Des petits riens qui peuvent nous conduire à la sainteté…

10 juillet 2016, 15e Dimanche ordinaire, année C, Lc 10,25-37 /

logo misericordeVoici donc le fameux texte du « Bon Samaritain », particulièrement mis en valeur durant cette année jubilaire de la Miséricorde. Spontanément je pensais que le logo retenu pour cette année était une illustration du « Bon Samaritain », mais en m’intéressant de plus près à ce logo j’apprends que c’est plutôt une image du « Bon Pasteur », le Christ portant sur ses épaules l’Adam, c’est-à-dire toute l’humanité. En fait, ces paraboles du « Bon Pasteur » et du « Bon Samaritain » illustrent bien, sous différents angles, une même réalité, celle de la miséricorde divine à recevoir et à faire nôtre. Pour approfondir cela, nous pouvons méditer la parabole de ce jour en nous identifiant tour à tour à chacun des personnages : les bandits, l’homme blessé, le prêtre ou lévite et le bon Samaritain…

Les bandits…

Vous me direz peut-être que vous n’avez rien d’un bandit, dépouillant et rouant de coups un pauvre voyageur… Et pourtant ! Lorsqu’on regarde notre monde, avec ceux qui profitent bien du système en place, ceux qui s’en sortent et ceux qui sont laissés pour compte, on peut légitimement se demander si nos façons de vivre ne sont pas semblables à celles de bandits dépouillant les uns pour enrichir les autres. Je ne voudrais pas trop enfoncer le clou mais vous savez comme moi que le commerce équitable est marginal dans nos sociétés, cela veut dire que pour la plupart des produits, sont achetés à moindre coût sans se soucier de la justesse de la rémunération de toutes celles et ceux qui ont travaillé pour nous rendre ce produit disponible : que ce soit le producteur de cochon breton, l’employé chinois dans les usines de chaussettes ou le paysan ivoirien cultivant le café et le cacao… Vous n’êtes pas non-plus sans savoir que si tous les habitants du monde vivaient sur le même standard de vie qu’un américain il nous faudrait 5 planètes, sur le niveau de vie d’un européen 2,5 planètes, alors que sur le niveau de vie d’un africain moins d’une demie-planète suffirait… Tous les humains sont des voyageurs sur cette Terre, ayant droit à leur part des biens de ce monde. Cette parabole nous invite à nous interroger de nouveaux sur nos frères blessés par notre façon de vivre…

L’homme blessé…

Mais nous pouvons aussi nous identifier avec l’homme blessé, ayant besoin de la miséricorde de nos frères et de Dieu. Oui chacun de nous porte ses blessures, plus ou moins visibles… Nos misères peuvent être matérielles, avec la difficulté de joindre les deux bouts ; mais aussi psychologiques en raison de notre histoire de vie ; spirituelles lorsque nous ne trouvons pas de sens à notre vie ; ou morales lorsque le péché nous tire vers le bas… Quelques soient nos misères, le Christ s’arrête auprès de nous et viens nous soutenir sur le chemin, parfois de façon miraculeuse mais souvent de façon simple grâce à un ami fraternel que Dieu place sur notre chemin. N’avons-nous pas tous soif de miséricorde, de bienveillance, de soutien ? Cette parabole nous redonne l’espérance d’être un jour relevé !

Le prêtre, le lévite ou le Samaritain ?

Le prêtre ou le lévite : facile de nous reconnaître dans ces deux-là : les changements de trottoirs on connait, surtout dans nos grandes villes cosmopolites et anonymes. Mais peut-on être toujours sur le mode du bon Samaritain, à part les saints, je ne crois pas… Et encore, avant de décider un jour de quitter son travail d’enseignante pour s’occuper des plus petits de la ville, la bienheureuse Mère Térésa avait dû changer de trottoir assez souvent dans cette ville de Calcutta. J’aime souvent constater qu’on ne devient pas saint du jour au lendemain, ni capable de grandes choses en claquant des doigts… Tous les saints ont d’abord commencé par un petit geste avant qu’il ne les entraîne plus loin. Donc, non, nous ne pouvons pas nous arrêter à toutes les misères croisées sur notre route, mais nous ne sommes pas non plus obligés de fermer systématiquement notre cœur. Un geste, un jour où l’on est bien disposé ; un geste, un autre jour et peut-être nous conduiront-ils jusqu’à la sainteté… « Va, et toi aussi, fais de même » !

Être miséricordieux comme le Père,

C’est d’abord ne pas blesser nos frères,

Être capable d’accueillir la miséricorde de Dieu,

Et apprendre à élargir notre cœur petit à petit, à partir de petits riens !

