraternité années après années… Heureux les cœurs purs !

Par ailleurs la coupe d’Afrique des Nations mobilise pas mal nos jeunes africains qui suivent avec passion cette rencontre footballistique… Heureusement que nos communautés sont internationales car malgré l’élimination du Togo, nous pouvons supporter le Burkina, le Cameroun ou la RDC… Heureux les cœurs purs !

La prise de fonction du nouveau président américain est beaucoup moins drôle, mais nous comptons sur la solidité de la démocratie américaine et ses différents contrepouvoir (chambre des représentants, sénat, cours de justice, médias, pouvoir des États fédérés…) pour contrebalancer les folies du gouvernement fédéral… Déjà des décisions de justice mettent quelques freins à ses premiers décrets, nous nous en réjouissons, mais cela suffira-t-il ?… Heureux les cœurs purs !

Du côté de l’Église catholique, l’actualité n’est pas en reste, le pape François semble avoir remporté « une bataille » contre ses opposants en obtenant la démission du Grand Maître de l’Ordre de Malte -de la même clique que le fameux cardinal Burke et les supporteurs du nouveau président américain-. Ceux-ci ne sont pas nombreux, mais bien organisés et très médiatisés. Ne nous laissons pas tromper par les miroirs déformants des « affaires », l’Église catholique poursuit son chemin de conversion sous la houlette du pape François et la très très grande majorité des catholiques est derrière lui ! Ne manquons pas de prier pour lui, pour l’Église et pour la conversion de ceux qui semblent bien loin des béatitudes : Heureux les cœurs purs !

         Sur ces petites nouvelles et réflexions, bonne semaine… Que les béatitudes vous apportent consolation et que les B-Attitudes inspirent votre agir au quotidien…

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Rechercher Dieu, rechercher la justice, rechercher l’humilité !

29 janvier 2017, 4° dimanche ordinaire, Année A,  Mt 5,1-12a /

« Cherchez le Seigneur […]  Cherchez la justice, cherchez l’humilité » (So 2,3) Quelle belle trilogie, quel beau programme de vie, quelle belle clé de lecture pour aborder le récit des béatitudes ! À l’heure où l’on voit une nouvelle génération de dirigeants, ou de simples citoyens -se disant chrétiens- utiliser les références chrétiennes comme bon leur semble ; prôner une pratique religieuse dite « décomplexée » et donc offensive ; chercher sans vergogne la richesse et le pouvoir au détriment de toute justice sociale etc… : qu’il est bon de revenir à l’Évangile et l’évangile des béatitudes en particulier ! Reprenons donc cette trilogie proposée par le prophète Sophonie comme grille de lecture : cherchez le Seigneur, cherchez la justice, cherchez l’humilité…

Cherchez le Seigneur !

Arrêtons-nous d’abord sur le verbe « chercher ». Puisque le prophète nous invite à être en recherche, cela veut dire que nous ne pouvons jamais prétendre avoir saisi le Seigneur, avoir tout compris des implications d’une vie chrétienne. Comment peuvent-ils prétendre, ces faux chrétiens, que la vie chrétienne se résumerait à être anti-avortement, pour la peine de mort, contre les migrants, les homosexuels, les étrangers, les noirs etc… ? Comment peuvent-ils croire un seul instant, que l’on peut polluer la Création et l’exploiter sans mesure sans offenser Dieu ? Comment peuvent-ils se prétendre chrétiens et vouloir dresser les nations les unes contre les autres, bâtir des murs, vouloir la prospérité des uns au détriment des autres ? Le Parole de Dieu nous dit, au contraire, « cherchez le Seigneur, cherchez sa volonté, recherchez sa présence dans les autres peuples, les autres religions, les autres humains… » N’est-ce pas ce que nous disent également les béatitudes : heureux les pauvres de cœur, c’est-à-dire ceux qui ne mettent pas leur assurance en eux-mêmes ou en leur propre vision du monde, mais qui cherchent à voir le Monde avec les yeux de Dieu, à le recevoir de Lui, à le bâtir selon sa volonté ! Heureux les cœurs purs, ceux qui ne sont pas cyniques, calculateurs, méchants mais cherchent partout le Bien, le Beau, le Bon !

Cherchez la justice !

Rechercher la justice, ensuite, ce n’est pas simplement vouloir qu’il me soit fait justice, que j’aie un salaire juste, que les bons soient récompensés et les méchants punis. Non ! Rechercher la justice, selon la logique de l’Évangile, c’est vouloir que tous les êtres humains soient traités de façon juste et digne, que chacun reçoive un juste salaire pour son travail, que la répartition des biens de la Création se fasse équitablement, que les pauvres comme les riches puissent avoir accès à tout ce qui permet une vie digne : habitation, nourriture, éducation, santé, culture, assurance sociale etc… Que les rapports entre les nations soient également justes, que tous les peuples puissent vivre dans la paix, la dignité, le respect de leurs cultures ! Recherchez la justice, c’est encore vouloir que dans chaque situation je trouve l’attitude juste qui sauvegarde avant tout la charité. Plusieurs béatitudes nous parlent de cette quête de justice : Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, heureux les miséricordieux, heureux les artisans de paix, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ! Cela ne signifie pas qu’ils doivent se complaire dans leur situation, mais qu’ils ont pris la bonne voie s’ils sont en recherche de justice pour tous et qu’ils seront consolés s’ils sont victimes d’injustices !