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Temps du ressourcement

       IMGP4943Mon silence récent était dû à une semaine de retraite organisée pour l’ensemble de nos communautés d’Afrique de l’Ouest. Nous étions donc 17 religieux et 7 novices sous la houlette du P. Laurent Bodart et de l’Esprit Saint…. Une belle semaine à l’écart, au beau centre diocésain de Dalwak, près de Dapaong, tenu par les Sœurs de saint François (voir les photos ci-dessous).

Tableau de Rembrandt

Tableau de Rembrandt

La retraite avançait sur deux pieds : une méditation du chapitre neuvième de l’Évangile selon saint Luc d’une part : « Pour vous qui suis-je ? » et une méditation de la Parabole du « Père Miséricordieux », habituellement nommée « Le Fils prodigue »… En fait ces deux portes d’entrée n’étaient pas si éloignée l’une de l’autre… Nous avons eu la chance de recevoir chacun, de la part du P. Laurent, une belle reproduction du fameux tableau de Rembrandt sur cette parabole. Il fut très agréable de prendre le temps de méditer longuement et lentement ces textes qui nous ont réservés bien des surprises. La première démarche demandée consistait à réécrire de mémoire la parabole et ensuite de la comparer avec le texte de Luc : pourquoi certains ajouts, certains oublis ? Une bonne façon de faire pour bien connaître le texte !

Il serait fastidieux de vous partager toutes les découvertes de cette retraite, et puis c’est un travail à faire chacun personnellement, mais je me permets de vous envoyer deux commentaires de ce tableau, parmi de nombreux autres, trouvés sur la Toile :

Une méditation du Paul Baudiquey

Un commentaire de Damien Le Guay

Finalement cette parabole et l’interprétation qu’en fait Rembrandt se résume à une expression : « Être miséricordieux comme le Père ! »

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« Allez ! Je vous envoie… »

3 juillet 2016, 14e Dimanche ordinaire, année C, Lc 10,1…20 /

138EEh oui, tout baptisé est envoyé par la Christ en Mission ! Nous considérons-nous vraiment comme des envoyés du Christ au service du Royaume de Dieu ? La question est bien formulée par la sœur Emmanuelle Billoteau dans le Prions en Église : « Entre une discrétion qui frise la démission et une programmation conquérante, comment nous situons-nous par rapport à la mission ? » La page d’Évangile de ce jour est éclairante sur bien des points : elle précise le travail à faire, les moyens à prendre et le soutien apporté par le Seigneur.

Un travail bien précis : Moissonner !

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Lc 10,2) Quelle insistance ! Par trois fois on parle de moisson, de maître de la moisson, d’ouvriers pour la moisson. Notre tâche est donc claire, il s’agit de récolter ce que le Seigneur a fait germer et pousser dans les cœurs. Son Esprit nous précède… N’avez-vous jamais fait cette expérience, en essayant de parler des « choses de Dieu » avec quelqu’un, de constater combien, malgré parfois une opposition de façade et des reproches un peu trop stéréotypés, la personne à qui vous vous adressez porte en elle de vraies questions et parfois de vraies réponses, mêmes si elles ne sont pas encore éclairées par la révélation de l’Évangile. J’ai toujours en mémoire cette réflexion d’un de nos frères américains : « Bien souvent nous voulons apporter l’Evangile en répondant aux questions que les gens ne se posent pas… Avant d’apporter des réponses, encore faudrait-il être à l’écoute des questions qu’ils se posent ! » Donc, oui, nos frères et sœurs humains se posent des questions, réfléchissent et leur cœur est travaillé par l’Esprit, ils ont un certain sens du divin, ils se sont, en général, déjà engagés sur le chemin d’une vie belle et bonne. Nôtre tâche ne consiste donc qu’à venir récolter tous ces bons fruits, à mettre des mots sur les recherches tâtonnantes, à accompagner à la lumière de l’Évangile le chemin déjà entrepris. N’est-ce pas cela être moissonneur ?