Cherchez l’humilité !

L’humilité, enfin, le quatrième, ou faudrait-il dire le premier des conseils évangéliques !… C’est grâce à elle que nous pouvons acquérir l’esprit de service, voir notre frère comme plus grand que nous, nous détacher de notre volonté propre pour rechercher la volonté de Dieu. C’est encore l’humilité qui nous permet de servir d’abord le bien commun, de nous décentrer de nous-mêmes, de mettre notre confiance en Dieu plutôt qu’en nous. N’est-ce pas ce que nous disent encore les béatitudes ? : Heureux les pauvres de cœur ; Heureux ceux qui pleurent (ce qu’on appelle la componction chez les pères du désert : pleurer par conscience de notre péché et de nos offenses) ; Heureux les doux ; Heureux les miséricordieux… Nous ne pouvons rien vivre de tout cela sans humilité ! Mais attention à ne pas confondre humilité et humiliation : l’humiliation déshonore la dignité de l’être humain, l’humilité, au contraire, le fait ressembler à son Créateur !

Je reconnais ne pas avoir repris en détail ces belles béatitudes, mais je m’en tiens aux prémices, n’est-ce pas déjà tout un programme de vie :

Rechercher Dieu…

Rechercher la justice…

Rechercher l’humilité…

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Semaine bien remplie…

        Semaine de prière pour l’unité des chrétiens…

Au cœur de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous ne manquons pas d’activités… Comme chaque année à Sokodé, la semaine se vit avec nos frères et sœurs de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo (réformés). Nous n’avons pas encore fait cette année les efforts nécessaires pour essayer d’impliquer d’autres Églises de mouvance évangélique, moins disposées à l’œcuménisme. Je reste convaincu qu’on pourrait faire mieux, mais, cette année, l’effort à plutôt porté sur le fait d’impliquer d’autres paroisses catholiques dans nos activités. C’est ainsi que la célébration d’ouverture s’est tenue à la cathédrale en présence de notre père évêque, chargé de l’œcuménisme au sein de la conférence épiscopale. Cela nous vaut d’être impliqués dans quatre soirées cette semaine : ouverture à la cathédrale, concert spirituel au Centre Saint Augustin, célébration à la paroisse de Komah et célébration de clôture à l’église presbytérienne… J’avoue m’être dispensé du concert spirituel, car j’essaie de me ménager un peu, et sans quoi je ne sais pas quand j’écrirais cette lettre hebdomadaire…

Certains trouvent cette semaine de prière décourageante car chaque année nous faisons le même type d’effort sans forcément voire beaucoup de changement… J’avoue ne pas être aussi pessimiste, car cela dépend beaucoup de notre attente. Évidement si nous rêvons d’une seule Église uniforme, nous risquons d’être déçus, mais si l’on rêve d’une communion entre des Églises ayant leurs légitimes singularités alors je crois que nous avons fait de grands pas depuis le début du mouvement œcuménique. Faut-il rappeler, en cette année où nous faisons mémoire des 500 ans de la Réforme, que cela fait à peine 50 ans que le Concile Vatican II engageait résolument l’Église catholique dans le mouvement œcuménique ? En 50 ans que de chemin parcouru ! Ne soyons pas trop pressés et continuons de creuser le sillon de la communion des Églises chrétiennes, avec persévérance et confiance en la grâce de Dieu !

Journée de récollection en famille de l’Assomption…

            Ce samedi, nous avions une journée de récollection avec nos 5 communautés de la famille de l’Assomption présentent à Sokodé : Religieuse de l’Assomption, Orantes de l’Assomption et Augustins de l’Assomption. Nos grandes sœurs nous avaient proposé le thème d’animation de leur année : l’amitié ! C’est donc votre serviteur qui a essayé d’animer cette matinée, en partant de nos sources : la Bible, saint Augustin, le Père D’Alzon et d’une réflexion sur l’amitié dans la vie religieuse. ‘Les deux expressions qui vont constituer les pôles du débat sur la place de l’amitié dans la vie communautaire sont apparues dans le discours chrétien pratiquement à la même époque. C’est chez Basile de Césarée que l’on rencontre pour la première fois la notion d’« amitié particulière », et c’est Évagre le Pontique, qui fut ordonné par lui, qui développe le premier une réflexion sur l’« amitié spirituelle ». […] L’histoire de la place accordée à l’amitié dans la vie chrétienne comporte deux grandes périodes. De saint Basile à la fin du Moyen Âge, et même à saint François de Sales, l’amitié est regardée comme une forme de la charité, parfois même sa perfection, à la condition qu’elle soit vécue en Christ. Les références constantes du discernement sur les affections vécues au sein des communautés sont la justice et la question du primat accordé au Christ. Les relations exclusives et possessives sont de ce fait écartées, sans pour autant que d’autres formes d’amitiés ne soient possibles. À partir de la diffusion de l’Imitation de Jésus Christ, la piété devenant plus individuelle, et reposant sur une opposition radicale entre nature et grâce, l’amitié sera vivement combattue, considérée comme une peste pour la vie commune et comme un frein à une consécration exclusive à Dieu.’ ( cf. Jean-Marie Gueullette, L’amitié dans la communauté : les enjeux théologiques d’une histoire complexe )

            Ces différents préliminaires nous ont permis de nous poser quelques questions sur la place de l’amitié dans nos communautés ; sur le désir de « faire de nos communautés des écoles d’amitié » (cf. Timothy Radcliffe) ; sur le fait de vivre nos amitiés en Dieu ; sur l’amitié comme témoignage évangélique ; sur l’amitié comme force au service de la mission, ou encore sur l’amitié comme chemin de préparation à vivre l’amitié du Père, du Fils et de l’Esprit…

Après un temps de partage en petits groupes, l’Eucharistie suivie du repas convivial nous ont permis de resserrer concrètement nos liens de fraternité et, je l’espère… d’amitié !