Des moyens évangéliques…

Le Seigneur nous donne, ensuite des repères bien précis pour la mission. Si nous voulons annoncer l’Évangile il nous faut prendre des moyens évangéliques ! Cela permet déjà d’éliminer des façons trop conquérantes de faire… Envoyés « deux par deux » : ce n’est pas mon affaire personnelle avec mes propres idées, mais c’est une mission reçue et à réaliser communautairement. Deux par deux, on peut se soutenir mais aussi s’interpeller sur la façon de faire… « Comme des agneaux au milieu des loups… », et non pas comme des loups au milieu des loups. Cela veut dire une façon de faire non violente, désarmée, où l’on sait d’avance que l’on se fera malmener et qu’il faudra tenir bon dans un témoignage d’amour des ennemis… « Sans bourse, ni sac, ni sandales… », dépouillé de tout, pour ne pas croire que le succès viendrait de nous et de nos stratégies, comme on le voit trop dans certaines façons de faire d’Églises du Réveil, copiées aussi par certains mouvements catholiques. Il faudrait plutôt regarder du côté de saint François d’Assise se dépouillant de tout, nu, et pourtant ses premiers compagnons seront déjà 5 000 huit années seulement après ce fameux geste de François !… Sans « s’arrêter en salutations sur la route », c’est-à-dire en ne se laissant pas détourner de la mission, mais en ne recherchant que l’annonce du Royaume de Dieu : Que de distractions aujourd’hui auxquelles nous devons résister ! Bref, il s’agit d’être des missionnaires tout abandonné à Dieu et ne comptant que sur ses forces à Lui !

Soutenu par le Seigneur…

« Je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. » (Lc 10,19) Si nous sommes effectivement au service du Royaume de Dieu, au service des plus petits, démunis de tout, et remis entre les mains de Dieu : rien ne pourra nous atteindre. J’allais dire que nous constatons cela chaque jour sous nos latitudes africaines. Le Malin, faisant appel aux manœuvres spirituelles, aux forces obscures, aux envoûtements, aux fétiches etc… se démène de toutes ses forces pour faire obstacle aux envoyés de Dieu, mais nous constatons aussi son inefficacité face au Christ Sauveur, maître de toute chose et à qui tous les esprits sont soumis. Sous d’autres latitudes, les manœuvres du Malin apparaîtront moins magiques, mais elles cherchent tout autant à détourner de la quête du Royaume de Dieu : séduction par l’argent, par le pouvoir, par la sensualité, par l’égocentrisme etc… Mais en tout cela nous somme les grands vainqueurs : « Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8,38-39)

Alors, la méditation de l’Évangile de ce dimanche ne nous relance-t-elle pas pour la mission ?

Il s’agit d’aller tout simplement récolter ce que le Seigneur a semé,

Avec des moyens évangéliques,

Assurés de la présence du Seigneur à nos côtés…

 

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Fin d’année à Sokodé

 Ramadan…

Session sur les grandes religions

Session sur les grandes religions

Comme vous le savez, la ville de Sokodé est la plus musulmane du pays, nous sommes donc en communion avec nos frères musulmans en plein mois de Ramadan. Cette année les astres étaient alignés, d’une certaine manière, puisque durant ce mois de Ramadan nous venons de vivre au noviciat une session sur les grandes religions et notamment l’Islam ainsi que la dernière conférence du Centre Culturel portant également sur l’Islam. El Hadj Bako et El Hadj Tangao, nos fidèles intervenants, nous ont entretenu sur l’histoire de l’islamisation de la région de Sokodé qui remonterait à 1707… Nous avons aussi appris que l’Islam de Sokodé, sunnite, est surtout marqué par la tendance Malékite (une des quatre écoles juridiques de l’Islam fondée par l’imam Malik Ibn Anas) et que la confrérie soufie présente à Sokodé est La Tijjaniyya (fondée au Maghreb au XVIIIe siècle)… La divergence fondamentale entre les gens de la Sunna et les soufis concerne la possibilité d’entrer en communion avec Dieu, de participer à sa sainteté, de vénérer des saints, pour les gens de la Sunna cela remet en cause l’unité de Dieu : Dieu est à sa place et les croyants à la leur… Nous avons aussi appris pas mal de chose sur l’Islam de Sokodé, la place du Grand Imam et du Chef spirituel (chef des musulmans) ; le fait qu’ici on ne fait pas passer d’épreuve pour le choix du Grand Imam (comme cela devrait se faire), mais qu’il est choisi à tour de rôle parmi quatre clans ; qu’il y a un autre clan qui est plutôt celui des érudits de l’Islam, mais qu’ils ne peuvent pas être Grand Imam… Que l’alpha, érudit de l’Islam, contrairement à l’imam ne reçoit pas un mandat de la communauté mais qu’il s’érige alpha par lui-même et par sa science d’une certaine manière etc… En tout cas un grand merci à nos deux amis pour tous leurs apports…

Probatoire…

Au Togo, le Bac probatoire est toujours bien en place, alors qu’il a été supprimé en France en 1964, et c’est une rude épreuve ou beaucoup échouent. Il faut dire que le niveau est bien plus élevé qu’en France, puisqu’on fonctionne sur d’anciens programmes. Par exemple, en math, plusieurs éléments du programme de terminale sont du niveau de l’université en France. Cette année les résultats sont assez catastrophiques (variant de 13% à 85% suivant les séries). Le taux de réussite au BAC 1 est de 58,66% dans l’enseignement général et de 40,61% dans l’enseignement technique, en recul de plus de 20% par rapport à 2015. Félicitations à ceux qui ont réussi, courage à ceux qui ont reporté leur réussite à l’année prochaine et courage aux élèves de terminale qui passeront leurs épreuves cette semaine.