La vie par ici…

            Le noviciat poursuit son petit bonhomme de chemin… L’harmattan semble se terminer, cela veut dire retour de la période la plus chaude de l’année… Nos semaines, déjà trop remplies, sont encombrées en ce moment par un nouveau défi… Devant changer notre vieux minibus âgé de plus de vingt ans et ayant 350 000 km au compteur, nous avons décidé de prendre un minibus un peu plus grand de 15 places, sauf que nous n’avions pas songé au départ qu’il nous faudrait alors le permis de transport en commun… Me voici donc retournant sur les bancs de l’auto-école pour repasser le code (version togolaise) et la conduite d’un grand autocar… C’est un défi de trouver quelques heures par semaine, communes aux trois frères qui se sont engagés dans ce défi…

Enfin, je ne vous dis pas que je suis passablement affligé par la prise de fonction de M. Trump, dont la position se résume à « Que Dieu bénisse l’Amérique et je me fous du reste ! » Cela n’est pas d’un bon augure pour les défis de notre planète qui eux ne s’arrêterons pas aux murs que nous construisons entre nos peuples !

Sur ces quelques nouvelles et réflexions, bonne semaine, j’envoie un peu de chaleur à celles et ceux qui en ont besoin…

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Une Église ou des Églises !

 Allez, un peu bousculé par le temps je me permets de vous repartager la méditation d’il y a six ans que je trouve pas si mal…

21 janvier 2017, 3ème dimanche A, Mt 4,12-23

          Les deux péricopes proposées à notre méditation dans l’évangile de ce dimanche, rapprochent deux dimensions caractéristiques de la révélation chrétienne, son universalité et sa singularité ! D’une part, en effet, la citation d’Isaïe évoque les Nations, toutes appelées à accueillir la grande lumière du Verbe fait chair, d’autre part, l’appel de quelques pêcheurs sur les rives du lac de Génésareth marque la dimension locale et singulière de la vie de Jésus de Nazareth. Or, c’est bien en raison de son Incarnation singulière, dans un peuple, dans un lieu, dans une époque, dans une culture donnés que l’Homme-Dieu rejoint tout être humain, nécessairement lié à un peuple, à un lieu, à une époque, à une culture… Un Homme-Dieu au dessus de ces réalités, n’aurait pas adhéré à notre condition humaine. La façon dont l’universalité du christianisme se joue dans sa capacité à s’incarner dans des lieux, des époques, des cultures différentes, m’apparaît essentielle en cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens !

Des Églises apostoliques !

       Vous verrez parfois l’Église représentée sous la forme d’un arbre avec des branches multiples, comme si d’un unique tronc, qui correspondrait au premier temps de l’Église, avaient émergé, au cours des siècles, les différents rameaux du christianisme. Cette image est assez éloignée de la réalité historique. En effet, dès le départ, nous n’avons pas une Église unique, un tronc unique, mais des Églises apostoliques, c’est-à-dire fondées par les apôtres. Qui plus est, le plus grand fondateur d’Églises, saint Paul, ne faisait pas partie des Douzes et il se donnera à lui-même le nom d’Apôtre ! Si le Nouveau Testament témoigne des ordres de mission donnés aux apôtres, « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19), aucun texte cependant, pas même parmi les écrits apocryphes, ne nous donne une liste complète des apôtres avec le champ missionnaire réservé à chacun d’eux. La tradition nous rapporte, par exemple, que la Perse et l’Inde furent évangélisées par Thomas, (dont se réclament donc les Églises Assyriennes, Malabares, Malankares, Syro-Malankares) ; l’Église Éthiopienne se réclame de Matthieu, l’Église Apostolique Arménienne de Jude (ou Thadée) et Barthélémy, l’Église Copte de Marc (qui n’était pas apôtre), Constantinople se rattache indirectement à André, considéré également comme l’évangélisateur de la Roumanie. L’Église de Jérusalem se réfère à deux Jacques, le mineur (apôtre) et le « frère du Seigneur ». Quant à Rome, bien sûr, ses pierres de fondation sont les apôtres Pierre et Paul… Voilà comment l’appel d’hommes singuliers –pêcheurs, collecteur d’impôt, zélote, disciples du Baptiste, chercheurs de Dieu…– engendrera des Églises singulières…

Des Églises en communion !

        Tout de suite cependant, il faut ajouter que le Christ n’a pas appelé les apôtres pour les envoyer directement en mission, individuellement. Il les a rassemblés, les a invités à partager sa vie itinérante durant trois années et parfois à partir en mission deux par deux. On retrouve d’ailleurs ces groupes de missionnaires après la pentecôte : Philippe, Barthélémy et Jean prêchent ensemble à Hiérapolis ; Paul évangélise avec Marc et  Barnabé etc. Il ne s’agit pas de prêcher pour soi mais de prêcher l’Évangile de Jésus Christ, ce que rappelle Paul avec virulence dans la seconde lecture de ce dimanche : « Chacun de vous prend parti en disant : ‟Moi, j’appartiens à Paulˮ, ou bien : ‟J’appartiens à Apollosˮ, ou bien : ‟J’appartiens à Pierreˮ, ou bien : ‟J’appartiens au Christˮ. Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce donc Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Co 1,12-13) Dès le départ se pose donc la question de la communion entre des Églises locales singulières. Et dès les débuts de l’Église, des synodes, des conciles vont être nécessaires pour inventer l’unité. Il suffit de penser à l’assemblée de Jérusalem, où Paul vint poser la question des modalités d’accueil des pagano-chrétiens dans l’Église. Ces rencontres n’impliqueront jamais qu’un apôtre, ou qu’un de leurs successeurs, ait un pouvoir de juridiction sur l’ensemble des Églises. Mais elles témoignent d’une communion qui s’est inventée dans le respect des singularités de chaque Église.

Des Églises tendues vers l’unité !

            N’oublions pas, enfin, le but ultime de cette communion, il n’en va pas simplement de la crédibilité du témoignage chrétien –bien que le contre-témoignage de notre division soit un scandale– ; fondamentalement, il en va du salut de l’humanité, puisque le Christ est venu rassembler en lui tous les humains afin de les porter dans la communion trinitaire. L’unité vers laquelle nous sommes tendus, n’est autre que la Tri-unité du Père du Fils et de l’Esprit, trois personnes singulières et pourtant un seul Dieu. Cet horizon trinitaire eschatologique révèle le type d’unité-communion à construire entre les Églises, mais nous permet aussi de reprendre conscience que cette unité est au service de l’humanité entière en marche vers sa plénitude en Dieu, et de reconnaître qu’elle ne peut être qu’inachevée ici-bas !

Alors, pour une mission universelle réellement incarnée :

Une Église… ou des Églises… en communion ?

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Jean : toujours actuel !

15 janvier 2017, 2° dimanche ordinaire, Année A,  Jn 1, 29-34 /

Jean, qui sera nommé plus tard le baptiste, le précurseur, le dernier des prophètes ne cesse d’être une figure toujours actuelle. Certes, cela fait longtemps que lui a rempli sa tâche d’indiquer l’Agneau de Dieu, le Messie, mais chaque époque, chaque génération, chaque contexte culturel a besoin de nouveaux prophètes, de nouveaux précurseurs, de nouveaux témoins. Serons-nous de ceux-là ? Car le Sauveur du monde est loin d’avoir rejoint tous les cœurs… Parmi bien des aspects de la vie de Jean j’en retiens trois qui peuvent encore nous inspirer : Jean l’ascète, Jean le dérangeant, Jean le serviteur effacé…

Jean, l’ascète…

S’il en est un qui ne s’est pas laissé encombré par les soucis matériels et le confort, c’est bien Jean ! « Il portait un vêtement de poil de chameau, et autour de ses reins une ceinture de cuir, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. » (Mt 3,4) Ce n’était pas encore le régime végan, mais pour ce qui concerne les insectes comme source de protéines il était tout à fait à la mode. La sobriété heureuse qui commence à tracer son petit bonhomme de chemin depuis quelques décennies et qui a reçu un appui de taille à travers l’encyclique Laudato Si’ du pape François, était déjà en marche sur les bords du Jourdain il y a deux mille ans. Comment a-t-on pu oublier ces milliers de moines, qui au cours des siècles, ont pris, comme Jean Baptiste le chemin du désert ? De l’Égypte et de la Série du IVe siècle en passant par la Russie du XIVe siècle jusqu’aux ermites d’aujourd’hui… Étrange actualité également que celle de nos grands-mères lavant les langes de nos parents ou sachant trier les déchets bien avant l’heure !  L’ascétisme de Jean revient à la mode ! En fait ce n’est pas une histoire de mode mais la redécouverte, génération après génération, de ce qui fait une vie humaine de qualité ! Si l’ascétisme de Jean vous effraie, ses traductions actuelles semblent tout à fait acceptable : « sobriété heureuse », « simplicité volontaire », « austérité joyeuse »… Serons-nous, comme Jean, les prophètes d’une vie désencombrée du superflu ?

Jean le dérangeant…

« Je suis la voix qui crie dans le désert » (Jn 1,23) Nous le savons Jean dérangeait les consciences trop installées dans la compromission : celle d’Hérode et d’Hérodiade en premier lieu, mais aussi celles de ces hommes et de ces femmes qui se laissèrent toucher par son appel à la conversion… Envers et contre tout il prêchait la vérité, les exigences d’une vie droite et la venue du Messie libérateur ! À l’heure de la pensée unique, des fausses nouvelles colportées par les réseaux sociaux, du populisme instrumentalisé oserons-nous être la voix qui crie dans le désert ? La voix qui essaie de mettre des nuances, de rétablir la vérité, de rappeler les leçons de l’histoire, la sagesse millénaire ; mais aussi la voix porteuse de la Parole de Dieu, non pas une Parole de Dieu instrumentalisée, mais dans toute sa cohérence évangélique ? Saurons-nous annoncer et témoigner de Jésus Christ, le Fils de Dieu, le libérateur, celui qui nous apprends qui est Dieu, qui est l’homme, et comment vivre ? Oserons-nous déranger nos proches, nos amis, nos décideurs ?