Retraite…

Pour la première fois nous avons réussi à organiser une retraite commune à tous les religieux assomptionnistes d’Afrique de l’Ouest, c’est donc demain que nous entrerons en retraite sous la houlette du P. Laurent Bodart, 1er assistant du Provincial d’Europe. Un temps bien nécessaire pour reprendre force dans le Seigneur notamment en cette fin d’année qui ne manque pas de son lot d’épreuves…

Fin d’année…

Dans nos maisons de formation, noviciat, postulat, on ressent une certaine fébrilité puisque ce temps de fin d’année est celui des évaluations, des rapports, des admissions, des nominations. Pas toujours facile de gérer tout cela lorsqu’on sait qu’il s’agit de se prononcer sur l’avenir d’un homme, ou de réorganiser nos communautés pour nous ajuster au mieux à la mission confiée. Nous comptons fortement sur vos prières…

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« Pour vous qui suis-je ? »

19 juin 2016, 12e Dimanche ordinaire, année C, Lc 9,18-24 /

pourvousNous connaissons bien ce passage où Jésus demande à la foule d’une part, puis aux disciples d’autre part : « Pour vous qui suis-je ? » Il est intéressant de noter les différentes étapes de la question, comme si Jésus ne voulait pas que ses disciples les plus proches lui répondent trop rapidement, en lui sortant les clichés qui circulent sur lui. Cette pédagogie n’est-elle pas toujours pertinente pour nous aujourd’hui ? Premièrement, quels sont les clichés qui circulent sur Jésus ? Quelles réponses anonymes des foules entendons-nous de-ci de-là ? Deuxièmement, que dit l’Église ? Et enfin qu’en-est-il pour nous- même ? Sommes-nous d’accord avec ces réponses ? L’Évangile nous invite à une réponse personnelle et réfléchie : à partir de notre expérience personnelle, des témoins rencontrés, des personnes qui ont marqué notre histoire, et en premier lieu nos parents et grands-parents, sommes-nous aussi prompt à faire nôtres les réponses toutes faites que l’on entend alentour ? Reprenons ces questions : Que disent les foules ? Que dit l’Église ? Qui est Jésus pour moi ?

Que disent les foules ?

Les plus obscurantistes diront que Jésus est une légende, sauf qu’historiquement le personnage est bien identifié et le mouvement de ses disciples se déployant sur tout le pourtour méditerranéen au premier siècle de notre ère est bien documenté. Les seconds diront de lui que c’était un sage, un prophète, un homme exemplaire, à la manière d’un Mahatma Gandhi, d’un Martin Luther King ou d’un Nelson Mandela, qui peut inspirer notre façon de vivre aujourd’hui et interpeller la qualité de notre vie humaine, de notre vivre ensemble, de notre amour des autres ; sauf que ceux-ci ne retiennent qu’une toute petite partie du message de Jésus, tout ce qu’il dit de sa relation à son Père, de la prière, de la résurrection, du jugement dernier, du Royaume de Dieu… bref, toute la dimension spirituelle de son message et de sa vie est passée sous silence. D’autres encore diront : « Jésus oui, mais l’Église non », oubliant que s’il y a une chose que Jésus a fondée, c’est une communauté de disciples, et qu’aucun des écrits qui nous parlent de Jésus n’est de lui mais de la primitive Église. Comment pourrions-nous accéder à Jésus sans l’Église, c’est-à-dire sans la communauté des disciples d’hier et d’aujourd’hui ? Il y a encore ceux qui feront mine de ne pas le connaître, de l’ignorer, de ne pas se laisser interpeller par lui ; ou bien ceux qui le rejetteront ouvertement, mais qui, en fait, rejetteront souvent une fausse image qu’ils se sont faite de lui.

Que dit l’Église ?