Jean le serviteur effacé…

C’est l’aspect le plus marqué dans le passage d’aujourd’hui : « Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté au peuple d’Israël. » (Jn 1,30-31) Jean ne travaille pas pour son propre compte, il n’est qu’au service de Celui qui l’a saisi : « Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit… » Jean donne toute son énergie pour le Père qui l’a choisi, pour l’Esprit qui le guide et pour le Fils non encore révélé… Sa tâche accomplie, il pourra s’effacer et le fera bien volontiers : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » (Jn 3,30) Nous décentrer de nous-même, travailler pour l’avènement du Royaume de Dieu, être serviteur, renvoyer toujours au Père, au Fils et à l’Esprit et non pas à nous… Voilà encore le chemin libérateur du véritable prophète, du véritable chrétien, du véritable serviteur des hommes et de Dieu !

Oui Jean le baptiste a rempli sa mission,

Mais sa figure est incontournable si nous voulons à notre tour annoncer le Messie :

Jean l’ascète, Jean le dérangeant, Jean le serviteur effacé :

Toujours actuel !

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« Que le Seigneur nous bénisse et nous garde ! »

Sainte Marie, Mère de Dieu,  Lc 2,16-21 /

La Bible, source inépuisable, nous fournit une très belle formule de vœux pour le début de l’année, tirée du livre des Nombre (6,24-26) :

« Que le Seigneur te bénisse et te garde !

Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce !

Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! »

En fait c’est une formule de bénédiction, et une ‘béné-diction’ consiste à dire du bien, ou souhaiter du bien. Reprenons simplement cette formule si vous le voulez bien…

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! »

Nous pouvons donc souhaiter que, cette année, le Seigneur nous donne de bonnes choses et nous garde de tout mal. Mais l’interprétation de cette formule est bien plus large : que le Seigneur nous garde sur le chemin du Bien, du Bon et du Beau ; qu’il nous garde sur la voie de la fidélité à sa volonté, à son projet de vie pour l’humanité… Que les épreuves, qui ne manqueront pas de marquer notre année, ne soient pas trop difficile à supporter ; qu’elles ne nous détournent pas de l’amour de Dieu et de notre prochain ; qu’elles ne fassent pas obstacle à ce que nous demeurions dans la droiture, la foi, l’espérance et la charité ! En résumé ne s’agit-il pas de souhaiter accueillir la Vie que le Seigneur ne manquera pas de nous offrir durant cette nouvelle année, à travers les peines et les joies !

« Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! »

Belle formule, mais pas forcément facile à comprendre… Il me semble qu’elle nous invite à être des témoins de Dieu, tous les jours de notre vie, ou plutôt à laisser le Seigneur agir par sa grâce à travers nous afin que nous soyons son visage, ses mains, sa parole pour nos frères et sœurs… On peut le comprendre à la lumière de la salutation de l’ange « Marie pleine de grâce » que nous fêtons aujourd’hui comme « Mère de Dieu ». Il est par trop évident que ce n’est pas de ses propres forces ou de son propre mérite, que Marie est devenue « Mère de Dieu », mais uniquement en laissant la grâce de Dieu agir à travers elle. Voici donc une deuxième dimension de ces vœux : que la Vie reçue de Dieu, puisse nous traverser, afin d’enrichir la vie de toutes celles et ceux que nous croiseront sur notre chemin durant cette année. Il en va de la dimension du service et de notre contribution à la vie du monde…

« Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! »

La troisième bénédiction, demande au Seigneur de veiller particulièrement sur celui à qui nous offrons nos vœux. Qu’il le regarde avec bienveillance, tendresse, consolation et paix… Mais, aimerions-nous dire, n’en est-il pas toujours ainsi de la part de Dieu envers chacun d’entre nous ? Oui certainement, et comme le dit saint Augustin, à propos des demandes du Notre Père, nous n’avons pas à informer Dieu ou à infléchir sa volonté, mais à nous préparer à accueillir ce qu’il veut nous offrir. Aussi, demander au Seigneur qu’il tourne vers nous son visage, cela implique, dans le même mouvement que nous prenions du temps pour la prière, pour la méditation, pour l’intériorité afin que nous puissions percevoir le regard bienveillant du Seigneur sur nous et accueillir sa paix !

Accueillir la Vie de Dieu,

La laisser nous traverser au service de nos frères et sœurs,

En prenant du temps pour notre vie intérieure…

Voici donc les trois bénédictions que je nous souhaite pour cette nouvelle année !

 « Que le Seigneur nous bénisse et nous garde !

Que le Seigneur fasse briller sur nous son visage, qu’il nous prenne en grâce !

Que le Seigneur tourne vers nous son visage, qu’il nous apporte la paix ! »

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« Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu… »

Fête de la Nativité du Seigneur (messe du jour),  Jn 1,1-18 /

Comme chaque année, la liturgie du jour de Noël, en contrepoint à la messe de la nuit, prend de la hauteur par rapport aux récits sur l’enfance de Jésus. Les textes nous plongent en effet dans le mystère de l’Incarnation avec le célèbre passage du prologue de l’évangile de Jean. C’est un texte que j’affectionne particulièrement notamment pour cette vision de l’Incarnation qui a commencé à se déployer depuis la Création du Monde (« Il était dans le monde »), qui se concrétise lors de la Nativité de Jésus (« Et le Verbe s’est fait chair ») et qui se poursuit jour après jour, au cours de l’histoire, jusqu’à la pleine « Christification du Monde », comme le disait si bien Teilhard de Chardin. Mais c’est un aspect de cette grande fresque de l’histoire du Salut qui retient mon attention cette année : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11). Car, malheureusement, il semblerait que cette affirmation soit de plus en plus vraie dans nos sociétés dites ‘chrétiennes’ qui semblent avoir mis la foi aux oubliettes, ou qui ne revendiquent plus leurs racines chrétiennes que comme une coloration culturelle ou un étendard identitaire !… En cette fête de Noël, il bon de nous interroger sur notre façon de nous situer par rapport à ce mystère de l’Incarnation du Verbe de Dieu dans notre Monde : Sommes-nous des chrétiens culturels, des chrétiens cultuels ou des chrétiens disciples du Christ ?

Sommes-nous des chrétiens culturels ?

       Oui, la foi chrétienne a donné lieu à de splendides réalisations culturelles et artistiques, que l’on pense à nos cathédrales, à nos églises romanes, ou à nos monastères ; à une grande partie de la musique classique ; aux festivités populaires de nos villes et de nos villages ; aux traditions culinaires… et que sais-je encore ! Et nous sommes, en général, très attachés à ces aspects de nos vies collectives et individuelles qui semblent leur donner de l’authenticité, qui nous rappellent surtout nos racines, notre enfance et qui nous font du bien. Mais franchement qu’est-ce que cela veut dire d’être attaché à toutes ces manifestations de la foi chrétienne si en même temps on se dit non-pratiquant ou contre l’Église ; si nous ne croyons pas que Jésus soit le Fils de Dieu ; si l’on se sent plus proche du Bouddhisme -dans sa version occidentale déformée et athée- que du christianisme ; ou si l’on se déclare ouvertement agnostique, ne sachant pas trop ce qu’il en est de l’existence de Dieu et d’une vie après la mort ? Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont plus reconnu…

Sommes-nous des chrétiens cultuels ?

     Dans certaines régions du monde, où la pratique religieuse est encore liée à une pression sociale et familiale, on trouve aussi des chrétiens « liturgisés », ce que j’appelle des chrétiens cultuels qui semblent fréquenter l’eucharistie dominicale, ou au moins les célébrations des grandes fêtes chrétiennes -surtout Noël-, pour faire plaisir à la maman ou à la grand-mère. Parfois cette pratique s’accompagne d’une certaine foi, mais il ne faut pas leur parler d’engagements au service de l’Église, d’accueil de migrants, de mouvements chrétiens, de retraite spirituelle ou de témoignage de leur foi… C’est plutôt « moi et mon Dieu ! » : une affaire privée ! Il est venu chez les siens et les siens n’ont pas voulu faire communauté…

Sommes-nous des chrétiens disciples du Christ ?

       « Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » (Jn 1,12) N’en déplaise à ceux qui veulent interpréter à leur manière la vie de Jésus, qui en prennent, un peu, et qui en laissent, beaucoup, de ce que dit l’Église. Jésus est venu fonder une communauté de disciples. Comme le disait notre fondateur, le P. d’Alzon : « Si vous ne voyez dans la crèche que le berceau du Dieu fait homme, vous n’avez rien compris au mystère. Avec Jésus Christ naît toute l’Église. » Il faut le répéter à temps et à contre temps, Jésus n’a rien écrit, Jésus n’a laissé aucune loi, la seule chose qu’il ait « instituée » c’est une communauté de disciples. Et ce sont ces premiers disciples qui ont mis par écrit leur expérience de foi en Jésus Christ à travers les épitres et les évangiles. Sans eux nous ne saurions rien de Jésus ! Comment croire alors que l’on puisse dire encore « Jésus oui, l’Église non ! », sans l’Église il n’y a aucun accès à Jésus ! Les seuls écrits non ecclésiaux évoquant Jésus sont quelques lignes de Flavius Joseph, historien juif des premiers siècles, dans ses Antiquités judaïques parues en 93 ou 94, pas de quoi construire un portrait de Jésus… Se dire chrétien, c’est donc se reconnaître disciple du Christ ; se considérer comme membre de la communauté des disciples ; chercher sans cesse à approfondir et à vivre sa foi grâce aux sacrements, aux enseignements de l’Église, à un engagement en Église ; cultiver une relation personnelle avec Jésus Christ, grâce à la prière ; s’engager, avec d’autres, au service du monde et des plus petits…

Alors fêter Noël, oui, mais le fêterons-nous en tant que chrétiens ?

Et quel chrétien ?

Chrétien culturel ? Chrétien cultuel ? Ou Disciple du Christ ?

 

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Bonne dernière ligne droite vers Noël !

             Juste un petit mot pour vous souhaiter juste une bonne dernière ligne droite vers Noël, tous les préparatifs contribuant à s’ouvrir le cœur pour ce temps :

  • Temps de partage, de solidarité et de paix…
  • Temps de retrouvailles familiales pour la plupart…
  • Temps de retour à la religion de son enfance pour certains…
  • Temps d’action de grâce pour la venue de Dieu dans notre monde pour d’autres…
  • Temps de renouvellement dans la foi, avec le désir de poursuivre l’Incarnation de Dieu aujourd’hui par nos gestes et nos paroles, pour les chrétiens qui ont une foi active…

Comme chaque année, vivre Noël à Sokodé est tout un défi pour moi, rien ne ressemble au Noël de mon imaginaire : pas d’hiver, pas de neige, pas de décorations en ville (ou si peu), pas de fébrilité pour préparer les fêtes, pas de retrouvailles familiales… Bref, un dépouillement un peu rude, avec le privilège d’échapper au matraquage commercial et de vivre Noël de façon plus intériorisée, mais aussi avec le sentiment de passer un peu à côté de la fête…

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Joseph !