L’Église, elle, confesse que Jésus est le Fils de Dieu, c’est-à-dire une des trois personnes de la Trinité. Non pas que nous croirions en trois dieux, mais que le Dieu unique est communion et amour. Qu’il ne peut être amour s’il est monolithique, car l’amour de Dieu n’est pas un attribut extérieur à lui-même mais son être-même, ce qu’il vit constamment dans l’échange mystérieux entre le Père, le Fils et l’Esprit. L’Église confesse que le Fils, qui est le Verbe de Dieu par qui tout s’est fait, a pris chair en Jésus de Nazareth, afin de récapituler toute chose en lui ; afin de permettre aux hommes de communier à sa propre vie de façon à pouvoir entrer dans la vie de Dieu. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. » Jésus, pour l’Église, n’est donc pas un simple sage humaniste, sans quoi il ne pourrait nous apporter la vie éternelle, mais il est le Sauveur du Monde, le Rédempteur, Celui qui nous permet d’accéder à une vie de plénitude en Dieu ! Ses titres sont nombreux car nos mots toujours imparfaits : le Messie, oui, mais un Messie souffrant ; le Fils de Dieu, oui, mais lui-même est Dieu ; le Verbe de Dieu, oui, mais sa Parole est aussi un agir ; le Sauveur du Monde, oui, mais il ne vient pas réparer le monde mais le mener à son accomplissement… Les spirituels de la tradition apophatique, nous disent justement que nos mots sont toujours inadaptés : « Ô Toi, l’au-delà de tout. N’est-ce pas là tout ce qu’on peut chanter de Toi ? Quelle hymne te dira, quel langage ? Aucun mot ne t’exprime. À quoi s’attachera-t-il ? Tu dépasses toute intelligence. Seul, Tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de Toi. Seul, Tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de Toi… » (Hymne attribuée à Grégoire de Naziance)

Qui est Jésus pour moi ?

L’Évangile nous invite donc à une réponse personnelle, qui passe par des mots certes, mais surtout par une façon de vivre. Une réponse personnelle, qui ne soit pas celle de la foule et qui ne consiste pas non plus à se débarrasser de la question pour avoir la conscience tranquille. C’est bien le drame de notre époque : non pas un refus de Dieu ou de Jésus Christ, mais une indifférence nourrie par l’étourdissement de notre vie moderne. Le travail, les soucis, la détente, les vacances, les médias semblent vouloir occuper tout notre champ de conscience. Prenons-nous le temps de nous arrêter, de faire silence, de penser, de contempler, de lire, afin d’avancer une réponse personnelle à la question de Jésus Christ : « Pour vous qui suis-je ? » Et si on se hasarde à une réponse, la seconde question vient de suite : « Mais alors, si Jésus est important pour toi, pourquoi vis-tu comme tu vis ? ». « Ta vie est-elle en cohérence avec ce que tu dis de Jésus Christ ? »

Que disent les foules ?

Que dit l’Église ?

Qui est Jésus pour moi ?

 

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Qu’attendons-nous de Dieu ? Qu’attendons-nous de l’Église ?

pecheresse412 juin 2016, 11e Dimanche ordinaire, année C, Lc 7,36-8,3 /

Un pharisien invite Jésus à sa table, et voici que celui-ci se laisse approcher par une pécheresse, supposément une prostituée ! Le pharisien s’indigne et se ferme à l’identité réelle de Jésus, la pécheresse pleure de joie et obtient le salut ! Ces deux attitudes nous posent alors une vraie question : qu’attendons-nous de Dieu, qu’attendons-nous de l’Église ? Qu’ils soient miséricordieux ? Pas si sûr… Une publication récente sur Facebook m’a attristé et fait sourire car on croirait une actualisation directe de notre passage d’Évangile. Savez-vous la grande affaire qui inquiète les membres de la fraternité sacerdotale Saint Pie X (Les schismatiques de Mgr Lefebvre qui ne reconnaissent ni le concile Vatican II, ni le magistère des papes depuis Jean XXIII) ? Que le pape François ne se soit pas agenouillé, mais seulement incliné, devant le Saint Sacrement exposé lors de la Fête du Saint Sacrement ! Alors que, argumentent les intégristes, il n’a pas de problème de genoux puisqu’il se met à genoux pour laver les pieds de prisonniers, de migrants et même de non chrétiens, lors du Jeudi Saint ! Ne retrouve-t-on pas là exactement les mêmes ingrédients que dans notre passage d’Évangile ? Qu’attendons-nous de Dieu ? Qu’attendons-nous de l’Église ?

Qu’elle défende notre identité, nos rites et nos valeurs ?

« Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » (Lc 7,39) Le pharisien a donc, semble-t-il, invité Jésus à sa table pour le tester, pour voir d’un peu plus près ce Jésus dont tout le monde parle et se faire une opinion sur lui. S’il est prophète il doit certainement avoir un comportement pur et sans reproche, respectant toutes les règles de la religion et être édifiant par son zèle religieux. Or voilà, qu’au contraire, Jésus se laisse toucher par une pécheresse, devenant lui-même impur dans la logique du pharisien. Non, décidemment, Jésus ne correspond pas à ce que le pharisien en attendait et celui-ci devient incapable de reconnaître en lui ne serait-ce qu’un prophète et encore moins le Fils de Dieu… Et nous ? Ne risquons-nous pas de fonctionner comme ce pharisien ? Pour se faire une opinion du pape François, ou de tout autre homme de Dieu, va-t-on prêter attention à son observance extérieure des rites et des règles : ses agenouillements, ses paroles fidèles au missel, ses yeux levés au ciel quand il prie ? Va-t-on attendre de lui qu’il défende notre identité, nos rites, nos valeurs ? Ou qu’il témoigne d’une vie évangélique ? Le frère Adrien Candlard, o.p., dit bien cela : « On peut se battre contre l’euthanasie parce que vivre dans une société qui tue ses pauvres et ses vieux est insupportable. On peut aussi le faire pour de mauvaises raisons, en se disant : ‘Les chrétiens risquent de perdre du terrain.’ Ce n’est pas tout à fait la même démarche. […] En tant que chrétiens, je ne crois pas que nous soyons appelés à être les gardiens de musée de la civilisation européenne. Nous sommes-là pour annoncer le Christ mort et ressuscité, pas pour défendre une identité. »[1]

Qu’elle récompense les pieux et les bien-pensants ?

« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » (Lc 7,50) La pécheresse, contrairement au pharisien a perçu tout de suite que Jésus l’accueillait avec amour et miséricorde. Car si l’on comprend bien, dans la logique du récit, la parole de Jésus : « Celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » (Lc 7,47), cela signifie que les pleurs de la pécheresse et ses gestes d’amour envers Jésus étaient déjà des pleurs de joie et des gestes d’action de grâce, pour l’accueil inconditionnel de Jésus et pour son pardon. Avant qu’il ait dit une seule parole, elle s’est sentie aimée et pardonnée. Dieu ne vient donc pas récompenser ou punir les justes ou les pécheurs mais offrir son amour à tous. Il s’était laissé inviter par le pharisien, il avait posé un regard d’amour sur le jeune homme riche observant la loi, il ne s’adressait pas qu’aux pauvres et aux pécheurs, mais ceux-ci semblent plus disposés à reconnaître leur besoin de Dieu, de sa miséricorde et de son amour, que les riches, les pieux et les bien-pensants. Ne faisons donc pas de notre religiosité un droit d’entrée au paradis, mais utilisons-la pour creuser notre désir de Dieu, de sa miséricorde, de son amour.

Qu’elle manifeste l’infinie miséricorde de Dieu ?

« La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde». (St Thomas d’Aquin, cité par le pape François dans Misericordiae Vultus, n° 6) Nous l’avions signalé au début de notre année liturgique C, nous cheminons avec l’évangile de Saint Luc, l’évangéliste de la miséricorde. Tant que nous ne recherchons pas la miséricorde de Dieu pour nous-même et à être témoin de sa miséricorde pour tous, nous ne serons jamais sur le chemin du salut ! Il n’y a donc qu’une chose à attendre de Dieu : sa miséricorde… et qu’une chose à attendre de l’Église qu’elle soit toujours plus miséricordieuse comme le Père. Si le mot miséricorde, pourtant très riche, vous fait peur on peut dire aussi que nous n’avons qu’à attendre l’amour inconditionnel de Dieu et à manifester cet amour inconditionnel en Église. Dieu merci, le pape François nous le rappelle sans cesse, qu’il soit debout devant le Saint sacrement ou agenouillé devant un prisonnier, un migrant, une fille mère…

Quelle attitude sera la nôtre, celle du pharisien ou de la pécheresse ?

Qu’attendons-nous de Dieu ?

Qu’attendons-nous de l’Église ?

 

[1] Cf. Entretien avec le Fr. Adrien Candlard dans Le Pèlerin du Jeudi 2 juin 2016

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Conférences mensuelles

livre-Amoris-laetitia         Nous poursuivons toujours nos conférences mensuelles au Centre Culturel Saint Augustin. Mercredi dernier c’est le père Aristide KATALIKO, a.a., qui nous a entretenu sur le thème suivant : « Pour des familles chrétiennes, les appels de l’Église ! Après plus de deux ans d’un travail intense de la part de l’Église, avec deux synodes et une exhortation du Pape sur la famille, intitulée « La Joie de l’amour » : que retenir ? », un bon temps pour nous inviter à plonger dans la lecture de ce long texte du pape François.

Notre dernière conférence de la saison se tiendra le 15 juin 2016 :

À la découverte de l’Islam :

Quelle est l’histoire de l’Islamisation de la région de Sokodé et quel visage les confréries musulmanes soufies ont-elles donné à cet Islam ?