4e dimanche de l’Avent, année A, Mt 1,18-24 /

L’annonciation à Joseph, car c’est bien de cela dont il s’agit, est-elle plus abordable que l’annonciation à Marie ? Je veux dire par-là qu’il me semble peut-être plus facile de nous identifier à Joseph qu’à Marie ? Joseph, qui est un homme bon, cherche à faire pour le mieux à partir de sa petite compréhension des évènements – « il décida de la renvoyer en secret » -, mais finalement il va accepter de changer sa décision grâce à l’intervention de l’Esprit. Marie, pleine de grâce, semble, elle, déjà pleinement ajustée au désir de Dieu… C’est l’évangéliste Matthieu, avec qui nous cheminerons tout au long de cette nouvelle année liturgique A, qui nous vaut cette belle page de l’Écriture. Car Matthieu, qui s’adresse à des judéo-chrétiens, cherche sans cesse à montrer qu’en Jésus s’accomplissent les Écritures et l’attente messianique du peuple juif. Il va, encore dans le récit de ce dimanche, faire appel au premier Testament, plus précisément au prophète Esdras : « Voici que la Vierge concevra… ». C’est dans cette même logique qu’il commence son évangile par la généalogie de Jésus, à partir de David et jusqu’à Joseph… Puisque le Messie est censé être fils de David, et que les généalogies s’écrivent, en tout cas dans cette société patriarcale, au masculin. Bref, Matthieu vient de déployer tout un effort généalogique qui cependant aboutit à Joseph qui n’est pas le père biologique de Jésus, mais l’époux de Marie ! Alors Matthieu déploie cette annonciation à Joseph pour montrer que, malgré cela, Joseph assume bien sa paternité par adoption, qu’il est acteur et non passif dans cette histoire, qu’il est bien partie prenante dans la constitution de la sainte famille – « il prit chez lui son épouse » – et que c’est lui, père légal, qui donnera le nom à l’enfant : « tu lui donnera le nom de Jésus » ! Cette annonciation à Joseph peut donc nous inspirer : persévérance, inspiration et Vie !

Persévérance !

En fait, pour Joseph, ce n’est pas un, mais deux projets qui sont contrariés. D’abord le projet de mariage, puis le projet de séparation… Le pauvre Joseph qui cherche pourtant à vivre bien et de façon juste, est passablement malmené par les évènements. Cela ressemble trop bien à nos vies : nous aussi nous voulons vivre en honnête homme, nous faisons des projets de vie, nous voulons fonder une famille, avoir un métier honnête, mais finalement rien ne va comme nous l’avions prévu ! Le risque serait alors, d’une part le découragement, et d’autre part de faire fi de son honnêteté de fond afin de trouver des solutions plus forcément très juste… Joseph, va nous enseigner que malgré la situation très difficile dans laquelle il se trouve, qui semble atteindre son honneur, sa réputation, sa fierté… un chemin de bonté, d’honnêteté, de justice est possible. Oui, souvent, il faut savoir passer outre les ‘qu’en dira-t-on’, les soupçons, les mauvais conseils des amis, pour trouver le bon chemin et la bonne solution !

Inspiration !

Notre passage illustre parfaitement le dicton : « la nuit porte conseil », puisque c’est dans son sommeil que l’Esprit pourra parler à Joseph ! Certes, le texte nous parle d’un ange, et il s’agit de la situation bien particulière de la naissance du Messie, mais dans nos propres vies il n’est pas forcément besoin d’une intervention miraculeuse de la part du Seigneur, prendre un temps de retrait, de prière, de sommeil est souvent suffisant pour que ce ne soient plus nos idées affolées qui tournent dans nos têtes, mais l’Esprit de Dieu qui inspire nos choix. Il nous faut donc sans cesse réentendre ce « Ne crains pas ! » : des épreuves et des malheurs Dieu peut faire surgir un plus grand bien. Un chemin de vie est toujours possible, encore faut-il prendre les moyens d’être à l’écoute de l’Esprit !

Vie !

« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. »  (Mt 1,24) Après les projets contrariés et le temps de la réflexion et de l’Inspiration, Joseph agit de façon bonne et au service de la vie, comme il le fera encore -de nouveau après un songe-, lorsqu’il s’agira de mettre sa petite famille à l’abri en Égypte. Voilà ne nouveau un critère qui nous est donné, après les épreuves et le discernement, il s’agit d’agir pour un surcroit de vie. Ne pas se laisser affaiblir par l’épreuve mais poser avec courage les gestes que nous avons discerné être les plus adaptés, les plus nécessaires, au service de la vie ! Vous voyez que Joseph est loin d’être le « dindon de la farce », ou le doux benêt que l’on s’imagine parfois… C’est au contraire un homme qui ne se laisse pas abattre, ni détourner de la justice par les épreuves ; c’est encore l’homme du discernement, disponible au souffle de l’Esprit ; c’est enfin l’homme d’action au service de la Vie !

Matthieu a bien fait de mettre en valeur la figure de Joseph, elle n’enlève rien à celle de Marie…

Serons-nous, comme-lui, persévérant dans l’épreuve ?