Intervenant : El Hadj TANGAO et El Hadj BAKO

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Session « Gestion des conflits » 

Soeur Nathalie

Soeur Nathalie

Nous avons eu dernièrement, en Inter-noviciat, une session très appréciée sur la Gestion des conflits, animée par la sœur Fleur Nathalie YASSINGUEZO de la congrégation des Sœurs de Saint Augustin du Bénin. Je vous en donne quelques échos maintenant ainsi que quelques photos en fin d’article…

La sœur, formée en communication NonViolente a d’abord précisé la notion de conflit (conflits intra-personnels et conflits interpersonnels) et rappelé qu’il fait partie intégrante de toute relation humaine. Le problème consiste à ne pas fuir le conflit et savoir le gérer, car il peut être utile même s’il n’est pas nécessaire. N’est-ce pas grâce au conflit entre les premiers chrétiens de langue hébraïque et ceux de langue grecque à propos du service des tables qu’est né le diaconat, par exemple ?

Avec une belle pédagogie active, faisant mettre en scène par les participants différentes situations de conflit, la sœur a précisé quelques-unes des causes possibles de conflits :

  • Les exigences de nos attentes sur les autres… On croit que les autres nous doivent ceci ou cela, alors que lorsqu’on se dit que personne ne nous doit rien sur terre, nous pouvons vivre beaucoup mieux !
  • Nos interprétations et nos jugements… Au lieu de nous en tenir aux faits, on interprète les faits et on juge les actes de l’autre, en se créant des films dans notre tête et en prenant ce film pour la réalité.
  • Nos préjugés et généralisations… Ils ne nous permettent pas d’être disponibles pour accueillir les autres avec bienveillance.
  • Le langage non explicite… On fait des demandes floues et allusives et on s’étonne que l’autre agisse sans tenir compte de ce que je suis sensé lui avoir dit…
  • L’enfermement dans notre perception des choses… Chacun de nous estime qu’il est suffisamment intelligent et que sa solution est bonne. Et nous ne voyons la situation que de la place où nous sommes…
  • La recherche démesurée du coupable… Lorsque le village est en feu, s’agit-t-il d’abord de courir après l’incendiaire ou d’éteindre l’incendie. Bien souvent au lieu de résoudre le problème qui se trouve devant nous et d’avancer nous passons nos énergies à rechercher le responsable du problème…
  • Les accusations et les leçons… Dès que l’on commence à faire une remarque en accusant l’autre ou en lui faisant la leçon, il se défend et nous créons des conditions favorables aux réactions violentes.

Enfin la sœur a développé quelques moyens pratiques pour prévenir et gérer les conflits dans nos communautés :

  • La place de la prière est importante
  • Accueillir et vivre simplement le moment présent
  • Accepter et intégrer réellement nos différences
  • Utiliser un type de communication qui nous permet de prendre soin à la fois de nous-même et des autres. Cf. Communication NonViolente (CNV) qui me permet de conserver mes qualités de cœur.Quatre éléments de cette Communication NonViolente (OSBD):

-O- Observation -Observer la situation en s’appuyant sur la réalité. Je m’exerce à dire ce que je vois ou j’entends sans interprétation ni jugement etc…

-S- Sentiment – J’apprends à formuler ce que je sens, sans accusation et j’en prends la responsabilité. (« Je me sens frustré, énervé » et non pas « tu m’énerve »)

-B- Besoin -Identifier les besoins qui sont à l’origine de nos sentiments

-D- Demande -Demander ce qui pourrait contribuer à nous rendre la vie plus belle.

  • Identifier et soigner ses blessures intérieures.

Quelques photos de la session :

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Massacres au Nord-Kivu

Vous n’êtes pas sans avoir entendu parlé de la situation du Nord Kivu en RDC, depuis 1995 une guerre larvée se poursuit, entretenue par les pays voisins (Rwanda et Ouganda), elle aurait déjà fait 6 millions de morts dans un silence assourdissant. Elle a pris un nouveau tournant depuis un ans et demi avec l’organisation de massacres inhumains visant explicitement la population nandaise, l’ethnie majoritaire vers Béni et Lubero. Pour ne pas laisser faire en silence et pour vous maintenir informés je vous signale plusieurs ressources :

  • Une excellente vidéo sur KTO (26 minutes) qui présente les tenants et aboutissants de cette « guerre ».
  • Une pétition à signer en vue d’une enquête internationale sur les massacres de Beni et de Lubero
  • Le livre d’un de nos jeunes pères assomptionnistes sur ce thème qui vient de sortir :

gaston

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Apprendre Dieu !