Nous laisserons-nous, comme lui, inspirer par l’Esprit ?

Oserons-nous, comme lui, poser des gestes de Vie ?

 

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Entre deux mondes…

            Vous l’avez remarqué, je suis de plus en plus irrégulier dans ma lettre soi-disant hebdomadaire, mais cela vous permet, au moins, de ne pas être inondé par mes courriels… Ces dernières semaines c’est un déplacement à Lyon pour la première session de notre chapitre provincial qui est à l’origine de ce silence : programme bousculé avant de partir, temps bien rempli durant le séjour et réatterrissage dans mon coin du monde…

J’avoue qu’il ne m’est guère facile de passer d’un monde à l’autre, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Je ne suis que dans ma sixième année au Togo et je comprends de mieux en mieux l’impossibilité pour d’anciens missionnaires de retrouver leurs marques dans leur pays d’origine.

            Pourquoi parler de deux mondes ? Sur le plan anecdotique on aime évoquer le choc climatique, ce n’est pas faux, je suis passé, les jours derniers, de 30° à -7°C, mais ça ce n’est pas vraiment un problème, le corps s’adapte et les vêtements nous y aident bien. La durée de lumière naturelle, réduite en cette fin novembre, était déjà un peu plus problématique (9h en France, 12h ici), mais j’ai eu la chance de journées ensoleillées durant mon séjour. Mais le choc des deux mondes se situe ailleurs : de mon coin de brousse sans électricité aux grandes villes de Lyon et de Paris, rien n’est comparable ; d’une connexion internet épisodique et hyper lente à une connexion haute vitesse disponible quasiment partout, avec des gens constamment le nez dans leur smartphone (mais cela vient aussi ici) cela n’a rien à voir ; des rues grouillantes d’Afrique, remplie de jeunesse et de vie aux rues vides de nos villes et villages, bétonnées, macadamisées et aseptisées, c’est bien différent. Mais tout ceci, se sont encore des différences superficielles…

Des différences plus profondes ont retenu mon attention :

– Le niveau de consommation et le coût de la vie sont incomparables (nous sommes, en Afrique aussi, dans une société de consommation, mais le manque de ressources freine cette consommation) :  repas excessifs et, particulièrement lors de notre chapitre provincial -style d’accueil hôtelier oblige- une nourriture foisonnante six fois par jour (petit déjeuner avec un choix immense, pause en milieu de matinée, repas de midi, pause en milieu d’après-midi, repas du soir, et encore grignotage à profusion avant le coucher), et de qualité bien-sûr !

– Une société froide et organisée où les distributeurs automatiques et tous les services rendus possibles par la technologie remplacent la relation humaine. « Ici, c’est le règne de l’électronique » disait un de nos jeunes frères africains découvrant l’Europe…

– Un style de vie religieuse façonné, souvent involontairement, par des types d’habitation, par des types d’insertions professionnelles, par un niveau de vie, qui m’interroge… Comment ce style de vie religieuse confortable et installée pourrait-il interpeller de jeunes occidentaux ?

– Comme religieux missionnaire, c’est aussi tout un décalage : ici je suis un vieux et respecté comme tel. Les jeunes frères s’empressent de rendre service à leurs frères aînés pour toutes sortes de petits détails du quotidien… Dans nos communautés en France, je suis plutôt du côté des jeunes, ou disons des moins jeunes, et nos communautés, comme la société dans laquelle elles sont insérées, sont marquées par l’individualisme. Heureusement que des frères d’autres nationalités apportent leur simplicité et leur serviabilité dans nos maisons.

Je pourrais multiplier les exemples, et je prends conscience qu’il n’est pas facile de nommer cette différence entre nos deux mondes, mais je vous assure qu’elle est bien réelle et qu’on ne passe pas aisément d’un monde à un autre…

La vie par ici

Les semaines passées furent donc marquées par la première session de notre chapitre provincial d’Europe, … Nous étions 70, élus et invités, religieux et laïcs, pour une semaine de travail et de partage sur les grands thèmes du moment : une enquête auprès des religieux de la province, la formation, l’alliance laïcs et religieux, l’Afrique de l’Ouest, l’Asie, la pastorale des jeunes et des vocations, « hommes de foi proposant la foi », « solidaires des pauvres », « hommes de communion », questions économiques, question de structures… Tout ceci sous le thème général « À vin nouveau, outres neuves ! » Ce n’était qu’une première étape de travail puisque celui-ci se poursuivra lors du chapitre général d’une part et lors de la seconde session de notre chapitre provincial qui se tiendra en juillet prochain… Affaire à suivre ! Vous pouvez lire des échos plus détaillés de notre assemblée, et retrouver de nombreuses photos, sur le site de la province, en cliquant ici !

 

L’autre évènement ce fut l’édition 2016 de la marche de la fraternité interreligieuse à Sokodé. Comme d’habitude elle a rassemblé plusieurs milliers d’élèves. Un beau succès malgré un agenda compliqué en raison du report de la rentrée scolaire : le temps de préparation fut court et plusieurs établissements avaient programmé des devoirs durant la matinée… Les élèves ont pu cependant se rattraper en participant à la seconde partie de la journée ! Voir des photos en cliquant ici !

 

Sur ces quelques nouvelles, bonne route vers Noël… Que votre attente soit active, confiante et engagée !

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