Tympan - Caen

Tympan – Caen

22 mai 2016, Trinité, année C, Jn 16,12-15 /

Parler de Trinité à l’heure où l’on voudrait aplanir les différences entre les grandes religions n’est pas chose aisée. Communément on admet que, finalement, c’est au même Dieu que l’on croit, même si l’on s’adresse à lui par différentes portes d’entrée que sont nos différentes religions. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas non plus tout à fait juste, car lorsqu’on dit « c’est au même Dieu », que mettons-nous derrière les mots ? En fait, de tout temps, les hommes ont eu une certaine intuition du « divin », ils ont cherché à le connaître, à entrer en relation avec lui et à conduire leur vie en tenant compte de cette perception : c’est ce qui a donné les différentes religions. Les hommes ont cherché à connaître Dieu et Dieu a cherché à se révéler aux hommes. Mais ces approches tâtonnantes demeuraient insatisfaisantes, Dieu a donc pris l’initiative de se révéler aux hommes en son Fils Jésus Christ. Un Dieu qui se fait homme, un Dieu qui meurt en croix, un Dieu qui révèle sa toute-puissance uniquement sur le mode de l’amour et du pardon, cela les hommes ne pouvaient pas l’inventer. Non, un Dieu unique en trois « personnes », les hommes ne pouvaient pas l’inventer, voilà pourquoi nous avions besoin de la révélation, de l’incarnation et de « l’Esprit de vérité qui nous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16,13). S’agit-il donc de comprendre l’incompréhensible ou de se laisser prendre dans l’initiative de Dieu lui-même ? Apprendre Dieu-Père, s’apprendre de Dieu-Fils, se laisser prendre par Dieu-Esprit…

Apprendre Dieu-Père…

Lorsqu’on évoque le mystère de la Trinité, la première attitude à cultiver, c’est donc l’humilité et le désir de se laisser enseigner. Jésus Christ, en effet, par son incarnation, par sa façon de vivre, par sa façon de guérir, d’enseigner, de s’approcher des exclus, par sa non-violence, par sa capacité à pardonner, par sa mort en croix et par sa résurrection nous a révélé en plénitude qui est Dieu : un Dieu père, un Dieu papa (abba), un Dieu miséricordieux, qui se donne tout entier pour le bonheur de ses enfants. Voici le premier travail du chrétien : dépasser les approximations humaines sur Dieu et se laisser humblement enseigner en contemplant la vie de Jésus Christ et en accueillant l’Esprit de vérité qui seul peut nous conduire vers la vérité toute entière.

S’apprendre de Dieu-Fils…

Après avoir appris qui est Dieu, ou plutôt, tout en apprenant qui est Dieu, nous sommes rendus capables d’ajuster notre réponse à la présence de Dieu dans nos vies. C’est la seconde dimension présente dans toutes les religions, la réponse de l’homme à Dieu. Eh bien cette réponse n’est plus tellement à inventer par nos propres réflexions mais elle nous a été révélée en Jésus Christ. Jésus Christ nous révèle comment conduire notre vie d’homme selon la volonté de Dieu. D’où l’expression : s’apprendre de Dieu. En contemplant le Fils, nous sommes révélés à nous-mêmes et en cherchant à l’imiter nous pouvons réaliser la plénitude de notre vie. Il s’agit d’apprendre, comme lui, à être serviteur, à guérir, à être compatissant, à donner sa vie, à aimer tout être humain, etc.

Se laisser prendre par Dieu-Esprit…

Après avoir appris qui est Dieu-Père, après avoir appris comment vivre comme son Fils, le troisième aspect, et non le moindre, c’est que Dieu lui-même nous donne les moyens de correspondre à cet idéal en nous sanctifiant par son Esprit. Il s’agit donc de se laisser prendre par Dieu-Esprit, de se laisser sanctifier, de laisser la grâce agir en nous. Et cela n’est pas si compliqué, car j’aime à dire que l’Esprit de Dieu n’est pas une force extérieure qui devrait descendre sur nous de façon miraculeuse, mais une force intérieure qui peut monter en nous si nous lui laissons sa place. Car nous sommes habités par l’Esprit de Dieu depuis notre création. Il ne vient pas nous sortir de nous-même pour nous rendre autre, mais il vient nous aider à devenir ce que nous sommes en profondeur. Il vient nous aider à faire émerger ce qui nous habite et ce à quoi nous sommes destinés.

Nous voyons alors que la révélation du Dieu Trinitaire nous était bien nécessaire. Entre les approximations des hommes et des diverses religions lorsqu’elles cherchent à penser Dieu, et la révélation chrétienne, il y a, si ce n’est un abîme, du moins un saut à opérer. Oui les hommes ont une certaine intuition du divin, mais ils se sont aussi souvent fourvoyés. Alors si l’on souhaite vraiment progresser dans la découverte de la vérité sur Dieu, il nous faut :

Apprendre Dieu-Père,

S’apprendre de Dieu-Fils,

Se laisser prendre par Dieu-Esprit !

 

 

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